Ce matin là je quittais la ville de Phnom Penh définitivement, mon aventure se poursuivait dans le nord du pays. Je devais rejoindre par bus la ville de Kratie, située sur les bords du Mékong. Mon bus partait en milieu de matinée et n’est arrivé qu’en tout fin de journée, le trajet m’avait paru bien long. En arrivant, nous avons tout de même eu droit à un magnifique couché de soleil, la ville était reconnue pour être l’une des meilleure place pour l’admirer.
Par chance le bus nous avait déposé juste à côté de ma guesthouse. C’est à cet instant que j’ai fait une nouvelle belle rencontre, celle de Kina. Elle travaillait à la guesthouse, parlait très bien anglais et s’occupait des réservations, de prendre les commandes, de gérer les réservations des différentes activités que l’endroit proposait (vélo, kayak, ticket de bus,…). Elle était particulièrement enjouée, elle plaisantait beaucoup et avait envie de voir les gens être contents et surtout qu’ils s’amusent. Elle avait été particulièrement gentille avec moi et nous avons très vite sympathisé. Au cours de la soirée je me suis joins à deux voyageurs qui venaient du Laos. On a discuté un peu sur leur voyage et le mien. Kina nous a rejoint et nous avons ensuite passé la soirée à jouer aux cartes. C’était une soirée vraiment agréable et leur compagnie était la bienvenue après avoir passé quelques jours seules.
Le lendemain matin alors que je prenais mon petit déjeuné, Kina m’a proposé de l’accompagner prendre le sien en ville. J’ai abandonné mon repas pour la suivre. C’était la première fois que je montais sur un scooter derrière quelqu’un que je connaissais à peine. Mais cette pensée est vite partie, après tout on est au Cambodge, conduire des scooters c’est presque inné chez eux alors ça ne servait à rien d’avoir des appréhensions. On est arrivée dans une des rues les plus animées de la ville, près du marché. On a pris place sur des tabourets dans un des boui-boui et à voir comment Kina discutait avec la p’tite dame j’ai compris que c’était son endroit favoris pour prendre son repas du matin. Malgré que j’avais déjà pas mal mangé quelques minutes avant, j’ai tout de même pris un bol de soupe pour l’accompagner. Ca faisait depuis le début du voyage que je voulais manger à ces boui-boui alors je n’allais pas laisser passer cette occasion. Dans ce bol il y avait donc du bouillon, des nouilles, un peu de viande, et beaucoup de légumes. On avait devant nous tout un tas de sauces et condiments à rajouter en fonction de nos goûts. Kina mangeait épicé, moi je suis restée soft, cette soupe était délicieuse, je n’ai pas regretté d’être montée sur ce scooter.
Balade à vélo à la rencontre de Phnom Sambok Pagoda
En revenant, Kina a repris le travail et moi je suis partie avec un vélo parcourir un peu les alentours de la ville. Elle n’était pas très grande, mais très agréable car il y avait peu de touristes qui s’arrêtaient par ici. Plutôt que de rester dans le centre, j’ai pris la direction du nord en longeant le Mékong. A 12 km se trouvait une pagode, perchée sur une colline, et d’après certains voyageurs la vue était plutôt sympa. J’ai donc pédaler sur une route, qui n’avait de route que le nom. C’était plutôt un grand sentier, pleins de trous, par moment avec un peu de bitume, mais bien recouvert par la terre. J’avais enfin l’occasion de rencontré un Cambodge plus authentique, les villages qui bordaient le Mékong n’avaient rien à voir avec ceux que j’avais vu précédemment. Les habitations étaient essentiellement en bois, très rudimentaires, toujours sur pilotis mais cette fois avec plus de hauteur. J’appréciais aussi de remonter sur un vélo. Pas que les faux plats canadiens me manquaient, mais c’est toujours plus agréable de circuler avec ce deux roues non motorisé. Le rythme est plus plaisant, l’arrêt plus simple, la sensation d’avancer plus légère. Et puis ça m’a donné l’occasion de rouler avec les écoliers. C’est assez drôle de les voir à deux ou trois sur un vélo bien trop grand pour eux. Une des choses que j’adorais aussi au Cambodge, c’était ces espèces de grandes plateformes en boite, un genre de grande table carré, qui servaient principalement à s’y installer, plus ou moins confortablement, et de ne rien faire. Un concept qui allait parfaitement avec ma paresse. Je suis arrivée à la pagode non sans difficulté car absolument pas indiquée. Au pied d’un long escalier, j’ai enfilé un pantalon supplémentaire et mis une veste, tenue correct exigée pour la visite des temples. Pour y accéder il fallait donc monter ce grand escalier et tout du long j’étais escorté par des statues de Bouddha. Arrivée en haut, une petite troupe de singes m’a surprise, je m’attendais pas à en voir ici, alors qu’au final c’est un peu normale. L’endroit avait une ambiance particulière, je n’arrivais pas à savoir si des moines vivaient sur place, à part cinq ou six touristes je n’avais croisé personne. Les lieux étaient comme délaissés, les bâtiments étaient en mauvais état, des feuilles mortes tapissaient le sol et des déchets trainaient un peu partout. En me promenant je découvrir que la pagode était en faite très grande et s’étendant sur plusieurs niveaux. Il fallait encore monter quelques escaliers, toujours accompagnés de Bouddha. On pouvait faire le tour du temple et la vue était réellement très belle. C’était un lieu apaisant, et en me promenant, j’ai pu apercevoir un moine dans une petite cabane, jamais j’aurais pensé qu’ils vivraient dans ce genre d’endroit, mais le lieu devait réellement être propice à la méditation. Je repris la route du retour sur mon vélo et rentra tranquillement. Je passais le reste de ma journée à me promener dans les rues, à pied, le marché n’était pas encore fermé, et les magasins alentours étaient encore ouverts même si l’agitation du matin n’était plus vraiment là.
Une sortie kayak qui fini en bateau
Le lendemain une journée sportive m’attendait. J’avais prévu de faire la sortie kayak sur le Mékong à la rencontre des dauphins de l’Irrawaddy, une espèce de dauphins d’eau douce de plus en plus rare mais encore présente dans les eaux du Mékong et Kratie était une des villes où on pouvait les observer. On est donc partis assez tôt le matin rejoindre le point de départ, à une vingtaine de kilomètres de la ville en amont du fleuve. Nous étions un petit groupe de 6 personnes plus notre “guide” qui n’était autre que le patron de la guesthouse. Il m’a mis en doublon avec un anglais. J’étais devant, lui derrière, nous sommes partis les premiers sans vraiment savoir quelle direction nous devions prendre. Les autres ont mis plus de temps à se mettre à l’eau et lorsque notre guide s’est lui-même mis à l’eau dans un kayak individuel il est parti rapidement dans une direction un peu opposé à celle que nous avions pris. Alors on commença à ramer aussi fort qu’on pouvait pour le rejoindre. Le soucis c’est que mon partenaire était un peu lourd et sous son poids le kayak prenait souvent l’eau à l’arrière et se remplissait de plus en plus. Cette situation le faisait plutôt rire, moi pas vraiment. Avec mon tempérament quelque peu solitaire, devoir dépendre de quelqu’un était déjà quelque chose mais en plus me dire que je risquais de finir à l’eau ça ne me faisait pas spécialement rire. Ça n’a pas loupé, nous sommes arrivés dans de petits rapides et l’eau s’est encore plus vite infiltrée, et bien évidemment ce qui devait arriver arriva, on a basculé et plouf dans l’eau. Mon agacement était bel et bien de la partie. La baignade dans le Mékong ne me dérangeait pas vraiment même s’il y avait beaucoup de courant et que l’idée de dériver sur une grande distance me rassurait pas vraiment. C’était d’être à l’eau du fait d’un autre qui ne me plaisait pas beaucoup, ma nécessité de tout contrôler avait volé en éclat. Pour me sortir de là je me dis que le mieux c’était de transférer l’énergie de mon agacement dans mes jambes histoire de nager vers un îlot le plus vite possible. J’avais laissé la tâche de tracter le kayak à mon partenaire, sauf que voyant qu’il ne s’en sortait pas trop je suis retourné l’aidé. Autant dire qu’avec le courant c’était peine perdu et à ce moment là le sort du kayak m’importait peu. Mais heureusement un pêcheur passait par là avec son bateau à moteur et a pris en charge le kayak. Maintenant il fallait nager jusqu’à une petit île histoire de pas passer la journée dans l’eau. Le guide m’avait indiqué une petite île juste à côté, sauf qu’avec le courant la tâche s’avérait peu facile. Ça faisait 15 minutes que je me débattais dans l’eau et j’étais fatiguée, mais avec ce qui me restait de force, j’ai nagé comme si ma vie en dépendait, alors que pas du tout, et j’ai réussi à rejoindre cette fichue île ridiculement petite. Après quelques minutes, quand tout le monde m’a rejoint sur l’île, nous sommes tous remontés à bord de nos kayaks, et cette fois j’étais positionnée à l’arrière. Nous sommes repartis à la rencontre des dauphins, et vu l’épisode qui venait de se passer je serai pas repartie sans en voir vu, ils avaient intérêt à se montrer les petites bêtes. Le guide n’était pas facile à suivre avec tous les courants et les autres avaient un peu de mal avec la navigation. Du coup, pendant que mon partenaire et moi attendions au niveau du point de vue pour apercevoir les dauphins, le guide était parti récupérer les auteurs. Le soucis c’est qu’avec le courant, après quelques minutes on ne voyait plus personne. On est resté seuls pendant 20 minutes en plein soleil agrippés à une branche. On a décidé de bouger et de rejoindre la rive qui n’était pas très loin, se lancer à leur recherche sur l’eau c’était peine perdu et risqué vu la largeur du fleuve et le courant. On avait fait le bon choix car après avoir ramé 5 minutes nous avons été rattrapés par un bateau à bord duquel se trouvaient nos compagnons de kayak. C’est à ce moment que la session kayak pris fin. Nous sommes restés à bord du bateau pour rejoindre un autre point de vue pour les dauphins et après avoir coupé le moteur les premiers ont montré le bout de leur nez, ou plutôt de leur nageoires. Comme toujours les photos ne donnaient rien, je me suis donc concentrée à les admirer. Ils ont fait des apparitions à plusieurs reprises, j’étais contente d’avoir pu en voir malgré cet épique aventure en kayak. Nous avons ensuite repris la direction de la rive et au final nous étions assez près du bord de l’eau. Même avec les pieds sur la terre ferme ils auraient été visibles. Mais ça restait une aventure amusante après coup et au moins j’aurais eu la “chance” de nager dans le Mékong.
Après cette courte activité kayak, il n’était que 12h30, nous sommes retournés à la guesthouse. Et comme a veille je suis partie me promener en ville, je devais acheter quelques snacks pour le lendemain, car le départ de cette ville tranquille approchait. Le soir j’ai accompagnée Kina dans de nouvelles parties de cartes, mon partenaire de kayak jouait avec nous ainsi que deux autres voyageurs, un allemand et un anglais.
C’était ma dernière soirée avec Kina, mais je savais que nous n’allions pas perdre contact. Elle avait été la belle rencontre de ce début de voyage en solitaire. Elle faisait partie de ces rencontres que je n’ai pas envie d’oublier avec le temps, elle trouve donc naturellement sa place dans mon récit.
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