Pour moi le Cambodge c’est…
…Un de mes petits rêves qui s’est réalisé. Les temples d’Angkor m’ont toujours fascinés, et le fait de pouvoir enfin les voir, les visiter, fouler leurs sols, les toucher, admirer toutes ces gravures dans la pierre, tous ces détails, appréhender l’impact du temps sur ces édifices, découvrir la nature envahissante et luxuriante m’a comblé de joie.
Mais j’y ai découvert tellement d’autres choses. La rencontre avec des éléphants, la découverte des temples, de la culture cambodgienne, d’une partie de leur histoire, la dégustation des crabes de Kep, du poivre de Kampot, la détente sur des plages paradisiaques,… Lire dans un guide tout ce que ce pays avait à offrir et faire de ces descriptions une réalité était une merveilleuse concrétisation.
… Mon premier pays d’Asie, celui qui m’a fait découvrir ce peuple, ses modes de vie, m’a offert des paysages nouveaux, des goûts nouveaux, des odeurs nouvelles,… Je ne serai peut-être jamais objective quand on me demandera si j’ai préféré le Cambodge à un autre pays d’Asie, car il est le premier a m’avoir accueilli et à avoir comblé mes attentes de petite voyageuse exploratrice.
… Des habitants magnifiques, des sourires par centaine, des rires d’enfants sur le chemin de l’école, de l’entraide sans attentes,… Je les ai trouvés tellement beaux ces cambodgiens, que ce soit les enfants et leur innocence, les femmes, leur cuisine et leur force de tenir un beau foyer, les hommes travailleurs, les parents et leur tendresse envers leurs enfants, les plus âgés et leurs marques du temps qui passe parcourant leurs doux visages les rendant tellement beaux.
J’ai parfois entendu dire que les cambodgiens n’étaient pas toujours très chaleureux, mais je trouve que c’est un jugement rapide. Sommes-nous nous-mêmes chaleureux avec les premiers étrangers qui passent par chez nous. Je n’ai jamais attendu d’une vendeuse qu’elle soit particulièrement chaleureuse envers moi, ni même d’un serveur ou d’un chauffeur de tuktuk. Mais j’ai reçu beaucoup de chaleur de la part de certaine personne. Notre premier chauffeur taxi qui, même si son but était de gagner quelques sous, nous a transportés dans la bonne humeur chaque jour. Notre second chauffeur qui nous a offert quelques bananes frites délicieuses. La soeur de Sun qui nous a dépanné une journée avec nos gros sacs. Sun bien évidemment pour le temps qu’il a passé avec nous. Lee et Dara, nos guides du Mondolkiri qui nous ont montré leur engagement pour la cause des éléphants d’Asie. Boh, ma guide de PSE, la joie de vivre et l’espièglerie personnifiée. Kina qui a ensoleillé mon séjour à Kratie. Vuthy et Ney qui sont de magnifiques personnes qui ont le coeur sur la main et sont soucieuses de l’avenir des générations futures. Et j’en oublie certainement, mais je me souviendrai de tous leurs sourires, les moqueurs, les enjoués, le timides, les spontanés,…
Pour moi ils l’étaient, ils étaient chaleureux les uns envers les autres, ils n’avaient pas à l’être obligatoirement envers nous, mais ils avaient une des plus belles visions du vivre ensemble.
J’ai beaucoup aimé les cambodgiens, ce peuple de la débrouille, ces combattants pour un avenir meilleur que celui qu’ils ont connu et dont ils se remettent lentement mais sûrement. Je les ai trouvés très courageux, forts et plein de ressources.
…Une nouvelle rencontre avec moi-même. Chaque jour qui passait je me disais, “mais c’est de cette façon que je veux vivre”. J’étais à ma place, à la mauvaise place. Je me retrouvais plus dans ce mode de vie que celui qu’on peut avoir chez nous. Les gens n’accomplissaient rien de très important au cours de leur journée, ils travaillaient, faisaient certainement les mêmes choses chaque jour, mais cette routine me paraissait plus acceptable car ils avaient un but sain en faisant tout ça, faire vivre leur foyer. Ils pouvaient se lever très tôt le matin pour commencer leur journée, mais lorsqu’on les observait ils n’avaient jamais l’air de faire les choses à contre coeur. Peut être avaient ils de plus grandes espérances en terme de niveau de vie, mais ils donnaient l’impression qu’ils s’accommodaient de ces tâches quotidiennes. Et puis ils n’étaient pas particulièrement stressés, bien au contraire à en juger par le nombre de hamac sur le territoire cambodgien.
En France on vit trop vite, on travaille pour pas grand chose et on ne se satisfait de rien. Ici, les journées sont longues mais elles s’écoulent tranquillement, et les cambodgiens n’ont pas l’air de manquer de quoi que ce soit. C’est vrai qu’ils ne sont pas riches, mais ils se contentent de peu et ils me paraissent plus heureux que nous. Les pays d’Asie sont parmi les pays les plus pauvres, et pourtant quand je regardais les cambodgiens, ils me donnaient l’impression d’être bien plus riches que nous.
Jour 26 : Don Det – 4000 îles, petit havre de paix
Ça y est la frontière est passée, je fais mes premiers pas sur ce nouveau territoire. Concrètement rien n’a vraiment changé, et je ne m’attendais pas à des changements très flagrants au niveau de la frontière. Bien évidemment le grand changement c’est la langue et dès le premier jour le mot “bonjour” sonne à mon oreille comme la plus belle façon de saluer. Ici on dit “Sabaidi” et on met l’accent sur la dernière syllabe, on la prolonge bien. Ce qui est bien avec ce petit mot, c’est que même si tu n’es pas de très bonne humeur, le ton reste toujours le même, plutôt enjoué, donc tous les jours ne peuvent être que bons.
Avec mes 3 compagnons temporaires, nous rejoignons un petit van, et demandons s’il on peut nous emmener jusqu’au bateau pour les 4000 îles, car normalement tout le trajet est inclus avec notre ticket. Nous prenons place dans l’auto et partons direction le “port”. On demande quel bateau prendre et au final il suffit de monter à bord de celui qui se décidera à partir. Là encore on prend place dans un genre de pagode grand format. Deux autres couples nous accompagnent, des français et des belges, déjà entourée de francophones. Le trajet se fait rapidement, comme son nom l’indique, les 4000 îles est un regroupement de plusieurs petites îles dans le Mékong, c’est devenu un passage presque systématique pour les voyageurs. L’endroit a plusieurs avantages, c’est un cadre magnifique, il y a plusieurs activités possibles, et c’est l’endroit parfait pour se reposer lorsqu’on est en transit entre les différents pays limitrophes. J’ai choisi l’île de Don Det car elle est généralement conseillée, et puis elle était reliée à une seconde île ce qui me permettait d’avoir plus de surface à explorer. En arrivant je découvre un petit havre de paix, une ambiance qui me plait, ce genre d’endroit où il fait bon de ne rien faire, de se laisser porter par ce qui se passe, faire un arrêt dans le temps. L’île était plutôt en longueur, il n’y avait qu’une seule route, chemin, sentier, sa définition changeait selon l’endroit où on se trouvait, qui faisait tout le tour. Nous nous sommes tous séparés allant à la recherche de notre hébergement respectif. Il y avait de chaque côté de la route, tantôt des magasins, tantôt des guesthouses ou des restaurants/bars. Les bâtiments étaient tous différents mais dégageaient la même chose, cette possibilité de détente. Pour la plupart des restaurants, le mobilier était en petit format, style asiatique pur, j’adorais cette idée et savais très bien où j’allais passer ma soirée.
L’île n’était pas très grande, mais la faire à pied avec mon backpack sur le dos rendait le trajet long. En arrivant à l’endroit où j’avais réservé je n’ai trouvé personne, juste un monsieur qui habitait en face et qui m’a fait comprendre qu’il n’y avait personne pour le moment. Le poids de mon sac à dos ne m’a pas permis de tester ma patience, je suis directement allée voir plus loin. A quelques mètres il y avait une auberge de jeunesse qui prenait 2,5€ la nuit c’était parfait et suffisant. J’ai posé mon sac, loué un vélo et suis partie à la découverte de cette petite île. J’ai seulement fait tout le tour histoire de repérer quelques coins et pour finir cette journée qui était déjà bien entamée, je me suis installée dans un de ces restaurants au bord du Mékong, avec de préférence une vue imprenable sur le coucher du soleil. J’étais parfaitement bien ici, le cadre était parfait, la solitude ne me pesait absolument pas, je vivais selon mon propre rythme et mes envies, et surtout j’allais bientôt pouvoir gouter les plats laotiens. Je savais déjà que ce n’était pas le pays le plus réputé pour la gastronomie, mais j’avais tout de même hâte de découvrir comment on mangeait ici. Sans hésitation, en plus d’un plat j’ai pris une portion de sticky rice, ce riz gluant si connu. J’ai adoré! Déjà à partir du moment où tu peux manger avec les doigts ça ne peut être que bon, mais ce sticky rice, ça a été la découverte culinaire de ces premiers jours.
Pour mon second et dernier jour sur l’île j’ai de nouveau loué un vélo et suis directement partie sur la seconde île, Don Khon, celle reliée par un pont, elle était plus grande et on pouvait y voir des chutes d’eau. J’ai tout de suite pris la direction pour les voir, et j’ai bien fait car j’étais la seule dans cet espace aménagé pour les touristes. Cette solitude n’a duré que quelques minutes car déjà les premiers arrivages de touristes chinois avaient débutés. Je pris la direction opposée, histoire de prolonger mon moment de tranquillité et d’avoir un autre point de vue sur les chutes. Elles étaient vraiment belles, l’eau du Mékong s’était frayé plusieurs chemins entre les formations rocheuses et sur la fin, l’eau traversait comme une sorte de canyon. C’était plutôt impressionnant à voir, même si celles découvertes au Canada restent pour moi les plus folles. Je suis ensuite partie pédaler un peu partout sur l’île dans trop savoir ce que j’allais trouver. Pour le coup pas grand-chose, mais l’endroit se suffisait tellement à lui-même.
Je n’ai rien fait de particulier ce jour là, juste un peu de vélo. En me promenant dans la ville, j’ai pu voir tout le monde se préparer pour le réveillon. Et oui ce soir là c’était le réveillon de noël, même si le soleil brille et que je suis dans un décor de rêve. J’ai troqué guirlandes, repas de fête et cadeaux au pied du sapin, pour un tout autre cadeau.
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Un non-noël au soleil, soirée du réveillon
Ce soir c’est le réveillon de noël. Pour moi pas de neige, pas de guirlandes dans les rues, pas de chansons de noël, pas de père noël dans les centres commerciaux, car pas de centres commerciaux de toute façon. Mon décor c’est une île et même plusieurs dans le Mékong tout au sud de Laos. Pas de température négative, c’est même tout le contraire, il fait chaud la journée et le soir c’est très agréable d’être dehors.
Malgré que ce soit le réveillon de noël je n’ai rien prévu de spécial pour ce soir. Me poser tranquillement dans un restaurant, boire quelques verres et observer comment la vie s’active ici. J’ai donc trouvé un endroit sympa où m’installer pour la soirée, un bar restaurant tenu par un français. Nous sommes tellement ici, ce n’est pas étonnant que l’un d’entre nous se soit installé définitivement. On m’accueille avec un shot gratuit, sans me dire ce qu’il contient. Je le bois, ce n’est pas si fort pour un alcool pur, on me dit que c’est du whisky laotien. Je me cale dans un coin, sur ces petit matelas à même le sol qui incite au laisser aller total. C’est un concept que j’aime particulièrement, d’ailleurs depuis que je suis arrivée sur ces îles je n’ai pas posé mes fesses une seule fois sur une chaise. Le gérant vient rapidement me voir, vérifier que tout se passe bien, je lui fais comprendre que je suis française, ce qui facilitera la discussion. Il se présente, Jérémy.
Pour moi qui aime observer la vie qui s’agite autour de moi, ce lieu est un endroit parfait. Plusieurs nationalités se mêlent ici, beaucoup de français, des allemands, des chinois. Et tout type de personne, des touristes, des voyageurs, des locaux. Certains préfèrent le bar, d’autres les petites tables et matelas comme moi, ou encore le sol pour 4 d’entre nous, qui ont trouvé de quoi se satisfaire sur une natte de paille près du feu. Il n’y a pas beaucoup de monde dans le bar, mais Jérémy a de quoi faire derrière le bar.
Ce que j’aime particulièrement dans ces voyages ce sont ces personnes, ces voyageurs, plus que les touristes. Nous avons tous quitté notre chez nous pour partir plus ou moins loin, plus ou moins longtemps, plus ou moins éloigné de nos habitudes, de notre culture, de notre langue. Mais pour quelle raison? Qu’est ce qui pousse ces individus à partir aussi loin de chez eux? Qu’est ce qui fait qu’ils n’ont aucun mal à oublier que ce soir c’est le réveillon malgré tous les artifices mis en place ce soir? Pour les présents, noël n’existe pas cette année, ou du moins on a du mal à se l’imaginer. Un mois de décembre à 30° ce n’est pas tous les ans que ça arrive. A vrai dire j’ai un peu perdu la notion du temps. Si mon téléphone ne me donnait pas la date chaque jour j’en aurais aucune idée.
J’aime tellement ces ambiances, les gens se connaissent depuis quelques jours, quelques heures, quelques minutes et tout le monde se parle, échange, rigole ensemble. Ici, qui tu es n’a pas vraiment d’importance, ce qui compte ce n’est que ce qui se passe là tout de suite, ce qui importe c’est que tu sois là, seulement là, présent. Moi je fais presque tâche dans le paysage, je ne me mélange pas vraiment, je reste dans mon coin, comme toujours. Mais j’aime ce rôle. Je suis spectatrice de la vie, je suis témoin de cet instant, de ces moments. Pendant qu’eux profitent et vivent à l’excès sans se rendre compte de cette lumière qu’ils dégagent, moi j’imprime dans ma mémoire ces rencontres, ces échanges et ces partages.
Je recroise une nouvelle fois la route de ces français rencontrés chez Vuthy au Cambodge. En même temps sur une si petite île ce n’est pas compliqué de se revoir. Ils me proposent de me joindre à eux. Pourquoi pas après tout, je ne peux qu’y gagner, je ferai partie de la frénésie de ce réveillon au soleil.
Jour 28 : Pakse et Champassak, début d’un périple à moto sur les routes du Laos
Le jour de noël était aussi le jour de mon départ de Don Det pour rejoindre la prochaine destination, la ville de Paske, une des étapes un peu incontournables du Laos. Ce n’est pas tant la ville qui attire mais plutôt la fameuse boucle du plateau des Bolovens qui se fait à moto.
Le matin je repris donc le bateau puis un bus. Première grande différence avec le Cambodge, les stations de bus. Ça fait partie des points négatifs pour le coup, car les stations de bus se trouvent toujours à la sortie des villes, ce qui fait qu’on est obligé soit de s’y rendre à pied, soit de prendre un tuktuk, et bien sûr ces derniers ne se gênent pas pour gonfler un peu le prix. Ce qui se comprend mais reste très agaçant. Le mieux est encore de réserver les bus via les hébergements, ce qui évite les pertes de temps en négociation vaines.
Une fois dans le bus nous voilà partis pour quelques heures. Je peux enfin observer les campagnes laotiennes. A la différence du Cambodge, la plupart des maisons sont entourées de clôture, l’idée de propriété est plus marquée, peut être un reste du temps du protectorat français, ou peut être pas. La végétation est également un peu différente, et ce que je vois par la fenêtre ressemble un peu à une forêt au début d’un automne français. La jungle verdoyante ne fait plus trop partie du paysage par ici.
Nous arrivons enfin à Paske et par chance le bus s’arrête juste en face de mon auberge. J’y dépose directement mes affaires et part à la découverte de cette ville. Et c’est vrai qu’assez rapidement je me rends compte qu’elle n’a pas vraiment d’intérêt, ou en tout cas pas dans le quartier où je me situe. Je tombe tout de même sur une sorte de centre commerciale. On y trouve principalement des vêtements, chaussures et autres accessoires. Dehors sous un préau c’est l’alimentaire que l’on peut trouver. Je mets rapidement fin à la balade, trop peu d’intérêt pour rester à trainer dans les rues. Je retourne à l’auberge et essaie de repérer le magasin de location de scooter incontournable à Pakse, celui de Miss Noy. J’ai de nouveau de la chance, le magasin est situé juste en face dans la rue. J’y vais pour prendre quelques renseignements en prévision de la loop à scooter. Le gérant, un belge nommé Yves, m’explique qu’il fait une réunion tous les soirs à 18h et que si je suis intéressée pour louer une moto je dois m’inscrire et juste venir. Je m’exécute, surtout qu’il me rassure en me disant que si je ne sais pas conduire ces petits engins il pourra m’apprendre dans une rue plus loin après la réunion. A 18h précise la réunion commence et nous sommes bien une quinzaine autour de sa petite table qui fait office de bureau. Il nous distribue à tous un plan, la boucle peut être faite en trois ou quatre jours, voir plus ou moins selon qu’on souhaite faire la petite ou la grande boucle. Il nous donne toutes les précisions à savoir sur les plus beaux endroits, l’état des routes, les incontournables,… Ce Yves est une mine d’informations. La réunion terminée nous sommes 5 filles à le suivre pour un petit cours de moto accéléré. Certaines en ont déjà conduit mais préfère vérifier qu’elle non rien perdu en conduite. Pour moi c’est la première fois. A écouter Yves m’expliquer la conduite est vraiment simple. Je prends en main le scooter, et pars faire quelques tours dans le quartier. Yves insiste pour que j’en fasse un maximum, il veut être sûr qu’on soit à l’aise avant de nous lancer sur la boucle. Après 20 bonnes minutes à conduire, je m’arrête, prendre la route demain me parait faisable. Yves me conseille d’aller faire un tour à Champassak, une ville située à 40km au sud de Pakse histoire de bien apprendre à l’utiliser. Ça tombe bien, à Champassak il y a un temple que je voulais voir. Je finis ma soirée au restaurant avec 4 filles rencontrées lors de la réunion, elles partiront directement.
Champassak, un petit peu d’Angkor au Laos, le Vat Phou
Le lendemain matin, après avoir récupéré mon scooter chez Yves, je suis directement partie pour Champassak. La route ne présentait aucune difficulté, la seule chose c’est que je devais réussir à sortir de la ville. Après quelques minutes j’étais enfin sur la route pour rejoindre Champassak, elle était en très bonne état, Yves avait raison c’était une bonne façon de prendre mes marques avec la moto. Les 40km faits en un peu plus d’une heure, j’arrive à destination. Le site pré-angkorien est à la sortie de la ville. C’est assez étonnant de trouver au Laos un temple de ce type, c’est comme si j’étais revenu à Siem Reap, sauf que ce site est bien plus petit. Ce qu’il a de particulier c’est qu’il a été construit sur les flancs d’une montagne. Je me gare sur le parking et pars à la découverte de ce lieu.
Un mini-bus emmène les visiteurs de l’entrée du site jusqu’au bas du temple car sinon plusieurs centaines de mètres sont à parcourir le long de deux grands bassins, des réservoirs d’eaux. Contrairement au site d’Angkor, il y a beaucoup moins d’édifices. J’entame ma visite par une longue allée avec de chaque côté quelques animaux en liberté, des vaches, des buffles. Ensuite il y a comme une entrée, puis de chaque côté deux temples. Le site est tout en longueur, ou plutôt tout en hauteur car plus j’avance, plus je dois monter des escaliers, et comme à Angkor, avec des marches plus ou moins hautes, plus ou moins régulières. Le chemin est bordé par des frangipaniers, et des centaines de fleurs tapissent le sol. Plus je monte, plus la vue sur la vallée est impressionnante, on voit tellement loin de là-haut. Lorsqu’on arrive au bout, on peut découvrir plusieurs petits sanctuaires, des roches sur lesquelles des animaux ont été gravés, ou encore une petite grotte dans la montagne dans laquelle une source d’eau sacrée s’écoule. Boire cette eau apporterait la santé et la richesse. Je suis restée quelques minutes dans les hauteurs de ce temple, la vue était tellement belle et l’endroit n’était pas trop peuplé par les touristes, ce qui le rendait agréable à visiter.
J’ai rejoint ma petite moto en fin de matinée, et suis partie à la recherche d’un endroit où manger. Dans la ville de Champassak, qui est toute en longueur, j’ai pu me poser dans un restaurant sur les bords du Mékong. Comme j’avais encore du temps devant moi, je suis retournée vers Pakse et ai pris la direction d’un petit village où se trouvait un temple qui abritait un gigantesque Bouddha, Vat Chompet. Sur la petite route qui menait au temple, habitaient les tailleurs de pierre, on pouvait les voir à l’œuvre, ils taillaient essentiellement des bouddha et quand je suis arrivée je compris pourquoi il y avait autant de tailleur de pierre, le temple en était rempli. Le Bouddha en or était effectivement très grand et derrière lui c’était toute une campagne laotienne qui s’étendait.
Je suis ensuite rentrée tranquillement avant qu’il ne fasse nuit, ma journée de conduite s’était bien passée, je ne souhaitais pas me rajouter de la difficulté dès le premier jour. Cette expérience à moto avait été plus agréable que ce que je ne l’avais imaginé. Les deux jours suivants allaient confirmer ou non cette première impression.
https://drive.google.com/folderview?id=1JyqF8O7eBfyM4yAT2IiEZsZmdFEKxKPI
Jour 30 : La Loop du Plateau des Bolovens
Tôt le matin, armée de ma carte et de ses petites annotations ainsi que de mon petit sac à dos, je pris la route pour la boucle du Plateau des Bolovens. Comme je n’avais pas envie de suivre trop le plan à la lettre, j’avais décidé de faire la petite boucle, plus un crochet par la grande pour aller voir les plus belles chutes du plateau, le tout en deux jours.
La circulation étant ce qu’elle est dans ce pays, j’étais partie très tôt pour éviter un maximum la circulation, et j’avais eu raison, car en plus de l’éviter j’étais aussi la première à arriver sur les lieux d’intérêts que comportait cette boucle. J’ai donc découvert les premières chutes d’eau complètement seule dans un parc un peu aménagé pour les touristes, ça n’avait rien de très impressionnant mais le cadre était plutôt sympathique. Je dû pour la première fois emprunter un pont fait en bambou, et là j’ai eu l’impression de jouer dans un film d’aventure, cette fameuse scène où il faut absolument traverser un pont qui n’a vraisemblablement pas l’air fiable et où on risque de passer au travers à chaque pas. Et le pire c’est que j’ai dû passer sur ce pont deux fois, forcément.
Je suis ensuite repartie continuer ma petite boucle, les paysages n’avaient pour le moment rien de très spectaculaires, mais la conduite de la moto était géniale. Auparavant je n’avais jamais pensé à ce mode de transport par appréhension car je ne me pensais pas très à l’aise sur les deux roues, mais au finale ce véhicule offre encore plus cette sensation de liberté. Le prochain stop était chez Mr. Vieng, producteur de café. Le plateau des Bolovens est une région très réputée, car les conditions climatiques et le sol sont particulièrement propices à la culture du café, on dit même que c’est ici qu’on produit le meilleur café du monde. En arrivant chez Mr Vieng j’apprends qu’il n’est pas possible de visiter la plantation car il n’est pas présent aujourd’hui. Un peu déçue, je décide tout de même de m’installer et commande un café histoire de ne pas m’être arrêtée pour rien et de goûter à ce fameux café bio. C’était un réel délice, moi qui n’en boit pas souvent, j’avais l’impression que tous les cafés bus jusque là n’avaient que très peu de goût comparé à celui-là. J’ai donc acheté un sachet, un souvenir qui me fera revenir dans le temps au retour de mon voyage. Lors de cet arrêt je fis la connaissance d’un couple de parisiens, en vacances en Asie. Comme ils faisaient le Laos au Nord au Sud puis le Cambodge, nous avons pris le temps de discuter un peu afin de partager nos expériences.
Je repris la route, m’arrêta à quelques chutes d’eau, avant d’arriver à celles proches du village de Tad Lo. Elles étaient les chutes les plus belles de la petite boucle, et la plupart des personnes qui faisaient la boucle s’arrêtaient souvent à ce village pour la première nuit. Moi je ne m’y suis pas vraiment attardée. Après un rapide tour dans le village, j’ai directement pris la route pour l’étape que j’attendais avec impatience depuis quelques jours, la rencontre avec Captain Hook et le village des animistes.
Les “Kalum”, une minorité ethnique à découvrir l’esprit ouvert
Pour moi aujourd’hui l’incontournable de cette boucle dans le plateau des Bolovens, c’était de venir à la rencontre des “Kalum”, une minorité ethnique au mode de vie bien loin du notre. Pour apprécier pleinement la visite de ce village il faut venir sans a priori, avec un esprit le plus ouvert possible, si vous ne vous en sentez pas capable passer votre chemin.
Le village est plutôt grand et à mon arrivée très peu de panneaux indiquaient le chemin pour la maison de Mr Hook. Heureusement les enfants présents m’ont aidé et me montraient la direction à prendre. Plus je m’enfonçais dans le village, plus les regards des enfants avaient une lueur étrange. On m’avait prévenu, ici les enfants fument le “bang” dès l’âge de 5 ans, ce n’est donc pas étonnant de voir leur yeux vides, et leur air amorphe… enfin si ça l’est.
J’arrive à la maison de Mr Hook, on m’accueille plutôt bien venant d’un peuple avec un tel mode de vie. J’essaie d’avoir un comportement le plus approprié possible, je fais en sorte de me montrer la plus respectueuse possible pour ne pas les vexer. On me propose à boire, je choisis sur la carte posée en face de moi un jus de citron maison, il était à tomber. Quelques minutes plus tard un homme vient s’asseoir à côté de moi. Il se présente comme Mr Hook, il a le regard un peu vide, il doit fumer depuis quelques heures maintenant, il parle parfaitement bien anglais. Nous commençons à discuter un peu puis il retourne voir deux hommes en train de jouer aux dames sur une table de bois, je les observe, c’est amusant de voir des gens jouer à ce jeu ici.
Après quelques minutes je demande s’il est possible de visiter le village et d’avoir quelques informations concernant leurs coutumes. Mr Hook m’emmène alors faire ce tour et là la leçon commence.
Mr Hook est une personne extrêmement intéressante, il commence à me donner quelques informations sur son village, comme par exemple qu’il ne faut pas prendre en photo les gens, car pour eux cela signifie qu’on leur prend leur vie. Il cueille une plante et m’explique qu’avec ils peuvent faire arrêter le sang de couler. Puis nous arrivons dans la plantation de café et là encore je suis impressionnée car le personnage. Mr Hook connait absolument toute l’histoire du café à travers le monde. Il me cite les 20 types de cafés qui existent ou du moins leur appellation car au final il n’existe pas tant de sorte que ça, c’est surtout des appellations marketing. Le café qui est cultivé ici au Laos a été importés par les français principalement. La leçon est interrompue par le couple de français rencontré plus tôt dans la journée, nous nous sommes suivis sans trop le vouloir. On continue donc la visite à quatre. La connaissance du café de Mr Hook est ahurissante, il nous explique la différence entre les variétés, qu’il existe des fruits mâles et des fruits femelles. Pour le mâle, il ne contient qu’un grain et pour la femelle il y en a deux. Il nous fait même goûter le fruit rouge, presque prêt à être récolté. Il faut croquer légèrement pour enlever la première couche du fruit, elle a un goût sucré mais ne se mange pas. Le grain lui se mange et c’est là qu’on sent l’arôme du café. Il nous explique ensuite la suite du procédé pour faire sécher les grains et arriver au produit fini. Cet homme est une mine d’information, il pourrait nous en parler pendant des heures.
Nous continuons la visite dans la plantation, arrivons à des champs où sont cultivés le riz déjà ramassé et le manioc. Il s’arrête près d’un arbre dont la sève est rouge, on dirait du sang, il nous explique que cette sève leur sert pour éviter les démangeaisons. Comme j’ai la malchance de trainer depuis quelques jours des piqures de punaise de lit, je les lui montre et il applique la sève dessus, je ne ressens plus aucune démangeaisons, plus rien du tout. J’hésite presque à récupérer un peu de sève pour les jours à venir. La visite continue et nous goûtons à quelques plantes, là encore avec de multiples vertues. A un moment il prélève de la sève dans la tige d’un arbre et la fait couler dans le creu d’une feuille, il part un peu plus loin pour couper une petite tige qu’il tort pour former un cercle, il la plonge dans la sève, la ressort et souffle au travers du cercle, et la des dizaines de bulles s’envolent. On va de surprise en surprise avec cet homme.
Nous repartons et traversons une autre plantation de café, il nous informe que c’est la sienne, et nous demande si nous voulons goûter aux fourmis. Moi qui suis un peu déçue de ne pas avoir testé les insectes au Cambodge je saute sur l’occasion. Il nous amène proche d’un arbre, les fourmis forment comme un nid, elles ont tordues les feuilles pour se faire comme un abri. Il en attrape une, lui retire la tête et me la tend. Une belle et grosse fourmi rouge orangée, sans trop réfléchir je la mets dans ma bouche et là le goût, très acide mais pas désagréable. Il nous explique que les fourmis ne sentent pas très fort mais que dans le village ils les utilisent pour repousser les moustiques, car une fois écrasées, l’odeur est très désagréable. Vient donc la démonstration, il attrape quelques poignées de fourmis, les frottent dans ses mains pour les écraser et nous les fait ensuite sentir. Effectivement l’odeur est très intense, et désagréable.
Après cette dégustation, Mr Hook nous donne plusieurs recettes à base de café, nous explique à quel point il est bon pour les femmes de boire du café et que les hommes par contre ne doivent pas en boire trop souvent dans une même journée. Il nous donne énormément de remède à base de café, nous explique qu’il faut toujours choisir un café en grain et non déjà moulu car il a déjà perdu toutes ces propriétés.
Ensuite nous repartons en direction du village et là il nous donne encore d’autres informations concernant son village. Les enfants peuvent se marier à partir de 5 ans, peuvent avoir des enfants à partir de 11 ans. Ils sont polygames, et le nombre de femmes est souvent lié à la richesse de l’homme. Ils ne boivent pas de lait car d’après leur religion s’ils le font ils seront foudroyés. Lorsqu’on est malade, il faut d’abord aller voir le chaman, s’il ne réussit pas à guérir, alors c’est le gourou qu’il faut aller voir, là encore si ça ne fonctionne pas, c’est au tour de la médium du village qui devra faire disparaître les mauvais esprits et, enfin si ça ne fonctionne toujours pas, un sacrifice devra être fait, un sacrifice animal a priori. Les femmes accouchent dans la forêt et non dans le village, lorsqu’elles reviennent elles doivent passer au-dessus d’un feu, si elles ont des brûlures elles peuvent revenir sinon elles doivent retourner dans la forêt. Concernant le bébé, la mère doit dire si le bébé est un bon ou un mauvais bébé, et mieux vaut qu’il soit bon, c’est rarement l’inverse. Pour le prénom c’est tout un rituel, elle doit aller voir le chaman à la pleine lune, si elle n’a pas rêvé d’ici ce moment, l’enfant n’aura pas de prénom, et cela peut durer très longtemps, car le chaman donne le nom à l’enfant en fonction de l’interprétation du rêve. Dans une famille, si un membre meurt par accident, la famille entière doit quitter le village et partir vivre dans la forêt pendant 3 ans. Il nous explique également que les touristes ne sont pas toujours bien vus dans son village, car pour eux nous sommes tous des américains et ils craignent que nous venions avec des bombes. Bref tout un tas d’informations qui pour nous, sont complètement en dehors de notre réalité et de nos habitudes, mais ce sont les leurs.
Le couple de français nous a quitté à la fin de la visite et moi je suis restée. Je voulais continuer cette aventure, au cœur de ce village d’un autre temps, différent du mien. Je n’ai pas regretté mon choix de dormir sur place. On est venu me chercher au moment du dîner, je suis montée dans leur maison familiale. L’intérieur c’était une grande pièce au centre d’autres plus petites qui servaient de chambres. Nous avons mangé au milieu de cette grande pièce. Il y avait plusieurs plats différents, une soupe de poisson, un mélange d’aubergines, d’autres plats à base de poisson mais je ne saurai même pas dire ce qu’ils contenaient. Ce qui était sûr c’est que c’était délicieux. Nous n’avions pas de couverts, le riz gluant ou sticky rice, nous servait de cuillère, nous le trempions dans les plats et mangions avec nos doigts. Il y avait également des plats avec pleins d’herbes différentes, des tiges, des feuilles, au début je n’ai pas osé en manger, et puis au final la soeur de Mr Hook, qui parlait très bien anglais, m’a fait gouter et m’a expliqué comment les manger. C’était très bon, ça rajoutait beaucoup de goût aux différents plats.
Après le repas nous avons discuté, certains membres de la famille parlaient très bien anglais, d’autres un peu moins mais profitaient de ma présence pour s’améliorer. De mon point de vue c’était plutôt moi qui profitais de ces rencontres pour m’améliorer… Après quelques minutes, une toute jeune fille est entrée dans la pièce avec un bang de bambou, les personnes autour de moi se passaient le bang tour à tour. Ils m’ont vite proposé de me joindre à eux, je n’ai pas hésité longtemps, j’avais très envie d’essayer. Nous fumions donc tous ensemble les feuilles de tabac récoltées plus tôt, à discuter de pleins de choses différentes. C’était un moment de partage et d’échanges inattendu mais tellement fort.
Un jeune homme est arrivé un peu plus tard, lui aussi parlait très bien anglais, et a commencé à me poser quelques questions, les habituelles, où je vivais, ce que je faisais, combien de temps je voyageais. Et ensuite la discussion a énormément tourné autour de la religion. Il m’expliqua que contrairement aux membres du village il était bouddhiste, que sa famille vivait dans une autre ville plus au nord, et que pour lui, venir au village trop longtemps pouvait parfois être dangereux en raison de sa religion. Il était également curieux concernant ma position sur la religion. Il m’a demandé si je croyais en quelque chose, si j’étais pratiquante, comment ça se passait en France, si les gens allaient beaucoup prier ou non. C’était une discussion passionnante, et j’ai regretté de ne pas avoir le vocabulaire suffisant pour en parler plus en détail. Lui était très croyant et s’interrogeait du sens que les gens donnaient à leur vie s’ils ne croyaient en rien. Cette discussion m’a fait réfléchir, moi qui suis plutôt issue d’une famille catholique mais qui ne se retrouve pas réellement dans cette religion. Mon niveau de compréhension en anglais n’était pas assez bon pour comprendre toute les subtilités qu’il me donnait concernant le bouddhisme, du coup je lui ai proposé d’échanger nos contacts afin de continuer cette discussion, car j’avais quelques questions à lui poser.
Vers 22h30 je suis retournée à mon bungalow. Je dormais à même le sol sur un très grand et épais futon, c’était très confortable et le petit plus, c’est que par la fenêtre je pouvais apercevoir la lune et les étoiles qui brillaient intensément cette nuit-là. J’ai particulièrement bien dormi et me suis réveillée tôt, en même temps que le soleil. La veille j’avais demandé à prendre mon petit déjeuné tôt car j’avais un long programme qui s’annonçait. En guise de repas, j’ai eu droit à un délicieux café, moulu et préparé devant moi et servi dans une tasse en bambou. Et en accompagnement, on m’avait préparé des petits sandwichs avec tomates, concombres et omelette, un délice.
L’heure de partir arriva, et je salua et remercia Mr Hook ainsi que sa soeur pour leur accueil, et toutes ces leçons concernant le café et les plantes médicinales. Si cette rencontre n’a été pour eux qu’une de plus avec des touristes, pour moi elle aura été unique et forte en émotions. Je repris la route tranquillement, quitta le village qui s’activait déjà autour des tâches quotidienne. Le temps était particulièrement beau, le ciel était parfaitement bleu, le soleil bien présent et la lumière de ce matin-là était parfaite, rendant les reliefs aux alentours encore plus beaux et impressionnants.
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Ce deuxième jour, j’avais essentiellement prévu de me rendre aux plus belles chutes du plateau des Bolovens. Pour cela je devais faire le fameux croché sur la grande boucle. Après quelques heures de route et la visite d’une petite chute, j’arrivais à destination. Les chutes de Tayicsua comptaient en tout 7 chutes. Le site était plutôt grand, en pleine jungle c’était une succession de collines et il fallait compter plusieurs heures pour toutes les voir. Je n’avais que 3h devant moi, donc je devais prioriser. Après avoir garé la moto je m’enfonçais donc dans cette nature luxuriante.
La première chute était tout près, mais n’avait rien de très grandiose, celles vu précédemment sur la route avaient été plus surprenante. Je continua donc à la recherche des prochaines. Les différents sentiers étaient assez sportifs, il fallait tantôt monter tantôt descendre, et avec mon corps en carton qui n’a pas d’endurance c’était “essoufflant”. Pendant une petite ascension je pris le temps de regarder le paysage, c’était digne des films d’aventures, la jungle s’étendait à perte de vue. Et au loin on pouvait voir une chute d’eau gigantesque, elle paraissait plutôt éloignée et je ne savais pas si j’allais avoir le temps de la voir, ni même si j’allais trouver le chemin pour m’y rendre. Il y avait plusieurs sentiers mais aucune indication, donc c’était le hasard qui allait décider quelles chutes j’allais voir ou non. Je me suis lancée dans un chemin et quelques minutes plus tard je ne l’ai pas regretté. J’avais devant les yeux une des plus belles chutes du site, j’en avais rarement vu d’aussi belle, les alentours la rendaient encore plus belle. Elle tombait du haut d’une formation rocheuse et était entourée par de magnifiques fleurs aux couleurs vives, et bien sûr un arc-en-ciel s’était formé au pied de la chute. J’y suis restée un certain temps pour l’admirer, il n’y avait pas trop de monde à ce moment-là. Mais la population commença à arriver alors je repri ma route. Je suis remontée vers l’entrée du site, l’heure tournait et je n’avais prévu de rester que peu de temps.
Dans un restaurant j’ai de nouveau revu les filles rencontrées au magasin de moto. Il y avait Flavie, Andréane, Yasmin, Juliette et Laure. Je me suis installée avec elles, avons discuté et on a même convenu de faire la prochaine boucle ensemble, celle de Thakhek plus au Nord. Elles prévoyaient encore une journée après celle-là, donc je n’aurais qu’à les attendre une journée à Pakse pour prendre le bus de nuit ensemble.
Après réflexion je repris le chemin des chutes, c’était dommage de partir si vite alors que l’endroit était fabuleux. Sur le chemin j’ai croisé deux français qui revenaient d’un sentier qui descendait à l’opposé de celui que j’avais déjà pris. Ils m’expliquaient qu’il y avait deux très belles chutes par ce chemin, et que pour la deuxième il fallait emprunter un “chemin” qui n’en était pas vraiment un. L’idée me plut alors je pris cette direction. Le sentier était déjà moins bien “formé” c’était plus sportif encore que l’autre. Je suis arrivée à la première et là j’ai pu avoir un spectacle magnifique. J’étais tout en haut d’une chute qui tombait dans la jungle. Je pouvais apercevoir l’eau qui s’écoulait tranquillement jusqu’au moment de se fracasser en bas sur des rochers toujours avec cette puissance. C’était génial d’être à cet endroit, et pour mon plus grand plaisir personne n’est venu à la rencontre de cette chute en même temps que moi. J’ai ensuite chercher le chemin qui menait à la seconde, et effectivement ça allait être sportif. Je devais commencer par traverser un “pont” qui n’était en fait qu’un énorme tronc d’arbre, sans aucune prise bien sûr, sinon ce n’est pas l’aventure. Ce premier obstacle passé, je devais maintenant progresser dans la jungle en suivant le cours d’eau. Il fallait grimper sur des pierres constamment, mais c’était plutôt plaisant, je préférais ça à devoir monter des marches par exemple. Après 15 bonnes minutes de marche j’arrivais enfin à cette chute, et quelle agréable surprise de découvrir que c’était celle que j’avais vu au loin plus tôt dans la journée. C’était celle que je préférais, elle était immense, imposante, encore plus puissante que les autres, plus sauvage aussi et très certainement la moins observée du site. Le chemin qui y menait montrait bien que peu de personne s’aventurait jusqu’ici, et si je n’avais pas eu l’information par ces deux français je ne l’aurais certainement pas trouvé non plus. Je n’ai vraiment pas regretté d’avoir pris plus de temps ici, car même si je devais faire l’impasse sur d’autres lieux sur la boucle j’étais déjà satisfaite de ce que j’avais vu aujourd’hui.
Sur le chemin du retour pour rejoindre ma moto, j’ai de nouveau croisé les filles, du coup je leur ai dit pour les deux chutes que je venais de voir et qu’elles n’allaient pas être déçues. De mon côté je repris la route pour rejoindre Pakse. J’avais pas mal de trajet à faire et du coup plus le temps pour de nouveau arrêts. Avant Pakse il fallait passer par la ville de Pakson, et Yves nous avait prévenus, la route entre les deux villes était en travaux et la conduite pouvait être difficile. Il n’avait pas tort, c’était vraiment pas agréable voir même chiant car l’état de la route est mauvais, la conduite moins sûr car tout le monde voulait se frayer un chemin pour avancer. Il y avait des endroits où on devait rouler sur des graviers ce qui ne plaisait pas trop à ma moto, ni à moi. Bref le retour au bitume en bon état m’a fait plaisir. En arrivant sur Pakse j’ai eu droit à un magnifique coucher de soleil, et à mon plus grand étonnement la conduite en ville ne m’a pas déplu ni même stressé. Au final il suffisait d’y aller tranquillement, de bien faire attention lorsqu’on voulait doubler si personne n’était derrière nous et ça roulait tout seul. J’ai déposé ma moto chez Miss Noy, et ai prévenu Yves que je réservais un bus de nuit pour le lendemain et que 3 autres filles m’accompagneraient. Juliette et Laure ne nous suivaient pas, elles prenaient la direction du Sud.
Le lendemain je n’ai absolument rien fait, j’ai quitté mon auberge pour me nourrir mais sinon j’ai passé le plus clair de mon temps à ne pas l’occuper, et parfois ça fait du bien. Le soir venu, on s’est rejoint le soir chez Miss Noy pour prendre le tuktuk qui allait nous emmener à la station de bus. En arrivant là-bas nous avons découvert notre super bus de nuit, le premier que j’allais prendre au Laos. On nous a installé tout au fin à l’étage, on avait donc tout la largeur du bus pour nous quatre, c’était parfait. Contrairement au sleeping bus du Cambodge il y avait deux étage distincts, donc deux allées centrales et non pas une seule où il fallait escalader pour monter dans les couchettes supérieurs, par contre il fallait se baisser car le plafond du bus était du coup plus près de nos têtes. Le trajet était mouvementé, on m’avait prévenu, les route du Laos sont pas toujours en très bon état. Mais nous sommes arrivées entières, très tôt le matin, c’était toujours la nuit et bien sûr à des kilomètres du centre. On a donc choisi de dormir dans un dortoir à côté de la station de bus, qui avait plus des airs de prison avec ses matelas alignés dans une pièce sans fenêtres et une bonne odeur d’humidité. Encore quelques heures à tenir et notre nouvelle boucle dans les terres du Laos allait pouvoir commencer.
https://drive.google.com/folderview?id=1BNPN6qjmvBXais4bTRVR8a_G70h1YDYe
