Direction Kelowna, et en route pour les Rocheuses Canadiennes

Nous faisons aujourd’hui nos “au revoir” à Dave et Gaby, avec des sentiments contrastés. D’un côté de la tristesse de devoir quitter ces deux personnes avec qui nous avons partagé ces quelques jours et en même temps l’excitation de prendre la direction de notre nouvelle aventure dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Après notre petit-déjeuner, nous faisons le hugg habituel pour dire au revoir à Dave. Gaby nous emmène à notre arrêt de bus, à la jonction de la Highway et de la route qui mène chez eux. Elle attend avec nous quelques minutes puis là encore nous lui faisons nos au revoir. Dernier petit pincement au coeur. Le bus arrive quelques minutes plus tard et nous embarquons à bord de notre nouveau moyen de locomotion, le bus Greyhound grande ligne, ou la compagnie qui relie les grandes villes du Canada et dont les arrêts de bus sont introuvables ou à des endroits improbables. Le trajet durera 5h15 et nous arriverons à Kelowna, une grande ville un peu perdue au Centre-Est de la Colombie-Britannique, région particulièrement propice pour l’exploitation viticole. Mais nous n’en verrons rien car nous ne restons qu’une nuit dans cette ville. Mise à part ses caves, la ville ne présente pas un grand intérêt, elle reste tout de même un lieu touristique avec également un lac immense où différentes activités nautique peuvent être proposées. En ce qui nous concerne, nous ne verrons de cette ville que l’avenue de plusieurs kilomètres que nous avons parcourue pour rejoindre notre auberge de jeunesse, que j’ai baptisé “l’avenue au 1001 magasins”, le centre-ville et ses petites boutiques sympathiques ainsi que le bord du lac qui longe la ville.

Lorsque nous sommes rentrées le soir à notre auberge de jeunesse, nous avons fait la connaissance d’Etienne, un québécois qui partageait notre dortoir. Venu ici pour les vacances avec des amis, il s’est montré curieux à propos de notre voyage, curiosité qu’il témoignait à toutes les filles du dortoir. C’est avec cette nouvelle rencontre québécoise que nous avons compris avec Julie que cette langue allait nous donner quelques difficultés de compréhension. Lorsque Etienne parlait nous ne comprenions qu’un mot sur trois et répondions à côté à certaines de ses questions.

Le lendemain midi, nous devions nous rendre à l’aéroport de la ville, qui était très excentrée, pour récupérer notre voiture, notre future partenaire d’aventures mais aussi notre maison pour les deux semaines à venir. Car oui nous ne souhaitions pas alourdir notre budget avec des logements trop onéreux dans les Rocheuses. Et puis ça nous faisait encore une nouvelle expérience, car dormir dans une voiture plusieurs jours, faire l’impasse sur des douches quotidiennes et manger des repas à base d’aliments non frais et ne nécessitant aucune cuisson, ça ne pouvait être qu’une expérience. Nous arrivons donc au petit aéroport perdu à côté de l’université, nous nous présentons à notre guichet pour récupérer le véhicule et partons directement le trouver sur le parking. Là nous découvrons une petite Nissan Versa, compacte mais assez spacieuse pour nous loger deux semaines. Nous partons faire quelques courses à notre magasin préféré, Walmart, chaîne très présente au Canada qui vend de tout. Il ne nous reste plus qu’à organiser le coffre pour que l’ensemble de nos courses et nos deux gros sac à dos rentre et nous prenons enfin la route pour cette étape tant attendue.

Quelques heures nous séparent de notre premier point de chute, Golden, une petite ville à l’entrée du Parc National Yoho. Mais avant de penser à l’arrivée, je savoure de pouvoir conduire dans ce pays. Ici les routes sont tellement agréables, d’abord parce qu’elles offrent de magnifiques paysages, et ensuite car les canadiens conduisent sereinement. Personne ne s’agace au volant, on entend jamais les klaxonnes, sauf au moment de verrouiller la voiture, ce qui surprend la première fois. Les limitations de vitesse sont plus basses qu’en France, mais on ne ressent pas la contrainte de devoir rouler doucement, c’est comme toujours, on prend juste le temps. Je n’ai jamais autant aimé conduire qu’au Canada.

Nous arrivons enfin à destination après plusieurs heures de route et nos premiers émerveillement devant ces paysages hors normes. Maintenant la mission c’est de trouver un coin tranquille où nous sommes sûres de ne gêner personne et surtout qui n’attire pas trop l’attention de la police, car dormir dans sa voiture dans les parcs nationaux ce n’est pas vraiment autorisé, et l’amende peut rapidement être salée. Mais nous trouvons un petit parking juste à côté d’une voie de chemin de fer, ce qui ravie Julie à l’idée d’être réveillée par le bruit des trains. Nous entamons la préparation de la “chambre”. A présent il faut mettre en place les “rideaux”, sortir nos duvets et trouver une position supportable pour dormir. La voiture n’étant pas grande, le fauteuil servira de lit.

 

Après quelques fous rire dû à notre situation précaire, nous réussissons à nous endormir, non sans mal et sans réveille pratiquement à toutes les heures. Mais nous restons positives car demain est notre premier jour dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUGxoV1Z0RVFlM1k

 

Dave et Gaby, mais aussi la famille suisse

Cette rencontre, ce n’est pas seulement la rencontre de deux personnes formidables, c’est aussi la rencontre d’un mode de vie qui se rapprochait un peu plus de ce que je recherchais.

 

Gaby c’est une femme suisse qui un jour est venue voyager au Canada avec ses idées et ses convictions, qui a tout de suite aimé ce pays, qui a rencontré Dave et qui est restée y vivre. Dave c’est un personnage un peu plus secret mais tout aussi guidé par ses idées et ses convictions, je pense que c’est d’ailleurs ce qui a dû les rapprocher, surtout lorsqu’on connaît les circonstances de leur rencontre. Ils étaient tous les deux venus sur l’île de Vancouver pour militer contre une action de déforestation, ils se sont rencontrés lors du sitting.

Lorsque nous  sommes arrivées chez eux, nous n’étions pas les seuls “invités”, la famille de Gaby était là également. D’une certaine façon ça a accéléré la rencontre car ils étaient tellement curieux de notre voyage, de la France, leur pays voisin, d’un tas de choses que nous avons rapidement fait connaissance les uns avec les autres.

Comme dit précédemment, nous avons tout de suite été très bien accueillies et du coup rapidement intégrées aussi à l’ambiance et à la vie de cette ferme. Dave et Gaby étaient étonnés de nous voir si enthousiastes dès le premier jour à travailler avec eux, à découvrir comment ils fonctionnaient au quotidien. Je pense que de manière générale on les a biens avancés dans certaines tâches. Nous n’étions pas réticentes à nettoyer les enclos des animaux, à porter les bottes de paille, désherber le jardin ou encore faire la traite.

Ils avaient tous les deux des caractères bien différents. Gaby était parfois un peu directive, mais Dave le prenais bien et lui faisait parfois comprendre gentiment, du coup on voyait très bien la complicité qu’il existait entre eux, car ils n’étaient jamais en conflit, ils s’adaptaient au caractère de l’autre, sans s’écraser non plus. Dave était plutôt calme, mais grouillait toute la journée dans tous les sens, il avait un peu de mal à s’organiser et courait donc un peu partout. Il avait un rire bien particulier, plutôt communicatif, et un peu taquin sur les bords également. Gaby était un peu rebelle, plus dans sa jeunesse que maintenant mais ça se traduisait dans certains de ces comportements. Elle n’était pas très patiente non plus, du coup Julie s’est plutôt reconnue en elle, elles avaient quelques points communs.

Lorsque nous avons dû partir ce fut compliqué, car en plus de quitter deux belles personnes, nous quittions également un quotidien qui nous correspondait. Le fait de vivre dans une petite ferme, de produire ses propres produits issus du lait des petites chèvres, de cultiver son potager, de vivre au rythme des tâches nécessaires au maintien de cet équilibre, c’était vraiment pour le coup un vrai retour à l’essentiel. Une vie dans la simplicité, on prenait le temps de vivre une journée après l’autre, et sans parler de cet environnement qui nous entourait.

Le jour du départ, Gaby et Dave nous on dit pour la énième fois que nous pouvions revenir après les Rocheuses, que ce n’était pas la peine de faire la côte Est, pour rire bien sûr, car ils étaient contents pour nous que nous puissions vivre cette aventure.

Ce qui est sûr c’est que nous savons que si un jour nous repassons par la Slocan Valley, nous pourrions revenir les voir et que les retrouvailles seraient joyeusement partagées.

11 jours et quelques petites anecdotes

Pendant notre séjour à la Gimli Farm, nous avons passé de très bons moments et beaucoup d’entre eux ont donné lieu à des rires, d’autres presques des pleurs.

 

L’un des évènements qui aura été mémorable pendant ce séjour, c’est celui de notre aventure à la cueillette des baies dans les montagnes. Un après-midi, nous sommes donc partis tous les 3 avec Dave dans les montagnes avoisinantes à la recherche de ces baies. Pour cela nous devions emprunter un sentier large sur lequel les voitures pouvaient s’aventurer. Après de longues minutes de trajet, nous avons trouvé les arbustes sur lesquels elles poussaient mais il n’y avait que très peu de baies si ce n’était pas du tout. Nous sommes donc allés à plusieurs endroits avec espoir de tomber dans une zone où il y en aurait. En chemin nous nous sommes arrêtés pour admirer la vue sur la vallée, et au moment de repartir, un bruit sourd venant du truck nous a tout de suite stoppé. On est descendu et là ona vu le pot d’échappement trainer par terre. Ce n’était pas comme si nous étions au milieu de nul part en montagne et où le réseau ne passait pas. Dave avait décidé de l’enlever complètement, alors que nous, nous pensions qu’il serait mieux de tenter de le fixer, rentrer rapidement à la ferme et le faire réparer. Mais Dave avait son idée en tête et rien de lui aurait fait changer d’avis. On repris donc la route pour trouver un bas-côté assez haut pour permettre d’enlever le pot d’échappement. Et là, alors qu’on roule doucement, on voit un petit ours noir dévaler le flanc de la montagne et partir se réfugier plus bas. C’est à cet endroit que Dave décide de s’arrêter. Autant dire que Julie et moi n’étions pas rassurées d’avoir vu cet ours dans les parages. Mais Dave était confiant, on l’aida donc avec son pot d’échappement. Après quelques minutes à essayer de le tordre dans tous les sens, c’était chose faite. Nous allions nous remettre en route pour rentrer quand Dave aperçu un grand nombre de baies tant recherchées. Il nous fit son sourire habituel et on compris qu’il était temps de prendre nos sceaux et d’aller cueillir ces p’tites baies. Mais après quelques minutes l’angoisse m’est venue ainsi qu’à Julie, car quelques minutes avant nous avions vu cet ours et que nous étions tout de même en train de cueillir leur nourriture préférée. C’est alors qu’on entendit un bruit, comme des pas un peu lourds. Sans attendre on courut vers la voiture et on appela Dave. Il nous a rejoint rapidement voyant notre inquiétude et lorsqu’on lui a raconté ces bruits, il a rit en nous disant que ça devait être un “chicken”, un genre d’oiseau des forêts qu’on peut voir au Canada. Mais voyant qu’on n’était pas du tout rassurées par son histoire de chicken, on repris la route pour rentrer à la ferme. Résultat de cet après-midi, un sceau au dixième rempli et une histoire à raconter à tous les amis de Dave. On en a entendu parlé tout le long du séjour à la ferme, et à chaque fois nous en rigolions toujours autant.

 

Une autre expérience marquante, c’était la matinée où nous devions tuer les poulets. On pourrait trouver ça horrible de faire ça, mais ce n’est pas un sentiment que je partage. Après tout ne vaut-il pas mieux tuer ses propres poulets, nourris aux grains et au p’tit lait, en plein air, plutôt que d’aller acheter notre barquette de viande dans un supermarché qui n’a aucun problème à se faire de l’argent sur le dos des agriculteurs, sans parler des conditions dans lesquelles les animaux sont parfois abattus et leur condition de vie. Du coup ça ne m’a pas dérangé outre mesure de faire ma besogne matinale. Il fallait donc réussir à les attraper, les tuer, les déplumer et enfin les vider. La phase 2 n’était tout de même pas agréable, même Dave n’en avait pas vraiment envie, mais il le fallait et c’est lui qui s’en est occupé en grande partie. Le déplumage je m’y suis mis volontier, c’était long mais pas compliqué, il fallait connaître la technique du bain chaud puis froid. Pour la dernière phase, c’est là que ça devenait intéressant, c’est pas tous les jours qu’on apprend à vider un poulet. Dave nous a appris et nous laissait ensuite faire en nous faisant confiance sur les étapes à suivre. Il ne restait ensuite plus qu’à nettoyer et ensuite faire les découpes, mais ça c’était plus tard et ce n’était pas ma mission. Au final, même si ce n’était pas très enthousiasmant ça restait une expérience à faire et ça a renforcé mon envie de manger de manière plus responsable, devenir végan n’est pas envisageable mais acheter sa viande à un éleveur local est bien faisable. Et puis quelques jours plus tard, quand les suisses sont revenus de leur trois jours de balade, Dave nous a cuisiné des poulets, c’était délicieux.

 

Enfin n’oublions pas notre sortie canoë mémorable. La ferme de Gaby et Dave était située tout près d’une rivière et ils avaient deux canoës. Ils nous avaient proposé de faire un tour avec et nous avions programmé de le faire quelques jours avant notre départ. L’idée c’était de remonter la rivière jusqu’à la ville de Slocan, de se poser pour une session bronzette sur la petite plage et  rentrer quelques heures après. Gaby nous avait prévenu qu’il faudrait 3h pour l’aller et 2h pour le retour, on commençait à contresens du courant. En fin de matinée, on se dirigea donc vers la rivière et Gaby nous montra où trouver le bateau, caché sur la rive. On monta dedans et commencions notre avancée. La rivière était calme et toujours aussi claire, au point d’en voir le fond. C’était impressionnant et agréable de se retrouver là au milieu de la vallée à pagayer tranquillement tout en observant les paysages qui s’offraient à nous. Mais la tranquillité n’a pas duré, car nous étions tout de même à contre-courant et plus la rivière devenait étroite plus le courant se faisait fort. Après 30 minutes c’est devenu beaucoup plus sportif, et ce jusqu’à l’arrivée. Au début nous y mettions toute notre énergie, nos coup de pagaie ne nous faisaient presque pas avancer, mais dès que nous arrêtions le courant nous emportait dans la mauvaise direction, on avait pas le choix, on devait continuer. Mais au bout d’une heure l’agacement se faisait sentir, du coup nous partions en fou rire à force de nous agacer et râler contre ce courant et ce canoë qui n’avançait pas d’un mètre. Julie ne voyant pas l’arrivée se montrer voulait faire demi-tour mais je la motivais à continuer ou plutôt lui criais dessus pour qu’elle continue. La situation était vraiment comique. Elle l’était d’autant plus quand nous avons croisé un couple sur un bateau pneumatique et qu’ils nous ont crié que nous étions dans la “wrong direction”. Et l’était encore plus quand on a décidé d’adopter une nouvelle technique… On s’est dirigé vers la rive, le courant y était moins fort, et on s’est aidé du bord pour avancer. Pagayer dans l’herbe nous faisait avancer plus vite. Mais il y avait régulièrement des arbres tombés en travers à éviter et quelques rochers. Dans ces cas là les manoeuvres étaient compliquées car si l’écart que nous faisions était trop grand le courant nous emmenait. C’était vraiment comique. Mais au bout de 2h40 nous sommes tout de même arrivées au but ultime, faire les crêpes sur la plage. Et pour nous récompenser de notre exploit nous avons bu les deux bières que nous avait préparé Gaby dans notre petite glacière. Elles étaient bien méritées. Après quelques heures nous avons pris la “route” du retour. C’était beaucoup plus simple dans la bonne direction, même si le courant paraissait beaucoup moins fort qu’à l’aller, à croire que cette rivière voulait se moquer de nous jusqu’au bout. Je proposais à Julie de se reposer et pagayais toute seule, elle avait continué de pagayer alors qu’elle voulait arrêter je lui devais bien de pouvoir profiter de la vue du retour tranquillement. On finit notre périple sous une fine pluie qui ne dura que quelques minutes. En rentrant on raconta notre aventure à Gaby et Dave, ils ont d’ailleurs particulièrement aimé le passage de la “wrong direction”.

 

Beaucoup d’autres bons moments ont été vécus au cours de ces 11 jours. Le simple fait de se trouver chez Dave et Gaby était un bon moment, les rires et les anecdotes, que ce soit les leurs ou les notres, ponctuaient souvent nos repas du soir sur la terrasse en bois avec vue sur les montagnes.

 

C’est pas ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpckhRV3dRd1BjRTQ

 

Premiers moments et premières impressions à la Gimli Farm

Nous nous réveillons tranquillement avec la lumière du jour, et lorsque que je tourne la tête vers la fenêtre, c’est une vue imprenable sur les montagnes qui s’offre à moi.

 

Dès la première journée on s’est mis dans le bain de notre travail quotidien. Cette petite ferme comptait quelques animaux, des chèvres, des poulets (oeufs et viande), un cheval (Johnny) et un chien, Baloo. Il fallait donner à manger à tout ce petit monde et j’avais rapidement pris le parti de nourrir les chèvres et Johnny matin et soir. Il y avait également la traite à faire matin et soir, ça c’était plutôt la partie de Julie, mais je le faisais de temps en temps. Gaby appelait le lieu de la traite son bureau, c’était très bien aménagé et organisé. En début d’après-midi, il fallait également emmener les chèvres dans un pré un peu plus loin pour qu’elles puissent manger de l’herbe et du coup faire plus de lait.

En générale le reste de la journée s’organisait au rythme des demandes de Gaby, Dave donnait son avis et s’exécutait. Gaby faisait essentiellement les traites car sa maladie la fatiguait beaucoup. Bien souvent ils ne savaient pas comment organiser la journée et ne s’accordaient pas sur les tâches à faire, du coup c’était assez marrant de les voir débattre sur le sujet, mais au final c’était souvent Gaby qui avait le dernier mot. Au bout de trois jours, ils ont compris que nous aimions bien savoir comment s’organisaient nos journées, car si ça n’était pas le cas on pouvait facilement travailler un bon nombre d’heures, mais jamais non plus au point d’en faire trop.

Concernant les différentes tâches que l’on a pu faire, nous désherbions régulièrement le potager, nous ramassions aussi les fraises et les framboises régulièrement, nous avons également coupé beaucoup de bois, de quoi leur permettre de tenir tout l’hiver, et chez eux ça dure très longtemps, on a du remplir au moins 6 ou 7 fois l’arrière de pick-up, ce qui était plutôt pas mal, mais pas encore suffisant d’après Dave. Heureusement nous avions une machine à pression hydraulique à disposition, prêtée par un voisin, qui fendait les rondins que Dave tronçonnait. Nous devions tout de même remplir le truck et le vider à tous les trajets. Nous sommes également allées cueillir des baies dans la montagne ce qui a donné lieu à une aventure comme disait Dave. Une des grosses missions du séjour était aussi de tuer tous les meat bird, la volaille à viande, en tout ça faisait 27 poulets. Ce n’était pas une surprise, ils nous l’ont annoncé dès le premier jour, car à plusieurs c’était plus rapide. C’était une expérience pas forcément amusante mais tout de même intéressante, car au delà de seulement tuer le poulet, il fallait aussi le déplumer et le vider pour pouvoir le conserver par la suite.

Les premiers jours nous travaillons quelques heures par jours réparties un peu n’importe comment dû à la présence des suisses. Mais pendant leur absences nous en faisions un maximum le matin pour avoir des après-midi moins chargés. Le rythme était plutôt plaisant, on était absolument pas surveillées sur les heures et notre travail était toujours apprécié. Les seuls horaires fixes étaient ceux des repas des animaux, on se levait tous les jours à 8h, petit café, traite pour Julie, nourriture pour moi ensuite, et le soir vers 17h45 on recommençait la routine du matin.

La présence ou l’absence de nos amis suisses modifiait le restant de la journée. Quand ils étaient là, les repas se prenaient tard le temps de tout préparer pour tout le monde. Chacun y mettait du sien, certains faisaient la cuisine, d’autres mettaient la table, ceux qui n’avaient pas forcément préparer faisaient la vaisselle ou débarrassaient, c’était naturellement bien organisé. Les repas étaient toujours très copieux. C’était une formule “à plat multiple”, il y avait toujours plusieurs choses à manger, et comme chacun aimait cuisiner, c’était toujours délicieux. La plupart des aliments venaient du jardin, nous avions toujours du bon lait de chèvre, du yaourt et du fromage de chèvre, c’était des moments très agréables d’échanges et de partages. Quand les suisses n’étaient pas là, c’était un peu différent, moins de choix dans les menus mais toujours aussi bon. Parfois le soir nous allions boire un verre au bar toujours très fréquenté à quelques kilomètre de la ferme, nous mangions un peu plus tôt et nous passions plus de temps à apprendre à nous connaître aussi. Sans oublier nos boissons d’après labeur que nous préparait Dave, c’était un genre de smoothie avec des fruits du jardin, du yaourt, des glaçons et le tout bien mixé, c’était un vrai délice.

 

L’ambiance générale qui régnait ici était parfaite, le rythme de vie aussi et les échanges plus importants qu’avec nos précédents logeurs. Nous nous plaisions beaucoup à cette ferme. On y a tout de suite été très bien accueillies, et avons rapidement pris nos marques et quelques habitudes.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpeWtjVTZleC1mb3c

 

Petit périple pour atteindre notre troisième et dernier Wwoof

Il est nécessaire de poser le cadre pour cette étape. Actuellement à Vancouver, nous devons nous rendre à Lemon Creek, dans la Slocan Valley, située à un peu plus de 700 km de notre position actuelle. Il pourrait exister des bus pour faire ce trajet mais l’idée d’exploser le budget transport ne nous plait pas. Nous adoptons donc une nouvelle fois la pratique du pouce levé et estimons à deux jours le temps nécessaire pour faire le trajet.

 

Ca y est, aujourd’hui nous quittons notre havre de paix, notre ville fétiche pour de nouveaux horizons, ceux qui nous rapprochent un peu plus des Rocheuses, étape phare de ce voyage. Nous partons donc assez tôt le matin de l’Université, prenons un premier bus qui nous amène dans le centre-ville, proche de la gare de trains/métro, qui lui même nous emmène à l’extrémité Est de la ville ou plutôt de l’agglomération de Vancouver. Là nous faisons un premier point “localisation”. On décide de reprendre un bus qui nous mènera tout proche de la Highway, lieu stratégique pour espérer monter à bord d’une voiture qui nous déposera le plus loin possible sur notre trajet.

Après quelques minutes, nous voyons arriver un couple, eux aussi en Backpack, avec l’intention de faire du stop également. C’est un couple québécois. Ils s’installent un peu plus loin que nous, à l’endroit où commence la Highway, et après quelques minutes une voiture le prend et l’emmène. Autant dire qu’on était un peu dégoutées de les voir partir avant nous. Alors sans attendre on est allées se positionner à leur place. C’est après 30 longues minutes d’attente qu’un homme s’est arrêté pour nous avancer d’une trentaine de minutes sur notre trajet.

C’est ensuite au tour d’un homme beaucoup plus âgé, un p’tit papy, de nous prendre après une dizaine de minutes d’attente. Il nous déposera là encore, environ 40 minutes plus loin, dans un endroit dépeuplé, avec pour seule activité une station service-restaurant. Et qui voyons nous arriver? Notre petit couple québécois. Ils nous expliquent qu’ils souhaitent rejoindre de nouveau Jasper. Ils ont donc encore un long chemin à parcourir. Le temps d’aller faire un aller-retour à la station-service pour la pause petit coin, nous les voyons partir au loin dans un pick-up. On ne les recroisera plus.

Après encore de longues minutes d’attente en plein soleil et perdant un peu espoir, c’est un pilote d’hélicoptère qui s’arrête avec son pick-up. Il peut nous déposer jusqu’à la ville “Hope”, endroit où nous devrons changer de route pour prendre la numéro 3. Un monsieur très gentil qui nous donna de bon conseil et nous parla un peu des feux de forêts qui prenaient de plus en plus d’ampleur dans la région. Heureusement, nous n’avons pas eu à nous en préoccuper, ils n’étaient jamais dans le même secteur que nous, et nous veillons à les suivre sur le site internet qui les recensait régulièrement.

Arrivées sur notre Highway numéro 3, nous levions de nouveau le pouce et constations qu’il n’y avait pas grand monde sur cette route. Mais c’est assez rapidement qui notre dernier chauffeur de la journée s’arrêta. C’était un homme (encore), qui s’était trompé de route depuis un certain temps, qui écoutait un radio religieuse catholique (j’étais contente de ne pas comprendre grand chose), il était un peu donneur de leçon sur les bords et surtout, il conduisait très mal. Moi qui suis facilement malade en voiture, j’étais étonnée de ne pas avoir vomi mon absence de déjeuner.

Lorsque nous sommes arrivées à Princeton, nous étions heureuses de descendre de sa voiture et rassurée de ne pas être tombées sur les flancs des montagnes. On décida de stopper notre mission “pouce levé” pour la journée. Nous n’avions pas atteint la moitié du trajet mais nous n’avions plus envie d’attendre un nouveau chauffeur, et préférions se poser tranquillement dans un motel. En raison des incendies, nous avons d’ailleurs eu de la chance de trouver la dernière chambre disponible de la ville. Le temps de poser nos affaires, nous étions reparties à pied à la recherche d’un endroit pour manger, la facilité nous poussa vers un fast-food. Le point positif de ce motel c’est que nous avions chacune notre lit, et cela faisait longtemps que ça n’était pas arrivé.

Le lendemain matin on s’est réveillée dans la fumée. Un feu avait démarré la veille au soir et avait plongé cette partie de la vallée dans la fumée. On pris une douche et boucla nos sacs, afin de nous diriger rapidement vers le bord de la route et partir dès que possible.C’est seulement au bout d’une heure et vingt minutes que notre premier chauffeur de la journée s’arrêta. C’était un suisse, en vacances au Canada, voyage qu’il faisait tous les ans depuis quelques années. Il devait se rendre à Greenwood, une petite ville perdue au milieu de nulle part, située le long de la route numéro 3. Cela allait beaucoup nous avancer, et nous partagions donc plus de 3 heures de route avec lui. C’est à cette occasion que nous vîmes pour la première fois un ours noir. Notre chauffeur s’arrêta et fit même demi-tour afin que nous puissions prendre le temps de l’observer et de prendre des photos.

En arrivant à Greenwood, nous nous sommes postées à la sortie de la ville, afin de capter des automobilistes de long trajet. Car même si notre ami suisse nous avait bien avancé, nous étions encore bien loin du but. Après avoir vu défilé bon nombre de voitures, une femme en monospace s’arrêta, descendit et commença à ranger sa voiture pour pouvoir nous accueillir. Elle transportait littéralement sa maison dans sa voiture car en plein déménagement. Elle était québécoise et survoltée, encore un personnage haut en couleur. Elle parlait du coup québécois, un mélange de français anglais, le tout avec un accent incompréhensible, j’avais parfois un peu de mal à la suivre. Elle écoutait un chanteur très connu au Québec, une référence d’après elle, c’était d’une autre génération et les chansons étaient plutôt engagées mais très drôles. Elle nous avança d’une quarantaine de minutes, jusqu’à la prochaine ville qui dépassait les 20 maisons. On avait vraiment bien rigolé avec elle pendant le trajet, elle était drôle, parlait fort et un peu vulgaire sans que ce soit choquant. C’était un jour très important pour elle car elle allait signer l’achat de sa maison. A 40 ans, pour elle c’était quelque chose d’important d’avoir son chez soi. En observant les paysages de forêt avec par endroit des zones complètement déboisées par l’industrie du bois, elle vit la remarque que le Canada était fou de couper autant d’arbres, qu’en faisant ça il tuait la vie.

Elle nous déposa ensuite à la sortie de la ville où elle vivait encore. Elle nous salua joyeusement et partie pour son rendez-vous chez le banquier. C’est peu de temps après qu’un homme vêtu d’un t-shirt troué s’arrêta pour nous dire que l’endroit était pas pratique pour faire du stop. Il nous déposa donc quelques kilomètres plus loin, et il avait raison car dans les 10 minutes qui suivirent son départ, notre dernier chauffeur apparu et nous emmena pratiquement jusqu’à la fin de notre parcours. J’étais assise à l’arrière comme à mon habitude, à côté de son chien qui avait décidé de faire de ma jambe un oreiller. Il était très sympa et écoutait une chanteuse locale, musique que nous aimions beaucoup avec Julie, on a donc noté le nom pour plus tard. Nous arrivions enfin à la jonction de South Slocan, ce qui marquait la fin de cette aventure à travers la Colombie-Britannique, la fin de ce spectacle avec ces paysages toujours magnifiques. Sur la route nous avions vu beaucoup de montagnes, elles étaient impressionnantes, elles étaient très abruptes, comme sorties de terre s’imposant au reste. A présent, il ne nous restait plus qu’à envoyer un mail à nos futurs logeurs pour qu’ils viennent nous chercher.

C’est 45 minutes plus tard que Dave arriva et nous emmena à leur ferme. Il nous expliqua que le frère de Gaby ainsi que son cousin, tous les deux suisses, étaient présent pour quelques jours. Jusque là pas de surprise pour nous, Gaby nous avait déjà prévenu par mail. Ca ne nous posait aucun soucis, et eux avaient prévu de quoi se loger. A ce sujet Dave décrivait ça comme le village suisse, et en arrivant on compris vite pourquoi. Deux énormes camping-car avait pris place dans le jardin, c’était impressionnant tant ils étaient imposants. Et c’était du grand luxe, 3 télés, le mobilier qui se déplace tout seul pour laisser place à d’autres mobiliers, bref une vraie maison sur roues bourrée d’électronique.

Dès les premières minutes nous avons été très bien reçues, présentées comme les deux nouvelles woofeuses, pour quelques jours parmi cette famille. On a très vite été acceptées aussi, l’ambiance était un peu particulière mais très amusante, chacun essayait de parler la langue de l’autre. Les canadiens parlaient anglais et suisse pour ce qui concernant Gaby vu que c’était la langue natale, Dave tentait de se souvenir de ses cours de français, et se risquait parfois à quelques mots en suisse. Les suisses se débrouillaient en anglais et étaient ravis de pouvoir sortir quelques mots en français. D’ailleurs l’un deux, Markus, se débrouillait plutôt bien, il avait cette façon de sortir des expressions françaises avec un accent tellement exagéré qu’on était à chaque fois prises de fous rire. Et puis nous, nous parlions anglais (enfin surtout Julie), et on essayait parfois de parler allemand en tentant de nous rappeler de nos cours déjà un peu lointain.

 

Une nouvelle aventure commençait, et en même temps la dernière de ce genre, c’était notre dernier Wwoof, mais nous étions sûres qu’il tiendrait toutes ses promesses, le peu que nous en avions vu le confirmait.

 

C’est par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpaFpMeHl1VDBhbjg

Retour à notre ville coup de coeur, Vancouver

Nous nous réveillons de notre dernière nuit chez Natasha et Max. On boucle nos sacs à dos et nous partons direction le ferry pour retourner sur Vancouver pour quelques jours.

 

Natasha s’est proposé de nous emmener au ferry car il faut compter plus d’une heure de transport en commun et que ça allait être plus agréable en voiture pour nous et nos gros sacs. On va donc récupérer une voiture qu’elle a réservé. Ils ont ce système de location de voiture très pratique ici. Il suffit d’avoir un compte et de payer un abonnement, et plutôt que d’avoir une voiture dont on ne se sert que très rarement, lorsqu’on a besoin de se déplacer loin, on réserve une voiture à proximité et c’est réglé. Nous voilà donc en route pour le bateau. Le temps de dire “au revoir” et de remercier Natasha, de prendre nos billets et d’embarquer, nous étions déjà assises à bord pour rejoindre notre ville coup de coeur, Vancouver.

 

Nous n’y restions que quelques jours, le temps de revoir René pour un dîner, de profiter des plages de sable, et de découvrir le quartier de Kitsilano, situé au Sud du centre-ville. En arrivant nous nous sommes directement rendues à l’Université pour poser nos affaires. Et autant dire qu’elle n’a rien à voir avec celles de chez nous. Leur campus est un village entier, si ce n’est une petite ville. On pourrait facilement si perdre s’il n’y avait pas à chaque intersection un plan. Nous rejoignons le bâtiment où se trouve les chambre d’étudiants inoccupées pendant l’été, récupérons la clé et découvrons une chambre d’étudiant grand luxe, avec petite cuisine aménagée, grande salle de bain, des rangements partout et un lit super confort. On était plutôt ravie d’avoir fait comme Natasha et Max.

On passa le reste de la journée sur la plage des cul-nus située juste à quelques centaines de mètres de notre chambre. La plage était “mixte” le port de vêtements était optionnel, du coup aucune gêne pour nous à garder nos vêtements, chacun faisait comme il voulait. Une expérience du voyage amusante et sportive car pour y accéder c’était près de 500 marches à descendre et à remonter pour y accéder.

 

Le second jour on est parties à la découverte de Kitsilano, on a ensuite rejoint la côte pour la longer jusqu’à prendre le pont qui menait au centre-ville. On a refait le trajet de notre premier jour, mais à l’inverse cette fois, on a fait tout le tour de la baie jusqu’à revenir du bon côté de la ville. Sur le chemin on s’est arrêtée faire un petit tour dans un festival, l’entrée était gratuite, il y avait de la bonne musique, des stands de nourriture aux spécialités variées, on a donc mangé sur place, et en dessert on s’est pris une “mangue en bâtonnet”. A la fin de notre promenade,comme à notre habitude on s’est mises en maillots de bain et on s’est allongées pour quelques heures de “repos”. Le soir nous avons mangé avec René dans un restaurant japonais à l’ambiance plutôt atypique. C’était délicieux, ils avaient un choix impressionnant dans leur carte. On voulut lui offrir le repas pour le remercier de son hospitalité de la dernière fois, mais il nous a devancé. Il nous a ensuite raccompagné à notre palace universitaire.

 

Notre dernière journée n’a pas été très animée, nous sommes retournées en centre-ville pour faire quelques achats nécessaires à la suite du voyage, puis nous sommes rentrées à notre chambre pour commencer la planification des prochains jours, en particulier les deux suivants qui s’annonçaient assez long. Nous devions rejoindre notre 3ème Wwoofing situé à 700km à l’Est de Vancouver dans la “Slocan Valley”. Nous sommes tout de même ressorties pour quelques heures sur une autre plage toute proche de l’université histoire de prendre l’air.

 

Le fait de revenir sur Vancouver confirmait notre première impression. C’était une ville tellement agréable, des jardins et des parcs où l’on peut s’allonger en maillot de bain sans se poser de questions, des gens tout aussi agréable, des endroits animés aux ambiances surprenantes, bref une ville qui me reverra peut être un jour.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpOU1XUnlzSDdyZmM

Natasha et Max

Une nouvelle belle rencontre, celle de Natasha et Max, un couple d’une trentaine d’année. Lui était un militaire bientôt à la retraite, en septembre. Elle avait eu plusieurs jobs différents, le dernier en date était chef dans un restaurant, et là elle était depuis quelques temps auto-entrepreneur. Elle avait créé un site de vente en ligne de salon de jardin à la canadienne. Elle était sûre que ça allait marcher.

Il s’était mariés au Mexique il y a quelques temps, d’ailleurs ce que j’avais remarqué et tout de suite aimé c’est leurs alliances. Ce n’était pas un anneau, mais un tatouage, il représente des signes dont je ne connais pas l’origine. Mais je trouvais l’idée très intéressante avec une forte signification, ce n’était pas un objet dont on peut se séparer d’un geste, facilement, c’était la preuve de leur union marquée sur leur peau à jamais. Ils n’étaient pas le couple démonstratif, débordant d’attention, mais ils étaient très complices. Ils prévoyaient de partir vivre sous peu en Thaïlande, à partir de fin septembre pour 6 mois, pour ensuite partir en tour du monde pour deux ans. Le voyage avait une place particulière dans leur vie.

Nous avons passé de très bons moments avec eux. Natasha avait de bonnes notions de français, du coup nous recevoir lui faisait plaisir car elle pouvait de nouveau parler notre langue. On a beaucoup ri ensemble également, au rythme de nos anecdotes et des leurs. Et nous avons surtout très bien mangé. Natasha cuisinait merveilleusement bien. Le premier soir, elle avait préparé des makis vegan, un autre soir un magnifique gâteau aux fruits et également des pâtes à l’italienne faites maison. On s’est régalées. En plus, grâce à Natasha nous avons une meilleure image des végans. Elle a expliqué la raison pour laquelle elle avait fait ce choix. C’était simple, elle était contre la maltraitance animale, le fait qu’aujourd’hui on “élevait” à outrance les animaux, pas toujours dans de bonnes conditions pour nourrir tout le monde. Et le fait d’être chef dans un restaurant cautionnait et participait à tout ça. C’était donc pour ça qu’elle avait arrêté ce travail et avait fait le choix de ne plus manger de viande.

Ils étaient très chaleureux et ont été très gentils avec nous. Pour notre première expérience en Couchsurfing c’était une réussite. On vivait chez eux, essentiellement le matin tôt et le soir, on partageait leur espace de vie, sans nous imposer, et eux de la même manière nous laisser libre de nous organiser comme nous le voulions sans imposer quoi que ce soit. C’était un échange agréable.

J’espère rester en contact avec eux, et qui sait peut être qu’un jour on se recroisera sur la planète.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpN1RiWEEyc01VMWs

Découverte de la belle Victoria

Le réveil fut compliqué dans notre 6m², une douche libre difficile à trouvée au milieu de tous ces dortoirs et le petit déjeuner rapidement avalé. Ce matin nous quittons rapidement notre auberge de jeunesse pour aller à la rencontre de Natasha à son domicile à 30 minutes de marche, afin de nous libérer de nos 18 kg.

 

Nous avons parcouru une bonne distance avant d’arriver à l’appartement de Natasha, situé au bord de la mer/baie de Victoria, dans la banlieue proche du centre. Elle habitait avec son mari Max et leur chien, un appartement juste assez grand pour eux. Elle nous accueilla chaleureusement, nous montra notre lieu de vie pour les quatre jours à venir et nous laissa tranquillement nous installer. Juste le temps de mettre un peu d’ordre dans nos petits sacs à dos, nous étions reparties pour le centre-ville pour commencer la visite de la ville. Natasha nous avait indiqué de passer par le pont situé juste en bas de chez elle pour rejoindre le centre, que le trajet était plus agréable que la route par laquelle nous étions arrivées le matin.

Nous voilà donc en chemin pour découvrir la capitale de la Colombie-Britannique, nous avons donc 4 jours devant nous.

 

Musée Royale de la Colombie-Britannique et le Parlement :

 

Pour le premier jour de visite, nous avions prévu de faire notre premier musée. Plusieurs personnes nous avaient conseillé de faire ce musée, apparemment il était très bien fait, très ludique et très intéressant. Avant d’y entrer, nous sommes allées voir le Parlement qui se trouve juste à côté. C’est un bâtiment magnifique qui vaut le détour, de jour comme de nuit.

Le musée était organisé en plusieurs étages. Le premier était dédié aux principaux évènements intervenus en Colombie-Britannique, principalement les avancés en termes de droits pour les habitants de cette région. Parallèlement à ces avancées, il y avait une illustration sur mannequin des différents styles vestimentaires. Une des choses que j’ai préféré sur ce thème, c’était une sorte d’arbre fait de papier auquel les visiteurs du musée pouvaient accrocher des feuilles de papier en forme de feuille sur lequel ils pouvaient écrire une phrase. Sur l’un des papiers on pouvait lire “You were born with two ears and one mouth. Listen twice as much as you speak”, j’ai beaucoup aimé cette phrase tellement vraie et que peut de personne savent suivre aujourd’hui. Il y avait au même étage une exposition temporaire sur Terry Fox, une personne inconnue pour moi mais qui méritait tout le temps que j’ai passé à apprendre qui il était. C’était un athlète canadienne, à qui on a diagnostiqué un cancer à la jambe et qui n’avait comme seule possibilité de se faire amputé. Il se lança en 1980 dans un marathon trans-canadien malgré sa jambe artificielle pour militer contre le cancer et pour récolter des fonds pour la recherche. Il n’arrivera pas au bout de son marathon de l‘espoir, son cancer ne lui permis pas de continuer. Il aura tout de même parcouru 5 373 km en 143 jours et aura permis de sensibiliser le pays entier pour sa cause. Aujourd’hui il est un des plus grands héros du Canada. Autant dire que les mouchoirs mis à disposition on servi pour beaucoup de personnes. A ce même étage on pouvait aussi trouver la partie sciences naturelles avec les indications sur la faune et la flore de la région ainsi qu’une sensibilisation sur les risques du changement climatique.

Le second étage retraçait les grandes étapes historiques de la région. Il y avait une magnifique exposition sur les premières nations, les indiens. Il y avait un nombre impressionnant d’artefacts, des vêtements, des outils, une habitation reconstituée, les armes également qui leur servaient à chasser et une salle immense réserver aux magnifiques mâts totémiques. Puis l’arrivée de James Cook et toutes les nouvelles activités que cela a entrainé, le commerce maritime, la recherche de l’or et bien d’autres. La visite était très intéressante car les différentes expositions étaient mises en scène, on était littéralement plongées à l’époque visitée, le décor était très réaliste.

Nous étions contente d’avoir fait ce musée car effectivement il était très bien fait, il était interactif et plutôt ludique.

 

Déambulations dans la ville :

 

Après avoir mangé dans un fast food qui n’était pas du tout fast, nous sommes parties nous perdre dans les rues de la ville.

Je souhaitais parcourir les rues afin de pouvoir tomber sur du streetart, et nous en avons trouvé aux détours de certaines rues, plus éloignées du centre-ville et de l’activité citadine. Nous avons également croisé quelques belles églises et des petites boutiques de quartier. Au bout d’une rue, alors que nous étions encore très proche du centre-ville, on apercevait déjà les quartiers résidentiels, de belles maisons avec un petit bout de jardin, juste là quelques centaines de mètres de l’activités de cette grande ville. Nous sommes ensuite retournées dans le centre, j’avais repéré le matin un petit bar juste à côté du port.

Cette journée méritait bien de s’assoir en terrasse pour boire une bonne bière.

 

Le Thetis Lake :

 

Le soir, de retour chez Natasha et Max, nous discutions de notre première journée et leur demandions conseils pour la suite de l’exploration de cette ville. Nous avions repéré quelques lacs mais ne sachions pas vraiment lesquels valaient vraiment qu’on s’y attarde. Ils nous conseillèrent le Thetis Lake à l’Ouest de la ville.

Le lendemain on préparait donc de quoi grignoter sur place et partions rejoindre l’arrêt de bus qui nous emmènerait jusqu’à ce fameux lac. Après quelques minutes de trajet nous descendions du bus pour rejoindre notre point de chute qui se trouvait encore à plusieurs mètres de là.

En arrivant on découvrit un lac magnifique, ça devenait une habitude de tomber sur ce genre de lieux. On se posa quelques minutes sur le sable de la petite plage, le temps de manger un morceau. On repartit rapidement après avoir regardé les différents parcours de randonnée, bien évidemment on choisit le plus long, qui faisait le tour complet du lac. A certains endroits du parcours nous avions droit à des vue splendides sur ce lac.

La randonnée dura un certain temps, plus d’une heure, peut être deux je ne sais plus trop, au total nous avions parcouru environ 8 km. De retour sur la petite plage, on s’aperçut qu’elle était déjà beaucoup plus peuplée qu’en arrivant. Comme nous avions pensé à prendre nos maillots de bain et serviettes, on décida de se reposer quelques instants, qui sont vite devenus quelques heures au final.

En milieu d’après midi, on repris la direction de l’arrêt de bus pour rejoindre le centre-ville. On descendit au niveau d’un centre commercial afin de trouver rapidement un lieu où manger un morceau. On s’est ensuite baladées dans les rues, pour enfin rentrer pas trop tard car on avait prévu d’aller boire un verre avec Natasha et Max ce soir-là.

 

Randonnée jusqu’au Mont Douglas :

 

Le jour suivant, là encore sur les conseils de nos logeurs, on pris la direction du Mont Douglas, situé bien au Nord-Est de la ville, proche de la mer. Le programme de la journée c’était de se rendre à pied jusqu’au Mont Douglas, le gravir et redescendre côté mer pour aller récupérer de notre ascension sur la plage.

On a très vite regretté notre première étape. La veille, nous avions regardé le trajet pour s’y rendre et les 8km nous paraissait pas énorme à faire à pied, il fallait juste compter 1H40 de marche et ça semblait faisable. Le soucis c’est qu’on s’est vite retrouvées dans les quartiers résidentiels, où il y a peu de choses à voir, puis des zones commerçantes perdues à la sortie de la ville et enfin un bout de campagne au pied de notre fameuse petite montagne.

En arrivant au début de la randonnée pour faire l’ascension, nous étions déjà fatiguée de nos kilomètres parcourus. Là encore plusieurs itinéraires étaient possibles pour l’ascension, on choisit le plus simple pour le début, en sachant que plus nous montions, plus les seuls chemins possibles étaient difficiles. Et effectivement, les derniers mètres n’étaient pas simples, concrètement il fallait escalader les rochers, slalomer au milieu des quelques arbres. On est arrivées à bout de souffle tout en haut, mais fières d’être allées jusqu’au bout. La vue n’avait rien de sensationnelle, juste une vue sur l’étendue de la ville et sur la mer, ça restait tout de même impressionnant de se trouver là, au sommet, à partager cette vue avec les rapaces qui nous offraient un beau spectacle.

On descendit par la route pour rejoindre la plage. Nous étions impatientes d’y arriver, pour nous allonger une bonne fois pour toute et se reposer. Mais en arrivant ce fut plutôt une petite déception. Toujours pas de sable sur la plage, des galets ou petits cailloux, et l’odeur des algues échouées depuis plusieurs heures avec en prime les mouches comme compagnie. Mais tant pis, aucune envie de marcher encore pour trouver mieux plus loin. On s’est éloignées un maximum des algues et donc rapprochées un peu plus de la mer. Julie a fait sa sieste habituelle et moi je me suis mise à faire mes découpes de tissus et commencer à coudre ma seconde pochette. Après une bonne heure, j’étais toujours dans ma couture, imperturbable, pas même par la mer qui s’était fortement rapprochée de nous. C’est Julie qui m’interpella à ce sujet, me faisant relever la tête de mon ouvrage pour découvrir que la mer était à une cinquantaine de cm de nous. Juste le temps de tout ranger et de se rhabiller, et nous voilà repartie. Heureusement, car si nous étions restées plus longtemps, la mer nous aurait encerclées.

Il était hors de question qu’on fasse de nouveau le trajet à pied. On repéra donc l’arrêt de bus le plus proche. Sur le chemin pour le rejoindre, on fit quelques courses, car nous avions prévu de faire un diner à la française pour Natasha et Max.

 

Les marchés de Victoria :

 

On devions normalement repartir pour Vancouver le vendredi, mais comme nous avions appris que René, notre ami/hébergeur, ne pouvait plus nous accueillir nous devions trouver une autre solution. Un peu tard pour les demandes Couchsurfing donc pas le choix, on a dû réserver une chambre. Mais grâce à Natasha et Max qui y avaient passés quelques jours, nous avions eu l’idée de faire comme eux, réserver une chambre à l’Université de Vancouver. On leur a donc demandé s’il était tout de même possible de rester une nuit de plus, histoire de limiter les frais sur Vancouver car les prix, même si dans ce cas c’était très abordable, restaient tout de même élevés.

Pour cette dernière journée, on décida donc de prendre le temps, de ne rien programmer de particulier, si ce n’était retourner en centre-ville à la recherche des marchés publics. Il en existait plusieurs, le Public Market, qui regroupait plusieurs petits stands qui proposaient des fruits et légumes locaux de saison, ou encore des ustensiles pour la cuisine, des livres, des patisseries. Il y avait également de petits restaurants. C’était un lieu original dans un bâtiment aux allures d’ancien site industriel. Mais ça manquait un peu d’authenticité à mon goût, il n’y avait pas vraiment de maraîchers, c’était des boutiques qui étaient là de manière permanente.

Il y en avait un autre, plus proche de la côte et plus ancré dans le centre-ville. Celui-ci avait des airs de petit village dans la ville. C’était une grande bâtisse sur plusieurs étages, construite toute autour d’une grande cour. Nous n’y sommes pas allées le bon jour, car les maraîchers n’étaient pas présents, mais il y avait également pleins de petites boutiques qui vendaient nourriture, articles vintages, loisirs créatifs.

On décida d’aller chercher à manger dans une boulangerie pâtisserie italienne, dont les odeurs qui s’en dégageaient nous donnèrent envie de goûter à leur sandwich garnis de fromage, du vrai fromage.

Après cet épisode gastronomique, on décida de reprendre la direction de notre foyer temporaire, il y avait un petit parc à proximité et nous voulions nous poser le reste de la journée, avant de retourner à l’appartement pour préparer notre sac pour le départ du lendemain. Lorsque nous sommes arrivées dans le parc, on découvrit le petit jardin communautaire du quartier. Des carrés de potagers se tenaient là, certains étaient en libre-service, on pouvait cueillir les fruits et légumes qui s’y trouaivent, d’autres étaient privatisés, mais nous avions accès à tous. Il était géré par une association, des bénévoles, et tout reposait sur le principe de confiance. On a beaucoup aimé l’idée avec Julie. On s’est ensuite allongé dans l’herbe pas très loin, pour plusieurs heures, là encore, Julie était occupée à la sieste et moi à ma couture.

On rentra en fin de journée pour notre dernière soirée avec Natasha et Max.

 

Virée nocturne dans les rues de Victoria :

 

Après le dîner, j’avais envie de retourner dans les rues de Victoria pour deux raisons. La première était que je voulais voir le Parlement avec ses illuminations, c’était un incontournable de la ville. La seconde c’est que je voulais découvrir la vie nocturne de cette ville canadienne. Julie préférait aller se coucher, du coup je pris ma musique, enfila mes chaussures et pris la direction du centre-ville avec comme seule compagnie la lune, elle éclaira un peu le chemin, car sur le pont à côté de l’appartement, il n’y avait bien sûr pas de lumière.

Bizarrement je n’avais pas peur de me promener seule à une heure si tardive. Même si j’empruntais ce chemin peu fréquenté, je ne craignais pas de mauvaise rencontre, pas ici. Le seul groupe de jeunes un peu alcoolisé que j’ai croisé m’a simplement salué.

En arrivant dans la ville, je m’aperçu qu’il y avait très peu d’activité. Mise à part à l’entrée d’une boîte de nuit et dans les bars, personne dans les rues. Le calme qui régnait ce vendredi soir dans cette capitale régionale me paraissait étrange. Tout compte fait il n’y avait pas grand chose à voir, l’activité nocturne était plate. Je pris donc la direction du Parlement qui était effectivement éclairé par des milliers de lumières, pris mes quelques photos et repartie en direction de l’appartement.  

La nuit allait être courte, il était déjà 1h du matin quand j’arrivais et nous partions de bonne heure le matin pour prendre notre ferry.

 

Comme Vancouver, Victoria était une grande ville agréable à vivre. Contrairement à chez nous, ce n’est pas surpeuplé, on ne se marche pas dessus, on ne se bouscule pas dans les transports, on ne fait pas la queue des heures au fast-food ou dans les commerces. Après, l’activité et le dynamisme ne sont pas les mêmes qu’à Vancouver, celle-ci lui pique un peu la vedette sur le plan économique et elle reste plus attractive pour y vivre. Mais Victoria reste la capitale historique et législative de la Colombie-Britannique, et offre tout de même un cadre de vie serein.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpSHpnc1RoUmVRZ1E

 

Départ pour Victoria et rencontre improbable

Nous quittons enfin ce lieu, et c’est le frère de notre logeur, qui avait bien plus les pieds sur terre, qui se propose de nous déposer à Duncan sur le bord de la Highway pour que nous puissions lever notre pouce.

 

L’endroit où nous avons été déposé n’était pas très pratique pour faire de l’auto-stop car les voitures étaient lancées et il n’y avait pas beaucoup de place sur le bas côté pour qu’elles puissent s’arrêter. Mais nous n’avions pas le choix donc nous voilà à lever notre pouce une nouvelle fois. Ca a été très long avant qu’une voiture ne s’arrête, et quelle voiture, un énorme pick-up rouge, avec à l’arrière une caravane fixée sur la remorque. C’est un personnage haut en couleur âgé de 33 ans, Kirk, qui se propose de nous emmener à Victoria, où il se rend également. On apprend plus tard qu’il y a habité et qu’aujourd’hui il y retourne pour s’acheter son bateau, un rêve pour lui qui va devenir réalité.

Sur la route, Kirk nous propose de nous arrêter pour aller voir une cascade qui  d’après lui est magnifique. Nous sortons donc de la voiture, marchons quelques instants et tombons très vite sur la cascade en question. Kirk avait raison, c’était un endroit magnifique. Pour donner une idée du personnage, il a très vite escaladé les rochers en bas de la cascade pour y retirer son t-shirt et sauter dans l’eau froide, très froide, et puis recommencer une seconde fois. Après quelques prises de vue, nous voilà repartis pour Victoria. Plus nous nous rapprochons de la ville, plus Kirk est surexcité à l’idée d’aller enfin acheter son bateau. A l’entrée de la ville il se gare sur le parking d’un centre commercial et nous propose deux solutions. Soit il nous dépose après son coup de fil à un arrêt de bus en direction du centre-ville, soit nous l’accompagnons voir son bateau et ensuite il se propose de nous faire faire un petit tour de la ville pour finir sur la plage. On choisit la seconde option et prenons donc la direction du domicile du propriétaire du bateau. Le bateau en question est en fait une grande barque à moteur, moi qui m’attendait à un petit bateau avec cabine je fus surprise de voir autant d’excitation pour cette barque. Mais Kirk conclu l’affaire et c’est le plus heureux du monde alors pourquoi pas.

Nous reprenons ensuite la route pour le centre-ville de la capitale historique de la Colombie-Britannique. Nous passons devant les principaux monuments de la ville, puis longeons la mer. Kirk se gare enfin, et il nous emmène nous promener dans le parc magnifiquement fleuris de la ville. Après quelques petites anecdotes, il nous emmène à la plage. Nous allons fêter son achat et sa rencontre avec ses deux nouvelles amies françaises avec une bouteille de vin rouge de France. Personnage haut en couleur. Nous y restons une bonne partie de l’après-midi, le temps pour Julie de prendre quelques coup de soleil, moi de faire une sieste et Kirk de raconter son histoire à Julie, qui n’avait qu’une envie, dormir, et il nous a également écrit un superbe poème. Bien entendu c’est ironique vu le personnage.

Entre temps, nous apprenons que la personne qui devait nous héberger en couchsurfing nous a oublié et qu’elle ne sera pas chez elle pour pouvoir nous accueillir le soir. Kirk nous dit de ne pas nous inquiéter, qu’il connaît une auberge de jeunesse très bien en plein centre-ville, où il est resté 3 mois. En fin d’après-midi, nous nous rendons donc à cette fameuse auberge, et nous prenons une “suite” privée pour deux car ils n’ont plus de dortoir avec deux lits. Nous ne payons que 5 euros chacune en plus pour être seules. Nous faisons nos adieux à notre nouvel ami d’une journée, ce qui annonce aussi un peu de tranquillité. Kirk est une personne très gentille et un peu marginale dans son fonctionnement, et après quelques heures en sa compagnie, un peu de calme est bienvenu.

Nous montons dans notre “suite” et en ouvrant la porte nous découvrons un (très) petit local, où tient seulement notre lit superposé et un petit frigo, nos sacs ne tiennent même pas au sol, le mien dormira donc avec moi. Après avoir fait une petite pause, nous partons nous promener dans les rues pour découvrir cette nouvelle ville. Le centre-ville est tout près, pas très grand et nous faisons vite le tour de la rue principale. Nous passons par l’office de tourisme pour récupérer une carte et voir les points d’intérêts que peut nous offrir ce nouvel endroit. En début de soirée, nous entrons dans un bar aux allures de pub irlandais pour grignoter un morceau et boire un verre. Nous rentrons assez tôt à notre “suite” car le lendemain nous devons nous lever de bonne heure pour aller à la rencontre de notre logeuse qui peut nous accueillir dès le matin et donc nous permettre de nous débarrasser de nos 17 kg pour une visite de la ville plus légère.

 

Ce fut une journée intéressante qui nous montrait encore que parfois se laisser aller à l’imprévu et se laisser porter par les événements peut amener à de belles choses. Aujourd’hui nous avions fait la connaissance d’une personne un peu à part, qui vivait selon ses envies et ses rêves, et qui n’était pas malheureux en dehors du schéma habituel, au contraire. Car c’est ça aussi le voyage, se donner la possibilité de faire des rencontres, de nouvelles personnes, de nouveaux lieux, de nouvelles idées.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpSEFkLVRfekVCMHM

De Fanny Bay à Duncan, des ambiances contrastées

C’est aujourd’hui que nous reprenons la route pour nous diriger vers Victoria, la capitale de la Colombie-Britannique, mais avant de poser nos sac à dos là-bas, nous avons quelques étapes à faire.

 

En nous réveillant ce matin, Hanna nous explique qu’elle ne peut plus nous emmener à Duncan, la ville où nous voulions passer la nuit avant de partir pour Victoria, car elle a une urgence avec un chien. Elle a demandé à Franca si ça ne l’a dérangeait pas de nous emmener et celle-ci a gentiment accepté. Mais plutôt que de la faire rouler jusqu’à Duncan on a décidé avec Julie qu’elle nous déposerait au Market de Cassidy, car nous devions y faire de toute façon une pause. Pour le reste du trajet on se fera une session pouce levé.

Nous voilà donc en route pour Nanaimo, où Hanna nous a conseillé de nous arrêter pour faire une petite randonnée près de la baie. Nous entamons donc cette randonnée qui n’était pas trop longue et plutôt plaisante. Peu de temps avant d’arriver à la fin de la rando, les filles aperçoivent une petite figurine en plastique représentant un dinosaure posée là sur une branche proche du sol. Je la prends en photo trouvant l’idée plutôt drôle et me demande qui a bien pu s’amuser à la mettre là. Après avoir passé un peu de temps au bord de la mer, nous retournons sur nos pas pour retrouver la voiture et reprendre la route. C’est alors que j’aperçois à mon tour une autre figurine du même genre. Nous en rencontrerons comme ça sur une bonne partie du chemin. Décidément quelqu’un s’est bien amusé.

Nous voilà reparties pour Cassidy et la route se fait en quelques minutes. Franca nous dépose sur la parking du market, nous nous disons “au revoir” et la voilà repartie pour une bonne heure et quelques de route pour retourner à Fanny Bay. De notre côté nous retrouvons Grant et Melissa et leur sourires. Melissa m’apporte un sac plastique rempli de quelques affaires que j’avais oublié en partant, on ne parle que de deux t-shirts, un short et un pantalon… On ne se refait pas. Nous rencontrons les nouveaux wwoofeurs, un couple de mexicain et Melissa nous propose de manger avec eux pour ne pas repartir avec le ventre vide. Avant de repartir nous faisons de nouveau nos petits achats, quelques cookies pour ma part et un t-shirt aux couleurs de la ferme pour compléter ma collection avec celui de la Three Paws Farm. Le temps de dire de nouveau “au revoir” à Melissa et Grant et d’échanger quelques mots, nous nous positionnons sur le bord de la highway pour lever notre pouce.

C’est après 40 bonnes minutes que Wes s’est arrêté. Il habitait Victoria et avait accepté de nous déposer jusqu’à notre chambres d’hôtes aux alentours de Duncan. Au moment de partir il nous laissa son numéro pour quand nous arriverions à Victoria le lendemain, comme il ne travaillait pas, il nous proposait de nous nous faire un tour en ville. L’endroit où il nous avait déposé était tout de même assez éloigné de Duncan. C’était une espèce de ferme qui avait plus des allures de taudis. Les propriétaires des lieux étaient en train de se mettre en route pour passer quelques heures au bord de la rivière, et comme il n’y aurait personne pendant leur absence ils nous proposèrent de venir avec eux. Il était un couple d’une trentaine d’années et son frère à lui était là pour quelques jours. Après cette sortie nous sommes retournés à la ferme, c’est là qu’ils nous ont expliqué qu’il n’y avait plus de bus pour Duncan ce dimanche. On leur demanda comment ça allait se passer pour le repas du coup et ils nous expliquèrent qu’ils pouvaient nous faire à manger mais que dans ce cas nous devrions payer un supplément. Du coup on demanda s’il était possible de nous prêter les vélos pour aller dîner à Duncan, et là encore nous devions payer. Avec Julie nous avons décidé de prendre tout de même les vélos, même s’il y avait 12 km à faire jusqu’à Duncan, car nous n’aimions pas du tout l’ambiance chez eux, ni leur comportement vis à vis de l’argent. On avait bien compris depuis quelques heures que ce n’était pas de l’eau dans leurs gourdes ni seulement du tabac dans leurs cigarettes, et l’argent réclamé allait bien évidemment servir à se fournir.

Nous avons donc pris les vélos et sommes parties pour Duncan, au moment où il nous a demandé si on avait bien réglé nous avons répondu que oui, alors que nous n’avions réglé que la nuit, pas les vélos, avec un peu de chance ça passerait inaperçu et il ne gagnerait rien à nous prêter ses deux roues. Après quelques minutes de pédalage, nous nous sommes rendues compte que nous ne faisions que descendre dans la vallée et que par conséquent, le retour allait être très compliqué. Et ce fut effectivement le cas. Après être arrivées à Duncan, nous avons découvert une ville sans vie, car comme c’était le week-end du Canada Day, tous les commerces étaient fermés. Nous avons tout de même fait un petit tour dans la ville au 40 totems, avons mangé un bon burger dans un restaurant du centre-ville et nous nous sommes ensuite posées dans un parc où était organisé un petit concert gratuit. Nous sommes reparties pas trop tard car nous savions que le retour prendrait plus de temps que l’aller. Ca n’a pas été sans mal mais nous avons réussi à rentrer pas trop tard.

 

Cette nuit-là, ce fut la première fois que je n’étais pas complètement sereine dans ce pays pourtant si tranquille. Mais tout s’est bien terminé et le matin nous n’avons pas traîné pour repartir.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpc3p1X3ZLQVpXMm8