Nos activités pour 15 jours à Fanny Bay

Tous les matins et tous les soirs nous avions notre routines, la matinée était occupée par les missions que nous donnait Hanna et l’après-midi c’était quartier-libre.

 

Nous avions une feuille sur laquelle était noté toutes nos tâches quotidiennes, nourrir les chats et les chiens, ouvrir aux poulettes et leur donner à manger et à boire, aller donner à manger aux lamas, c’était une check-list que nous suivions chaque jour. En plus de ces tâches, Hanna nous préparait tous les matins une liste de choses à faire dans le jardin ou aux alentours. Elle notait également les événements du jour, et nous faisait des propositions de balades et randonnées.

En générale les tâches étaient plutôt simples et ne nous prennaient que quelques heures dans la matinée. Il s’agissait de désherber son potager, couper les ronces dans l’enclos des alpacas, couper l’herbe, cueillir les fraises dans son jardin mais pas seulement. Une matinée nous sommes allées dans une autre ferme à 18 km de chez elle, cueillir des fraises pour faire des confitures. Le concept de cette ferme était que tu venais avec tes contenants et tu allais chercher toi-même les fruits et légumes dont tu avais besoin, et il ne restait ensuite plus qu’à payer à la sortie de la ferme. J’ai adoré cette mission car c’est un concept auquel j’avais pensé pour plus tard, et voir que ça se concrétisait et que ça fonctionnait très bien me confortait dans cette idée et m’encourageait aussi à ne pas laisser toutes ces anciennes idées de côté. Une des missions que nous n’avions pas forcément aimé faire était de tapisser tout le potager avec du copeau pour éviter les mauvaises herbes. On trouvait cette idée un peu inutile car le sol était déjà recouvert par une espèce de bâche noire qui avait déjà pour fonction d’éviter que les mauvaise herbes ne repoussent. Mais au bout de 3 jours nous avons réussi à finir cet ouvrage.

 

L’après-midi était donc libre et Hanna nous laissait même une voiture à disposition. Au cours de nos 15 jours de Wwoofing à Fanny Bay nous avons eu l’occasion de faire beaucoup de randonnées et découvrir cette belle région côtière.

 

Courtenay  :

Courtenay était la grande ville la plus proche de la ferme, elle se trouvait à une bonne vingtaine de kilomètres. Aux abords de la ville il y avait toutes les enseignes de supermarché et fast-food que l’on trouvait dans la plupart des villes de la région. Le centre ville n’était pas très grand mais il y a avait quelques petites boutiques sympas, certaines pour les touristes, d’autres spécialisées dans le sport ou la décoration. Nous y allions régulièrement, principalement pour faire des courses et lorsque nous allions au restaurant avec Hanna.

 

Journée à la découverte des chutes d’eau :

Peu de temps après notre arrivée à la ferme, un nouveau wwoofeur est arrivé, un allemand déjà venu mais qui ne restait que trois jours. Avec Julie, nous n’avons pas vraiment accroché avec le personnage, on trouvait qu’il profitait de la gentillesse d’Hanna, lui demandant régulièrement des sous pour aller acheter de la nourriture pour nous faire des repas vegan, de l’emmener à Nanaimo prendre son ferry, bref on ne l’aimait pas beaucoup, surtout quand il nous a parlé de faire de la mousse au chocolat sans oeufs et avec de l’avocat… oui oui de l’avocat, nous dire ça à nous françaises, pour qui la nourriture est sacré. La seule chose positive qu’il a apporté c’est sa connaissance de deux endroits magnifiques où se trouvaient des chutes d’eau. C’était impressionnant de voir l’écouler une telle quantité d’eau. Elle était d’ailleurs d’une clarté, on pouvait voir le fond de la rivière sans difficulté. Elle était également très froide. J’ai adoré me balader dans ces endroits pour découvrir ces chutes, l’eau reste un des éléments que je préfère, et particulièrement dans ce genre d’endroit car on sent une grande force quand on l’observe s’écouler et en même temps regarder et écouter toute cette masse en mouvement a aussi ce côté apaisant. Je pourrais observer l’eau pendant des heures sans me lasser.

 

Randonnée sur “Forbidden Plateau” :

Pour notre premier samedi à Fanny Bay, Hanna nous emmena au Mont Washington pour une randonnée sur Forbidden Plateau. En hiver c’était le lieu de prédilection pour les amoureux des sports d’hiver, en arrivant au parking on apercevait les pistes et les remontées mécaniques sur les flancs de la montagne. Il était possible de faire différents parcours plus ou moins long, on choisit de faire la plus petite car Hanna devait aller à son cours de chant avec Ruth dans l’après midi. Le randonnée était très agréable, le chemin très bien balisé, peu de dénivelé, il y avait un peu de neige à certains endroits malgré le soleil qui chauffait déjà bien en cette matinée. A mi-parcours nous arrivions à un lac magnifique, là encore d’une clarté incroyable, entouré par les montagnes. Nous nous sommes posés le temps de manger un encas et sommes repartis pour la suite de notre promenade. Un autre lac fit son apparition, puis sur la fin de la randonnée, comme au début, un paysage plat parsemé d’arbres et de végétation et parcouru par de nombreux petits cours d’eau. Au retour de la randonnée nous sommes passés par Courtenay pour déjeuner, Hanna nous a invité au restaurant, un japonais spécialisé dans les ramens pour mon plus grand bonheur.

 

Cathedrale grove et les chutes de Little Qualicum River :

Quelques jours après le départ du vegan allemand, nous avons été rejoints par une autre wwoofeuse, Franca, elle aussi allemande. C’était une fille agréable, au début un peu sur la réserve mais on a très vite sympathisé et avons partagé quelques fous rire, souvent à cause de mon anglais très aléatoire. L’une des premières ballades que nous avons faite toutes les trois était d’aller voir l’arbre le plus grand de l’île qui se situait sur la route 4 qui menait à Tofino. Il y avait un petit parcours dans la forêt de chaque côté de la route que nous avons fait. L’arbre était effectivement très grand, perdu au milieu des autres, s’il n’y avait pas eu d’indication nous n’aurions pas su que c’était celui-ci. De retour à la voiture, cette escapade n’avait pas pris beaucoup de temps, on décida donc de s’arrêter sur la route du retour pour aller voir des chutes d’eau, j’avais repéré à l’aller le panneau en bord de route. Il s’agissait des chutes de Little Qualicum River. Là encore un parcours agréable qui longeait le cours d’eau et donc les diverses chutes. Nous avions bien fait de nous arrêter.

 

Top Bridge and Englishman River :

Dans les bouquins de hikking qu’Hanna nous avait laissé, nous avions repéré avec Julie une longue randonnée de 14 km qui suivait le cours de la Englishman River et dont les photos laissait espérer une balade plutôt sympathique. Nous avons donc demandé à Hanna notre jour off le vendredi et avons également proposé à Franca de nous accompagner. Nous avons pris la route le matin pas trop tard pensant que la randonnée nous prendrait un bonne partie de la journée. Le début du parcours commençait directement au Top Bridge, un pont suspendu au dessus de la Englishman River. Il était beaucoup plus petit que celui que nous avions fait à Vancouver et il se balançait un peu plus aussi. Il y avait déjà quelques personnes dès le matin qui se promenaient aux alentours et certains s’étaient même installés au bord de la rivière en vue de s’y baigner. L’idée me plu aussi mais il était encore trop tôt pour ça, peut être au retour de la rando. On commença donc le parcours qui parfois longeait la rivière et parfois s’en éloignait. Nous avons croisé peu de personnes mais souvent accompagnés de leur compagnons à quatre pattes. Ce qu’il y avait de différent dans cette randonnée c’est que l’ambiance changeait au fur et à mesure que nous avancions. Ca commençait par de la forêt, puis comme un sorte de marais mais avec de l’eau toujours très clair, puis de nouveau la forêt mais cette fois-ci nous suivions un ruisseau, il y avait ensuite la plage qui longeait de nouveau la Englishman River et nous retournions pour finir dans la forêt de départ. Au cours de la randonnée, nous avons fait une première pause, on a profité du sable pour se poser et s’allonger quelques minutes. Et bien évidemment à la fin nous sommes retournées au Top Bridge pour profiter de l’eau et se rafraichir un peu. Pour une fois j’avais pensé à prendre mon maillot de bain, mais je ne suis pas allée dans l’eau tout de suite. D’abord parce qu’elle était vraiment froide et aussi à cause de cette retenue qui me vient de je ne sais où et qui me retient de me lancer pour faire certaine chose. Et puis après être restée assise au bord de l’eau à la regarder s’écouler je me suis dit “on va pas tarder à rentrer, on va quitter cet endroit si magnifique et tu te seras même pas baigné alors que tu en as envie depuis toute à l’heure, et comme toujours tu regretteras de pas t’être lancée”. J’ai donc enlevé mon short et mon t-shirt et après plusieurs hésitations je me suis lancée, ou plutôt je me suis jetée à l’eau. Julie m’a rejoint et même Franca. C’était un moment vraiment sympa, très joyeux et j’étais contente de m’être décidé.

 

Nous avons fait pleins d’autres balades, nous avons vu d’autres villes, mais ces expéditions étaient les plus marquantes pour moi. Nous avons eu de la chance d’avoir posé 15 jours nos sac à dos dans cette région de l’île, les paysages étaient magnifiques. Peu importe où se posait notre regard, nous avions soit une vue sur des montagnes imposantes soit une vue magnifique sur la baie. En fin de compte il suffisait d’ouvrir les yeux pour être dépaysée.

 

C’est par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUThJQTRsNmlLUG8

Notre arrivée à Fanny Bay, deuxième Wwoof !

C’est le moment de repartir vers la suite de cette aventure. Nous devons rejoindre Parksville, attraper un bus et prendre la direction de Buckley Bay où nous attends notre second Wwoof.

 

Nous partons donc de notre petite chambre avec une pluie fine pour nous accompagner. C’est un premier habitant de Ucluelet qui se propose de nous avancer jusqu’à l’intersection qui mène soit à notre destination, soit Tofino. Après 20 minutes d’attente, un couple d’allemand (encore) s’arrête et nous conduit jusqu’à notre destination, Parksville. Pour revenir sur notre expérience de “pouce levé”, dans l’ensemble ce sont souvent des gens du coin qui ont l’habitude des auto-stoppeurs soit des allemands en vacances qui s’arrêtaient. Les grosses et belles voitures ne s’arrêtent que très peu. Ce couple originaire d’Allemagne mais vivant en Australie, était venu en vacances au Canada. Ils avaient déjà passé quelques temps dans les Rocheuses et nous confirmèrent que c’était un spectacle magnifique. Ils nous racontèrent des anecdotes avec les animaux, dont les ours. Lorsque nous sommes arrivées à destination, ils nous ont fait cadeau de leur spray à ours. Oui oui c’est bien ça, un pshit-pshit anti-ours. C’est très rassurant, car il est extrêmement conseillé d’en avoir sur soi. Au moins maintenant on est équipé grâce à notre gentil couple allemand.

Petite pause déjeuné dans un de leur fast-food et nous voilà reparties vers notre arrêt de bus à 20 minutes à pied. Le lieu de l’arrêt de bus est complètement improbable, il est situé sur le parking d’un autre fast-food et manque de bol, le local où nous devions retirer notre billet est fermé. Il était indiqué sur leur site qu’il était ouvert le dimanche, mais la petite pancarte sur la porte nous informe du contraire. Nous allons donc croiser les doigts pour que le conducteur nous accepte tout de même dans son bus car sinon ça sera de nouveau une session “pouce levé”. Comme nous avons deux bonnes heures d’attente avant l’arrivée du bus nous repartons en direction d’un Tim Horton aperçu sur le chemin, un fast-food spécialisé dans le café. En y entrant, on a remarqué avec Julie qu’il y avait énormément de personnes “d’un certain âge” qui fréquentaient ce genre de lieu, les fast-food en général. Contrairement à ce qu’on voit en France où ce sont essentiellement des jeunes ou des familles. Connaissant la durée de l’attente, nous avons choisi de nous installer confortablement dans des fauteuils. Puis à 30 minutes du  départ du nous sommes retournées à l’arrêt. Mais nous aurions pu y rester plus longtemps dans ces fauteuils car le bus est arrivé avec 30 minutes de retard. Voici donc le moment fatidique pour savoir si notre attente en a value la peine ou si on aurait mieux fait de lever le pouce depuis 3 heures. Donc concrètement notre réservation faite la veille au soir n’avait pas eu le temps d’arriver dans leur “fichier” et nous avons dû payer de nouveau nos billets. L’arrangement était que le chauffeur attendait un retour de son collègue le temps du trajet jusqu’à Buckley Bay et qu’il nous remboursait si tout était ok. Et comme c’était bien le cas, il nous redonna nos sous à l’arrivée.

Entre temps nous avions prévenu Hanna, notre nouvelle logeuse pour 15 jours, de notre arrivée sur Buckley Bay car elle devait venir nous chercher à l’arrêt de bus. Nous n’avons eu un retour de sa part que 40 minutes plus tard, comme quoi elle venait nous chercher. Elle arriva très rapidement après son message. Elle était une femme d’une cinquantaine d’année. Elle nous amena donc à sa maison qui se trouvait à 800 m de l’arrêt de bus/station service. Nous arrivions enfin à destination après 10 heures de “voyage” pour un trajet qui n’en demanderait en temps normal que 3 heures tout au plus.

Au fur et à mesure qu’on avançait dans son allée, on apercevait la maison qui se dévoilait. C’était une grande maison sur trois niveaux, il y avait également plusieurs bâtiments qui entouraient la maison, une écurie qui servait de dépôt pour son association pour les chats, un grand garage, un local où se trouvaient les vélos, et deux petits bâtiments qui abritaient les poules, l’un pour celles qui serviraient plus tard de repas et un pour celles qui pondaient les oeufs. Le tout entouré d’un immense jardin, avec un petit potager bien garnis et un enclos pour les 6 alpagas (lamas). D’ailleurs, la première fois que je les ai vu je me suis retenue d’exploser de rire tellement leur allure était à mourir de rire. En entrant dans la maison, on fit la connaissance des autres petites bêtes : 3 chats et 3 chiens dont l’un était à Ruth, la soeur de Hanna. Tous les animaux avaient soit une maladie soit un problème physique, un oeil aveugle, une queue tordue, une patte en moins, des soucis d’articulation aux pattes arrières, mais leur point commun c’est que toutes ces petites bêtes sont adorables et ne demandent que des câlins.

Le temps de poser nos affaires et de nous montrer la maison, Hanna nous emmena dehors pour une petite balade histoire de faire le tour du propriétaire et de nous montrer les quelques gestes qui deviendront rapidement notre quotidien. Hanna nous expliqua tout ce qu’il fallait savoir pour la nourriture des animaux, elle nous expliqua également que tous les matins nous aurions une liste de choses à faire dans la journée et que lorsque c’était fini, nous faisions ce que nous voulions. Elle nous laissait une voiture à disposition et avait préparé tout un tas de dépliants sur les activités du coin.

 

Ce second Wwoof s’annonçait bien différent du premier et tout aussi intéressant, c’était une organisation différente, un mode de vie différent également. Et le lendemain nous en aurions un premier aperçu.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpM2ktR1ltY2szUlk 

Ucluelet et Tofino : chez les authentiques, les bobos et les surfeurs

Il n’y aurait pas grand chose à raconter pour la journée du jeudi, nous n’avons pratiquement rien fait. Les deux jours qui ont suivis étaient un peu plus actifs.

 

Nous avons donc passé notre première journée de week-end prolongé à ne rien faire, juste à rester tranquillement dans notre belle chambre, il pleuvait des cordes c’était donc propice au repos complet. Nous nous sommes seulement décidé à sortir en fin de journée car on entendait un lion de mer qui n’avait pas l’air très loin. Et nous avons bien fait car il était effectivement à quelques pas de notre chambre. Il était à la surface de l’eau dans une position assez particulière, comme s’il prenait le soleil qui était pour le coup inexistant. Ce fut notre seule activité de la journée avec un petit aller-retour sur la côte.

 

Le lendemain, comme le temps devait être plus agréable nous avions décidé de rejoindre Tofino à 38 km de Ucluelet. Même système de locomotion que le mercredi, on a levé le pouce en attendant de voir quelqu’un s’arrêter. Arrivées au bout de la ville à pied et après quelques minutes d’attente, une dame s’est arrêtée et nous a avancé de quelques kilomètres. Elle nous expliquait que Tofino était surtout peuplé de bobos à la canadienne, les citadins qui viennent passer leur week-end en bord de mer, elle les a appelé les “yuppies”. Nous avons ensuite fait la fin du trajet avec un couple allemand qui se rendait également à Tofino, en même temps c’était la seule route.

Tofino est une ville plutôt agréable, on voit tout de suite qu’elle est plus touristique que Ucluelet. Il y a plus de magasins, de restaurants, la ville est plus attrayante, les bâtiments ont l’air plus récents ou en tout cas plus entretenus. Une vraie petite ville de vacanciers. Nous avions prévu de nous programmer une session Kayak mais la température nous fit changer d’avis. On a du coup plutôt opté pour l’attraction touristique phare des villes côtières, l’observation des baleines. Nous avons fait une réservation avec Jamie’s, entreprise spécialisée depuis plusieurs années et qui garantit de voir au moins des baleines grises. En attendant notre départ, on est retourné dans le centre de la ville pour grignoter un morceau et acheter notre cachet pour éviter les nausés… ça serait dommage de ne pas profiter du spectacle sur leur super zodiac. De retour à Jamie’s pour l’embarquement nous enfilons nos magnifiques combinaisons et c’est parti pour 2h15 de bateau. La balade était sympa, les paysages vraiment différents que ce qu’on peut voir par chez nous. Après pour ce qui concerne les baleines, oui nous en avons vu, surtout leur dos et leur geysers, mais pas plus. Il y avait une petite déception car forcément quand on voit leur brochure on se dit qu’on va voir les mêmes choses mais ce n’est pas tout les jours que ça arrive. Après se dire qu’on a pu en approcher ou du moins se trouver à proximité de baleines restait une expérience plaisante et peu commune. Nous avions fait notre attraction touristique de la journée. Nous avons ensuite fait un tour dans la ville avant de prendre la direction des plages. La carte que nous avions prise à l’office de tourismes indiquait qu’elles n’étaient pas loin. Après 20 minutes de marche on s’est aperçu qu’elle n’était pas vraiment à l’échelle et nous avions encore une bonne distance à parcourir. Autant dire que lorsqu’on a pu marcher sur le sable c’était la libération. La plage était vraiment belle, là encore un paysage que nous n’avons pas l’habitude de voir. Il y avait tout du long un camping et d’autres sites d’hébergement plutôt atypiques qui avait l’air assez confortable. Nous n’avons pas pu y passer beaucoup de temps car il était déjà bientôt 19h et nous devions trouver une âme charitable pour nous ramener en stop. La première âme était un surfeur et la seconde une habitante de Ucluelet qui habitait en fin de compte juste à côté de notre chambre.

 

Le samedi nous avions prévu de faire la randonnée de Ucluelet, le “Wild Pacific Trail”, environ 8km, avec une partie loupe pour rejoindre le phare de la ville, qui n’est pour le coup pas aussi beau que les phares français, puis la randonné continuait tout le long de la côte jusqu’à l’autre bout de la ville, même un peu plus loin. C’était une randonnée magnifique, le beau temps était de la partie, sauf sur la fin lorsqu’on était sur le retour. Un chemin balisé, bien entretenu, qui mettait nos jambes à l’épreuve mais très largement faisable. Nous avons terminé la rando en rentrant par la route ne voulant pas revenir sur nos pas. Et nous avons bien fait car nous sommes tombées sur une petite boutique très sympa. La randonnée nous avait là encore offert de beaux spectacles. De retour à la chambre, nous faisions nos dernières lessives à la main, et préparions notre package pour le retour vers la côte Est et notre second Wwoofing.

 

Cette côte Ouest vaut le détour, lieu de prédilection des surfeurs, ces deux villes font parties des incontournables de l’île de Vancouver et maintenant nous savons pourquoi. Avec une météo plus clémente, nous aurions pu en voir plus mais nous en avions vu déjà assez pour comprendre la hausse de fréquentation à la belle saison.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpNnNiLTVSUnFoZzQ 

En route pour un week-end prolongé sur la cote Ouest de l’ile de Vancouver

Nous sommes le mercredi 14 juin et aujourd’hui nous devons dire au revoir à notre première famille d’accueil. Hier soir, Julie et Isa nous ont préparé un dîner à la française histoire de les remercier. Je les aurais bien aidé mais j’en avais pas trop envie, j’ai préféré les regarder faire.

 

Ce dernier repas était un moment vraiment très agréable, c’était le seul dîner que nous faisions tous ensemble. On avait fermé le market pile à l’heure avec même un peu d’avance et à 20h30 on était tous à table. Au menu c’était tarte salé à la française, mais ils sont tout de suite partis sur l’idée que c’était des quiches, puis un dessert multiple en petites portions : mousse au chocolat, panna cotta avec un coulis de fraise du jardin et petite feuille de menthe pour la déco (mon idée haha et ma maigre contribution à la préparation de l’événement), et tarte aux pommes à la française également. Ils se sont régalés! Ou ont menti pour nous le faire croire…  On avait en musique de fond une playliste “française” donc concrètement de l’accordéon histoire d’être à fond dans le cliché et Grant nous avait laissé prendre un verre de vin de sa confection. C’était une soirée très chouette, pleine de fou rire et de bonne humeur.

Le lendemain matin, nous sommes parties à pied au market avec Jeannine pour récupérer la voiture et acheter quelques petites douceurs pour les jours à venir. Melissa nous a fait cadeau de deux loafs, autant dire qu’on était ravie et nos kilos en trop aussi. Le moment des au revoir était venu, et au Canada on ne se fait pas la bise mais un “hug”, donc session câlins pour tout le monde. Un dernier coucou à Isa à travers la vitre et nous voilà en route pour Nanaimo où notre bus pour Parksville nous attend.

Arrivées à Parksville les choses sérieuses allaient commencer. L’idée pour nous était de rejoindre la côte Ouest de l’île, à Ucluelet, où notre chambre d’hôtes nous attendait pour 4 nuits. On s’était prévu un week-end repos et balade en bord de mer dans les deux villes les plus connues, notre point de chute et Tofino. Sauf que pour y aller on avait encore 147 km à faire soit deux heures de trajet en voiture sur la seule et unique route qui desservait ces villes. Et comme nous n’avions pas envie de payer 75$ de bus pour nous y rendre on avait opté pour l’auto-stop. C’est normalement en lisant ces lignes que les parents s’inquiètent et d’autres personnes dont les noms me suivent immédiatement à l’esprit.

Et bien tout s’est bien passé! Trop bien même. A Parksville, sur la route que nous avait indiqué la conductrice du bus, nous n’avions même pas fait trois mètres et pas encore levé le pouce qu’une femme s’arrêta. Elle nous déposa 50 km plus loin à Port Alberni. Ca nous avait déjà bien avancé. On marcha pendant 30 minutes pour rejoindre un lieu plus propice au “hichhiking”. On leva notre pouce et trois voitures plus tard un homme d’une cinquantaine d’année s’arrêta à son tour. Il nous expliqua que l’endroit n’était pas assez bien situé pour le stop et nous déposa 10 km plus loin. Le temps de descendre de la voiture et de relever le pouce et une troisième et dernière personne s’arrêta. C’était une jeune allemande, également en road trip pour quelques jours. Elle allait justement à Ucluelet, ce qui était parfait pour nous. De manière générale les gens étaient plutôt curieux et toujours très enthousiastes quand on leur disait qu’on venait de France. Enfin quand Julie le disait car je m’installais toujours à l’arrière et Julie devant pour faire la conversation au besoin. Il faut dire aussi qu’avec nos gros sacs à dos, on attirait un peu l’attention. Les gens étaient plutôt compatissants ou alors avaient un peu pitié de nous, au choix. En tout cas ils étaient souvent impressionnés de voir deux filles se lancer dans un trip de 3 mois au Canada. C’est quand on leur parlait de notre envie de faire la côte Est à vélo qu’ils commençaient à nous prendre pour des folles. Du coup le fait qu’ils nous disent ça nous donnait encore plus envie de le faire, peut être aussi par pur esprit de contradiction. Mais dans l’ensemble ils étaient tout de même admiratifs.

Après quelques heures de trajet et une petite sieste à l’arrière de la voiture, on arriva à Ucluelet. Notre chambre d’hôtes était plutôt bien située et bien aménagée. Une belle chambre dans les tons bleu, avec une salle de bain avec baignoire et une petite pièce pour ranger nos affaire. La porte était une petite baie vitrée avec une vue qui donnait sur la mer. Elle est devenue encore plus agréable lorsqu’un couple de bambi est venu nous faire coucou et que le soir venu on a pu entendre les lions de mer qui s’étaient installés un peu plus bas.

 

Le temps de faire quelques courses et de se faire couler un bon bain et nous pouvions enfin profiter de ces quelques jours de repos qui nous attendaient.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpQ1I2U29ZeVNyWEE 

Isabelle, mais rapidement « Isa »

Lorsque Melissa et Grant nous ont prévenu qu’une française allait arriver deux jours après nous, notre première réaction avec Julie a été “pas une française…” C’est vrai quoi, on part pas à l’autre bout du monde pour retrouver des français. Et puis c’est aussi une partie des français qu’on ne supporte plus que nous quittions en venant au Canada. Pour ma part, le fait qu’une française arrivait, ça allait nous inciter à moins parler anglais et je pouvais dire adieu à mes potentiels progrès en anglais.

Résultat de tout ça, mon anglais ne s’est effectivement pas beaucoup amélioré mais je ne le regrette qu’à moitié, car sans Isa ces deux semaines n’auraient pas eu la même saveur.

De 6 ans notre aînée, Isa a tout lâché pour faire son PVT de deux ans au Canada. Les raisons de son départ lui appartiennent et je les garderai pour moi, mais je me suis beaucoup reconnue en elle. Ses envies d’autres choses, les questions qu’elles se posaient, celles qu’elles se posent encore, tout ça m’a rassurée d’une certaine façon. Je n’étais pas la seule dans ce cas-là, même si je le savais déjà, rencontrer des personnes dans le même état d’esprit que toi, et pouvoir en discuter avec eux c’est libérateur d’une certaine façon. On est pas si bizarre en fait.

Isa c’est aussi une fille géniale dans son tempérament, son attitude, dans sa façon de lier le mime à ses anecdotes, de les raconter tout simplement, de s’intéresser aux gens, à ce qu’ils font, de s’impliquer dans ce qu’elle fait, rien que de penser à elle en écrivant ces lignes ça me fait sourire. On a d’ailleurs tellement rit toutes les trois. Pour moi, Isa fait partie de ces rencontres qu’on oublie pas, que je n’ai pas envie d’oublier. J’espère pouvoir la recroiser, que ce soit peut être au Canada encore une fois ou même en France si elle revient un jour.
Merci pour ces fous rire, ces regards en coin pendant nos déjeuners trop silencieux, tes tentatives loupées pour les rendre moins pesant, ces discussions du soir, ces parties de cartes que t’avais pas l’air d’aimer plus que ça, nos partages de souvenirs, tes réflexions sur notre prise de poids inévitable, pour tes (gentilles) moqueries sur mon anglais, cette intolérance partagée, merci d’avoir fait partie de mon aventure.

Melissa, Grant et Jeannine, la famille Fong

Nous avons donc été accueillies par Grant, Melissa et Jeannine, leur fille, pendant 15 jours. Pour cette première expérience en wwoofing ils ont mis la barre très haute car ils ont été très accueillants, patients et vraiment gentils. Ils s’intéressaient à chacune d’entre nous, ce qu’on faisait chez nous, pourquoi on venait au Canada, la durée de notre séjour, ce qu’on venait faire.

C’est une famille très soudée et très unies, il n’y a qu’à regarder les murs du couloir et le frigo, ils sont recouverts de photos de famille, de remise de diplôme, de souvenirs de noël.

Grant et Melissa travaillent ensemble tous les jours, s’entraident et se soutiennent chaque instant. Il y a également Mandy, la soeur de Grant qui aide au market. On les sent fatigués le soir quand ils rentrent mais Melissa nous a expliqué que c’était un choix de vie qu’ils ne regrettaient pas comparé à ce qu’ils faisaient avant. Et même s’ils ne roulent pas sur l’or ils aiment leur quotidien. La seule chose un peu dommage par rapport à ce Wwoof, c’est que nous n’avons pas passé beaucoup de temps avec eux, car le market est très prenant. Nous étions avec eux quand ils nous donnaient les directives que ce soit à la ferme ou au market, mais sinon bien souvent Grant ne restait pas à la ferme et Melissa n’avait pas besoin de nous plus de quelques heures le matin pour l’aider à la cuisine. On passait donc la plupart du temps sans eux et nous prenions aussi les repas séparément. Ca m’a rassuré de savoir par Isa qu’il y a quelques mois, quand le market n’était pas encore ouvert pour la saison, l’ambiance était différente et qu’ils partageaient plus de moments ensemble.

Jeannine est une personne très agréable à vivre. Toujours très souriante, toujours quelque chose à dire, à poser des questions. Elle est marrante sans trop le vouloir, juste dans sa façon d’être, de raconter ses anecdotes. En plus son accent me permettant de comprendre lorsqu’elle me parlait. C’est une personne lumineuse, une belle rencontre également.

 

Merci pour ces pies, cookies, banana loaf, ces repas du soir, ces session désherbage et transplantation, vos sourires, votre temps,…

Cassidy Farm : nos deux jours « off »

Chaque semaine nous avions droit à deux jours off, de repos. On avait donc décidé avec Julie d’en profiter pour aller visiter les deux “vraies” villes Ladysmith et Nanaimo proche de nous, de réserver notre prochains hébergements et de se reposer.

 

Le mercredi matin, Jeannine nous déposa à Ladysmith la ville la plus proche au sud. Elle nous avait expliqué que la ville était plus petite que Nanaimo mais aussi plus sympa. En plus il y a avait une randonnée à faire et le temps devait se gâter le lendemain alors autant y aller ce jour là. La randonné faisait une boucle et à mi-parcours un sentier menait à un lac, le “heart lake”. On commença donc la randonnée tranquillement, il n’y avait pas vraiment de relief pour le moment, le sentier était bien défini et le paysage plutôt agréable, celui du Canada, c’est à dire de la végétation bien présente avec des arbres gigantesque et toujours un cours d’eau qui s’écoule tranquillement entre les rochers formant de petites cascades. Nous arrivons à un panneau nous indiquant le sentier pour rejoindre le fameux lac. Le sentier en question était beaucoup moins bien défini et surtout le relief n’avait rien de comparable avec le chemin sur lequel nous marchions depuis quelques temps. C’était une montée avec un dénivelé important. En fait à chaque pas nous prenions de la hauteur. Nous avons bien marché pendant une heure de cette façon, on n’en voyait pas le bout, c’était interminable. Mais la récompense fut de taille. Après avoir passé quelques gros rochers, on aperçu le lac qui s’étendait au loin. C’était magnifique, nous étions seules à contempler ce spectacle, personne à l’horizon, c’était parfaitement calme et tranquille. On profita de l’endroit pour se poser et pique-niquer les sandwichs que Melissa nous avait préparé. On croisa tout de même une femme et son chien qui étaient venus se défouler un peu. Nous sommes reparties un peu plus tard sur nos pas pour retrouver le sentier initial, la descente parut encore plus longue que la montée. La fin de la randonné manquait un peu de charme comparé au début. Elle se terminait à l’autre bout de la ville et la plage que nous voulions rejoindre pour profiter un peu du soleil était à l’extrémité. Plutôt que de longer la highway, on décida de descendre en bord de mer et de longer la côte. On arriva sur une plage de galet et aperçu au loin la plage qui était en fin de compte plutôt un parc en bord de mer. On marcha donc plusieurs minutes sur ces galets avant de pouvoir atteindre notre but qui ne se rapprochait pas assez vite. Mais nous y sommes arrivées et on s’est enfin allongées dans l’herbe. Après une petite sieste, on s’est fait réveillées par une pluie fine qui nous a obligé à rejoindre le centre ville. Après avoir parcouru la rue principale, nous avons prévenu Jeannine pour qu’elle vienne nous récupérer comme c’était convenu et quelques minutes plus tard nous étions de retour à la ferme.

Le jour suivant le temps ne nous a pas permis de beaucoup sortir, il a plu une bonne partie de la journée. Comme prévu on a donc organisé la suite du voyage sur la côte Ouest de l’île et à Victoria. En fin de journée, Melissa était revenue à la ferme et nous avait proposé de nous déposer quelque part car elle avait des courses à faire. Je n’avais pas bien compris la destination, je pensais qu’elle pouvait nous déposer à la ferme des chèvres pas très loin de la nôtre alors qu’en fait pas du tout c’était pour aller à Nanaimo… Nous voilà donc dans la ville pour 3 heures et n’avions absolument rien préparé, pas d’itinéraire, pas de lieu d’intérêt. On se promena donc tout simplement le long des quais et dans les rues principales. Il n’y avait pas grand chose à voir, à part se faire pchiter du produit à vitre par une femme un peu dérangée tout en nous proposant gentiment  d’aller nous faire foutre et trouver des bouquins dans une petite boutique du centre ville, nous n’avons pas fait grand chose. Nous avons rejoint Melissa au point de rendez-vous prévu et sommes rentrées tranquillement à Cassidy pour ne plus rien faire de notre journée.

 

Les deux jours suivants c’était au tour de nos collègues de prendre leur jours off et nous serions donc que toutes les deux à travailler.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpYmJnZ3hQZUhrazQ 

Cassidy Farm, après 16h c’est quartier-libre!

A partir de 16h, après nos 6h de travail journalières, nous avions du temps libre jusqu’à l’heure du dîner c’est à dire 19h15. On en profitait donc pour aller se balader en dehors de la ferme.

 

La ferme se situe dans un coin plutôt perdu. Cassidy c’est à mis chemin entre le quartier et une petite ville. C’est situé en proche de la “highway”, un genre d’autoroute à la canadienne, avec pratiquement aucun supermarché, pas de commerce, juste un pub et une supérette où tout est trop chère. Même s’il n’y avait pas grand chose aux alentours nous en profitions le plus souvent possible pour partir un peu de la ferme.

Notre première sortie avec Julie consistait à aller voir la rivière dont nous avait parlé Melissa, elle nous avait indiqué le chemin en nous expliquant rapidement comment nous y rendre. Mais pour arriver à cette rivière nous n’avons pas tout de suite pris le bon chemin, nous l’avons trouvé à la troisième tentative. L’endroit n’avait rien de particulier mais restait agréable, assez pour se poser et commencer à réfléchir à nos futurs projets sur l’île de Vancouver.

Notre second excursion était également à la rivière mais avec Isabelle cette fois-ci, notre nouvelle camarade frenchie arrivée quelques jours après nous. Grant et Melissa nous avaient indiqué un autre endroit pour se rendre à la rivière. Mais pour cela il fallait marcher le long de la highway… Cette idée ne rassurait pas trop Isabelle, “mère prudence” comme elle s’était  appelée à cette occasion, mais nous n’avions pas trop le choix, et puis Melissa nous a dit que c’était “safe”… Nous voilà donc parties le long de cette route à grande vitesse. Elles sont bien différentes de chez nous car première distinction, elles ont des feux tricolores à certains endroits. Après avoir marché une bonne distance, avoir rencontré une chaise sur notre route et donc avoir faire une séance photo avec, nous arrivons à un bois et un sentier qui nous mène tout droit à la rivière. Le lieu est plus sympa que la première fois mais sans rien d’exceptionnel non plus. Nous marchons un peu le long de la rivière, Isa nous fait une démonstration de ricochet, avec Julie nous essayons de l’imiter, sans grand succès. On se pose quelques minutes, parlons de tout et rien, rigolons de certaines situations et repartons sur nos pars pour retourner au market, c’est bientôt l’heure du dîner.

Notre troisième excursion était plutôt sportive. Julie souhaitait voir de gros animaux et Jeannine nous avait expliqué qu’il y avait une ferme de bisons pas très loin. Comme elle se situait à 7 km et qu’il n’y avait pas vraiment beaucoup de choix dans les trajets pour nous y rendre, on avait décidé d’y aller en vélo. On a donc emprunté ceux de la ferme en vérifiant au préalable leur état de fonctionnement. Mise à part qu’on ne pouvait pas changer les plateaux, ils roulaient à peu près. Nous voilà donc parties à trois pour cette fameuse ferme. Nous roulions parfois sur la route, parfois sur un chemin de cailloux et tout le trajet était fait de montées interminables et descentes libératrices. Après 45 minutes de pédalage dont quelques minutes sur le mauvais chemin par ma faute, nous arrivons enfin à la ferme, qui est fermé jusqu’au 19 juin. Dommage. Nous arrivons tout de même à apercevoir un bison, seul perdu dans son pré, presque caché derrière des arbres. On apprendra plus tard dans la journée par la propriétaire des lieux qu’ils en ont 110, donc concrètement on en a juste loupé 109. Nous prenons la route pour repartir mais cette fois via un autre itinéraire, que de la route bien lisse. Sauf que c’est à ce moment là que le seul frein qui fonctionnait encore sur le vélo d’Isa lâche. C’est pas comme-ci la route qu’on avait choisi de prendre n’était qu’une longue descente. La seule solution qui nous permettait de rentrer plus rapidement était, comme l’avait suggéré Isa, d’aller chercher le truck de Grant et de revenir la recherche elle et son vélo. Je commençais donc à pédaler le plus vite possible pour ne pas perdre trop de temps, j’avais 7 km à faire avec un petit passage sur la  highway. Heureusement c’était pratiquement qu’en descente je suis donc vite arrivée au market. Le temps d’essayer d’expliquer à Grant la situation (petit rappel, mon anglais ne vaut pas grand chose) et de lui demander ses clés et j’étais repartie. Les filles avaient déjà parcouru une bonne distance lorsque j’arrivais à leur hauteur. Toutes les trois dans le pick-up, les vélos à l’arrière, on retournait au market. En arrivant on apercevait déjà Grant et Melissa avec un grand sourire. Isa leur raconta l’épisode sportif comme elle sait si bien le faire et ça les a bien fait rire, nous aussi d’ailleurs. C’était notre première petite galère, mais c’est aussi ce qui donne du piquant aux aventures et de bons souvenirs.

Notre dernière petite excursion consistait à aller boire un verre au pub de Cassidy. C’était un dimanche, il y avait un peu de monde et on décida de s’installer toutes les trois dehors pour profiter du soleil. On profita de ce moment pour discuter de nos programmes, sur l’île, dans les Rocheuses. On parla aussi de nos envies de voyages, des raisons qui nous avaient poussées à partir, de ce qu’on était venue chercher, de pleins de choses plus ou moins sérieuse.

 

C’était un moment agréable entre frenchies, quelques jours avant notre départ.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpaGpueDVvMEZzaFk

Séjour en Wwoof à Cassidy Farm

Pour notre premier jour de travail le réveil fut compliqué, les suivants également car mine de rien, même si ce n’était que 6 heures de travail par jour ça fatigue pas mal de travailler dans une ferme, mais ça je le savais déjà.  

 

Nous devions commencer par apprendre à ouvrir et fermer le magasin afin d’être rapidement autonomes pour pouvoir les aider efficacement dans cette tâche. On ouvrait donc le magasin tous ensemble les deux premiers jours. Pour cette mission, il s’agissait de rentrer ou de sortir de la chambre froide tous les produits frais, les gâteaux, cookies et autres délices cuisinés par Melissa ainsi que les fruits et les légumes, les mettre en place ou les enlever des présentoirs qu’il fallait eux-mêmes mettre en place, vérifier les dates de fin de consommation, trier les fruits et légumes, alimenter le frigo des boissons, allumer ou éteindre les lumières,… bref tout pleins de petites tâches que nous nous partagions. Par la suite nous n’étions plus que 2 ou 3 à ouvrir et le soir c’était au tour des autres de fermer. Si on ouvrait, bien souvent nous aidions Melissa dans la préparation des gâteaux, soit en coupant la rhubarbe, en pelant les pommes, en collant les étiquettes sur les produits fraîchement sortis du congélateur et qui iraient trouver leur place sur les présentoirs, ou encore en préparant les plats pour la préparation des “pies”. Lorsque  nous étions de fermeture, il suffisait de tout ranger et de fermer les portes en vissant les cales pour bien sécuriser les lieux, autant dire qu’à la fin de ce séjour j’étais devenue une pro de la visseuse. Le petit plus du soir c’était la glace que nous proposait parfois Grant.

J’adorais ce petit magasin en bord de route, il ne payait pas de mine au premier coup d’oeil mais il offrait aux gens des produits fraîchement récoltés du jardin et des mets succulents, l’ambiance était également très agréable, c’était un lieu chaleureux.

Pour la partie travail à la ferme les tâches étaient très variées, quoique pas vraiment les premiers jours, les fraises nous ont occupées de longues heures. Il fallait transférer les pieds de fraises dans des pots plus grands, et donc faire des mélanges de terre et engrais qui pue mais pas trop quand même, puis aller positionner les nouveaux pots sur des tables bâchées pour la récupération de l’eau de pluie. Sauf qu’il y avait 1000 pieds à rempoter et au total 2000 qui recouvraient ces tables. Il y avait tellement de pieds que nous avons dû mettre en place de nouvelles tables, fabriquer les encadrements, découper les bâches. Au total cela a dû nous prendre 3½ de nous occuper de tout ça, à 5 wwoofeuses.

Nous avons également déconstruit puis reconstruit un enclos pour les deux nouvelles petites chèvres, tâches qui nous a pris une petite journée à 3. Sinon le désherbage, tondre la pelouse, remplir des brouettes de terre, le rempotage de plusieurs plantes (basilic, herbes culinaires en tout genre et arbres), l’entretien des fleurs de Melissa, l’arrosage de tout ce petit monde, toutes ces activités rythmaient nos journées.

J’ai failli oublier l’une des activités les plus importantes, faire l’abeille. Et bien oui, on y pense pas tout de suite, mais pour les pieds de tomates qui se trouvaient sous les serres (“greenhouse”) il fallait faire nous même le travail des abeilles (et autres insectes pollinisateurs du genre) qui ne peuvent pas entrer dans les serres et donc polliniser pour permettre aux petites fleurs de devenir de belles tomates. Pour cela nous étions armées de brosse à dents électriques, que nous posions sur le dessus des branches où étaient les fleurs, ce qui faisait vibrer la branche et donc tomber le pollen. Ingénieux. Nous étions donc les bees de la ferme, et Grant s’amusait à nous donner des surnoms, le mien “Camibee”. Pour ma part c’était marrant de faire le travail que mes travailleuses faisaient habituellement. Amusant, ça l’était surtout au début quand on voit le pollen tomber et puis ça devient vite étouffant comme ambiance car sous la serre il fait vite chaud, c’est un peu le principe. Comme disait Grant “free sauna”.
Dans l’ensemble nos journées de travail étaient bien remplies, nous avions toujours quelques choses à faire, des bacs à désherber, transplanter, donc pas le temps de s’ennuyer. Grant nous donnait nos directives, nous expliquait au besoin la marche à suivre, il nous faisait confiance, il m’a d’ailleurs laissé conduire son “truck”, ou pick-up, presque un rêve qui se réalise, conduire un vrai pick-up américain. Mais ne nous emballons pas ce n’est pas le plus gros qu’on ait vu.

 

Pour une première expérience wwoofing c’était vraiment bien. J’ai bien accrochée avec ce concept, car même si c’est du travail, on a plus l’impression de rendre service que de vraiment travailler. La contrepartie n’est pas un salaire mais le gîte et le couvert. Ca donne l’opportunité de rencontrer des locaux, des étrangers également (les autres wwoofeurs) et de voir comment la vie se passe dans ce petit bout du monde. Ca promet pour la suite.
Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUEFRb1FlNzNzZTA

Vancouver Island nous voilà!

Aujourd’hui nous devons dire “au revoir” à Vancouver, nous allons rejoindre l’île de Vancouver pour commencer notre premier Wwoofing. Mais avant d’y arriver, à bord du métro, bus et ferry nous devrons embarquer.

 

Nos sacs de nouveau remplis, nous reprenons notre trajet habituel pour rejoindre le centre-ville de Vancouver. Nous prenons de nouveau notre petit-déjeuné dans le même café qu’il y a deux jours et nous nous remettons en route pour prendre le métro en direction du sud de la ville. Après un trajet d’une vingtaine de minutes, nous arrivons directement à l’arrêt de bus qui nous conduira au ferry. Là encore une bonne demie-heure de trajet. Jusque là aucun accroc, tout se déroule comme il faut. On ne s’est pas trompée de métro, ni de bus. Et heureusement car le trajet reste long pour rejoindre le port des ferrys et nous devions impérativement prendre celui de 15h15 car un autre wwoofeur prend également ce ferry et nos futurs logeurs nous attendront à l’arrivée à Nanaimo.

Deux longues heures plus tard nous arrivons enfin. En descendant du bateau nous scrutons les gens pour deviner qui allait être ce troisième wwoofeur, mais nous n’apercevons personne qui pouvait correspondre. Puis on s’est dit que ça pouvait être une wwoofeuse, et effectivement c’était le cas. Kira, une étudiante allemande se manifesta au moment où Jeannine s’approcha de nous. Cette dernière était la fille de Melissa et Grant, les personnes chez qui nous allions passer les 15 prochains jours.

Les bagages chargés à l’arrière de la voiture nous prenons la route pour Cassidy Farm. Durant le trajet Jeannine nous posa plusieurs questions pour en apprendre un peu plus sur nous, ce qu’on faisait en France, en Allemagne, ce qu’on venait faire au Canada. Et là, une révélation pour moi, je comprenais ce qu’elle disait, dans les grandes lignes tout du moins. Avec mon niveau d’anglais plutôt mauvais, je m’attendais à ne rien comprendre. Et pourtant j’arrivais à suivre une conversation, sans forcément en comprendre les subtilités mais je n’étais pas complètement perdue.

En arrivant à la ferme, une maison toute décorée de lampions chinois (car oui la famille qui nous accueille est d’origine asiatique), nous avons également fait la connaissance d’une quatrième wwoofeuse, Hisako, une japonaise. Jeannine nous montra nos chambres, nous avions une pièce en sous-sol qui nous était réservée, une sorte de dortoir dans lequel les chambres étaient séparées par des rideaux, ce qui nous permettait d’avoir chacune notre intimité et un espace à nous. Jeannine nous expliqua ensuite rapidement les quelques règles de la maison, l’organisation du travail, nos horaires et tout ce que nous avions besoin de savoir. Elle nous expliqua aussi que nous allions aider au “Market”, le magasin qu’avaient ses parents sur l’aire d’autoroute à 15 minutes à pied de la ferme. Concrètement nous devions alterner entre le matin et le soir pour l’ouverture et la fermeture du magasin, mais tout le monde y allait le soir pour dîner, et pour le reste de la journée, nous allions travailler 6h soit au magasin, soit à la ferme.  

A 19h15 nous partons donc pour le magasin toutes les quatre ensemble. Hisako étant là depuis quelques jours déjà connaissait très bien le chemin et les différentes tâches que nous devions faire lors de la fermeture du magasin. Lorsque nous sommes arrivées, on découvrit un genre de petite supérette où on pouvait trouver des fleurs, des fruits et des légumes frais, la plupart cultivés à la ferme, des herbes culinaires également cultivées à la ferme, des boissons en tout genre, des lunch-box variées, des chips et autres aliments du genre et surtout, surtout les tartes, cookies, cake et barres cuisinées par Melissa. C’est simple en les voyant on veut tout goûter tellement c’est appétissant. Avec Julie nous nous sommes d’ailleurs promises de ne pas partir de Cassidy sans les recettes!

Le repas cuisiné par Melissa engloutit, nous aidons donc pour la fermeture du magasin. Je profite de l’occasion pour expliquer à Melissa que mon niveau d’anglais n’est pas très bon, mais elle me rassure tout de suite en disant qu’il n’y a aucun soucis, qu’ils ont l’habitude et qu’ils sont très patients.

 

Retour à la ferme, avec Julie nous allons rapidement nous coucher car même si nous n’avons pas vraiment fait d’effort physique aujourd’hui, la journée a été longue. Et puis le lendemain c’est notre première journée en tant qu’apprenties fermières canadiennes.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpM1hRcUI0TUZiaEk