Premier jour du reste de ma vie

 

C’est aujourd’hui le grand départ. Ça aurait pu être n’importe quel pays, il y en a tant à découvrir, mais pour ce premier voyage grand format version backpack ça sera le Canada.

 

L’idée de ce voyage c’est Julie qui l’a eu, mon amie d’enfance. Pour elle ce n’est pas le premier, c’est d’ailleurs au cours de son voyage en Espagne qu’elle m’a annoncé sa décision de partir au Canada pour quelques mois, son billet était déjà acheté. Et c’est avec une spontanéité qui ne me ressemble pas que je lance l’idée de partir toutes les deux. C’était il y a neuf mois, et cette idée est devenue une réalité.

Moi, Camille, “fille dans les clous” venait de prendre la décision de partir à l’aventure. Pour la première fois je me lançais dans un projet qui avait des conséquences relativement importantes pour moi comme quitter mon job, annoncer le départ aux membres de ma famille, que je n’avais pratiquement jamais quittés, pour partir aussi loin et pendant trois mois et qui ne comprendraient peut être pas ma démarche. Mais c’est chose faite aujourd’hui et depuis ces neuf mois tout se déroule bien. Je n’ai aucun regrets, bien au contraire, car depuis l’annonce de ce départ il y a eu beaucoup de bonnes surprises, de la compréhension, du soutien et de l’encouragement venant de tellement de personnes.

 

Après quelques heures de sommeil dans notre hôtel de Roissy, nous nous sommes levées tôt pour prendre notre avion à 8 heures ce matin. Prendre une navette qui nous amenait à une autre navette, débarquer dans cet aéroport gigantesque comparé aux petits aéroports dont j’avais l’habitude, s’étonner de voir que le personnel de l’aéroport a du mal à dire “bonjour” de bon matin, du coup s’empresser de rejoindre la zone d’embarquement, prendre 15 minutes pour se faire un p’tit déj’ moquette, sortir une énième fois notre passeport au moment d’embarquer, traverser le couloir jusqu’à l’avion et nous poser dans nos fauteuils et là, le moment que je préfère, le décollage.

L’avion doit rejoindre la piste de décollage, et pour la première fois j’étais dans l’avion qui passe au-dessus de l’autoroute A1. Je ne suis pas dans la voiture qui m’emmène voir ma famille dans le Nord, je ne lève pas non plus rapidement les yeux pour voir si on peut apercevoir un avion passer au-dessus des voies. Cette fois je suis celle qui regarde les voitures passées, et à cette heure-ci il n’y en avait pas beaucoup. Ensuite, lorsque l’avion est dans sa trajectoire, sentir les vibrations dû aux moteurs qui se préparent au décollage, être clouée au fond de son siège par la puissance de l’accélération et là deviner le moment où les roues quittent le sol et où nous nous envolons pour de bon. Il ne reste plus qu’à observer les paysages se rétrécir à mesure que nous prenons de l’altitude, et là au loin voir l’horizon, notre destination…

 

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