Le jour de noël était aussi le jour de mon départ de Don Det pour rejoindre la prochaine destination, la ville de Paske, une des étapes un peu incontournables du Laos. Ce n’est pas tant la ville qui attire mais plutôt la fameuse boucle du plateau des Bolovens qui se fait à moto.
Le matin je repris donc le bateau puis un bus. Première grande différence avec le Cambodge, les stations de bus. Ça fait parti des points négatifs pour le coup, car les stations de bus se trouvent toujours à la sortie des villes, ce qui fait qu’on est obligé soit de s’y rendre à pied, soit de prendre un tuktuk, et bien sûr ces derniers ne se gênent pas pour gonfler un peu le prix. Ce qui se comprend mais reste très agaçant. Le mieux est encore de réserver les bus via les hébergements, ce qui évite les pertes de temps en négociation vaines.
Une fois dans le bus nous voilà partis pour quelques heures. Je peux enfin observer les campagnes laotiennes. A la différence du Cambodge, la plupart des maisons sont entourées de clôture, l’idée de propriété est plus marquée, peut être un reste du temps du protectorat français, ou peut être pas. La végétation est également un peu différente, et ce que je vois par la fenêtre ressemble un peu à une forêt au début d’un automne français. La jungle verdoyante ne fait plus trop partie du paysage par ici.
Nous arrivons enfin à Paske et par chance le bus s’arrête juste en face de mon auberge. J’y dépose directement mes affaires et part à la découverte de cette ville. Et c’est vrai qu’assez rapidement je me rends compte qu’elle n’a pas vraiment d’intéret, ou en tout cas pas dans le quartier où je me situe. Je tombe tout de même sur une sorte de centre commerciale. On y trouve principalement des vêtements, chaussures et autres accessoires. Dehors sous un préau c’est l’alimentaire que l’on peut trouver. Je mets rapidement fin à la balade, trop peu d’intérêt pour rester à trainer dans les rues. Je retourne à l’auberge et essaie de repérer le magasin de location de scooter incontournable à Pakse, celui de Miss Noy. J’ai de nouveau de la chance, le magasin est situé juste en face dans la rue. J’y vais pour prendre quelques renseignements en prévision de la loop à scooter. Le gérant, un belge nommé Yves, m’explique qu’il fait une réunion tous les soirs à 18h et que si je suis intéressée pour louer une moto je dois m’inscrire et juste venir. Je m’exécute, surtout qu’il me rassure en me disant que si je ne sais pas conduire ces petits engins il pourra m’apprendre dans une rue plus loin après la réunion. A 18h précise la réunion commence et nous sommes bien une quinzaine autour de sa petite table qui fait office de bureau. Il nous distribue à tous un plan, la boucle peut être faite en trois ou quatres jours, voir plus ou moins selon qu’on souhaite faire la petite ou la grande boucle. Il nous donne toutes les précisions à savoir sur les plus beaux endroits, l’états des routes, les incontournables,… Ce Yves est une mine d’informations. Le réunion terminée nous sommes 5 filles à le suivre pour un petit cours de moto accélé. Certaines en ont déjà conduis mais préfère vérifier qu’elle non rien perdu en conduite. Pour moi c’est la première fois. A écouter yves m’expliquer la conduite est vraiment simple. Je prends en main le scooter, et pars faire quelques tours dans le quartier. Yves insiste pour que j’en fasse un maximum, il veut être sûr qu’on soit à l’aise avant de nous lancer sur la boucle. Après 20 bonnes minutes à conduire, je m’arrête, prendre la route demain me parait faisable. Yves me conseille d’aller faire un tour à Champassak, une ville située à 40km au sud de Pakse histoire de bien apprendre à l’utiliser. Ça tombe bien, à Champassak il y a un temple que je voulais voir. Je finis ma soirée au restaurant avec 4 filles rencontrés lors de la réunion, elles partiront directem
Champassak, un petit peu d’Angkor au Laos, le Vat Phou
Le lendemain matin, après avoir récupéré mon scooter chez Yves, je suis directement partie pour Champassak. La route ne présentait aucune difficulté, la seule chose c’est que je devais réussir à sortir de la ville. Après quelques minutes j’étais enfin sur la route pour rejoindre Champassak, elle était en très bonne état, Yves avait raison c’était une bonne façon de prendre mes marques avec la moto. Les 40km faits en un peu plus d’une heure, j’arrive à destination. Le site pré-angkorien est à la sortie de la ville. C’est assez étonnant de trouver au Laos un temple de ce type, c’est comme si j’étais revenu à Siem Reap, sauf que ce site est bien plus petit. Ce qu’il a de particulier c’est qu’il a été construit sur les flanc d’une montagne. Je me gare sur le parking et pars à la découverte de ce lieu.
Un mini-bus emmène les visiteurs de l’entrée du site jusqu’au bas du temple car sinon plusieurs centaines de mètres sont à parcourir le long de deux grands bassins, des réservoirs d’eaux. Contrairement au site d’Angkor, il y a beaucoup moins d’édifices. J’entame ma visite par une longue allée avec de chaque côté quelques animaux en liberté, des vaches, des buffles. Ensuite il y a comme une entrée, puis de chaque côté deux temples. Le site est tout en longueur, ou plutôt tout en hauteur car plus j’avance, plus je dois monter des escaliers, et comme à Angkor, avec des marches plus ou moins hautes, plus ou moins régulières. Le chemin est bordé par des frangipaniers, et des centaines de fleurs tapissent le sol. Plus je monte, plus la vue sur la vallée est impressionnante, on voit tellement loin de là-haut. Lorsqu’on arrive au bout, on peut découvrir plusieurs petits sanctuaires, des roches sur lesquelles des animaux ont été gravés, ou encore une petite grotte dans la montagne dans laquelle une source d’eau sacrée s’écoule. Boire cette eau apporterait la santé et la richesse. Je suis restée quelques minutes dans les hauteurs de ce temple, la vue était tellement belle et l’endroit n’était pas trop peuplé par les touristes, ce qui le rendait agréable à visiter.
J’ai rejoint ma petite moto en fin de matinée, et suis partie à la recherche d’un endroit où manger. Dans la ville de Champassak, qui est toute en longueur, j’ai pu me poser dans un restaurant sur les bords du Mékong. Comme j’avais encore du temps devant moi, je suis retournée vers Pakse et ai pris la direction d’un petit village où se trouvait un temple qui abritait un gigantesque Bouddha, Vat Chompet. Sur la petite route qui menait au temple, habitaient les tailleurs de pierre, on pouvait les voir à l’oeuvre, ils taillaient essentiellement des bouddha et quand je suis arrivée je compris pourquoi il y avait autant de tailleur de pierre, le temple en était rempli. Le Bouddha en or était effectivement très grand et derrière lui c’était toute une campagne laotienne qui s’étendait.
Je suis ensuite rentrée tranquillement avant qu’il ne fasse nuit, ma journée de conduite s’était bien passée, je ne souhaitais pas me rajouter de la difficulté dès le premier jour. Cette expérience à moto avait été plus agréable que ce que je ne l’avais imaginé. Les deux jours suivants allaient confirmer ou non cette première impression.
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