Pendant notre séjour à la Gimli Farm, nous avons passé de très bons moments et beaucoup d’entre eux ont donné lieu à des rires, d’autres presques des pleurs.
L’un des évènements qui aura été mémorable pendant ce séjour, c’est celui de notre aventure à la cueillette des baies dans les montagnes. Un après-midi, nous sommes donc partis tous les 3 avec Dave dans les montagnes avoisinantes à la recherche de ces baies. Pour cela nous devions emprunter un sentier large sur lequel les voitures pouvaient s’aventurer. Après de longues minutes de trajet, nous avons trouvé les arbustes sur lesquels elles poussaient mais il n’y avait que très peu de baies si ce n’était pas du tout. Nous sommes donc allés à plusieurs endroits avec espoir de tomber dans une zone où il y en aurait. En chemin nous nous sommes arrêtés pour admirer la vue sur la vallée, et au moment de repartir, un bruit sourd venant du truck nous a tout de suite stoppé. On est descendu et là ona vu le pot d’échappement trainer par terre. Ce n’était pas comme si nous étions au milieu de nul part en montagne et où le réseau ne passait pas. Dave avait décidé de l’enlever complètement, alors que nous, nous pensions qu’il serait mieux de tenter de le fixer, rentrer rapidement à la ferme et le faire réparer. Mais Dave avait son idée en tête et rien de lui aurait fait changer d’avis. On repris donc la route pour trouver un bas-côté assez haut pour permettre d’enlever le pot d’échappement. Et là, alors qu’on roule doucement, on voit un petit ours noir dévaler le flanc de la montagne et partir se réfugier plus bas. C’est à cet endroit que Dave décide de s’arrêter. Autant dire que Julie et moi n’étions pas rassurées d’avoir vu cet ours dans les parages. Mais Dave était confiant, on l’aida donc avec son pot d’échappement. Après quelques minutes à essayer de le tordre dans tous les sens, c’était chose faite. Nous allions nous remettre en route pour rentrer quand Dave aperçu un grand nombre de baies tant recherchées. Il nous fit son sourire habituel et on compris qu’il était temps de prendre nos sceaux et d’aller cueillir ces p’tites baies. Mais après quelques minutes l’angoisse m’est venue ainsi qu’à Julie, car quelques minutes avant nous avions vu cet ours et que nous étions tout de même en train de cueillir leur nourriture préférée. C’est alors qu’on entendit un bruit, comme des pas un peu lourds. Sans attendre on courut vers la voiture et on appela Dave. Il nous a rejoint rapidement voyant notre inquiétude et lorsqu’on lui a raconté ces bruits, il a rit en nous disant que ça devait être un “chicken”, un genre d’oiseau des forêts qu’on peut voir au Canada. Mais voyant qu’on n’était pas du tout rassurées par son histoire de chicken, on repris la route pour rentrer à la ferme. Résultat de cet après-midi, un sceau au dixième rempli et une histoire à raconter à tous les amis de Dave. On en a entendu parlé tout le long du séjour à la ferme, et à chaque fois nous en rigolions toujours autant.
Une autre expérience marquante, c’était la matinée où nous devions tuer les poulets. On pourrait trouver ça horrible de faire ça, mais ce n’est pas un sentiment que je partage. Après tout ne vaut-il pas mieux tuer ses propres poulets, nourris aux grains et au p’tit lait, en plein air, plutôt que d’aller acheter notre barquette de viande dans un supermarché qui n’a aucun problème à se faire de l’argent sur le dos des agriculteurs, sans parler des conditions dans lesquelles les animaux sont parfois abattus et leur condition de vie. Du coup ça ne m’a pas dérangé outre mesure de faire ma besogne matinale. Il fallait donc réussir à les attraper, les tuer, les déplumer et enfin les vider. La phase 2 n’était tout de même pas agréable, même Dave n’en avait pas vraiment envie, mais il le fallait et c’est lui qui s’en est occupé en grande partie. Le déplumage je m’y suis mis volontier, c’était long mais pas compliqué, il fallait connaître la technique du bain chaud puis froid. Pour la dernière phase, c’est là que ça devenait intéressant, c’est pas tous les jours qu’on apprend à vider un poulet. Dave nous a appris et nous laissait ensuite faire en nous faisant confiance sur les étapes à suivre. Il ne restait ensuite plus qu’à nettoyer et ensuite faire les découpes, mais ça c’était plus tard et ce n’était pas ma mission. Au final, même si ce n’était pas très enthousiasmant ça restait une expérience à faire et ça a renforcé mon envie de manger de manière plus responsable, devenir végan n’est pas envisageable mais acheter sa viande à un éleveur local est bien faisable. Et puis quelques jours plus tard, quand les suisses sont revenus de leur trois jours de balade, Dave nous a cuisiné des poulets, c’était délicieux.
Enfin n’oublions pas notre sortie canoë mémorable. La ferme de Gaby et Dave était située tout près d’une rivière et ils avaient deux canoës. Ils nous avaient proposé de faire un tour avec et nous avions programmé de le faire quelques jours avant notre départ. L’idée c’était de remonter la rivière jusqu’à la ville de Slocan, de se poser pour une session bronzette sur la petite plage et rentrer quelques heures après. Gaby nous avait prévenu qu’il faudrait 3h pour l’aller et 2h pour le retour, on commençait à contresens du courant. En fin de matinée, on se dirigea donc vers la rivière et Gaby nous montra où trouver le bateau, caché sur la rive. On monta dedans et commencions notre avancée. La rivière était calme et toujours aussi claire, au point d’en voir le fond. C’était impressionnant et agréable de se retrouver là au milieu de la vallée à pagayer tranquillement tout en observant les paysages qui s’offraient à nous. Mais la tranquillité n’a pas duré, car nous étions tout de même à contre-courant et plus la rivière devenait étroite plus le courant se faisait fort. Après 30 minutes c’est devenu beaucoup plus sportif, et ce jusqu’à l’arrivée. Au début nous y mettions toute notre énergie, nos coup de pagaie ne nous faisaient presque pas avancer, mais dès que nous arrêtions le courant nous emportait dans la mauvaise direction, on avait pas le choix, on devait continuer. Mais au bout d’une heure l’agacement se faisait sentir, du coup nous partions en fou rire à force de nous agacer et râler contre ce courant et ce canoë qui n’avançait pas d’un mètre. Julie ne voyant pas l’arrivée se montrer voulait faire demi-tour mais je la motivais à continuer ou plutôt lui criais dessus pour qu’elle continue. La situation était vraiment comique. Elle l’était d’autant plus quand nous avons croisé un couple sur un bateau pneumatique et qu’ils nous ont crié que nous étions dans la “wrong direction”. Et l’était encore plus quand on a décidé d’adopter une nouvelle technique… On s’est dirigé vers la rive, le courant y était moins fort, et on s’est aidé du bord pour avancer. Pagayer dans l’herbe nous faisait avancer plus vite. Mais il y avait régulièrement des arbres tombés en travers à éviter et quelques rochers. Dans ces cas là les manoeuvres étaient compliquées car si l’écart que nous faisions était trop grand le courant nous emmenait. C’était vraiment comique. Mais au bout de 2h40 nous sommes tout de même arrivées au but ultime, faire les crêpes sur la plage. Et pour nous récompenser de notre exploit nous avons bu les deux bières que nous avait préparé Gaby dans notre petite glacière. Elles étaient bien méritées. Après quelques heures nous avons pris la “route” du retour. C’était beaucoup plus simple dans la bonne direction, même si le courant paraissait beaucoup moins fort qu’à l’aller, à croire que cette rivière voulait se moquer de nous jusqu’au bout. Je proposais à Julie de se reposer et pagayais toute seule, elle avait continué de pagayer alors qu’elle voulait arrêter je lui devais bien de pouvoir profiter de la vue du retour tranquillement. On finit notre périple sous une fine pluie qui ne dura que quelques minutes. En rentrant on raconta notre aventure à Gaby et Dave, ils ont d’ailleurs particulièrement aimé le passage de la “wrong direction”.
Beaucoup d’autres bons moments ont été vécus au cours de ces 11 jours. Le simple fait de se trouver chez Dave et Gaby était un bon moment, les rires et les anecdotes, que ce soit les leurs ou les notres, ponctuaient souvent nos repas du soir sur la terrasse en bois avec vue sur les montagnes.
C’est pas ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpckhRV3dRd1BjRTQ
