Premiers moments et premières impressions à la Gimli Farm

Nous nous réveillons tranquillement avec la lumière du jour, et lorsque que je tourne la tête vers la fenêtre, c’est une vue imprenable sur les montagnes qui s’offre à moi.

 

Dès la première journée on s’est mis dans le bain de notre travail quotidien. Cette petite ferme comptait quelques animaux, des chèvres, des poulets (oeufs et viande), un cheval (Johnny) et un chien, Baloo. Il fallait donner à manger à tout ce petit monde et j’avais rapidement pris le parti de nourrir les chèvres et Johnny matin et soir. Il y avait également la traite à faire matin et soir, ça c’était plutôt la partie de Julie, mais je le faisais de temps en temps. Gaby appelait le lieu de la traite son bureau, c’était très bien aménagé et organisé. En début d’après-midi, il fallait également emmener les chèvres dans un pré un peu plus loin pour qu’elles puissent manger de l’herbe et du coup faire plus de lait.

En générale le reste de la journée s’organisait au rythme des demandes de Gaby, Dave donnait son avis et s’exécutait. Gaby faisait essentiellement les traites car sa maladie la fatiguait beaucoup. Bien souvent ils ne savaient pas comment organiser la journée et ne s’accordaient pas sur les tâches à faire, du coup c’était assez marrant de les voir débattre sur le sujet, mais au final c’était souvent Gaby qui avait le dernier mot. Au bout de trois jours, ils ont compris que nous aimions bien savoir comment s’organisaient nos journées, car si ça n’était pas le cas on pouvait facilement travailler un bon nombre d’heures, mais jamais non plus au point d’en faire trop.

Concernant les différentes tâches que l’on a pu faire, nous désherbions régulièrement le potager, nous ramassions aussi les fraises et les framboises régulièrement, nous avons également coupé beaucoup de bois, de quoi leur permettre de tenir tout l’hiver, et chez eux ça dure très longtemps, on a du remplir au moins 6 ou 7 fois l’arrière de pick-up, ce qui était plutôt pas mal, mais pas encore suffisant d’après Dave. Heureusement nous avions une machine à pression hydraulique à disposition, prêtée par un voisin, qui fendait les rondins que Dave tronçonnait. Nous devions tout de même remplir le truck et le vider à tous les trajets. Nous sommes également allées cueillir des baies dans la montagne ce qui a donné lieu à une aventure comme disait Dave. Une des grosses missions du séjour était aussi de tuer tous les meat bird, la volaille à viande, en tout ça faisait 27 poulets. Ce n’était pas une surprise, ils nous l’ont annoncé dès le premier jour, car à plusieurs c’était plus rapide. C’était une expérience pas forcément amusante mais tout de même intéressante, car au delà de seulement tuer le poulet, il fallait aussi le déplumer et le vider pour pouvoir le conserver par la suite.

Les premiers jours nous travaillons quelques heures par jours réparties un peu n’importe comment dû à la présence des suisses. Mais pendant leur absences nous en faisions un maximum le matin pour avoir des après-midi moins chargés. Le rythme était plutôt plaisant, on était absolument pas surveillées sur les heures et notre travail était toujours apprécié. Les seuls horaires fixes étaient ceux des repas des animaux, on se levait tous les jours à 8h, petit café, traite pour Julie, nourriture pour moi ensuite, et le soir vers 17h45 on recommençait la routine du matin.

La présence ou l’absence de nos amis suisses modifiait le restant de la journée. Quand ils étaient là, les repas se prenaient tard le temps de tout préparer pour tout le monde. Chacun y mettait du sien, certains faisaient la cuisine, d’autres mettaient la table, ceux qui n’avaient pas forcément préparer faisaient la vaisselle ou débarrassaient, c’était naturellement bien organisé. Les repas étaient toujours très copieux. C’était une formule “à plat multiple”, il y avait toujours plusieurs choses à manger, et comme chacun aimait cuisiner, c’était toujours délicieux. La plupart des aliments venaient du jardin, nous avions toujours du bon lait de chèvre, du yaourt et du fromage de chèvre, c’était des moments très agréables d’échanges et de partages. Quand les suisses n’étaient pas là, c’était un peu différent, moins de choix dans les menus mais toujours aussi bon. Parfois le soir nous allions boire un verre au bar toujours très fréquenté à quelques kilomètre de la ferme, nous mangions un peu plus tôt et nous passions plus de temps à apprendre à nous connaître aussi. Sans oublier nos boissons d’après labeur que nous préparait Dave, c’était un genre de smoothie avec des fruits du jardin, du yaourt, des glaçons et le tout bien mixé, c’était un vrai délice.

 

L’ambiance générale qui régnait ici était parfaite, le rythme de vie aussi et les échanges plus importants qu’avec nos précédents logeurs. Nous nous plaisions beaucoup à cette ferme. On y a tout de suite été très bien accueillies, et avons rapidement pris nos marques et quelques habitudes.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpeWtjVTZleC1mb3c

 

Petit périple pour atteindre notre troisième et dernier Wwoof

Il est nécessaire de poser le cadre pour cette étape. Actuellement à Vancouver, nous devons nous rendre à Lemon Creek, dans la Slocan Valley, située à un peu plus de 700 km de notre position actuelle. Il pourrait exister des bus pour faire ce trajet mais l’idée d’exploser le budget transport ne nous plait pas. Nous adoptons donc une nouvelle fois la pratique du pouce levé et estimons à deux jours le temps nécessaire pour faire le trajet.

 

Ca y est, aujourd’hui nous quittons notre havre de paix, notre ville fétiche pour de nouveaux horizons, ceux qui nous rapprochent un peu plus des Rocheuses, étape phare de ce voyage. Nous partons donc assez tôt le matin de l’Université, prenons un premier bus qui nous amène dans le centre-ville, proche de la gare de trains/métro, qui lui même nous emmène à l’extrémité Est de la ville ou plutôt de l’agglomération de Vancouver. Là nous faisons un premier point “localisation”. On décide de reprendre un bus qui nous mènera tout proche de la Highway, lieu stratégique pour espérer monter à bord d’une voiture qui nous déposera le plus loin possible sur notre trajet.

Après quelques minutes, nous voyons arriver un couple, eux aussi en Backpack, avec l’intention de faire du stop également. C’est un couple québécois. Ils s’installent un peu plus loin que nous, à l’endroit où commence la Highway, et après quelques minutes une voiture le prend et l’emmène. Autant dire qu’on était un peu dégoutées de les voir partir avant nous. Alors sans attendre on est allées se positionner à leur place. C’est après 30 longues minutes d’attente qu’un homme s’est arrêté pour nous avancer d’une trentaine de minutes sur notre trajet.

C’est ensuite au tour d’un homme beaucoup plus âgé, un p’tit papy, de nous prendre après une dizaine de minutes d’attente. Il nous déposera là encore, environ 40 minutes plus loin, dans un endroit dépeuplé, avec pour seule activité une station service-restaurant. Et qui voyons nous arriver? Notre petit couple québécois. Ils nous expliquent qu’ils souhaitent rejoindre de nouveau Jasper. Ils ont donc encore un long chemin à parcourir. Le temps d’aller faire un aller-retour à la station-service pour la pause petit coin, nous les voyons partir au loin dans un pick-up. On ne les recroisera plus.

Après encore de longues minutes d’attente en plein soleil et perdant un peu espoir, c’est un pilote d’hélicoptère qui s’arrête avec son pick-up. Il peut nous déposer jusqu’à la ville “Hope”, endroit où nous devrons changer de route pour prendre la numéro 3. Un monsieur très gentil qui nous donna de bon conseil et nous parla un peu des feux de forêts qui prenaient de plus en plus d’ampleur dans la région. Heureusement, nous n’avons pas eu à nous en préoccuper, ils n’étaient jamais dans le même secteur que nous, et nous veillons à les suivre sur le site internet qui les recensait régulièrement.

Arrivées sur notre Highway numéro 3, nous levions de nouveau le pouce et constations qu’il n’y avait pas grand monde sur cette route. Mais c’est assez rapidement qui notre dernier chauffeur de la journée s’arrêta. C’était un homme (encore), qui s’était trompé de route depuis un certain temps, qui écoutait un radio religieuse catholique (j’étais contente de ne pas comprendre grand chose), il était un peu donneur de leçon sur les bords et surtout, il conduisait très mal. Moi qui suis facilement malade en voiture, j’étais étonnée de ne pas avoir vomi mon absence de déjeuner.

Lorsque nous sommes arrivées à Princeton, nous étions heureuses de descendre de sa voiture et rassurée de ne pas être tombées sur les flancs des montagnes. On décida de stopper notre mission “pouce levé” pour la journée. Nous n’avions pas atteint la moitié du trajet mais nous n’avions plus envie d’attendre un nouveau chauffeur, et préférions se poser tranquillement dans un motel. En raison des incendies, nous avons d’ailleurs eu de la chance de trouver la dernière chambre disponible de la ville. Le temps de poser nos affaires, nous étions reparties à pied à la recherche d’un endroit pour manger, la facilité nous poussa vers un fast-food. Le point positif de ce motel c’est que nous avions chacune notre lit, et cela faisait longtemps que ça n’était pas arrivé.

Le lendemain matin on s’est réveillée dans la fumée. Un feu avait démarré la veille au soir et avait plongé cette partie de la vallée dans la fumée. On pris une douche et boucla nos sacs, afin de nous diriger rapidement vers le bord de la route et partir dès que possible.C’est seulement au bout d’une heure et vingt minutes que notre premier chauffeur de la journée s’arrêta. C’était un suisse, en vacances au Canada, voyage qu’il faisait tous les ans depuis quelques années. Il devait se rendre à Greenwood, une petite ville perdue au milieu de nulle part, située le long de la route numéro 3. Cela allait beaucoup nous avancer, et nous partagions donc plus de 3 heures de route avec lui. C’est à cette occasion que nous vîmes pour la première fois un ours noir. Notre chauffeur s’arrêta et fit même demi-tour afin que nous puissions prendre le temps de l’observer et de prendre des photos.

En arrivant à Greenwood, nous nous sommes postées à la sortie de la ville, afin de capter des automobilistes de long trajet. Car même si notre ami suisse nous avait bien avancé, nous étions encore bien loin du but. Après avoir vu défilé bon nombre de voitures, une femme en monospace s’arrêta, descendit et commença à ranger sa voiture pour pouvoir nous accueillir. Elle transportait littéralement sa maison dans sa voiture car en plein déménagement. Elle était québécoise et survoltée, encore un personnage haut en couleur. Elle parlait du coup québécois, un mélange de français anglais, le tout avec un accent incompréhensible, j’avais parfois un peu de mal à la suivre. Elle écoutait un chanteur très connu au Québec, une référence d’après elle, c’était d’une autre génération et les chansons étaient plutôt engagées mais très drôles. Elle nous avança d’une quarantaine de minutes, jusqu’à la prochaine ville qui dépassait les 20 maisons. On avait vraiment bien rigolé avec elle pendant le trajet, elle était drôle, parlait fort et un peu vulgaire sans que ce soit choquant. C’était un jour très important pour elle car elle allait signer l’achat de sa maison. A 40 ans, pour elle c’était quelque chose d’important d’avoir son chez soi. En observant les paysages de forêt avec par endroit des zones complètement déboisées par l’industrie du bois, elle vit la remarque que le Canada était fou de couper autant d’arbres, qu’en faisant ça il tuait la vie.

Elle nous déposa ensuite à la sortie de la ville où elle vivait encore. Elle nous salua joyeusement et partie pour son rendez-vous chez le banquier. C’est peu de temps après qu’un homme vêtu d’un t-shirt troué s’arrêta pour nous dire que l’endroit était pas pratique pour faire du stop. Il nous déposa donc quelques kilomètres plus loin, et il avait raison car dans les 10 minutes qui suivirent son départ, notre dernier chauffeur apparu et nous emmena pratiquement jusqu’à la fin de notre parcours. J’étais assise à l’arrière comme à mon habitude, à côté de son chien qui avait décidé de faire de ma jambe un oreiller. Il était très sympa et écoutait une chanteuse locale, musique que nous aimions beaucoup avec Julie, on a donc noté le nom pour plus tard. Nous arrivions enfin à la jonction de South Slocan, ce qui marquait la fin de cette aventure à travers la Colombie-Britannique, la fin de ce spectacle avec ces paysages toujours magnifiques. Sur la route nous avions vu beaucoup de montagnes, elles étaient impressionnantes, elles étaient très abruptes, comme sorties de terre s’imposant au reste. A présent, il ne nous restait plus qu’à envoyer un mail à nos futurs logeurs pour qu’ils viennent nous chercher.

C’est 45 minutes plus tard que Dave arriva et nous emmena à leur ferme. Il nous expliqua que le frère de Gaby ainsi que son cousin, tous les deux suisses, étaient présent pour quelques jours. Jusque là pas de surprise pour nous, Gaby nous avait déjà prévenu par mail. Ca ne nous posait aucun soucis, et eux avaient prévu de quoi se loger. A ce sujet Dave décrivait ça comme le village suisse, et en arrivant on compris vite pourquoi. Deux énormes camping-car avait pris place dans le jardin, c’était impressionnant tant ils étaient imposants. Et c’était du grand luxe, 3 télés, le mobilier qui se déplace tout seul pour laisser place à d’autres mobiliers, bref une vraie maison sur roues bourrée d’électronique.

Dès les premières minutes nous avons été très bien reçues, présentées comme les deux nouvelles woofeuses, pour quelques jours parmi cette famille. On a très vite été acceptées aussi, l’ambiance était un peu particulière mais très amusante, chacun essayait de parler la langue de l’autre. Les canadiens parlaient anglais et suisse pour ce qui concernant Gaby vu que c’était la langue natale, Dave tentait de se souvenir de ses cours de français, et se risquait parfois à quelques mots en suisse. Les suisses se débrouillaient en anglais et étaient ravis de pouvoir sortir quelques mots en français. D’ailleurs l’un deux, Markus, se débrouillait plutôt bien, il avait cette façon de sortir des expressions françaises avec un accent tellement exagéré qu’on était à chaque fois prises de fous rire. Et puis nous, nous parlions anglais (enfin surtout Julie), et on essayait parfois de parler allemand en tentant de nous rappeler de nos cours déjà un peu lointain.

 

Une nouvelle aventure commençait, et en même temps la dernière de ce genre, c’était notre dernier Wwoof, mais nous étions sûres qu’il tiendrait toutes ses promesses, le peu que nous en avions vu le confirmait.

 

C’est par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpaFpMeHl1VDBhbjg

Retour à notre ville coup de coeur, Vancouver

Nous nous réveillons de notre dernière nuit chez Natasha et Max. On boucle nos sacs à dos et nous partons direction le ferry pour retourner sur Vancouver pour quelques jours.

 

Natasha s’est proposé de nous emmener au ferry car il faut compter plus d’une heure de transport en commun et que ça allait être plus agréable en voiture pour nous et nos gros sacs. On va donc récupérer une voiture qu’elle a réservé. Ils ont ce système de location de voiture très pratique ici. Il suffit d’avoir un compte et de payer un abonnement, et plutôt que d’avoir une voiture dont on ne se sert que très rarement, lorsqu’on a besoin de se déplacer loin, on réserve une voiture à proximité et c’est réglé. Nous voilà donc en route pour le bateau. Le temps de dire “au revoir” et de remercier Natasha, de prendre nos billets et d’embarquer, nous étions déjà assises à bord pour rejoindre notre ville coup de coeur, Vancouver.

 

Nous n’y restions que quelques jours, le temps de revoir René pour un dîner, de profiter des plages de sable, et de découvrir le quartier de Kitsilano, situé au Sud du centre-ville. En arrivant nous nous sommes directement rendues à l’Université pour poser nos affaires. Et autant dire qu’elle n’a rien à voir avec celles de chez nous. Leur campus est un village entier, si ce n’est une petite ville. On pourrait facilement si perdre s’il n’y avait pas à chaque intersection un plan. Nous rejoignons le bâtiment où se trouve les chambre d’étudiants inoccupées pendant l’été, récupérons la clé et découvrons une chambre d’étudiant grand luxe, avec petite cuisine aménagée, grande salle de bain, des rangements partout et un lit super confort. On était plutôt ravie d’avoir fait comme Natasha et Max.

On passa le reste de la journée sur la plage des cul-nus située juste à quelques centaines de mètres de notre chambre. La plage était “mixte” le port de vêtements était optionnel, du coup aucune gêne pour nous à garder nos vêtements, chacun faisait comme il voulait. Une expérience du voyage amusante et sportive car pour y accéder c’était près de 500 marches à descendre et à remonter pour y accéder.

 

Le second jour on est parties à la découverte de Kitsilano, on a ensuite rejoint la côte pour la longer jusqu’à prendre le pont qui menait au centre-ville. On a refait le trajet de notre premier jour, mais à l’inverse cette fois, on a fait tout le tour de la baie jusqu’à revenir du bon côté de la ville. Sur le chemin on s’est arrêtée faire un petit tour dans un festival, l’entrée était gratuite, il y avait de la bonne musique, des stands de nourriture aux spécialités variées, on a donc mangé sur place, et en dessert on s’est pris une “mangue en bâtonnet”. A la fin de notre promenade,comme à notre habitude on s’est mises en maillots de bain et on s’est allongées pour quelques heures de “repos”. Le soir nous avons mangé avec René dans un restaurant japonais à l’ambiance plutôt atypique. C’était délicieux, ils avaient un choix impressionnant dans leur carte. On voulut lui offrir le repas pour le remercier de son hospitalité de la dernière fois, mais il nous a devancé. Il nous a ensuite raccompagné à notre palace universitaire.

 

Notre dernière journée n’a pas été très animée, nous sommes retournées en centre-ville pour faire quelques achats nécessaires à la suite du voyage, puis nous sommes rentrées à notre chambre pour commencer la planification des prochains jours, en particulier les deux suivants qui s’annonçaient assez long. Nous devions rejoindre notre 3ème Wwoofing situé à 700km à l’Est de Vancouver dans la “Slocan Valley”. Nous sommes tout de même ressorties pour quelques heures sur une autre plage toute proche de l’université histoire de prendre l’air.

 

Le fait de revenir sur Vancouver confirmait notre première impression. C’était une ville tellement agréable, des jardins et des parcs où l’on peut s’allonger en maillot de bain sans se poser de questions, des gens tout aussi agréable, des endroits animés aux ambiances surprenantes, bref une ville qui me reverra peut être un jour.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpOU1XUnlzSDdyZmM

Natasha et Max

Une nouvelle belle rencontre, celle de Natasha et Max, un couple d’une trentaine d’année. Lui était un militaire bientôt à la retraite, en septembre. Elle avait eu plusieurs jobs différents, le dernier en date était chef dans un restaurant, et là elle était depuis quelques temps auto-entrepreneur. Elle avait créé un site de vente en ligne de salon de jardin à la canadienne. Elle était sûre que ça allait marcher.

Il s’était mariés au Mexique il y a quelques temps, d’ailleurs ce que j’avais remarqué et tout de suite aimé c’est leurs alliances. Ce n’était pas un anneau, mais un tatouage, il représente des signes dont je ne connais pas l’origine. Mais je trouvais l’idée très intéressante avec une forte signification, ce n’était pas un objet dont on peut se séparer d’un geste, facilement, c’était la preuve de leur union marquée sur leur peau à jamais. Ils n’étaient pas le couple démonstratif, débordant d’attention, mais ils étaient très complices. Ils prévoyaient de partir vivre sous peu en Thaïlande, à partir de fin septembre pour 6 mois, pour ensuite partir en tour du monde pour deux ans. Le voyage avait une place particulière dans leur vie.

Nous avons passé de très bons moments avec eux. Natasha avait de bonnes notions de français, du coup nous recevoir lui faisait plaisir car elle pouvait de nouveau parler notre langue. On a beaucoup ri ensemble également, au rythme de nos anecdotes et des leurs. Et nous avons surtout très bien mangé. Natasha cuisinait merveilleusement bien. Le premier soir, elle avait préparé des makis vegan, un autre soir un magnifique gâteau aux fruits et également des pâtes à l’italienne faites maison. On s’est régalées. En plus, grâce à Natasha nous avons une meilleure image des végans. Elle a expliqué la raison pour laquelle elle avait fait ce choix. C’était simple, elle était contre la maltraitance animale, le fait qu’aujourd’hui on “élevait” à outrance les animaux, pas toujours dans de bonnes conditions pour nourrir tout le monde. Et le fait d’être chef dans un restaurant cautionnait et participait à tout ça. C’était donc pour ça qu’elle avait arrêté ce travail et avait fait le choix de ne plus manger de viande.

Ils étaient très chaleureux et ont été très gentils avec nous. Pour notre première expérience en Couchsurfing c’était une réussite. On vivait chez eux, essentiellement le matin tôt et le soir, on partageait leur espace de vie, sans nous imposer, et eux de la même manière nous laisser libre de nous organiser comme nous le voulions sans imposer quoi que ce soit. C’était un échange agréable.

J’espère rester en contact avec eux, et qui sait peut être qu’un jour on se recroisera sur la planète.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpN1RiWEEyc01VMWs

Découverte de la belle Victoria

Le réveil fut compliqué dans notre 6m², une douche libre difficile à trouvée au milieu de tous ces dortoirs et le petit déjeuner rapidement avalé. Ce matin nous quittons rapidement notre auberge de jeunesse pour aller à la rencontre de Natasha à son domicile à 30 minutes de marche, afin de nous libérer de nos 18 kg.

 

Nous avons parcouru une bonne distance avant d’arriver à l’appartement de Natasha, situé au bord de la mer/baie de Victoria, dans la banlieue proche du centre. Elle habitait avec son mari Max et leur chien, un appartement juste assez grand pour eux. Elle nous accueilla chaleureusement, nous montra notre lieu de vie pour les quatre jours à venir et nous laissa tranquillement nous installer. Juste le temps de mettre un peu d’ordre dans nos petits sacs à dos, nous étions reparties pour le centre-ville pour commencer la visite de la ville. Natasha nous avait indiqué de passer par le pont situé juste en bas de chez elle pour rejoindre le centre, que le trajet était plus agréable que la route par laquelle nous étions arrivées le matin.

Nous voilà donc en chemin pour découvrir la capitale de la Colombie-Britannique, nous avons donc 4 jours devant nous.

 

Musée Royale de la Colombie-Britannique et le Parlement :

 

Pour le premier jour de visite, nous avions prévu de faire notre premier musée. Plusieurs personnes nous avaient conseillé de faire ce musée, apparemment il était très bien fait, très ludique et très intéressant. Avant d’y entrer, nous sommes allées voir le Parlement qui se trouve juste à côté. C’est un bâtiment magnifique qui vaut le détour, de jour comme de nuit.

Le musée était organisé en plusieurs étages. Le premier était dédié aux principaux évènements intervenus en Colombie-Britannique, principalement les avancés en termes de droits pour les habitants de cette région. Parallèlement à ces avancées, il y avait une illustration sur mannequin des différents styles vestimentaires. Une des choses que j’ai préféré sur ce thème, c’était une sorte d’arbre fait de papier auquel les visiteurs du musée pouvaient accrocher des feuilles de papier en forme de feuille sur lequel ils pouvaient écrire une phrase. Sur l’un des papiers on pouvait lire “You were born with two ears and one mouth. Listen twice as much as you speak”, j’ai beaucoup aimé cette phrase tellement vraie et que peut de personne savent suivre aujourd’hui. Il y avait au même étage une exposition temporaire sur Terry Fox, une personne inconnue pour moi mais qui méritait tout le temps que j’ai passé à apprendre qui il était. C’était un athlète canadienne, à qui on a diagnostiqué un cancer à la jambe et qui n’avait comme seule possibilité de se faire amputé. Il se lança en 1980 dans un marathon trans-canadien malgré sa jambe artificielle pour militer contre le cancer et pour récolter des fonds pour la recherche. Il n’arrivera pas au bout de son marathon de l‘espoir, son cancer ne lui permis pas de continuer. Il aura tout de même parcouru 5 373 km en 143 jours et aura permis de sensibiliser le pays entier pour sa cause. Aujourd’hui il est un des plus grands héros du Canada. Autant dire que les mouchoirs mis à disposition on servi pour beaucoup de personnes. A ce même étage on pouvait aussi trouver la partie sciences naturelles avec les indications sur la faune et la flore de la région ainsi qu’une sensibilisation sur les risques du changement climatique.

Le second étage retraçait les grandes étapes historiques de la région. Il y avait une magnifique exposition sur les premières nations, les indiens. Il y avait un nombre impressionnant d’artefacts, des vêtements, des outils, une habitation reconstituée, les armes également qui leur servaient à chasser et une salle immense réserver aux magnifiques mâts totémiques. Puis l’arrivée de James Cook et toutes les nouvelles activités que cela a entrainé, le commerce maritime, la recherche de l’or et bien d’autres. La visite était très intéressante car les différentes expositions étaient mises en scène, on était littéralement plongées à l’époque visitée, le décor était très réaliste.

Nous étions contente d’avoir fait ce musée car effectivement il était très bien fait, il était interactif et plutôt ludique.

 

Déambulations dans la ville :

 

Après avoir mangé dans un fast food qui n’était pas du tout fast, nous sommes parties nous perdre dans les rues de la ville.

Je souhaitais parcourir les rues afin de pouvoir tomber sur du streetart, et nous en avons trouvé aux détours de certaines rues, plus éloignées du centre-ville et de l’activité citadine. Nous avons également croisé quelques belles églises et des petites boutiques de quartier. Au bout d’une rue, alors que nous étions encore très proche du centre-ville, on apercevait déjà les quartiers résidentiels, de belles maisons avec un petit bout de jardin, juste là quelques centaines de mètres de l’activités de cette grande ville. Nous sommes ensuite retournées dans le centre, j’avais repéré le matin un petit bar juste à côté du port.

Cette journée méritait bien de s’assoir en terrasse pour boire une bonne bière.

 

Le Thetis Lake :

 

Le soir, de retour chez Natasha et Max, nous discutions de notre première journée et leur demandions conseils pour la suite de l’exploration de cette ville. Nous avions repéré quelques lacs mais ne sachions pas vraiment lesquels valaient vraiment qu’on s’y attarde. Ils nous conseillèrent le Thetis Lake à l’Ouest de la ville.

Le lendemain on préparait donc de quoi grignoter sur place et partions rejoindre l’arrêt de bus qui nous emmènerait jusqu’à ce fameux lac. Après quelques minutes de trajet nous descendions du bus pour rejoindre notre point de chute qui se trouvait encore à plusieurs mètres de là.

En arrivant on découvrit un lac magnifique, ça devenait une habitude de tomber sur ce genre de lieux. On se posa quelques minutes sur le sable de la petite plage, le temps de manger un morceau. On repartit rapidement après avoir regardé les différents parcours de randonnée, bien évidemment on choisit le plus long, qui faisait le tour complet du lac. A certains endroits du parcours nous avions droit à des vue splendides sur ce lac.

La randonnée dura un certain temps, plus d’une heure, peut être deux je ne sais plus trop, au total nous avions parcouru environ 8 km. De retour sur la petite plage, on s’aperçut qu’elle était déjà beaucoup plus peuplée qu’en arrivant. Comme nous avions pensé à prendre nos maillots de bain et serviettes, on décida de se reposer quelques instants, qui sont vite devenus quelques heures au final.

En milieu d’après midi, on repris la direction de l’arrêt de bus pour rejoindre le centre-ville. On descendit au niveau d’un centre commercial afin de trouver rapidement un lieu où manger un morceau. On s’est ensuite baladées dans les rues, pour enfin rentrer pas trop tard car on avait prévu d’aller boire un verre avec Natasha et Max ce soir-là.

 

Randonnée jusqu’au Mont Douglas :

 

Le jour suivant, là encore sur les conseils de nos logeurs, on pris la direction du Mont Douglas, situé bien au Nord-Est de la ville, proche de la mer. Le programme de la journée c’était de se rendre à pied jusqu’au Mont Douglas, le gravir et redescendre côté mer pour aller récupérer de notre ascension sur la plage.

On a très vite regretté notre première étape. La veille, nous avions regardé le trajet pour s’y rendre et les 8km nous paraissait pas énorme à faire à pied, il fallait juste compter 1H40 de marche et ça semblait faisable. Le soucis c’est qu’on s’est vite retrouvées dans les quartiers résidentiels, où il y a peu de choses à voir, puis des zones commerçantes perdues à la sortie de la ville et enfin un bout de campagne au pied de notre fameuse petite montagne.

En arrivant au début de la randonnée pour faire l’ascension, nous étions déjà fatiguée de nos kilomètres parcourus. Là encore plusieurs itinéraires étaient possibles pour l’ascension, on choisit le plus simple pour le début, en sachant que plus nous montions, plus les seuls chemins possibles étaient difficiles. Et effectivement, les derniers mètres n’étaient pas simples, concrètement il fallait escalader les rochers, slalomer au milieu des quelques arbres. On est arrivées à bout de souffle tout en haut, mais fières d’être allées jusqu’au bout. La vue n’avait rien de sensationnelle, juste une vue sur l’étendue de la ville et sur la mer, ça restait tout de même impressionnant de se trouver là, au sommet, à partager cette vue avec les rapaces qui nous offraient un beau spectacle.

On descendit par la route pour rejoindre la plage. Nous étions impatientes d’y arriver, pour nous allonger une bonne fois pour toute et se reposer. Mais en arrivant ce fut plutôt une petite déception. Toujours pas de sable sur la plage, des galets ou petits cailloux, et l’odeur des algues échouées depuis plusieurs heures avec en prime les mouches comme compagnie. Mais tant pis, aucune envie de marcher encore pour trouver mieux plus loin. On s’est éloignées un maximum des algues et donc rapprochées un peu plus de la mer. Julie a fait sa sieste habituelle et moi je me suis mise à faire mes découpes de tissus et commencer à coudre ma seconde pochette. Après une bonne heure, j’étais toujours dans ma couture, imperturbable, pas même par la mer qui s’était fortement rapprochée de nous. C’est Julie qui m’interpella à ce sujet, me faisant relever la tête de mon ouvrage pour découvrir que la mer était à une cinquantaine de cm de nous. Juste le temps de tout ranger et de se rhabiller, et nous voilà repartie. Heureusement, car si nous étions restées plus longtemps, la mer nous aurait encerclées.

Il était hors de question qu’on fasse de nouveau le trajet à pied. On repéra donc l’arrêt de bus le plus proche. Sur le chemin pour le rejoindre, on fit quelques courses, car nous avions prévu de faire un diner à la française pour Natasha et Max.

 

Les marchés de Victoria :

 

On devions normalement repartir pour Vancouver le vendredi, mais comme nous avions appris que René, notre ami/hébergeur, ne pouvait plus nous accueillir nous devions trouver une autre solution. Un peu tard pour les demandes Couchsurfing donc pas le choix, on a dû réserver une chambre. Mais grâce à Natasha et Max qui y avaient passés quelques jours, nous avions eu l’idée de faire comme eux, réserver une chambre à l’Université de Vancouver. On leur a donc demandé s’il était tout de même possible de rester une nuit de plus, histoire de limiter les frais sur Vancouver car les prix, même si dans ce cas c’était très abordable, restaient tout de même élevés.

Pour cette dernière journée, on décida donc de prendre le temps, de ne rien programmer de particulier, si ce n’était retourner en centre-ville à la recherche des marchés publics. Il en existait plusieurs, le Public Market, qui regroupait plusieurs petits stands qui proposaient des fruits et légumes locaux de saison, ou encore des ustensiles pour la cuisine, des livres, des patisseries. Il y avait également de petits restaurants. C’était un lieu original dans un bâtiment aux allures d’ancien site industriel. Mais ça manquait un peu d’authenticité à mon goût, il n’y avait pas vraiment de maraîchers, c’était des boutiques qui étaient là de manière permanente.

Il y en avait un autre, plus proche de la côte et plus ancré dans le centre-ville. Celui-ci avait des airs de petit village dans la ville. C’était une grande bâtisse sur plusieurs étages, construite toute autour d’une grande cour. Nous n’y sommes pas allées le bon jour, car les maraîchers n’étaient pas présents, mais il y avait également pleins de petites boutiques qui vendaient nourriture, articles vintages, loisirs créatifs.

On décida d’aller chercher à manger dans une boulangerie pâtisserie italienne, dont les odeurs qui s’en dégageaient nous donnèrent envie de goûter à leur sandwich garnis de fromage, du vrai fromage.

Après cet épisode gastronomique, on décida de reprendre la direction de notre foyer temporaire, il y avait un petit parc à proximité et nous voulions nous poser le reste de la journée, avant de retourner à l’appartement pour préparer notre sac pour le départ du lendemain. Lorsque nous sommes arrivées dans le parc, on découvrit le petit jardin communautaire du quartier. Des carrés de potagers se tenaient là, certains étaient en libre-service, on pouvait cueillir les fruits et légumes qui s’y trouaivent, d’autres étaient privatisés, mais nous avions accès à tous. Il était géré par une association, des bénévoles, et tout reposait sur le principe de confiance. On a beaucoup aimé l’idée avec Julie. On s’est ensuite allongé dans l’herbe pas très loin, pour plusieurs heures, là encore, Julie était occupée à la sieste et moi à ma couture.

On rentra en fin de journée pour notre dernière soirée avec Natasha et Max.

 

Virée nocturne dans les rues de Victoria :

 

Après le dîner, j’avais envie de retourner dans les rues de Victoria pour deux raisons. La première était que je voulais voir le Parlement avec ses illuminations, c’était un incontournable de la ville. La seconde c’est que je voulais découvrir la vie nocturne de cette ville canadienne. Julie préférait aller se coucher, du coup je pris ma musique, enfila mes chaussures et pris la direction du centre-ville avec comme seule compagnie la lune, elle éclaira un peu le chemin, car sur le pont à côté de l’appartement, il n’y avait bien sûr pas de lumière.

Bizarrement je n’avais pas peur de me promener seule à une heure si tardive. Même si j’empruntais ce chemin peu fréquenté, je ne craignais pas de mauvaise rencontre, pas ici. Le seul groupe de jeunes un peu alcoolisé que j’ai croisé m’a simplement salué.

En arrivant dans la ville, je m’aperçu qu’il y avait très peu d’activité. Mise à part à l’entrée d’une boîte de nuit et dans les bars, personne dans les rues. Le calme qui régnait ce vendredi soir dans cette capitale régionale me paraissait étrange. Tout compte fait il n’y avait pas grand chose à voir, l’activité nocturne était plate. Je pris donc la direction du Parlement qui était effectivement éclairé par des milliers de lumières, pris mes quelques photos et repartie en direction de l’appartement.  

La nuit allait être courte, il était déjà 1h du matin quand j’arrivais et nous partions de bonne heure le matin pour prendre notre ferry.

 

Comme Vancouver, Victoria était une grande ville agréable à vivre. Contrairement à chez nous, ce n’est pas surpeuplé, on ne se marche pas dessus, on ne se bouscule pas dans les transports, on ne fait pas la queue des heures au fast-food ou dans les commerces. Après, l’activité et le dynamisme ne sont pas les mêmes qu’à Vancouver, celle-ci lui pique un peu la vedette sur le plan économique et elle reste plus attractive pour y vivre. Mais Victoria reste la capitale historique et législative de la Colombie-Britannique, et offre tout de même un cadre de vie serein.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpSHpnc1RoUmVRZ1E

 

Départ pour Victoria et rencontre improbable

Nous quittons enfin ce lieu, et c’est le frère de notre logeur, qui avait bien plus les pieds sur terre, qui se propose de nous déposer à Duncan sur le bord de la Highway pour que nous puissions lever notre pouce.

 

L’endroit où nous avons été déposé n’était pas très pratique pour faire de l’auto-stop car les voitures étaient lancées et il n’y avait pas beaucoup de place sur le bas côté pour qu’elles puissent s’arrêter. Mais nous n’avions pas le choix donc nous voilà à lever notre pouce une nouvelle fois. Ca a été très long avant qu’une voiture ne s’arrête, et quelle voiture, un énorme pick-up rouge, avec à l’arrière une caravane fixée sur la remorque. C’est un personnage haut en couleur âgé de 33 ans, Kirk, qui se propose de nous emmener à Victoria, où il se rend également. On apprend plus tard qu’il y a habité et qu’aujourd’hui il y retourne pour s’acheter son bateau, un rêve pour lui qui va devenir réalité.

Sur la route, Kirk nous propose de nous arrêter pour aller voir une cascade qui  d’après lui est magnifique. Nous sortons donc de la voiture, marchons quelques instants et tombons très vite sur la cascade en question. Kirk avait raison, c’était un endroit magnifique. Pour donner une idée du personnage, il a très vite escaladé les rochers en bas de la cascade pour y retirer son t-shirt et sauter dans l’eau froide, très froide, et puis recommencer une seconde fois. Après quelques prises de vue, nous voilà repartis pour Victoria. Plus nous nous rapprochons de la ville, plus Kirk est surexcité à l’idée d’aller enfin acheter son bateau. A l’entrée de la ville il se gare sur le parking d’un centre commercial et nous propose deux solutions. Soit il nous dépose après son coup de fil à un arrêt de bus en direction du centre-ville, soit nous l’accompagnons voir son bateau et ensuite il se propose de nous faire faire un petit tour de la ville pour finir sur la plage. On choisit la seconde option et prenons donc la direction du domicile du propriétaire du bateau. Le bateau en question est en fait une grande barque à moteur, moi qui m’attendait à un petit bateau avec cabine je fus surprise de voir autant d’excitation pour cette barque. Mais Kirk conclu l’affaire et c’est le plus heureux du monde alors pourquoi pas.

Nous reprenons ensuite la route pour le centre-ville de la capitale historique de la Colombie-Britannique. Nous passons devant les principaux monuments de la ville, puis longeons la mer. Kirk se gare enfin, et il nous emmène nous promener dans le parc magnifiquement fleuris de la ville. Après quelques petites anecdotes, il nous emmène à la plage. Nous allons fêter son achat et sa rencontre avec ses deux nouvelles amies françaises avec une bouteille de vin rouge de France. Personnage haut en couleur. Nous y restons une bonne partie de l’après-midi, le temps pour Julie de prendre quelques coup de soleil, moi de faire une sieste et Kirk de raconter son histoire à Julie, qui n’avait qu’une envie, dormir, et il nous a également écrit un superbe poème. Bien entendu c’est ironique vu le personnage.

Entre temps, nous apprenons que la personne qui devait nous héberger en couchsurfing nous a oublié et qu’elle ne sera pas chez elle pour pouvoir nous accueillir le soir. Kirk nous dit de ne pas nous inquiéter, qu’il connaît une auberge de jeunesse très bien en plein centre-ville, où il est resté 3 mois. En fin d’après-midi, nous nous rendons donc à cette fameuse auberge, et nous prenons une “suite” privée pour deux car ils n’ont plus de dortoir avec deux lits. Nous ne payons que 5 euros chacune en plus pour être seules. Nous faisons nos adieux à notre nouvel ami d’une journée, ce qui annonce aussi un peu de tranquillité. Kirk est une personne très gentille et un peu marginale dans son fonctionnement, et après quelques heures en sa compagnie, un peu de calme est bienvenu.

Nous montons dans notre “suite” et en ouvrant la porte nous découvrons un (très) petit local, où tient seulement notre lit superposé et un petit frigo, nos sacs ne tiennent même pas au sol, le mien dormira donc avec moi. Après avoir fait une petite pause, nous partons nous promener dans les rues pour découvrir cette nouvelle ville. Le centre-ville est tout près, pas très grand et nous faisons vite le tour de la rue principale. Nous passons par l’office de tourisme pour récupérer une carte et voir les points d’intérêts que peut nous offrir ce nouvel endroit. En début de soirée, nous entrons dans un bar aux allures de pub irlandais pour grignoter un morceau et boire un verre. Nous rentrons assez tôt à notre “suite” car le lendemain nous devons nous lever de bonne heure pour aller à la rencontre de notre logeuse qui peut nous accueillir dès le matin et donc nous permettre de nous débarrasser de nos 17 kg pour une visite de la ville plus légère.

 

Ce fut une journée intéressante qui nous montrait encore que parfois se laisser aller à l’imprévu et se laisser porter par les événements peut amener à de belles choses. Aujourd’hui nous avions fait la connaissance d’une personne un peu à part, qui vivait selon ses envies et ses rêves, et qui n’était pas malheureux en dehors du schéma habituel, au contraire. Car c’est ça aussi le voyage, se donner la possibilité de faire des rencontres, de nouvelles personnes, de nouveaux lieux, de nouvelles idées.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpSEFkLVRfekVCMHM

De Fanny Bay à Duncan, des ambiances contrastées

C’est aujourd’hui que nous reprenons la route pour nous diriger vers Victoria, la capitale de la Colombie-Britannique, mais avant de poser nos sac à dos là-bas, nous avons quelques étapes à faire.

 

En nous réveillant ce matin, Hanna nous explique qu’elle ne peut plus nous emmener à Duncan, la ville où nous voulions passer la nuit avant de partir pour Victoria, car elle a une urgence avec un chien. Elle a demandé à Franca si ça ne l’a dérangeait pas de nous emmener et celle-ci a gentiment accepté. Mais plutôt que de la faire rouler jusqu’à Duncan on a décidé avec Julie qu’elle nous déposerait au Market de Cassidy, car nous devions y faire de toute façon une pause. Pour le reste du trajet on se fera une session pouce levé.

Nous voilà donc en route pour Nanaimo, où Hanna nous a conseillé de nous arrêter pour faire une petite randonnée près de la baie. Nous entamons donc cette randonnée qui n’était pas trop longue et plutôt plaisante. Peu de temps avant d’arriver à la fin de la rando, les filles aperçoivent une petite figurine en plastique représentant un dinosaure posée là sur une branche proche du sol. Je la prends en photo trouvant l’idée plutôt drôle et me demande qui a bien pu s’amuser à la mettre là. Après avoir passé un peu de temps au bord de la mer, nous retournons sur nos pas pour retrouver la voiture et reprendre la route. C’est alors que j’aperçois à mon tour une autre figurine du même genre. Nous en rencontrerons comme ça sur une bonne partie du chemin. Décidément quelqu’un s’est bien amusé.

Nous voilà reparties pour Cassidy et la route se fait en quelques minutes. Franca nous dépose sur la parking du market, nous nous disons “au revoir” et la voilà repartie pour une bonne heure et quelques de route pour retourner à Fanny Bay. De notre côté nous retrouvons Grant et Melissa et leur sourires. Melissa m’apporte un sac plastique rempli de quelques affaires que j’avais oublié en partant, on ne parle que de deux t-shirts, un short et un pantalon… On ne se refait pas. Nous rencontrons les nouveaux wwoofeurs, un couple de mexicain et Melissa nous propose de manger avec eux pour ne pas repartir avec le ventre vide. Avant de repartir nous faisons de nouveau nos petits achats, quelques cookies pour ma part et un t-shirt aux couleurs de la ferme pour compléter ma collection avec celui de la Three Paws Farm. Le temps de dire de nouveau “au revoir” à Melissa et Grant et d’échanger quelques mots, nous nous positionnons sur le bord de la highway pour lever notre pouce.

C’est après 40 bonnes minutes que Wes s’est arrêté. Il habitait Victoria et avait accepté de nous déposer jusqu’à notre chambres d’hôtes aux alentours de Duncan. Au moment de partir il nous laissa son numéro pour quand nous arriverions à Victoria le lendemain, comme il ne travaillait pas, il nous proposait de nous nous faire un tour en ville. L’endroit où il nous avait déposé était tout de même assez éloigné de Duncan. C’était une espèce de ferme qui avait plus des allures de taudis. Les propriétaires des lieux étaient en train de se mettre en route pour passer quelques heures au bord de la rivière, et comme il n’y aurait personne pendant leur absence ils nous proposèrent de venir avec eux. Il était un couple d’une trentaine d’années et son frère à lui était là pour quelques jours. Après cette sortie nous sommes retournés à la ferme, c’est là qu’ils nous ont expliqué qu’il n’y avait plus de bus pour Duncan ce dimanche. On leur demanda comment ça allait se passer pour le repas du coup et ils nous expliquèrent qu’ils pouvaient nous faire à manger mais que dans ce cas nous devrions payer un supplément. Du coup on demanda s’il était possible de nous prêter les vélos pour aller dîner à Duncan, et là encore nous devions payer. Avec Julie nous avons décidé de prendre tout de même les vélos, même s’il y avait 12 km à faire jusqu’à Duncan, car nous n’aimions pas du tout l’ambiance chez eux, ni leur comportement vis à vis de l’argent. On avait bien compris depuis quelques heures que ce n’était pas de l’eau dans leurs gourdes ni seulement du tabac dans leurs cigarettes, et l’argent réclamé allait bien évidemment servir à se fournir.

Nous avons donc pris les vélos et sommes parties pour Duncan, au moment où il nous a demandé si on avait bien réglé nous avons répondu que oui, alors que nous n’avions réglé que la nuit, pas les vélos, avec un peu de chance ça passerait inaperçu et il ne gagnerait rien à nous prêter ses deux roues. Après quelques minutes de pédalage, nous nous sommes rendues compte que nous ne faisions que descendre dans la vallée et que par conséquent, le retour allait être très compliqué. Et ce fut effectivement le cas. Après être arrivées à Duncan, nous avons découvert une ville sans vie, car comme c’était le week-end du Canada Day, tous les commerces étaient fermés. Nous avons tout de même fait un petit tour dans la ville au 40 totems, avons mangé un bon burger dans un restaurant du centre-ville et nous nous sommes ensuite posées dans un parc où était organisé un petit concert gratuit. Nous sommes reparties pas trop tard car nous savions que le retour prendrait plus de temps que l’aller. Ca n’a pas été sans mal mais nous avons réussi à rentrer pas trop tard.

 

Cette nuit-là, ce fut la première fois que je n’étais pas complètement sereine dans ce pays pourtant si tranquille. Mais tout s’est bien terminé et le matin nous n’avons pas traîné pour repartir.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpc3p1X3ZLQVpXMm8

1er Juillet 2017, Happy Birthday Canada!

150 ans que le Canada est le Canada, et c’est aujourd’hui que ça se fête !

 

Pour la grande journée du Canada Day, Hanna nous a proposé de l’accompagner à la parade organisée dans la ville de Courtenay, elle nous proposa même de rester plus longtemps si nous le voulions, mais comme nous repartions le lendemain et qu’on devait finaliser quelques petites choses on préféra rentrer en même temps qu’elle.

La parade se déroulait dans la rue principale de la ville. Nous n’avons eu aucun mal à trouver une place pour la voiture tout près du lieu de passage. Et en y arrivant, là encore aucune difficulté pour voir la parade. Ce qu’il y a de bien au Canada c’est qu’ils ne sont pas aussi nombreux que chez nous, et il y a bien assez d’espace pour qu’il n’y ait aucun risque de se marcher sur les pieds, et c’est un ressenti constant, que l’on soit dans les grandes villes ou les plus petites.

La parade commença à 10h30, avec en premier lieu le défilé des véhicules des pompiers canadiens, des camions lustrés pour l’occasion. Ils avaient sorti pour l’occasion tous les camions, les plus récents mais aussi les anciens qui faisaient retentir les sirènes. On sentait une réelle fierté que ce soit chez les personnes qui défilaient ou chez le “public” qui les acclamait. Toutes les formations territoriales ont défilé, les secouristes en mer, en montagnes, tous les services de l’agglomération. Ce sont ensuite les “personnalités” qui ont défilé dans de magnifiques voitures anciennes, les vrais modèles américains de l’époque, qui nous plongent automatiquement dans une autre époque. C’est ensuite au tour des diverses associations, le théâtre, les associations sportives, de chants, de danse, de karting et tellement encore. Le temps que tout le monde défile, plus d’une heure s’était écoulée. Ce qui était surprenant pour nous, petites française, c’était de voir que l’essentiel des personnes qui défilaient pour les associations étaient des personnes âgées, qui montraient un enthousiasme communicatif. Ici les personnes plus âgées ne sont pas entassées dans des maisons de retraite, il existe des lieux où les aînés se retrouvent pour jouer aux cartes ou simplement pour partager un thé. On sentait également un réel sentiment patriote dans la célébration de cet événement, personne n’aurait loupé cette parade pour rien au monde.Toutes les personnes présentes étaient habillées aux couleurs du Canada, autant dire que nous faisions tâche dans le paysage. La parade terminée nous sommes retournées à la ferme pour déjeuner, puis travailler quelques heures.

Nous avons mangé très tôt ce soir-là car les festivités n’étaient pas terminées. Hanna nous avait également parlé d’une sorte de spectacle, toujours à Courtenay, qui retraçait par plusieurs petites présentations, l’histoire et les caractéristiques du Canada. L’entrée était gratuite et les organisateurs de la soirée distribuaient des petits drapeaux du Canada ainsi que des pin’s. Nous avons eu droit à toutes sortes de spectacles, essentiellement du chant et de la danse, il y avait des claquettes, des chorégraphies sur le thème du voyage, des danses des différents peuples qui habitaient à présent ce grand pays (Japon, Chine, premières nations, Inde, Irlande,…), un couple de tout jeune pioupiou qui dansait sur des chansons d’une autre époque et le spectacle final était une magnifique démonstration de grâce et de confiance que nous ont donné deux jeunes filles lors de leur présentation de danse aérienne sur tissu. Toutes les générations étaient représentées lors de ce spectacle et elles se mêlaient les unes aux autres. Le public était formidable, il applaudissait à chaque fin de représentation, encourageait lorsque c’était les plus jeunes qui passaient, c’était une ambiance festive et j’étais contente d’en faire partie.

Pendant le spectacle, j’ai eu comme un début de réponse aux questions qui m’accompagnent depuis maintenant quelques mois. Le fait de voir ces différents tableaux du pays, de voir à quel point la culture était riche car constituée elle-même de cultures venant de plusieurs endroits dans le monde, toutes ces mises en scène m’ont conforté dans mon envie d’en apprendre un peu plus sur le reste du monde. De voir comment on vit ailleurs, comment s’organise les vies de chacun et la vie plus communautaire, quelles sont les coutumes, les habitudes, quels sont les événements qui rassemblent, quels sont ceux qui divisent. Et je ne veux pas seulement l’apprendre dans un livre ni chercher l’information sur internet, je veux vivre ces cultures, je veux vivre à leur rythme, manger leurs plats, marcher dans leurs rues, leurs campagnes, je veux apprendre à les connaître. Et comme un écho à cette réflexion et à ce spectacle, j’aperçu en sortant du théâtre une fresque murale dans la rue d’en face mettant en avant la diversité.

Hanna nous ramena à la ferme et nous laissa ensuite la voiture pour aller voir le feux d’artifice de Parksville car Courtenay n’en avait pas prévu. Nous sommes donc parties toutes les trois avec Franca pour finaliser cette journée festive. Le feux d’artifice avait lieu au bord de la mer et le lieu de rendez-vous était déjà rempli par la foule lorsque nous sommes arrivées. Nous avons trouvé un petit coin où nous asseoir sur la plage et avons attendu patiemment que le spectacle commence. Après 20 minutes d’attentes nous apercevons en face de nous les premiers feux éclatés alors que la nuit n’est pas encore très sombre. Il ne durera pas très longtemps et ne sera pas à la hauteur de mes attentes. Moi qui aie toujours droit à de magnifiques feux d’artifices le jour de ma fête dans ma petite ville de campagne, je m’attendais à mieux de la part de cette ville canadienne plus conséquente et qui célébrait les 150 ans de ce magnifique pays. Mais les canadiens avaient l’air ravis et c’est tout ce qui compte.

 

Après cette longue journée, nous sommes rentrées tranquillement sur la route longeant la baie et je me suis endormie en repensant à toutes ces émotions et ambiances partagées au cours de cette journée.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpVTNpbXVmamk1NmM

Nos activités pour 15 jours à Fanny Bay

Tous les matins et tous les soirs nous avions notre routines, la matinée était occupée par les missions que nous donnait Hanna et l’après-midi c’était quartier-libre.

 

Nous avions une feuille sur laquelle était noté toutes nos tâches quotidiennes, nourrir les chats et les chiens, ouvrir aux poulettes et leur donner à manger et à boire, aller donner à manger aux lamas, c’était une check-list que nous suivions chaque jour. En plus de ces tâches, Hanna nous préparait tous les matins une liste de choses à faire dans le jardin ou aux alentours. Elle notait également les événements du jour, et nous faisait des propositions de balades et randonnées.

En générale les tâches étaient plutôt simples et ne nous prennaient que quelques heures dans la matinée. Il s’agissait de désherber son potager, couper les ronces dans l’enclos des alpacas, couper l’herbe, cueillir les fraises dans son jardin mais pas seulement. Une matinée nous sommes allées dans une autre ferme à 18 km de chez elle, cueillir des fraises pour faire des confitures. Le concept de cette ferme était que tu venais avec tes contenants et tu allais chercher toi-même les fruits et légumes dont tu avais besoin, et il ne restait ensuite plus qu’à payer à la sortie de la ferme. J’ai adoré cette mission car c’est un concept auquel j’avais pensé pour plus tard, et voir que ça se concrétisait et que ça fonctionnait très bien me confortait dans cette idée et m’encourageait aussi à ne pas laisser toutes ces anciennes idées de côté. Une des missions que nous n’avions pas forcément aimé faire était de tapisser tout le potager avec du copeau pour éviter les mauvaises herbes. On trouvait cette idée un peu inutile car le sol était déjà recouvert par une espèce de bâche noire qui avait déjà pour fonction d’éviter que les mauvaise herbes ne repoussent. Mais au bout de 3 jours nous avons réussi à finir cet ouvrage.

 

L’après-midi était donc libre et Hanna nous laissait même une voiture à disposition. Au cours de nos 15 jours de Wwoofing à Fanny Bay nous avons eu l’occasion de faire beaucoup de randonnées et découvrir cette belle région côtière.

 

Courtenay  :

Courtenay était la grande ville la plus proche de la ferme, elle se trouvait à une bonne vingtaine de kilomètres. Aux abords de la ville il y avait toutes les enseignes de supermarché et fast-food que l’on trouvait dans la plupart des villes de la région. Le centre ville n’était pas très grand mais il y a avait quelques petites boutiques sympas, certaines pour les touristes, d’autres spécialisées dans le sport ou la décoration. Nous y allions régulièrement, principalement pour faire des courses et lorsque nous allions au restaurant avec Hanna.

 

Journée à la découverte des chutes d’eau :

Peu de temps après notre arrivée à la ferme, un nouveau wwoofeur est arrivé, un allemand déjà venu mais qui ne restait que trois jours. Avec Julie, nous n’avons pas vraiment accroché avec le personnage, on trouvait qu’il profitait de la gentillesse d’Hanna, lui demandant régulièrement des sous pour aller acheter de la nourriture pour nous faire des repas vegan, de l’emmener à Nanaimo prendre son ferry, bref on ne l’aimait pas beaucoup, surtout quand il nous a parlé de faire de la mousse au chocolat sans oeufs et avec de l’avocat… oui oui de l’avocat, nous dire ça à nous françaises, pour qui la nourriture est sacré. La seule chose positive qu’il a apporté c’est sa connaissance de deux endroits magnifiques où se trouvaient des chutes d’eau. C’était impressionnant de voir l’écouler une telle quantité d’eau. Elle était d’ailleurs d’une clarté, on pouvait voir le fond de la rivière sans difficulté. Elle était également très froide. J’ai adoré me balader dans ces endroits pour découvrir ces chutes, l’eau reste un des éléments que je préfère, et particulièrement dans ce genre d’endroit car on sent une grande force quand on l’observe s’écouler et en même temps regarder et écouter toute cette masse en mouvement a aussi ce côté apaisant. Je pourrais observer l’eau pendant des heures sans me lasser.

 

Randonnée sur “Forbidden Plateau” :

Pour notre premier samedi à Fanny Bay, Hanna nous emmena au Mont Washington pour une randonnée sur Forbidden Plateau. En hiver c’était le lieu de prédilection pour les amoureux des sports d’hiver, en arrivant au parking on apercevait les pistes et les remontées mécaniques sur les flancs de la montagne. Il était possible de faire différents parcours plus ou moins long, on choisit de faire la plus petite car Hanna devait aller à son cours de chant avec Ruth dans l’après midi. Le randonnée était très agréable, le chemin très bien balisé, peu de dénivelé, il y avait un peu de neige à certains endroits malgré le soleil qui chauffait déjà bien en cette matinée. A mi-parcours nous arrivions à un lac magnifique, là encore d’une clarté incroyable, entouré par les montagnes. Nous nous sommes posés le temps de manger un encas et sommes repartis pour la suite de notre promenade. Un autre lac fit son apparition, puis sur la fin de la randonnée, comme au début, un paysage plat parsemé d’arbres et de végétation et parcouru par de nombreux petits cours d’eau. Au retour de la randonnée nous sommes passés par Courtenay pour déjeuner, Hanna nous a invité au restaurant, un japonais spécialisé dans les ramens pour mon plus grand bonheur.

 

Cathedrale grove et les chutes de Little Qualicum River :

Quelques jours après le départ du vegan allemand, nous avons été rejoints par une autre wwoofeuse, Franca, elle aussi allemande. C’était une fille agréable, au début un peu sur la réserve mais on a très vite sympathisé et avons partagé quelques fous rire, souvent à cause de mon anglais très aléatoire. L’une des premières ballades que nous avons faite toutes les trois était d’aller voir l’arbre le plus grand de l’île qui se situait sur la route 4 qui menait à Tofino. Il y avait un petit parcours dans la forêt de chaque côté de la route que nous avons fait. L’arbre était effectivement très grand, perdu au milieu des autres, s’il n’y avait pas eu d’indication nous n’aurions pas su que c’était celui-ci. De retour à la voiture, cette escapade n’avait pas pris beaucoup de temps, on décida donc de s’arrêter sur la route du retour pour aller voir des chutes d’eau, j’avais repéré à l’aller le panneau en bord de route. Il s’agissait des chutes de Little Qualicum River. Là encore un parcours agréable qui longeait le cours d’eau et donc les diverses chutes. Nous avions bien fait de nous arrêter.

 

Top Bridge and Englishman River :

Dans les bouquins de hikking qu’Hanna nous avait laissé, nous avions repéré avec Julie une longue randonnée de 14 km qui suivait le cours de la Englishman River et dont les photos laissait espérer une balade plutôt sympathique. Nous avons donc demandé à Hanna notre jour off le vendredi et avons également proposé à Franca de nous accompagner. Nous avons pris la route le matin pas trop tard pensant que la randonnée nous prendrait un bonne partie de la journée. Le début du parcours commençait directement au Top Bridge, un pont suspendu au dessus de la Englishman River. Il était beaucoup plus petit que celui que nous avions fait à Vancouver et il se balançait un peu plus aussi. Il y avait déjà quelques personnes dès le matin qui se promenaient aux alentours et certains s’étaient même installés au bord de la rivière en vue de s’y baigner. L’idée me plu aussi mais il était encore trop tôt pour ça, peut être au retour de la rando. On commença donc le parcours qui parfois longeait la rivière et parfois s’en éloignait. Nous avons croisé peu de personnes mais souvent accompagnés de leur compagnons à quatre pattes. Ce qu’il y avait de différent dans cette randonnée c’est que l’ambiance changeait au fur et à mesure que nous avancions. Ca commençait par de la forêt, puis comme un sorte de marais mais avec de l’eau toujours très clair, puis de nouveau la forêt mais cette fois-ci nous suivions un ruisseau, il y avait ensuite la plage qui longeait de nouveau la Englishman River et nous retournions pour finir dans la forêt de départ. Au cours de la randonnée, nous avons fait une première pause, on a profité du sable pour se poser et s’allonger quelques minutes. Et bien évidemment à la fin nous sommes retournées au Top Bridge pour profiter de l’eau et se rafraichir un peu. Pour une fois j’avais pensé à prendre mon maillot de bain, mais je ne suis pas allée dans l’eau tout de suite. D’abord parce qu’elle était vraiment froide et aussi à cause de cette retenue qui me vient de je ne sais où et qui me retient de me lancer pour faire certaine chose. Et puis après être restée assise au bord de l’eau à la regarder s’écouler je me suis dit “on va pas tarder à rentrer, on va quitter cet endroit si magnifique et tu te seras même pas baigné alors que tu en as envie depuis toute à l’heure, et comme toujours tu regretteras de pas t’être lancée”. J’ai donc enlevé mon short et mon t-shirt et après plusieurs hésitations je me suis lancée, ou plutôt je me suis jetée à l’eau. Julie m’a rejoint et même Franca. C’était un moment vraiment sympa, très joyeux et j’étais contente de m’être décidé.

 

Nous avons fait pleins d’autres balades, nous avons vu d’autres villes, mais ces expéditions étaient les plus marquantes pour moi. Nous avons eu de la chance d’avoir posé 15 jours nos sac à dos dans cette région de l’île, les paysages étaient magnifiques. Peu importe où se posait notre regard, nous avions soit une vue sur des montagnes imposantes soit une vue magnifique sur la baie. En fin de compte il suffisait d’ouvrir les yeux pour être dépaysée.

 

C’est par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUThJQTRsNmlLUG8

Notre arrivée à Fanny Bay, deuxième Wwoof !

C’est le moment de repartir vers la suite de cette aventure. Nous devons rejoindre Parksville, attraper un bus et prendre la direction de Buckley Bay où nous attends notre second Wwoof.

 

Nous partons donc de notre petite chambre avec une pluie fine pour nous accompagner. C’est un premier habitant de Ucluelet qui se propose de nous avancer jusqu’à l’intersection qui mène soit à notre destination, soit Tofino. Après 20 minutes d’attente, un couple d’allemand (encore) s’arrête et nous conduit jusqu’à notre destination, Parksville. Pour revenir sur notre expérience de “pouce levé”, dans l’ensemble ce sont souvent des gens du coin qui ont l’habitude des auto-stoppeurs soit des allemands en vacances qui s’arrêtaient. Les grosses et belles voitures ne s’arrêtent que très peu. Ce couple originaire d’Allemagne mais vivant en Australie, était venu en vacances au Canada. Ils avaient déjà passé quelques temps dans les Rocheuses et nous confirmèrent que c’était un spectacle magnifique. Ils nous racontèrent des anecdotes avec les animaux, dont les ours. Lorsque nous sommes arrivées à destination, ils nous ont fait cadeau de leur spray à ours. Oui oui c’est bien ça, un pshit-pshit anti-ours. C’est très rassurant, car il est extrêmement conseillé d’en avoir sur soi. Au moins maintenant on est équipé grâce à notre gentil couple allemand.

Petite pause déjeuné dans un de leur fast-food et nous voilà reparties vers notre arrêt de bus à 20 minutes à pied. Le lieu de l’arrêt de bus est complètement improbable, il est situé sur le parking d’un autre fast-food et manque de bol, le local où nous devions retirer notre billet est fermé. Il était indiqué sur leur site qu’il était ouvert le dimanche, mais la petite pancarte sur la porte nous informe du contraire. Nous allons donc croiser les doigts pour que le conducteur nous accepte tout de même dans son bus car sinon ça sera de nouveau une session “pouce levé”. Comme nous avons deux bonnes heures d’attente avant l’arrivée du bus nous repartons en direction d’un Tim Horton aperçu sur le chemin, un fast-food spécialisé dans le café. En y entrant, on a remarqué avec Julie qu’il y avait énormément de personnes “d’un certain âge” qui fréquentaient ce genre de lieu, les fast-food en général. Contrairement à ce qu’on voit en France où ce sont essentiellement des jeunes ou des familles. Connaissant la durée de l’attente, nous avons choisi de nous installer confortablement dans des fauteuils. Puis à 30 minutes du  départ du nous sommes retournées à l’arrêt. Mais nous aurions pu y rester plus longtemps dans ces fauteuils car le bus est arrivé avec 30 minutes de retard. Voici donc le moment fatidique pour savoir si notre attente en a value la peine ou si on aurait mieux fait de lever le pouce depuis 3 heures. Donc concrètement notre réservation faite la veille au soir n’avait pas eu le temps d’arriver dans leur “fichier” et nous avons dû payer de nouveau nos billets. L’arrangement était que le chauffeur attendait un retour de son collègue le temps du trajet jusqu’à Buckley Bay et qu’il nous remboursait si tout était ok. Et comme c’était bien le cas, il nous redonna nos sous à l’arrivée.

Entre temps nous avions prévenu Hanna, notre nouvelle logeuse pour 15 jours, de notre arrivée sur Buckley Bay car elle devait venir nous chercher à l’arrêt de bus. Nous n’avons eu un retour de sa part que 40 minutes plus tard, comme quoi elle venait nous chercher. Elle arriva très rapidement après son message. Elle était une femme d’une cinquantaine d’année. Elle nous amena donc à sa maison qui se trouvait à 800 m de l’arrêt de bus/station service. Nous arrivions enfin à destination après 10 heures de “voyage” pour un trajet qui n’en demanderait en temps normal que 3 heures tout au plus.

Au fur et à mesure qu’on avançait dans son allée, on apercevait la maison qui se dévoilait. C’était une grande maison sur trois niveaux, il y avait également plusieurs bâtiments qui entouraient la maison, une écurie qui servait de dépôt pour son association pour les chats, un grand garage, un local où se trouvaient les vélos, et deux petits bâtiments qui abritaient les poules, l’un pour celles qui serviraient plus tard de repas et un pour celles qui pondaient les oeufs. Le tout entouré d’un immense jardin, avec un petit potager bien garnis et un enclos pour les 6 alpagas (lamas). D’ailleurs, la première fois que je les ai vu je me suis retenue d’exploser de rire tellement leur allure était à mourir de rire. En entrant dans la maison, on fit la connaissance des autres petites bêtes : 3 chats et 3 chiens dont l’un était à Ruth, la soeur de Hanna. Tous les animaux avaient soit une maladie soit un problème physique, un oeil aveugle, une queue tordue, une patte en moins, des soucis d’articulation aux pattes arrières, mais leur point commun c’est que toutes ces petites bêtes sont adorables et ne demandent que des câlins.

Le temps de poser nos affaires et de nous montrer la maison, Hanna nous emmena dehors pour une petite balade histoire de faire le tour du propriétaire et de nous montrer les quelques gestes qui deviendront rapidement notre quotidien. Hanna nous expliqua tout ce qu’il fallait savoir pour la nourriture des animaux, elle nous expliqua également que tous les matins nous aurions une liste de choses à faire dans la journée et que lorsque c’était fini, nous faisions ce que nous voulions. Elle nous laissait une voiture à disposition et avait préparé tout un tas de dépliants sur les activités du coin.

 

Ce second Wwoof s’annonçait bien différent du premier et tout aussi intéressant, c’était une organisation différente, un mode de vie différent également. Et le lendemain nous en aurions un premier aperçu.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpM2ktR1ltY2szUlk