Jour 17 : “Pour un sourire d’enfant”, découverte d’une belle réussite

Avant de venir au Cambodge, j’avais déjà entendu parler de ce couple français qui était venu ici au début de leur retraite, et qui avait décidé d’y rester pour venir en aide aux enfants de ce pays. Je m’étais dit qu’il serait intéressant d’aller à la rencontre de cette association afin de comprendre un peu mieux la situation des enfants et comment ils avaient fait pour leur permettre d’avoir un meilleur avenir. Par chance l’association proposait des visites, il suffisait d’envoyer une demande par mail. C’est ce que j’avais fait en revenant sur Phnom Penh et j’avais rapidement reçu la confirmation de mon rendez-vous.

J’avais passé ma matinée dans un petit café et avais pris la direction de l’association vers midi. Je souhaitais m’y rendre à pied et il fallait bien prévoir une heure de trajet. Traverser la ville était intéressant, j’avais longé une avenue surpeuplée de voiture, puis quelques minutes avant de rejoindre l’association, je devais arpenter des ruelles. J’avais l’impression de me trouver dans un village, plus qu’à la capitale.

En arrivant à PSE je suis accueillie par une cambodgienne d’une vintaine d’année, elle me faire remplir un formulaire et me conduit à la boutique en attendant l’heure du rendez-vous car j’ai un peu d’avance. Vers 14h je retourne à l’accueille pour pouvoir commencer la visite. On m’explique que je ne pourrais pas l’avoir en français car le responsable des visites a un impératif, ça sera donc une cambodgienne, Boh, pleine de vie qui me fera la visite en anglais. Comme j’avais pris le temps de me renseigner sur l’association avant mon arrivée, je comprenais l’essentiel de son propos.

L’association avait été créée il y a un peu plus de 25 ans. Lorsque Christian et Marie-France sont arrivés au Cambodge, le régime Khmer Rouge venait de prendre fin et il avait laissé le pays dans une grande pauvreté. A Phnom Penh, lorsque ce couple de français a découvert que les enfants de la ville vivaient dans la décharge, ils n’ont pas réfléchi longtemps pour prendre la décision d’agir et de leur venir en aide. Les enfants, orphelins pour la plupart, étaient livrés à eux mêmes, à longueur de journée ils cherchaient dans la décharge de quoi se nourrir, récupéraient tout ce qu’ils pouvaient trouver pour les revendre ensuite et pouvoir s’acheter à manger ou rapporter l’argent dans leur foyer.

Au début l’association a pris en charge quelques enfants. Ils les ont sortis de cet environnement, les ont soignés, leur ont donnés un toit, et permis d’intégrer l’école. Au fur et à mesure, ce sont de plus en plus d’enfants qui ont été pris en charge. Avec le soutien des donateurs et celui du gouvernement, l’association a pu prendre une plus grande ampleur. Une école a été construite, les enfants pouvaient intégrer la maternelle, le primaire, le collègue ou encore le lycée. en fonction de leur niveau, ils intégraient ou non des classes de remise à niveau. Un suivi psychologique était également mis en place au besoin. Ils étaient orientés vers différentes filaires, soit le cursus général pour leur permettre d’entrer ensuite à l’université, soit des formations professionnelles, elles-mêmes déterminées en fonction des potentiels débouchés. Mais l’association ne s’arrêtait pas là, elle accompagnait également les familles. Bien souvent les familles étant très pauvres les enfants ne vont pas à l’école pour aider et travailler. En s’occupant également des familles les plus démunies, l’association permettait de donner un environnement favorable aux enfants et de leur permettre d’aller à l’école et donc par le suite trouver un emploi.

Pendant la visite Boh me montre les différentes classes, des panneaux explicatifs viennent compléter ses explications. Elle m’explique également qu’aujourd’hui il y a une sorte de compétition organisée par l’école. Les étudiants des filières professionnelles sont mis en situation et sont évalués par un jury constitué de professionnels reconnus dans chacun des domaines. J’assiste donc à une compétition entre de futurs cuisiniers, des managers hôteliers, des comptables. L’évènement rassemble un grand nombre d’étudiants, certains sont là pour soutenir leurs camarades, d’autres attendent leur tour pour passer devant le jury. C’était vraiment chouette de découvrir cet évènement et de faire partie de cette ambiance qui était plus festive que compétitive. Après avoir visiter l’école, c’est le dortoir des étudiants que je découvre. Il y a plusieurs bâtiments, et ils ont à disposition une aire de jeux et un terrain de foot pour s’occuper. Tout est fait pour que les enfants évoluent dans un environnement sain et adapté à leur besoin. La visite s’est terminée et j’ai remercié ma guide adorable. J’étais contente au final de l’avoir faite avec elle. A chaque fois que l’on croisait des gens, elle s’arrêtait leur parler, les taquinait et tout le monde avait l’air de beaucoup l’apprécier. Avant de partir elle m’a demandé si je voyageais seule, je lui ai répondu que oui, elle avait l’air impressionnée. Elle l’a été d’autant plus quand je lui ai dit que je retournais à mon hôtel à pied, elle m’a d’ailleurs prise dans ses bras en me disant que j’étais courageuse et m’a dit “au revoir”. J’ai repris ma route, sous une petite pluie fine, la première fois qu’elle tombait depuis mon arrivée.

 

Depuis le début de mon voyage au Cambodge, les enfants m’ont tout de suite plu. Alors que je les évite en France, ici je ne pouvais que les adorer. Ils étaient tellement beaux, avec de petits yeux malicieux ou des petites moues grincheuses. Ici les enfants s’amusent d’un rien, ils n’ont qu’à trouver un bout de bois et ça leur suffit pour s’imaginer un univers qui les occupera toute la journée. Bien souvent ils sont plusieurs à jouer ensemble.

Je voyais de vrais enfants. Des enfants au regard pétillant, plein de vie, les yeux grands ouverts sur ce qui les entouraient. Ils étaient joyeux, souriants, j’en ai rarement vu pleurer ou piquer des colère. Dès qu’ils étaient en capacité de marcher seul, ils étaient presque livrés à eux-mêmes. Les parents les surveillaient, mais ils étaient plutôt autonomes, ils allaient et venaient comme ils le voulaient, ils faisaient leur vie. Bien évidemment il n’y a pas de service de garderie ou de nounou au Cambodge, ou alors pour les famille des villes peut être plus aisées. Au mieux il y a les grands-parents présents au foyer qui peuvent s’en occuper. On pouvait donc souvent voir les jeunes enfants au travail avec leur parents.

Normalement tous les enfants sont censés être scolarisés, mais il arrivait parfois d’en voir aider leurs parents dans les champs, dans les boutiques ou sur les marchés. Et bien souvent après l’école, ils allaient également les rejoindre pour les aider. J’adorais les regarder prendre le chemin de l’école ou les voir retourner chez eux leur journée d’étude terminée. Ils étaient tous en uniformes, ça les rendaient encore plus beaux. Certains rentraient à pieds, d’autres à vélo ou encore en scooter, à deux ou trois sur ces deux roues. Et toujours ce sourire et cette joie de vivre qui les accompagnaient.

Ce que je préférais surtout c’était leur “Hello!” et leur petit coucou de la main. Qu’ils soient tout jeunes, collégiens ou lycéens, dès que les jeunes cambodgiens voyaient des occidentaux ils nous saluaient avec un sourire qui espérait un retour de notre part. Je leur répondais à chaque fois. Ce n’était qu’un mot qui pouvait paraitre anodin, mais ils étaient tellement contents d’avoir une réponse et moi je gagnais un peu plus de sourire. Les plus à l’aise avec l’anglais demandait ensuite mon prénom. C’était une sorte de rituel qui me plaisait beaucoup. Si un simple “bonjour” chez nous pouvait donner autant de sourire ça sera tellement plus agréable.

Jour 16 : Début d’un voyage en solitaire

Les filles se sont levées pour leur dernière fois au Cambodge, nous sommes allées prendre notre petit déjeuné, puis l’heure du départ pour elles avait sonné. On s’est dit au revoir, on s’est prises dans les bras pour une dernière fois avant quelques mois, elles m’ont souhaité un bon voyage et elles ont franchi la porte. Elles étaient parties, mon voyage solo commençait.

J’ai profité du luxe de cet hôtel pour prendre un bon bain, un peu trop longtemps car la réception m’a fait comprendre que l’heure du check out arrivait et que je devais quitter la chambre.

Je suis partie de l’hôtel suis partie marcher dans les rues de la capitale. Je n’avais rien de prévu pour cette première journée en solitaire. J’avais juste envie de prendre mon temps, marcher tranquillement, aller dans des endroits où je n’étais pas encore allée. J’ai pu profiter de ce temps également pour appeler en France, donner des nouvelles, entendre la voix de mes parents, plutôt que lire leurs messages, ça faisait du bien. Raconter mes premiers jours, mes premières impressions, mes prochaines étapes.

Pour les deux prochaines nuits j’avais réservé un lit dans une auberge, tout à côté du musée du génocide. Pour rejoindre mon futur lieu de séjour, je suis passée par une des grandes avenues de la ville, celle où on peut voir le monument de l’indépendance. Une allée piétonne est située entre les deux voies, et en y marchant j’ai pu voir des groupes d’hommes jouer à un jeu qui consistait à se faire des passes, comme avec un balon, mais j’étais plus une sorte de volant. Des hommes de tout âge y jouait, soit ils formaient une sorte de ronde soit ils jouaient à deux. Ils faisaient preuve d’une grande dextérité, et en générale les plus âgés se débrouillaient mieux que les plus jeunes. J’ai repris ma route après les avoir observé quelques minutes, et après un long trajet à pied je suis enfin arrivée à mon auberge. J’avais le dortoir des femmes pour moi toute seule, c’était très propre et très confortable, et en prime une terrasse sur le toit, cet hébergement était une bonne surprise. Le soir venu, je suis simplement allée dans un restaurant local en face de l’auberge. J’ai pu déguster un délicieux chicken amok, un plat typique du Cambodge.

Ma première journée n’avait pas été très remplie mais elle avait été simple et agréable. La journée suivante allait être un peu plus active.

Jour 14 : Dernier retour à Phnom Penh, derniers instants ensemble

Quand galère peut rimer avec entraide

 

Nous sommes donc descendues du bus dans la ville où nous devions passer la nuit chez l’habitant. Comme à chaque fois en descendant du bus, un taxi était présent, nous lui avons demandé de nous emmener à l’adresse que je lui montrait sur mon portable, celle indiquée par le site de réservation. Le dialogue avec notre chauffeur était très compliqué car il ne parlait pas un mot d’anglais et n’avait pas l’air de bien connaitre le coin. Lorsque nous sommes arrivées à l’adresse indiquée, il n’y avait rien autour de nous. Nous étions sur un chemin de terre, au milieu de nul part. Il y avait bien quelques habitations au bord de la route mais pas celle que nous cherchions. Nous avons tout de même demandé à une famille si elle connaissait l’endroit, mais cela ne leur disait rien, l’adresse était mauvaise et nous n’avions aucune autre information. J’ai donc appelé notre logeur, mais malgré son anglais nous n’arrivions pas vraiment à nous comprendre et à trouver une solution. Je lui ai donc envoyé un message pour lui expliquer que nous retournions vers la ville et qu’il fallait venir nous chercher, que ça serait plus simple ainsi. Suite à ça il rappela et me dit que ce n’était pas possible, alors je lui ai demandé de m’envoyer son adresse exacte par message, et là bizarrement il ne comprenait plus l’anglais et faisait mine de ne plus entendre. C’était notre première galère du voyage. Notre chauffeur nous ramena au même endroit où il nous avait pris, et la recherche de transport pour la capitale commença, car nous ne voulions pas perdre plus de temps ici.

Je suis partie demandé à la réception de l’hotel le plus proche s’ils ne connaissaient pas des chauffeurs de taxi, mais sans grand succès. Un homme qui m’avait entendu se renseigna tout de même auprès de ses amis s’ils n’en connaissaient pas un. Mais entre temps, les filles étaient venues me chercher car Marine avait réussi à trouver un transporteur en faisant du stop. Nous avions notre solution, un mini-bus bondé, avec de beau capitons au plafond, ambiance cercueil. Les locaux présents étaient amusés de nous voir monter et nous aussi nous l’étions de nous retrouver ici. Nous quittions donc enfin cette ville, qui malgré tout nous montra une nouvelle fois à quel point les cambodgiens sont gentils et aidant. Car de tous ceux que nous avions rencontrés ici, ils nous étaient tous venus en aide à leur façon, malgré la barrière de la langue.

 

Derniers jours dans la capitale (1/2)

 

Nous arrivons à Phnom Penh en début de soirée. J’ai réservé une guesthouse à mi-chemin entre le centre ville et le musée du camp d’exécution. A défaut d’avoir pu faire un séjour chez l’habitant, nous aurons le temps pour faire ce musée ensemble.

La guesthouse se situait dans un quartier complètement dépeuplé de touristes, il n’y avait que des locaux et à voir leurs regards se poser sur nous, c’était certainement la première fois qu’ils en voyaient ici. Après avoir déposé nos affaires, nous sommes parties à la recherche d’un restaurant, et mon ami Google Map m’avait indiqué qu’il y en avait un pas loin qui n’était pas encore fermé. Lorsque l’on est arrivées, on a découvert un restaurant très locale, de quartier. Il y avait encore quelques personnes qui mangeaient, tous autour d’une petite table, à picorer dans un grand plat unique. Au passage, nous avions toujours ces mêmes regards, étonnés de nous voir débarquer ici. Nous nous sommes assises et avons commandé un plat de riz avec du poulet pour quatre, deux bières et deux cocas. Un grand plat de riz est ensuite arrivé, nous l’avons rapidement mangé, c’était vraiment très bon, le riz avait beaucoup de goût grâce à tous ces petits légumes, on s’est régalées. Et au moment de payer, le patron nous annonce le prix, 8$, on s’était donc régalées pour moins de 2 euros par personne, boissons incluses. On a ensuite rejoint notre guesthouse pour nous remettre de cette journée de transports divers et variés.

 

Le musée du camp d’exécution

 

Le lendemain nous avons pris un tuktuk pour nous rendre au musée du camp d’exécution de Phnom Penh, la suite logique après avoir visité le musée du Génocide. Lorsque nous sommes arrivées devant le musée, j’ai fait remarquer aux filles que nous venions de faire pratiquement le même trajet que les détenus de l’époque, ce trajet de 30 minutes qui était pour eux le dernier, le plus horrible mais certainement aussi le plus libérateur.

Là encore, un audio-guide était disponible et tout aussi bien fait. S’il n’était pas précisé à l’entrée qu’il s’agissait du musée, on aurait pu croire que c’était un simple parc. Mais l’audio guide me ramena très vite à la réalité. A l’époque, c’est pratiquement 300 personnes par jour qui franchissaient ses portes. La plupart ne savaient pas où ils arrivaient, on leur disait qu’ils changeaient simplement de lieu, mais certains se doutaient bien qu’il s’agissait de leur dernier trajet. En temps normal, les détenus qui arrivaient été tués le même jour que leur arrivée. Mais à partir de 1978 le nombre de détenus à exécuter est trop important et ils sont entassés dans des constructions sombres et lugubres.

Un bref retour est fait concernant Pol Pot, l’homme à l’origine de toute cette tragédie. On apprend qu’il a étudié en France, et que c’est à cette occasion que ses convictions communistes se sont développées. A son retour au Cambodge, il enrolera avec lui les jeunes des campagnes, car dépourvus de connaissances et ignorants des réalités du monde extérieur, ils seront pour lui un public facile à atteindre.

Pour revenir sur l’histoire du camp d’exécution, il a été découvert plus tard car excentré du centre-ville et non connu de la population. Lorsqu’il a été découvert, une bonne partie du lieu avait été détruit car la famine avait poussé les gens habitant dans les environs à venir récupérer tout ce qu’ils pouvaient.

On découvrira au fur et à mesure les actions menées dans l’enceinte du centre d’exécution. On apprend qu’il y avait une réserve de produits chimiques dans un des bâtiments. Ils étaient déversés sur les corps dans les fosses pour étouffer les odeurs des corps en décomposition.

En parcourant le parc, l’audio-guide nous explique également que les feuilles des palmiers à sucre que l’on peut observer autour de nous servaient également à tuer les détenus, on leur tranchait la gorge avec car elles étaient comme dentées et cela permettait d’éviter d’utiliser les munitions.

Quelques pas plus loin on découvre les fosses, on les distingue très bien, des barrières ont été placées tout autour pour éviter que les personnes puissent marcher dessus. Un schéma nous indique celles qui ne sont pas visibles mais qui sont bien présentes et toujours remplies des corps des détenus. Lorsque que le lieu a été découvert, ce fut une vision d’horreur, car personne de savait ce qui s’était passé ici. C’est en fait le gaz dégagé par les corps qui a fait se soulever la terre et qui a mis en évidence la tragédie qui avait eu lieu à cet endroit. Les fosses qui ont été délimitées par les barrières ont été vidées de la plupart des corps, mais celle qui sont présentes tout autour du site n’ont pas été touchées. La raison est qu’ils ont souhaité laisser les autres fosses en l’état par respect pour les morts, et car il y avait énormément de corps. L’audio-guide nous propose ensuite de regarder attentivement dans les fosses, qu’il est possible de voir des morceaux de tissus dans la terre. Il nous explique que c’est le mouvement du sol, suite au changement de climat avec les périodes sèches et les périodes humides, qui fait remonter les vêtements des morts à la surface.

Lors de cette visite, tout comme pour le musée du génocide l’émotion est présente. Nous visiteurs, marchons en ce lieu où reposent sous nos pieds des milliers de cambodgiens morts pour satisfaire les idées fanatiques de quelques hommes. Mais l’émotion était surtout intense au moment d’arriver au pied de l’arbre des morts. C’est un arbre au tronc assez gros, et y est accrochés des dizaines, peut être des centaines de bracelets symbolisant les prières et les pensées des personnes ayant appris la raison de cette appellation. Moi-même je n’ai pas pu retenir les larmes que je contenais depuis plusieurs minutes. L’audio-guide explique alors que la fosse au pied de l’arbre était celle des jeunes enfants et des bébés. Eux non plus n’étaient pas épargnés, et pour les tuer, les soldats les attrapaient par les pieds et fracassaient leur crâne sur le tronc à plusieurs reprises pour les tuer, ils étaient ensuite jetés dans la fosse.

La visite se termina au monument en forme de Stupa géant. Le stupa est un monument commémoratif pour les morts dans la religion bouddhiste, et il a été décidé de construire le monument sous cette forme pour rendre hommage au morts du génocide, et plus particulièrement au morts présents sur le camp d’exécution. Le stupa a 17 niveaux, en raison de la date d’entrée des Khmers Rouges dans Phnom Penh, le 17 avril, et à l’intérieur ce sont tous les ossements qui ont été découverts qui y sont entreprosés. Il est possible d’y entrer et de prendre des photos, il faut seulement enlever ses chaussures et faire preuve de respect. On peut également faire des offrandes et faire brûler de l’encens. Mais avant de faire tout ça, l’audio-guide nous propose de faire une minute de silence, et bien évidemment je m’exécute.

Comme pour la visite du musée du génocide, nous nous retrouvons toutes les quatre, silencieuses et un peu abassourdies d’avoir reçu cette partie de l’histoire si peu connue.

 

https://drive.google.com/folderview?id=10obeTTacYCfywV3IYKwoAPVI7tpBXefU

 

Derniers jours dans la capitale (2/2)

 

Après le musée, nous avons repris notre tuktuk pour rejoindre le dernier hôtel des filles. Pour leur dernière nuit, nous avions réservé dans un hôtel tout confort avec piscine sur le toit. Le temps de déposer les affaires et jeter un p’tit coup d’oeil à notre futur lieu de rafraîchissement, et nous étions déjà reparties en direction du central market pour un dernier tour à la recherche d’épices et de la poste de Phnom Penh. Nous avions chacunes des cartes postales à envoyer. Cette dernière journée était très calme même si nous avons encore pas mal marché. Juste avant d’arriver à la poste, nous avons croisé un groupe d’écoliers rentrant de l’école. Comme toujours la plupart nous ont fait coucou en nous disant “hello”, et en fin de file, j’ai aperçu un petit garçon, il ne devait pas avoir plus de 10 ans, qui donnait à une vieille dame mendiante quelques billets. Cette scène m’a d’une certaine façon touchée. Voir un p’tit homme donner une partie de ses économies à une vieille dame, juste par son envie de l’aider, sans attendre quoique ce soit en retour de ce geste, et les voir ensuite s’échanger un sourire. C’est peut être naif de ma part, car nos esprits un peu gâchés pourraient trouver des choses négatives à interpréter, mais pour cette fois je garderai seulement le souvenir de ce que j’ai vu.

En fin de journée, en retournant à l’hôtel, nous avons emprunté une rue au hasard, et avons pu faire partie sans le vouloir de l’activité urbaine. C’était la période où tout s’accélèrait, les parents venaient chercher en scooter leurs enfants à l’école, les échoppes de nourriture servaient les passant et conducteurs de scooter, les voitures tentaient de se frayer un chemin pour rejoindre l’autre bout de la rue. C’était un magnifique chaos au milieu duquel j’aimais me trouver.

De retour à l’hôtel, nous avons bien évidemment testé la piscine sur le toit. Nous avions une vue sur l’ensemble de la ville, et étions entourées d’autres immeubles. La baignade fut agréable après cette longue journée, et le repos qui l’a suivi était bien apprécié également. Un peu tardivement, nous nous sommes décidées à aller manger. Nous avons sortis nos tenues de soirée et sommes parties à la recherche d’un restaurant encore ouvert. Au Cambodge, même à la capitale, les gens mangent assez tôt et les restaurants ne restent pas ouvert tard dans la nuit. Nous n’avons donc pas eu beaucoup le choix pour notre dernier dîner et l’avons pris dans un petit restaurant. Pour finir en beauté cette dernière soirée, nous avons pris la direction d’un immeuble, plus précisément d’un bar en rooftop. Celui qui nous avions repéré plus tôt n’était pas très loin de notre hôtel, on le voyait d’ailleurs de la piscine un peu plus tôt. Le gardien de l’immeuble nous aida à trouver l’entrée, car il n’y avait aucune indication. Le bar faisait plutôt “branché”, il y avait plusieurs niveaux, plusieurs “espaces” différents. On s’est assise à une table d’où on pouvait voir la ville, la vue était vraiment belle. On avait l’impression d’être sur l’immeuble le plus haut de la ville. C’était peut être le cas. On a commandé notre dernier cocktail, celui qui marquait la fin de ce voyage ensemble.

Nous sommes ensuite rentrées tranquillement, les filles ont finalisé la préparation de leurs sacs, la fin était proche.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1nDO3Lk54YLf95HmsE_icXa7sYalR2mno

 

Jour 12 : Sihanoukville et Koh Rong Sanloem, petit paradis, ou peut être pas

Ville transformée pour le tourisme, Sihanoukville

 

Nous nous sommes levées tôt et avons pris notre dernier petit déjeuné à notre agréable guesthouse. Le taxi nous attendait, pile à l’heure et nous voilà parties pour Sihanoukville, ville réputée pour ses plages et son ambiance festive. Nous sommes arrivées en fin de matinée, notre bateau pour l’île de Koh Rong Sanloem n’étant qu’à 15h, nous avons donc pris la direction d’un “salon de massage” un peu spécial. Il s’agissait d’un salon où les masseurs avaient un handicap, souvent ils sont mal voyants, et ce centre de massage les a formés au métier pour leur permettre de sortir de la misère. L’expérience était plutôt étonnante. Le lieu avait plus des allures d’hôpital que de salon de massage. Toutes les tables de massage étaient alignées les unes à côté des autres dans une grande pièce. On s’est changées, et on nous a amené chacune à une table en nous demandant si nous voulions un massage “strong” ou non. Comme je ne connaissais absolument pas en quoi cela pouvait consister, j’ai juste répondu que ma masseuse fasse comme elle le souhaitait. Et j’ai donc eu un massage “strong”, vraiment fort. Pendant une heure, ma masseuse à masser l’ensemble de mon corps, chaque partie, de la tête, au dos en passant par les cuisses et jusqu’aux orteils. Ce n’était pas réellement un massage “relaxant”, c’était presque douloureux par moment. Et pourtant je l’ai vécu comme quelque chose d‘agréable. Mon corps endoloris d’avoir porté mon sac à dos pendant presque deux semaines se voyait recevoir un traitement curatif. Au final c’était tout de même agréable, même si le fait d’entendre mes doigts et mes orteils craquer me donnait plus l’impression qu’elle venait de me les arracher. Lorsque nous nous sommes retrouvées après notre massage, Marine qui était elle-même esthéticienne/masseuse nous a expliqué que c’était certainement un massage cambodgien avec des manoeuvres de drainage qui servent à éliminer les toxines et relancer la circulation lymphatique.

Après cette expérience étonnante, nous nous sommes rapprochées du bord de mer pour manger. La ville que l’on venait de traverser était plutôt contrastée. Plus nous nous rapprochions de la mer, plus le paysage changeait, on était passées d’une ville plutôt similaire à ce que nous avions déjà vu, à un lieu rempli de casinos, de bars et restaurants à destination des touristes. La ville n‘avait pas vraiment de charme, c’était même plutôt l’inverse.

Quand nous sommes arrivées proche de l’embarcadère, nous avons découvert une magnifique plage, et surtout une belle eau bleue. Comme nous avions encore un peu de temps à attendre pour prendre notre bateau, je suis directement allée mettre mes pieds dans l’eau. C’était la première fois de ma vie que j’entrais dans une eau aussi chaude. C’était tellement agréable, l’eau m’enveloppait agréablement. Mais ce petit moment de bonheur pris rapidement fin car nous devions partir pour rejoindre l’île de Koh Rong Sanloem. L’embarquement pris un peu de temps. Le ponton n’était vraiment pas large et nous étions très nombreux à prendre des bateaux. L’information n’était pas simple à avoir pour connaitre le bon bateau qui nous amènerait à destination. Mais après quelques longues minutes nous avions pu prendre place.

La trajet en bateau a duré une bonne heure, et au départ un homme nous avait prévenu qu’il était possible que le bateau fasse demi-tour car la météo n’était pas très propice à la navigation. Mais heureusement nous sommes bien arrivées sur l’île.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1z03sLB50KHsXcNcTS9ZzHTYI1nMVW-0G

 

Koh Rong Sanloem, un petit paradis

 

A présent il était temps de trouver notre hébergement. Après nous être renseignées, nous avons longé la plage pendant un temps qui m’a paru infiniment long. Elle était jonchée de déchets que les vagues avaient ramené à cause du vent particulièrement fort ce jour là. Avant de venir sur l’île on nous avait dit qu’il y avait une zone où il y avait beaucoup de déchets, mais normalement nous ne devions pas être concernées. Arrivées à notre guesthouse, nous découvrons un petit coin de paradis. Il y a un ensemble de fauteuils et canapés en bois avec d’énormes coussins, le tout face à la mer, des balançoires accrochées à un arbre en face d’elle également. Notre bungalow fut également une superbe découverte. Il était grand, très bien équipé, les lits étaient très confortables, et nous avions également une petite terrasse privée avec vue sur la mer. La détente pouvait commencer.

En tout nous sommes restées la fin de cette journée, le jour suivant et une petite matinée, et pendant tout ce temps je n’ai absolument rien fait. C’était mon moment de repos complet. Cela faisait plus d’une semaine que l’on parcourait le pays, et j’avais envie de profiter d’être sur une petite île éloignée de tout pour me reposer. J’ai pu profiter de la mer pour me baigner, mais très peu de temps à chaque fois car les déchets n’étaient jamais très loin, et la baignade est toujours moins agréable quand on se demande toutes les 5 minutes qu’est ce qui peut bien nous effleurer sous l’eau. Le soleil était bien présent, même si la première matinée fut fraiche. Nous nous étions levée très tôt pour admirer le levé de soleil. Le reste de la journée, je n’avais pas fait assez attention et j’ai eu droit à une petite insolation.

Nous ne sommes pas restées très longtemps sur l’île et pourtant c’est ici que nous avons vécu l’anecdote la plus drôle du voyage. Le second soir nous avons pris la direction de la jungle pour aller dîner, Sarah et Angélique avaient repéré l’endroit lors de leur randonné plus tôt dans la journée. Sur le chemin dépourvu d’éclairage, il y avait un petit pont en bois qui permettait de passer un dessus d’un petit point d’eau. En l’approchant nous avons aperçu un animal en sortir brusquement. Au début nous avons pensé à un chien, mais c’était trop gros, on s’est donc dit que ça devait être un cochon ou une vache. Nous avons marché dans sa direction, et nous sommes stoppées net en comprenant qu’il s’agissait d’un énorme buffle, avec de grandes cornes. Nous avions dérangé l’animal en pleine baignade nocturne, et son comportement peu accueillant nous a fait rebrousser chemin. C’était la première fois que l’on voyait un tel animal, si imposant, et nous ne savions pas comment il pouvait réagir en notre présence. C’est à ce moment que nous avons croisé deux françaises, on les a prévenues pour le buffle et elles nous ont répondu que ce n’était pas un animal très dangereux, qu’il n’y avait pas de problème. On les a donc suivies, reprenant notre route pour ce fameux restaurant dans la jungle. Le buffle était tapis dans l’eau, il n’avait pas bougé cette fois-ci. En passant sur le pont nous avons croisé d’autres touristes, et lorsqu’ils ont aperçu le buffle, ils ont pointé leur lampe sur lui, ce qui ne lui a pas vraiment plu car il s’est levé brusquement. Nous étions encore sur le pont à ce moment là et n’étions pas du tout rassurées. Le buffle s’est mis à courir, dans la même direction que nous, mais a tourné rapidement pour s’enfoncer dans la jungle. Cet épisode fini, nous avons repris notre marche repensant à notre panique inutile et nous rigolions de cette aventure. Pour ma part je n’avais pas particulièrement eu peur. C’est sûr que je ne faisais pas la fière face à ce buffle, mais dans cette rencontre il y avait eu un mélange de stupeur, d’excitation et d’émotions. C’était le premier buffle que je voyais, il était à la fois magnifique et imposant, et c’était assez inattendu d’en rencontrer un sur cette île minuscule.

Cette soirée fut aussi l’occasion de manger un délicieux poulet au barbecue et aussi de rencontrer un nouveau groupe de voyageurs. Il y avait un alsacien qui parlait du coup français, anglais, allemand et se débrouillait en espagnol, une française et un allemand. Nous avons partagé un peu de temps ensemble à jouer au Uno, ce jeu de cartes qui peut parfois faire naître de gentils petits conflits, nous avait plutôt rapproché pour une soirée. Pendant les parties, j’avais recherché dans ma mémoire quelques expressions allemandes, plutôt simples, et à chaque fois l’alsacien et l’allemand s’étonnaient de mes connaissances linguistiques et de la qualité de ma prononciation. C’était bien la première fois qu’on me félicitait pour mon allemand. Nous les avons quitté un peu plus tard, j’étais contente de ces échanges, de ces nouvelles rencontres ephémères, d’ailleurs je ne connais toujours pas leurs prénoms, mais dans ce contexte c’est n’est pas le plus important.

Le lendemain nous repartions pour le continent, de retour dans notre petit ferry, et rapidement arrivée à Sihanoukville. Nous avons réservé notre bus en direction de Phnom Penh, en précisant bien que nous devions descendre avant car nous avions réservé notre prochaine nuit chez l’habitant.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1WHquBLdwAiVbJfDTVe2Fzu_qJ0oEOint

Jour 11 : Kep et ses crabes bleus, et le poivre de Kampot

Le programme de la journée était surtout culinaire. Le matin nous avons appelé un tuktuk driver pour nous amener au marché aux crabes de Kep. Il est très réputé pour la simple et bonne raison que c’est à Kep et seulement à Kep que l’on peut trouver du crabe bleu. Un crabe moyen aux pattes et pinces bleues délicieux. En nous promenant dans le marché nous avons revu notre conducteur de tuktuk, il nous a proposé de manger directement le crabe sur le marché car en restaurant on le paierait plus cher et que comme sa famille tenait une étale il pouvait s’arranger pour nous faire une belle assiette. Nous avons bien évidemment accepté en lui précisant qu’avant de manger on voulait aller faire un petit tour dans le parc national de Kep.

Nous voilà donc parties à la découverte de la flore de ce petit bout de paradis. Il y avait un peu de relief dans la province de Kep et le parc allait nous offrir de belles vues de la côte. Nous montions tranquillement, jusqu’à arriver à un sentier plus étroit qui devait mener jusqu’à une pagode. Mais nous nous sommes arrêtées à mi-chemin, la pagode n’était pas tout près, et en plus de cela le programme de la journée était un peu chargé si nous voulions avoir le temps de tout faire.

 

Dégustation du Crabe Bleu de Kep

 

Nous sommes donc redescendues tranquillement mais rapidement car nous avions hâte de goûter à ce crabe bleu. En arrivant sur le marché, notre chauffeur a commandé pour nous le plat de crabe. Une femme les préparait pour un couple qui nous précédait, ça avait l’air délicieux. Nous attendions avec impatience notre tour. Pour accompagner le plat, nous avons pris une grosse barquette de riz pour 1$, le plat pour 4 personnes était à 10$, une modique somme pour un festin de taille. Nous nous sommes assises plus loin pour déguster ce crabe tant attendu, c’était vraiment très bon, un mélange de crabes et de crabes bleus, de crevettes, quelques petits légumes, du poivre vert de Kampot et une sauce un peu relevée.

 

https://drive.google.com/folderview?id=10d2FVrOLWUSbOhC0e75x_iYOPJfOsRtl

 

Plantation de Poivre – La Sothy’s Farm

 

Après ce festin, notre chauffeur nous emmena à quelques kilomètres de Kep, dans une plantation de poivre, la Sothy’s Farm, une des plus connue. En arrivant nous avons fait la connaissance de Gabriel, un français en voyage en Asie qui s’était arrêté à Kep et faisait depuis quelques jours du volontariat dans cette plantation. Il nous a donc fait la visite, c’était très intéressant.

Gabirel nous a expliqué que la plantation existait depuis maintenant 15 ans et que cela faisait 5 ans que Sothy, la nouvelle propriétaire avait repris l’exploitation. Elle la gérait avec un certain Norbert, un monsieur apparemment très intéressant, qui parlait 5 langues, avait beaucoup oeuvré pour le Cambodge et avait été à l’origine de la création de la première adresse mail du pays.

Il existe donc plusieurs poivres, le vert, le rouge, la blanc et le noir, mais tous viennent d’une seule et même plante. Ce qui diffère au final c’est la saisonnalité de la récolte et la façon dont les grains sont ensuite conditionnés. Il faut entre 3 et 4 ans avant que la plante soit en capacité de produire un poivre de qualité, et c’est seulement au bout de la cinquième année que la plante se stabilise. La floraison a lieu en août et c’est entre novembre et janvier que se fait la récolte, mais aussi de mars à mai. En fonction de la période, le poivre sera vert tout au début, noir lorsqu’il est séché par la suite, rouge en fin de récolte et le blanc est obtenu de la même façon que le meilleur café du monde, après que certains oiseaux l’ai digéré. Pour que le poivre puisse recevoir l’appellation “poivre de Kampot”, certaines caractéristiques doivent être présentes. Tout d’abord être cultivé dans le secteur géographique correspondant, car tout comme le vin, le poivre de Kampot tient ses spécificités de goût grâce au sol dans lequel il est cultivé, très riche en quartz. De plus le poivre doit respecter un certain calibrage, tous les grains ne peuvent pas être vendus, ils sont soigneusement sélectionnés, un par un, par des personnes expérimentées.

Au cours de la visite nous avons également fait le tour de la plantation et des arbres fruitiers. Gabriel nous a aussi raconté que Norbert lui avait fortement déconseillé d’aller se promener dans les collines alentours car du temps des Khmers Rouges un grand nombre de mines avaient été installées et beaucoup n’avaient pas été désamorcées.

Pour conclure ce petit tour, nous avons fait la dégustation des différents poivres. Le rouge était plutôt utilisé dans les salades ou encore avec les fruits car un peu fort et parfumé. Le blanc s’associait très bien avec les poissons et la viande blanche et volaille. Le noir, le plus fort, avec les viandes rouges. Et enfin le vert, le frais, celui qui n’était pas séché, était très bon avec du sel, comme apéritif par exemple, ou dans des plats en sauce.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1eXA_rwMDWVp0l1slaHcGurWp4CprNLe2

 

Nous sommes ensuite rentrées sur Kep, nous sommes directement retournées sur le marché aux crabes, nous nous sommes posées dans un bar sur la mer pour observer le coucher de soleil avec un bon coktail. Et pour clore cette journée en beauté, nous avons choisi de dîner dans un restaurant plus chic que d’habitude. Il était vraiment très beau et surtout très bien situé. Au bord de la mer, avec pour ceux qui voulaient une ambiance romantique, des tables installées sur un long ponton. Nos plats étaient vraiment délicieux, et vu le lieu je me suis autorisée à prendre du poisson, ce que je ne fais jamais au restaurant, et je ne l’ai pas regretté.

Après nous être régalées nous sommes rentrées à notre guesthouse, avons réservé notre taxi pour le lendemain et sommes allées nous coucher dans l’attente de notre journée suivante, qui présageait détente et plage paradisiaque.

 

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Jour 10 : Premiers pas dans le Sud Touristique

Kampot, un sud d’expatriés

 

Nous sommes arrivées après quelques heures de bus, sur des routes toujours aussi surprenantes. La ville n’était pas forcément très étendue, toute l’activité était concentrée au moment endroit. Comme nous sommes arrivées tard en fin de journée, nous n’avons pas pu voir à quoi  ressemblait réellement la ville. Nous sommes directement allées à notre guesthouse pour déposer nos affaires. Il n’était pas trop tard dans la soirée mais ici il ne faut pas trop tarder pour aller diner car en général tout ferme assez tôt. Nous avons donc trouvé un restaurant sur un bateau, une première pendant ce voyage. La ville était située en bordure d’un fleuve et on apercevait de l’autre côté de la rive des lumières, comme si l’activité nocturne était plus développée de l’autre côté. Nous sommes rapidement allées nous coucher ce soir là.

Le lendemain nous avons passé un peu de temps à nous promener. Nous avons croisé beaucoup d’occidentaux, et vu leur allure, ils devaient être des expatriés, ils étaient beaucoup plus décontractés que les touristes habituels. Contrairement aux grandes villes que nous avions déjà fait, la négociation dans les magasins n’était pas vraiment de coutume. La plupart des prix étaient affichés et ils étaient fixes. Nous ne nous sommes pas trop attardées dans cette ville réputée pour son poivre. Nous avions l’intention de visiter une plantation de poivre, mais celle-ci était située vers Kep, notre prochaine destination.

 

Kep, petit havre de paix

 

Pour nous y rendre nous avons pris un bus, nous étions seules à l’intérieur. En arrivant à Kep et en découvrant la ville je me suis rendue compte que j’avais encore fait l’erreur de m’attendre à une ville “normale”, mais ici les villes sont bien différentes de ce que l’on peut connaître. Même si google maps nous montre une ville avec des rues, lorsqu’on est face à la réalité ce ne sont que des chemins de terre avec au final très peu d’habitation, encore moins de magasins. Kep était une ville un peu différentes de celles qu’on avait pu voir. Elle était tout en longueur, constituée essentiellement d’hébergements pour accueillir des touristes, une longue et belle plage, et plus loin, là où était située notre guesthouse, un semblant de ville, un endroit qu’on aurait presque laissé à l’abandon.

Nous avions réservé une guesthouse un peu excentrée, mais qui avait l’air plutôt agréable, avec une ambiance bungalow en bord de mer. En la découvrant nous n’avons pas été déçues. Elle n’était pas vraiment en bord de mer mais il y avait tout de même une vue très agréable à l’étage. Nous avons appris en arrivant que c’était un lieu plutôt animé. Notre chambre se situait au rez-de-chaussé, il y avait d’autres chambres et un dortoir également. A l’étage il y avait le coin salon, avec plusieurs tables, le bar et encore quelques chambres, et si l’on montait à une échelle on pouvait loger sur une terrasse avec comme lit un hamac. Ça donnait presque envie. L’endroit était vraiment très agréable.

Le premier soir, après avoir fait un petit tour rapide aux alentours, nous nous sommes posées à une table et après quelques minutes, nous avons rapidement fait la connaissance de Sara. Une suisse, heureuse de pouvoir faire la conversation et de pouvoir parler un peu français. Elle nous avait entendu parler et était venue nous voir tout de suite, avec une certaine audace acceptable, elle s’est assise avec nous et s’est naturellement joint à la conversation. Elle a été une des premières rencontres qui m’a marquée pendant ce voyage. Elle représentait une partie de moi et en même temps ce que je ne suis pas. Elle avait cette même envie, ses mêmes attentes de l’aventure qu’elle vivait et en même temps elle était mon contraire. C’était une personne qui savait être audacieuse dans ses approches sans pour autant s’imposer. Elle était facile d’accès, rapidement à l’aise et elle avait cette espèce d’aura, je ne sais pas si c’était réellement le cas, mais on aurait dit qu’elle n’avait aucune entrave, une espèce de liberté qui la guidait. J’ai beaucoup aimé ce personnage, et je serai contente si un jour la vie nous donne l’occasion de nous revoir, peut être pendant notre aventure.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1MhEHkX3Jo89GzcyV5_HDBx5Frymhq2fS

 

Jour 9 : Retour à Phnom Penh, découverte d’un terrible passé

Nous sommes arrivées assez tôt à la capitale. Nous avions demandé à Sun s’il avait une solution pour que l’on puisse laisser nos gros sacs quelques part pendant la journée, car sinon ça allait être encombrant. Sa soeur fut la solution, elle était présente au même moment que nous à Phnom Penh et avait accepté de nous dépanner.

Avant de passer chez elle, nous sommes allées prendre notre petit déjeuné dans un café au style occidental très marqué mais avec quelques éléments de décoration locaux. La carte était plutôt alléchante et je me suis laisser aller à prendre un bon petit déjeuner, plutôt copieux. Ça nous a aussi permis de nous poser dans un endroit calme et tranquille pour nous remettre tranquillement de cette nuit en couchette. Nous avons ensuite rejoint la soeur de Sun, nous avons posé nos sacs à dos, et nous sommes rapidement parties pour profiter un maximum de cette courte journée en ville. Nous avons commencé par le musée du Génocide.

 

Musée du Génocide, Tuol Sleng ou “S21”

 

Lorsque je suis arrivée au Cambodge j’avais une très vague idée de ce qui s’y était passé. J’avais déjà entendu parler des Khmers Rouges et qu’ils représentaient quelque chose de négatif pour le pays, mais je ne savais pas pourquoi exactement. Autant dire qu’après la visite de ce lieu, on ne peut plus être indifférent au passé de ce pays. En quittant ce lieu c’est une part de nous-même qui reste et une part de ce pays qui ne nous quitte plus.

Nous n’avons pas pris de guide pour visiter ce musée. Aussi étrange que cela puisse paraitre, nous avons eu une visite plus vivante et plus poignante sans qu’une personne physique nous l’explique. Nous avons fait la visite avec un guide audio, un petit boitier avec une paire d’écouteurs, et un petit dépliant avec un titre pour chacune des séquence audio, le tout en français. A partir du moment où on met le casque sur nos oreilles et que l’on sélectionne le premier enregistrement, nous faisons la rencontre d’un cambodgien, qui nous transporte plus de 30 ans en arrière et qui nous accompagne tout au long de la visite. Chacune des séquences correspond à un endroit dans le musée. Nous ne marchons pas seulement dans ce musée qui n’est autre que la prison elle-même, nous revivons chacun des évènements qui s’y sont produits.

A l’origine, nous nous trouvons dans une école, mais en avril 1975 tout bascule. Les Khmers Rouges entrent dans Phnom Penh et prennent possession de la ville en une matinée. A l’époque personne ne sait encore quelles sombres heures le pays va vivre. Pour replacer ces évènements dans leur contexte, le Cambodge est alors constamment frappé par les bombardements américains, tout comme le Laos et le Vietnam, c’est ce qu’on appelle “la guerre secrète”. Les cambodgiens voient donc dans l’arrivée des Khmers Rouges une réponse à leur désespoir, ils ne comprendront que trop tard qu’il n’en est rien.

Les Khmers rouges c’est un mouvement politique et militaire communiste radical, ils oeuvrent pour l’Angkar (“l’organisation”), dont Pol Pot en est le leader. Il a une vision fanatique pour une refonte de la société en profondeur, c’est le fantasme de cette organisation, revenir à l’an 0.

A leur arrivée à la capitale, ils sont accueillis comme des sauveurs. Pol Pot oblige rapidement tous les habitants de la ville à quitter celle-ci pour aller dans les campagnes. Et il en sera de même pour les autres grandes villes du pays. Les gens ne comprennent pas trop mais suivent tout de même les ordres des Khmers Rouges, pensant pouvoir revenir chez eux quelques jours plus tard, mais il n’en sera rien. Les cambodgiens ne faisant pas partis de l’organisation seront alors contraint au travail forcé dans les campagnes. Ils seront dépossédés de tout, comme le veut les convictions de cette organisation communiste. Ils devront travailler chaque jours pendant plus de 12 heures, sans distinction d’âge ou de sexe, les enfants comme les personnes âgées devaient également travailler. Ils ne se verront rétribuer pour cet exploitation que par un bol de riz, bien insuffisant pour la charge de travail demandé. Il leur sera interdit de se faire à manger eux-mêmes. S’en suivra alors un grand nombre de décès dû à la faim.

Pour en revenir à l’histoire de cette école devenue prison, Pol Pot fera en sorte de garder tout ce qui la concerne dans le plus grand secret. Personne ne connaissait son existence, ni ne savait ce qu’il s’y passait. Afin de construire sa nouvelle nation, Pol Pot a voulu débarrasser le pays de toutes les personnes pouvant être assimilées à des intellectuels. C’était donc les professeurs, les médecins, les juristes et avocats, mais également les personnes portant des lunettes, ou même ceux qui avaient les mains trop propres. Toutes ces personnes étaient emmener dans des camions, les yeux bandés, on leur faisait croire qu’ils allaient être placés dans un lieu différents des autres sans leur dire pour quelles raisons ou en quoi cela pouvait bien consister. Ils ne comprenaient ce qu’allait être leur sort qu’en arrivant à S21, et encore, ils étaient bien loin d’imaginer ce qui allait leur arriver.

A leur arrivée, les nouveaux détenus, corde au cou, étaient pris en photos, au fur et à mesure du temps les noms étaient remplacés par des numéros, une déshumanisation commençait. Et elle se poursuivait bien au delà, car les détenus étaient ensuite déshabillés, ils ne leur restaient qu’un simple pantalon dans le meilleur des cas, sinon un linge était suffisant. Ils étaient ensuite placés dans des cellules, soit individuelles, soit collectives. Les cellules individuelles étaient ridiculement petites, c’est à peine si ils pouvaient se tourner. Ils étaient constamment les mains et les pieds liés par des menottes et tiges métaliques. Pour ce qui concernant les cellules collectives, ils étaient tout simplement attachés les uns à côtés des autres avec ce même système de menottes. Chaque jour, les détenus étaient interrogés ou plutôt torturés, ils pouvaient l’être jusqu’à trois fois par jour. L’objectif des Khmers Rouges était de leur faire avouer des mensonges qu’on leur inventait afin de pouvoir les envoyer se faire exécuter. Et comme cela ne suffisait pas, l’arrestation par filiation était également pratiquée. Cela signifiait qu’à partir du moment où un détenu s’avouait coupable d’un crime (dont il était tout à fait innocent), sa famille devait elle aussi être arrêtée. Car pour les Khmers Rouges “couper une mauvaise herbe ne suffit pas, il faut arracher la racine”.

A S21, ce ne sont pas seulement des hommes qui sont détenus, ce sont également des femmes, des enfants, toute personne pouvant potentiellement être un ennemi de la nouvelle nation, sans aucune distinction. Et cela lors de la visite nous le verrons bien.

Le lieu a été découvert par l’armée vietnamienne et cambodgienne, mais seulement quelques jours après la libération de la ville, 4 ans après l’arrivée des Khmers Rouges dans la capitale. Les Khmers Rouges présents dans la prison avaient reçu l’ordre de se débarrasser de tous les prisonniers et de tous les corps, qu’il ne reste plus rien. Lorsque les soldats ont découvert l’endroit, il ne restait que 14 corps, battus à mort pour éviter les coups de feu et donc trahir l’existence de cette prison. Témoins de l’horreur de cette découverte, les soldats ont pris des photos du lieu en l’état dans lequel ils l’ont trouvé, afin que ce souvenir ne disparaisse pas, par respect pour toutes les personnes qui ont été emmenées dans ce lieu, cet endroit “où l’on entre mais dont on ne ressort jamais”.

Lors de la visite nous avons l’occasion de voir ces photos. Nous commençons  par entrer dans le premier bâtiment, le “A”, où il y avait les salles de torture. Dans chacune d’elles on peut voir une photo, celle prise le jour de la libération, celle où on ne voit figurer qu’une table, deux chaises, et une sorte de lit auquel était fixé les menottes métalliques, lieu d’interrogatoire et de torture. On apprendra aussi par la suite que le sang des détenus était prélevé pendant les séances de torture afin d’alimenter une banque de sang pour les soldats Khmers Rouges. En sortant d’une des salles, on aperçoit dehors les 10 règles à respecter à S21 :

  • Réponds conformément à ma question que je t’ai posé. N’essaie pas de détourner la mienne
  • N’essaie pas d’échapper en prenant des prétextes selon tes idées hypocrites. Il est absolument interdit de me contester
  • Ne fais pas trop l’imbécile car tu es l’homme qui s’oppose à la révolution
  • Réponds immédiatement à ma question sans prendre le temps de réfléchir
  • Ne me parle pas de tes petits incidents commis à l’encontre de la bienséance. Ne parle pas non plus de l’essence de la révolution
  • Pendant la bastonnade ou l’électrochoc, il est interdit de crier fort
  • Reste assis tranquillement. Attends mes ordres, ne fais rien. Si je te demande de faire quelque chose, fais-le immédiatement sans protester
  • Ne prends pas prétexte sur Kampuchea Krom pour voiler ta gueule de traitre
  • Si vous ne suivez pas les ordres ci dessus, vous recevrez des coups de bâton, de fils électrique et des électrochocs (vous ne pourrez pas compter ces coups)
  • Si tu désobéis à chaque point de mes réglements, tu auras soit dix coups de fouets, soit cinq électrochocs.

Lorsque nous finissons ce bâtiment, nous passons à côté d’un portique d’école, qui s’est transformé en potence. On y suspendait les détenus par les pieds et leur plongeait la tête dans une énorme jarre remplie d’eau. On pouvait aussi remarqué à quel point la cour était magnifiquement ornée de fleurs et de plantes plus belles les unes que les autres. Un lieu si beau où le pire s’est produit. Nous passons ensuite par le bâtiment “B”, celui des cellules. Certaines salles ont été modifiées pour la mise en oeuvre du musée, mais on voit encore les démarcations au sol et dans les étages, et plus loin dans le bâtiment, les autres cellules sont toujours intactes. Dans les premières salles ce sont des expositions de photos, celles qui étaient prises des détenus à leur arrivée. Il y en a tellement, sur des dizaines de panneaux, d’un côté et de l’autre. Ce sont des hommes, des femmes, des enfants, des bébés, des vieillards, ils sont tellements. Ils ont estimé les morts entre 12 000 et 20 000, seulement dans cette prison, car ce n’étaient pas la seule, mais la plus connue et la plus grande. Elle était dirigée par Dutch, un proche de Pol Pot. Dutch était un communiste, qui lui même avait été arrêté et torturé pendant sa détention. Il a été rapidement remarqué en raison de sa loyauté et de son respect des règles. Pendant les 4 années de contrôle des Khmers Rouges, Dutch forma les jeunes des campagnes qu’il avait recrutés à la torture, il leur apprenait à ne lui rien ressentir lors des interrogatoires. Dutch inspirait à la fois la terreur et la fascination pour les soldats sous ses ordres. Son rôle à la prison était surtout de recevoir les aveux écrits des détenus pour valider ensuite les ordres d’exécution. Il y a quelques années, lors de son jugement, et au moment de retourner sur le camp d’exécution, il demandera pardon et reconnu sa culpabilité pleine et entière dans toute cette histoire tragique.

Lorsque l’on continu la visite, ce sont aussi des photos d’hommes à l’agonie ou qui sont morts suite à la torture. Leur corps sont très maigres et l’expression sur leur visage terrifiante. En plus de ces photos, nous avons aussi des témoignages grâce au guide audio. Là encore, il vaut parfois mieux être assis pour en écouter certains, il nous est d’ailleurs précisé à chaque fois que la dureté de certains témoignages peut choquer et qu’il est possible des les écouter plus tard. Les souvenirs de cet épisode tragique de l’histoire du cambodge sont également illustré par un artiste de l’époque, lui aussi détenu à S21, mais gardé en vie grâce à son art. Il ne sera pas aussi torturé que certains détenus et lui en sortira vivant, mais il sera à l’écoute des autres et reproduira sur des peintures les actes atroces commis dans la prison. Cet ariste c’est Vann Nath. Certaines de ses oeuvres sont exposées dans le dernier bâtiment. On peut y voir des scènes de torture, l’une représente une femme nue allongée sur le sol et deux hommes qui tiennent dans leur mains des insectes qui seront placés dans les organes génitaux, ou encore une autre où l’on voit des gardes torturer un homme en simulant la noyade.

La visite se terminait par une pièce qui était destinée à rendre hommage aux détenus de S21. Un autel avait été construit et un arbre en bois avait été fabriqué, on pouvait y accrocher un papier qui était en libre service, et y inscrire ce que l’on voulait. Pour ma part j’ai allumé un bâton d’encens et inscrit sur un papier “je n’oublierai jamais”. Lorsque je me suis approchée de l’arbre j’ai pu lire sur les autres papiers les mêmes mots dans des langues différentes. Chacune des personnes avait fait le choix de ne pas oublier ce qu’il c’était passé entre ces murs. Comme l’avait si bien dit notre cambodgien dans le guide audio, nous étions à présent des gardiens de la mémoire.

Pour conclure la visite j’ai refait quelques pas dans l’enceinte de cette ancienne école. J’avais les larmes aux yeux, j’écoutais les derniers témoignages et j’imaginais à nouveau toutes les atrocités qui s’étaient passées ici. Comment des hommes pouvaient faire autant de mal à d’autres hommes au nom de convictions si radicales? Malheureusement ce n’était pas la première nation à subir ces horreurs, et pourtant personne n’apprend de ces épisodes sanglants de l’histoire. Des hommes, des femmes et des enfants étaient morts au nom de croyances d’une poigné d’hommes dans le secret le plus total. L’un des témoignage de fin était celui du frère d’un américain qui avait été détenus à S21. Car des étrangers avaient également subis ces crimes. A la fin de son discours il nous dit “ne rien faire est hors de question”…

A Phnom Penh un autre lieu d’horreur, en lien avec celui-ci, est également transformé en musée. Il s’agit du camp d’exécution, là où tous les détenus finissaient leur vie. Nous avons eu l’occasion de le visité également mais plus tard dans notre aventure.

A présent lorsque je croisais des personnes un peu âgées, je me faisais la réflexion qu’ils avaient connu cette sombre période, qu’ils l’avaient vécue. Car ce passé n’est pas si lointain pour eux, plus de trente ans les séparent de ces événements. Même si cette page de leur histoire reste encore un traumatisme bien présent dans leur mémoire, les cambodgiens se remettent doucement mais sûrement et toujours avec leur doux sourire.

 

Le Marché Russe

 

Après la visite du musée du Génocide, nous sommes allées faire un tour au marché russe qui se trouvait à quelques rues. Nous étions bouleversées par ce que nous venions de vivre, et une visite au marché dans l’agitation habituelle de ces lieux toujours très peuplés allait nous faire du bien.

Il ressemblait aux marchés que nous avions déjà vu, à la différence près qu’on y trouvait encore plus de choses, plus de souvenirs, plus de “trucs”. Ce qui est fascinant au Cambodge c’est qu’on peut chercher n’importe quoi, on finit toujours par le trouver. Que ce soit des écrous, des mousquetons, des boules de pétanques, de la glue, ils ont tout, partout.

Nous avons pu trouver quelques souvenirs bien évidemment, et avons ensuite cherché un endroit pour manger. Il y avait tout à côté un rooftop, un bar restaurant en terrasse. La vue était plutôt sympa, nous n’étions pas très haut mais on pouvait voir tout le marché, ou plutôt le toit du marché et toutes les étales autour. L’ambiance du restaurant était très agréable aussi, il était géré par un occidental, donc forcément ça répondait parfaitement à ce que nous attendions à ce moment précis, un petit coin sympa pour se poser et prendre le temps.

Après cet épisode détente, nous sommes reparties en tuktuk pour récupérer nos sacs chez la soeur de Sun. Nous devions prendre un bus à l’autre bout de la ville pour rejoindre le sud du pays. La période plus calme et posée du voyage allait pouvoir commencer.

 

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Jour 8 : Mondolkiri, à la découverte du Elephant Valley Project

Nous avons réservé auprès de Lee, un séjour de deux jours à la découverte du Mondolkiri. La première journée se passait au Lodge dans la jungle et avec les éléphants, et le second jour, nous faisions un trek de 18km dans la jungle.

 

Le “Elephant Valley Project”

 

Lee est venu nous chercher proche de notre guesthouse, un new yorkais attendait également au point de rendez-vous. Deux allemands étaient déjà assis à l’arrière de son pick-up, nous nous sommes assises avec eux, et l’aventure a commencé. Oui dès la montée dans le pick-up, car Lee ne ménageait pas sa conduite et nous étions bien secouées à l’arrière, ce qui était plutôt marrant. Je trouvais que ces deux jours commençaient parfaitement bien, à l’arrière d’un pick-up. Nous avons récupérer d’autres personnes, à d’autres guesthouses. Puis nous sommes arrivées à notre première étape. C’était un lodge qui proposait des chambres et c’était également les bureaux de l’association. Lee nous a fait descendre et nous a dit “allez poser vos gros sacs et prenez juste le nécessaire pour deux jours”, en fait c’était Koh Lanta! Ça mettait dans l’ambiance, surtout qu’on avait pas beaucoup de temps, il fallait être rapide. J’ai donc pris ce qu’il fallait pour deux jours, bon peut être trois en fait. Nous sommes ensuite remontées dans le pick-up et dans une autre voiture, car nous étions bien plus nombreux, treize au total. Il y avait donc 3 américains, 3 allemands, 2 hollandais, 1 hongkongais et nous quatre.

Après quelques minutes sur une route non goudronnées, les voitures nous ont “largué” en haut d’une colline, de laquelle on pouvait voir la jungle du Mondolkiri s’étendre à perte de vue. Les directives c’était de marcher le long du sentier pour rejoindre le lodge, notre prochain camp de base.

A l’arrivée nous avons découvert deux bâtiments, sorte de grandes cabanes en bois. Dans l’une il y avait deux rangés de hamacs, notre chambre, et le coin salle à manger et l’autre était une version plus réduite. C’est dans cette dernière que nous nous sommes installés. Pendant plus d’une demie-heure, Lee nous a expliqué l’historique de l’association, pourquoi elle avait été créée, son but, ses convictions. Mais il nous a également parlé du contexte dans lequel vivait le pays et plus particulièrement les populations du Mondolkiri. Il nous a ensuite parlé des éléphants, il y en avait 6, un mâle et 5 femelles. Nous n’aurions pas l’occasion de voir le mâle, mais voir déjà 5 éléphants c’était parfait.

Lorsque Lee a eu fini de nous faire sa présentation, nous avons tous pris avec nous une grappe de bananes et nous sommes descendus dans la jungle. Après quelques minutes de marche, nous avons aperçu la première éléphante. Elle était toute proche, et elle est directement venu nous voir, l’habitude de voir venir des gens peut être, et certainement par gourmandise, elles raffolaient toutes des bananes. C’était tellement impressionnant de voir un tel animal aussi près de moi que j’en ai tremblé pendant quelques minutes. Et chacun notre tour nous avons donné quelques unes de nos bananes. Il fallait en garder pour les suivantes, car sinon elles avaient vite fait de partir, pas folles les p’tites bêtes. Nous avons ensuite vue une seconde arrivée, elle était plus grande et plus imposante. En plus de lui donner des bananes, j’ai pu la toucher et l’épaisseur de leur peau surprend, c’était très rèche, mais ce fut un contact inoubliable.

Lee prenait le temps à chaque fois de nous raconter le passé de ces éléphantes. La plupart avaient eu des expériences difficiles avec les hommes. Les éléphants étaient très souvent utilisés dans la contruction, et plus récemment pouvaient être maltraités pour satisfaire aux envies des touristes. Lorsque Lee rachetait les éléphants, bien souvent ils craignaient toujours les hommes, et ils fallaient les laisser se réhabituer tranquillement. Mais aujourd’hui les 5 éléphantes que nous avons pu voir n’ont montré aucun signe d’agressivité, bien au contraire, on voyait presque une complicité entre les éléphants et nos différents guides.

Nous avons ensuite fait la connaissance d’une autre éléphante plus solitaire que les autres. Puis encore deux autres, celles-ci sont venues nous voir en courant, Lee nous avait prévenu qu’elles étaient plus “actives”.

Après les avoir nourris, Lee nous a tenu un dernier discours où il nous racontait que son rêve était de voir naître dans cette réserve des éléphants. Car le but était tout de même de repeupler le pays de ces éléphants d’Asie. Nous sommes ensuite remontés pour nous nourrir à notre tour. La “table” était prête. Tout était installé sur des nattes de paille, on pouvait pas faire plus authentique. Le repas était un vrai délice. Un repas à base de riz, de bouillon avec des légumes et de la viande. Et pour finir, de belles assiettes de fruits. Après le repas, c’était un temps libre, de repos.
L’heure de la dernière étape de la journée arrivait, la baignade avec les éléphants. C’est un nouveau guide qui nous a emmené à la rivière. Les éléphantes n’étaient pas encore là, mais elles n’allaient pas tarder à arriver. Juste le temps de nous changer et de nous mettre à l’eau. La première est arrivée, et loin d’être idiote, elle a d’abord commencé à manger les bananes qui avaient été laissées sur une petite table où toutes les affaires avaient été posées. Après en avoir dégusté quelques unes, et parce que nous avions récupérer les bananes rescapées, elle est venue nous rejoindre dans la rivière. Le guide nous avait donné un balais qui servait à frotter les éléphants, ils adoraient ça. Une seconde éléphante est arrivée quelques minutes plus tard. C’était vraiment un moment unique que nous étions en train de vivre. Le Mondolkiri et ses éléphants faisaient partis de la liste des choses à voir au Cambodge, mais avec le temps qui nous était imparti je n’avais pas réellement pensé pouvoir le faire.

Après ce magnifique moment, nous sommes retournés tranquillement au lodge, et avons attendu le repas du soir en discutant avec les autres voyageurs et en buvant une bière, ils avaient pensé à tout. Le repas du soir était tout aussi bon, la soupe avait été préparé dans un tronc de bambou, c’était assez originale et typique de l’endroit. Nous avons dîné avec Dara, notre nouveau guide pour la journée du lendemain. Nous avons ensuite fait quelques jeux et sommes allés nous coucher dans nos hamacs. Là encore une nouvelle expérience, c’était vraiment agréable de dormir de cette façon. Nous étions au beau milieu de la jungle, dans une cabane en bois à dormir dans des hamacs, on pouvait entendre le vent souffler très fort cette nuit là. Mais ça nous a été bénéfique, car au petit matin, il n’y avait plus aucun nuage, alors que la pluie aurait dû faire partie du trek.

 

18 km de Trek dans la Jungle

 

En tout 3 voyageurs nous ont quitté avant le trek. Nous sommes  partis de bonne heure le matin. Il faisait beau, pas trop chaud, car une petite brise soufflait tout au long de la journée. On pourrait décrire le relief du Mondolkiri comme une succession de collines. Au début nous en avons monté quelques unes, le dénivelé était assez important, mais l’effort à fournir n’était pas vraiment trop important, car une fois monté, ça devenait plat, et par la suite nous avons marché sans dénivellé pendant un long moment. A l’heure de déjeuner, nous nous sommes arrêtés à une chute d’eau, l’endroit était vraiment agréable. Le temps de se mettre un peu à l’eau, puis Dara a sorti le déjeuné. Nous avions chacun porté notre portion de riz, et Dara avait la viande et les légumes qui allaient avec. C’était encore une bonne expérience, un pic-nique dans la jungle au bord de chutes d’eau. Après le repas, nous sommes partis à la rencontre d’une seconde chute d’eau, celle-ci était beaucoup plus impressionnante. D’abord il fallait descendre par un petit ”chemin” qui n’était autre que des pierres couvertes de boue qui glissaient avec l’humidité causée par la cascade. Nous sommes repartis après avoir pris quelques photos. Quelques montées-descentes plus loin, une troisième. Là encore assez impressionnante, car nous devions passer derrière elle. L’humidité avait donné une couleur verte aux roches avoisinantes, c’était presque fluo. Nous avons ensuite continué le trek dans la jungle, nous passions sous des forêts de bambous et on entendait le vent souffler, le son était particulier. Pendant le trek, Dara s’arrêtait parfois pour nous montrer des animaux, des insectes, ou encore des arbres. Il y en avait un en particulier, lorsqu’on tapait dessus, il faisait comme un rugissement. Les arbres nous parlaient. Nous avons terminé le trek par une plantation de bananes où nous nous sommes arrêtés quelques minutes, avant de franchir les deux dernières collines. La fin du trek était le village de Dara, un authentique village cambodgien, avec ses animaux partout, vaches, chiens, poules, chats, cochons. Mais également les enfants et leurs sourires. Après quelques minutes, un pick-up est venu nous chercher et nous a ramené au premier lodge, où nous avions posé nos gros sacs.

Pour finir on nous a déposé au même endroit où on était venu nous chercher la veille. Nous sommes allées dans une guesthouse pour prendre une douche et avons ensuite attendu notre bus avec couchette dans un bar restaurant très sympathique. Pendant ce trajet qui nous ramenait à la capitale, je n’ai pas réussi à faire une nuit continue, mais je garderai néanmoins un bon souvenir de ces nuits en sleeping bus.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1hBa_mdoLTPEAmEPwkh2kBgGSAnYEUxca

Jour 6 : Première visite dans la capitale

Central Market

 

Nous avions prévu pour la matinée de visiter le Palais Royal mais nous avons dû nous rabattre sur le Marché Central, car le dimanche matin le Roi prie et le Palais est donc fermé.

Nous n’étions pas très loin du marché central, nous y sommes donc allées à pied. Je préfère toujours me servir de mes jambes pour parcourir les villes, c’est un rythme qui permet de voir les choses plus tranquillement.

Le Marché Central est le plus grand que nous ayons fait jusque là. Il était sous un bâtiment gigantesque, une sorte de dôme, et des étales étaient présentes tout autour. On y trouvait de tout, des bijoux, des vêtements, des ustensiles de cuisines, de la vaisselle, des chaussures, des produits d’entretien, et bien sûr de la nourriture et toujours les petits stands pour manger un morceau. J’avais tellement envie de tester ces stands, mais je devais rester sur mes gardes concernant ce genre de cuisine. Les filles étaient plus raisonnables que moi à ce sujet et m’ont peut être éviter de rester cloué au lit pour un mal de ventre.  

 

Le Musée National

 

Nous avons revu Sun, de passage lui aussi à la capitale, le temps d’un café. Nous avons ensuite pris la direction du Musée National de Phnom Penh. L’enceinte du Musée était magnifique, on aurait plus dit un palais, qu’un musée. Il n’était pas très grand si on doit le comparer à nos musées français, mais il était tout de même très intéressant. Toutes les pièces qui étaient exposées avaient été découvertes lors de fouilles ou récupérées dans divers temples du pays. Des panneaux explicatifs en khmer, anglais et français nous permettaient de comprendre l’histoire des différentes pièces et le contexte dans lequel elles avaient été découvertes. Il y avait pratiquement que des statues de divinités et à les lister, je me suis rendue compte qu’il y en avait un nombre important et ça m’a rendue curieuse concernant leur religion et leur croyance qui ne s’essoufle pas. Cela m’a fait penser à ces moines que l’on voit marcher dans la rue. Le matin ils font le tour des quartiers et récitent une prière devant certaines maisons, où les gens prient avec eux, en échange de cette prière, les moines reçoivent de la nourriture. Sun nous avait également expliqué qu’un moine ne doit rien posséder, il n’a pas de travail et n’a donc pas non plus d’argent, il doit donc faire en sorte de trouver de quoi se nourrir d’une autre façon.

Pour revenir au musée, il y avait une pièce dédiée à Bouddha, où une multitude de statues avaient été placé tout autour de l’autel. C’était assez impressionnant d’avoir tous ces yeux rivés sur nous. A la fin de la visite, nous nous sommes assises à l’ombre pour profiter du jardin tout au centre du musée. Après un repas dans un autre ONG, nous avons pris la direction du Palais Royal pour la deuxième tentative de la journée.

 

Le Palais Royal

 

L’enceinte du Palais Royal, comparé au Musée National était immense, comme un village dans la ville. Une partie était fermée au public, c’est là que se trouvait les appartements du Roi. Il restait tout de même beaucoup à voir. Un certain nombre d’édifice religieux, dont la célèbre Pagode d’Argent. Ce lieu était rempli d’une centaine de Bouddha, c’est en tout cas ce que j’ai entendu d’un français entré devant moi dans le temple. Et il y en avait un nombre impressionnant, de toutes les tailles, en pierre, en jade, de toutes sortes.

J’aime beaucoup entrer dans les temples, on doit toujours enlever ses chaussures et être habillés de façon correcte, pantalon en dessous du genoux et épaules couvertes. Je ne sais pas trop pourquoi j’aime ces endroits, la quiétude, la dévotion des moines et celles des personnes qui viennent prier, d’ailleurs je me demande souvent quelles sont leurs demandes envers Bouddha, si elles ressemblent aux fidèles de chez nous. Au pied des autels, il y a toujours les offrandes ainsi que des boites pour les dons, parfois ils sont pour entretenir le temple, et il y en a d’autres pour d’autres causes, pour des hôpitaux, pour les personnes victimes des mines encore beaucoup trop nombreuses dans le pays.

Nous avons terminé la visite du lieu assez rapidement, car au final si on a pas d’explication sur tout ce que l’on voit, on ne peut que regarder simplement les choses. Par chance les monuments et les temples du Cambodge peuvent se suffir à eux-mêmes tant ils sont magnifiques.

 

A la fin de la journée nous sommes retournées tranquillement à notre guesthouse, avons récupéré nos sacs et avons attendu l’heure de partir pour le bus de nuit. Lorsque nous avons rejoint la station de bus, j’ai été rassurée de voir que la réservation par internet avait fonctionné. Le seul soucis c’est que le bus au départ pour le Mondolkiri ne partait pas de cette station. Mais un tuktuk nous y a conduit à quelques minutes du départ. Nous avions peur de louper le bus mais au final il est parti avec plus d’une heure de retard, on était large. La découverte des bus couchette était une expérience réellement amusante pour moi. Les couchettes n’étaient pas larges, mais elles accueillaient deux personnes et il y avait deux niveaux. Heureusement nous étions quatre, nous n’avons donc pas eu à partager une couchette avec un inconnu ronfleur qui se racle la gorge toutes les cinq minutes, car c’est extrêmement fréquent en Asie, les racleurs de gorge… Nous sommes arrivées un peu après l’heure prévue, et avons rapidement rejoint la guesthouse. Comme j’avais bien dormi dans la couchette, je n’ai pas réussi à me rendormir réellement. En plus de ça, j’attendais avec impatience que la journée commence, et avec elle, notre nouvelle aventure.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1UydyRYEZRcD2k7Za8mnvWQP-Lm55WIQA

Jour 5 : De Battambang à Phnom Penh, Périple autour du Tonlé Sap

Battambang, Architecture coloniale et Activité industrielle

 

Notre bus est arrivé en fin de journée à Battambang, et à peine avions nous mis le pied par terre qu’une horde de tuktuk nous ont sauté dessus pour savoir si nous avions besoin d’un moyen de transport. Le gérant de notre guesthouse avait prévu d’envoyer quelqu’un nous chercher mais il nous a oublié, et est arrivé un peu plus tard. A notre arrivée, nous lui avons demandé des renseignements concernant notre trajet du lendemain. Nous devions nous rendre à la capitale Phnom Penh, mais nous souhaitions aussi nous arrêter sur le chemin, dans la ville de Kampong Chhnang, pour voir les villages flottants. Le soucis des bus, c’est que les trajets se font d’une grande ville à une autre. Ils peuvent s’arrêter avant la destination finale mais pour reprendre un second bus c’est assez compliqué. Le gérant nous a donc conseillé le taxi, ce qui paraissait effectivement comme étant la meilleure solution. Au moment de nous donner les clés, le gérant nous a expliqué qu’il y avait une des deux chambres qui n’avait pas d’eau chaude. Du coup, pour l’attribution des chambres, il nous a fait tirer au sort, c’était une bonne idée, il fallait y penser, et c’était plutôt marrant.

Après avoir déposé nos sacs dans nos chambres, nous sommes parties faire un petit tour de la ville. Elle était beaucoup moins animée que Siem Reap, ce qui la rendait beaucoup moins attrayante. Nous nous sommes arrêtées dans un petit bar qui avait des allures un peu vintage. Il était tenu par un français, et je me suis fait la remarque que ce n’était pas la première fois que je voyais des français ou des occidentaux dans les rues de cette ville. Ils n’avaient pas l’allure de touristes, mais plutôt celle de retraités décontractés. Cette ville abritait a priori beaucoup d’expatriés.

Nous sommes ensuite allées manger dans un restaurant issu d’une ONG, dont les fonds y étaient directement réinjectés. Comme l’avait dit Marine, on avait fait notre bonne action. Le Cambodge abritait un grand notre de ce genre de restaurant. Afin de sortir certaine population de la misère, des ONG avaient été créées. Certaines d’entres elles consistaient à former à certains métiers ces personnes, comme dans ce cas là, aux métiers de la restauration. Après le restaurant nous ne nous sommes pas éternisées dans les rues de la ville, il n’y avait pas grand chose à y voir, surtout de nuit.

Nous nous sommes levées très tôt le lendemain matin. Le taxi devait nous prendre à 9h30 et nous voulions tout de même passer un peu de temps dans la ville de jour. Nous sommes parties à l’aveugle prenant des directions aléatoirement, sans trop savoir où ça allait nous mener. La réponse était au marché. Celui de Battambang était beaucoup plus peuplé et actif que celui de Siem Reap, certainement car il était encore tôt. Il y avait de tout sur les étales, de la viande, les poulets vivants côtoyaient les poulets morts et déplumés, les anguilles tentaient de fuir sur le bitume, les crabes s’agitaient dans leur petits bacs métalliques, les fruits et légumes s’entassaient, les crevettes séchées remplissaient d’énormes saladiers et au milieu de tout ça, on pouvait même trouver des stands de nourriture. C’était la bonne surprise de la matinée. Comme nous n’avions pas encore pris de petit déjeuné, nous avons acheté quelques fruits, ceux que nous connaissions, car on pouvait voir beaucoup de fruits exotiques, mais nous n’avions aucune idée de comment les manger.

Après avoir pris notre petit déjeuné sur la rive de la rivière, nous sommes retournées à la guesthouse où notre chauffeur nous attendait.

https://drive.google.com/folderview?id=1vGdueZl6P6VFW0heCqV_4w9Ye0Kkh01i

 

Les villages flottants de Kampong Chhnang

 

Nous sommes encore tombées sur un chauffeur sympathique. Il nous a laissé choisir la musique sur son portable et nous a surtout offert des bananes et patates douce frites. Après plusieurs heures de routes, en arrivant à Kampong Chhnang, il s’est arrêté à un petit stand de rue et a acheté un sachet rempli de ces bananes qui venaient d’être frites. C’était vraiment délicieux.

Lorsque nous sommes arrivées sur le quai, il nous a trouvé un p’tit monsieur qui s’occupait de faire des excursions sur le lac jusqu’aux villages flottants. Nous avions un long bateau pour nous quatre, c’était parfait. Après 15 minutes à naviguer sur le lac Tonlé Sap, nous commençions à apercevoir les premières maisons flottantes. Moi qui m’attendait à voir quelques maisons, c’est réellement tout un village si ce n’est une ville qui s’étendait devant nos yeux. Les maisons étaient les unes à côté des autres et leur disposition laissait se dessiner comme des rues autour d’elles. Les maisons avaient la grandeur de grandes cabanes et on aperçevait même des télés à l’intérieur de certaine. Bien évidemment les gens se déplaçaient en bateaux et certains pêchaient directement au pied de leur maison en lançant des filets. Il y avait même des petits commerces. C’était fascinant de voir ce village au milieu du lac, ça donnait presque envie d’avoir sa maison flottante. Ce village m’est apparu comme un havre de paix, mais la réalité était peut être tout autre, mais il restera une des belles découvertes de ce voyage.

https://drive.google.com/folderview?id=1ukxJ6Lw1F_3N019Yr0XRp5YjcivpCF6f

 

L’arrivée à la capitale, Phnom Penh

 

Nous sommes arrivées à Phnom Penh par les quais et avons découvert une ville encore plus animée que Siem Reap. Pas forcément pour le côté festif, mais plutôt car tout y était amplifié. Le nombre de voitures, de scooters, de motos, et donc une circulation plus intense, plus bruyantes. Forcément beaucoup plus de gens également, plus de stands de nourriture, plus de magasins et tout autant de nouvelles découvertes. Sans oublier les déchets et les odeurs qui faisaient toujours partis du paysage. A ce propos, à force de découvrir toutes ces villes, même si les déchets sont très présents, les cambodgiens prennent tous les jours le temps de balayer devant leur porte et sur le trottoir. La plupart du temps les ordures sont entassées dans la rue à certains endroits, et un camion passe les ramasser. Mais il n’y a pas vraiment de poubelles, ou alors ce sont des poubelles fabriquées avec de vieux pneus. Au final se sont beaucoup d’emballages et des ordures alimentaires qui trainent par terre, car pour le reste si ça peut être réutilisé, c’est très vite récupéré.

Après avoir posé nos affaires à la guesthouse nous sommes parties nous promener dans la ville. Nous étions plutôt bien situées, à quelques minutes du Musée National et du Palais Royal, ainsi que d’un temple dans lequel nous avons pu entrer. Nous n’avions plus le temps pour les musées, nous avons donc reporté cela au lendemain.