Jour 30 : La Loop du Plateau des Bolovens

Tôt le matin, armée de ma carte et de ses petites annotations ainsi que de mon petit sac à dos, je pris la route pour la boucle du Plateau des Bolovens. Comme je n’avais pas envie de suivre trop le plan à la lettre, j’avais décidé de faire la petite boucle, plus un crochet par la grande pour aller voir les plus belles chutes du plateau, le tout en deux jours.

La circulation étant ce qu’elle est dans ce pays, j’étais partie très tôt pour éviter un maximum la circulation, et j’avais eu raison, car en plus de l’éviter j’étais aussi la première à arriver sur les lieux d’intérêts que comportait cette boucle. J’ai donc découvert les premières chutes d’eau complètement seule dans un parc un peu aménagé pour les touristes, ça n’avait rien de très impressionnant mais le cadre était plutôt sympathique. Je dû pour la première fois emprunter un pont fait en bambou, et là j’ai eu l’impression de jouer dans un film d’aventure, cette fameuse scène où il faut absolument traverser un pont qui n’a vraisemblablement pas l’air fiable et où on risque de passer au travers à chaque pas. Et le pire c’est que j’ai dû passer sur ce pont deux fois, forcément.

Je suis ensuite repartie continuer ma petite boucle, les paysages n’avaient pour le moment rien de très spectaculaires, mais la conduite de la moto était géniale. Auparavant je n’avais jamais pensé à ce mode de transport par appréhension car je ne me pensais pas très à l’aise sur les deux roues, mais au finale ce véhicule offre encore plus cette sensation de liberté. Le prochain stop était chez Mr. Vieng, producteur de café. Le plateau des Bolovens est une région très réputée, car les conditions climatiques et le sol sont particulièrement propices à la culture du café, on dit même que c’est ici qu’on produit le meilleur café du monde. En arrivant chez Mr Vieng j’apprends qu’il n’est pas possible de visiter la plantation car il n’est pas présent aujourd’hui. Un peu déçue, je décide tout de même de m’installer et commande un café histoire de ne pas m’être arrêtée pour rien et de goûter à ce fameux café bio. C’était un réel délice, moi qui n’en boit pas souvent, j’avais l’impression que tous les cafés bus jusque là n’avaient que très peu de goût comparé à celui-là. J’ai donc acheté un sachet, un souvenir qui me fera revenir dans le temps au retour de mon voyage. Lors de cet arrêt je fis la connaissance d’un couple de parisiens, en vacances en Asie. Comme ils faisaient le Laos au Nord au Sud puis le Cambodge, nous avons pris le temps de discuter un peu afin de partager nos expériences.

Je repris la route, m’arrêta à quelques chutes d’eau, avant d’arriver à celles proches du village de Tad Lo. Elles étaient les chutes les plus belles de la petite boucle, et la plupart des personnes qui faisaient la boucle s’arrêtaient souvent à ce village pour la première nuit. Moi je ne m’y suis pas vraiment attardée. Après un rapide tour dans le village, j’ai directement pris la route pour l’étape que j’attendais avec impatience depuis quelques jours, la rencontre avec Captain Hook et le village des animistes.

 

Les “Kalum”, une minorité ethnique à découvrir l’esprit ouvert

 

Pour moi aujourd’hui l’incontournable de cette boucle dans le plateau des Bolovens, c’était de venir à la rencontre des “Kalum”, une minorité ethnique au mode de vie bien loin du notre. Pour apprécier pleinement la visite de ce village il faut venir sans a priori, avec un esprit le plus ouvert possible, si vous ne vous en sentez pas capable passer votre chemin.

Le village est plutôt grand et à mon arrivée très peu de panneaux indiquaient le chemin pour la maison de Mr Hook. Heureusement les enfants présents m’ont aidé et me montraient la direction à prendre. Plus je m’enfonçais dans le village, plus les regards des enfants avaient une lueur étrange. On m’avait prévenu, ici les enfants fument le “bang” dès l’âge de 5 ans, ce n’est donc pas étonnant de voir leur yeux vides, et leur air amorphe… enfin si ça l’est.

J’arrive à la maison de Mr Hook, on m’accueille plutôt bien venant d’un peuple avec un tel mode de vie. J’essaie d’avoir un comportement le plus approprié possible, je fais en sorte de me montrer la plus respectueuse possible pour ne pas les vexer. On me propose à boire, je choisis sur la carte posée en face de moi un jus de citron maison, il était à tomber. Quelques minutes plus tard un homme vient s’asseoir à côté de moi. Il se présente comme Mr Hook, il a le regard un peu vide, il doit fumer depuis quelques heures maintenant, il parle parfaitement bien anglais. Nous commençons à discuter un peu puis il retourne voir deux hommes en train de jouer aux dames sur une table de bois, je les observe, c’est amusant de voir des gens jouer à ce jeu ici.

Après quelques minutes je demande s’il est possible de visiter le village et d’avoir quelques informations concernant leurs coutumes. Mr Hook m’emmène alors faire ce tour et là la leçon commence.

Mr Hook est une personne extrêmement intéressante, il commence à me donner quelques informations sur son village, comme par exemple qu’il ne faut pas prendre en photo les gens, car pour eux cela signifie qu’on leur prend leur vie. Il cueille une plante et m’explique qu’avec ils peuvent faire arrêter le sang de couler. Puis nous arrivons dans la plantation de café et là encore je suis impressionnée car le personnage. Mr Hook connait absolument toute l’histoire du café à travers le monde. Il me cite les 20 types de cafés qui existent ou du moins leur appellation car au final il n’existe pas tant de sorte que ça, c’est surtout des appellations marketing. Le café qui est cultivé ici au Laos a été importés par les français principalement. La leçon est interrompue par le couple de français rencontré plus tôt dans la journée, nous nous sommes suivis sans trop le vouloir. On continue donc la visite à quatre. La connaissance du café de Mr Hook est ahurissante, il nous explique la différence entre les variétés, qu’il existe des fruits mâles et des fruits femelles. Pour le mâle, il ne contient qu’un grain et pour la femelle il y en a deux. Il nous fait même goûter le fruit rouge, presque prêt à être récolté. Il faut croquer légèrement pour enlever la première couche du fruit, elle a un goût sucré mais ne se mange pas. Le grain lui se mange et c’est là qu’on sent l’arôme du café. Il nous explique ensuite la suite du procédé pour faire sécher les grains et arriver au produit fini. Cet homme est une mine d’information, il pourrait nous en parler pendant des heures.

Nous continuons la visite dans la plantation, arrivons à des champs où sont cultivé le riz déjà ramassé et le manioc. Il s’arrête près d’un arbre dont la sève est rouge, on dirait du sang, il nous explique que cette sève leur sert pour éviter les démangeaisons. Comme j’ai la malchance de trainer depuis quelques jours des piqures de punaise de lit, je les lui montre et il applique la sève dessus, je ne ressens plus aucune démangeaisons, plus rien du tout. J’hésite presque à récupérer un peu de sève pour les jours à venir. La visite continue et nous goûtons à quelques plantes, là encore avec de multiples vertues. A un moment il prélève de la sève dans la tige d’un arbre et la fait couler dans le creu d’une feuille, il part un peu plus loin pour couper une petite tige qu’il tort pour former un cercle, il la plonge dans la sève, la ressort et souffle au travers du cercle, et la des dizaines de bulles s’envolent. On va de surprise en surprise avec cet homme.

Nous repartons et traversons une autre plantation de café, il nous informe que c’est la sienne, et nous demande si nous voulons goûter aux fourmis. Moi qui suis un peu déçue de pas avoir tester les insectes au Cambodge je saute sur l’occasion. Il nous amène proche d’un arbre, les fourmis forment comme un nid, elles ont tordues les feuilles pour se faire comme un abris. Il en attrape une, lui retire la tête et me la tend. Une belle et grosse fourmis rouge orangée, sans trop réfléchir je la mets dans ma bouche et là le goût, très acide mais pas désagréable. Il nous explique que les fourmis ne sentent pas très fort mais que dans le village ils les utilisent pour pour repousser les moustiques, car une fois écrasées, l’odeur est très désagréable. Vient donc la démonstration, il attrape quelques poignées de fourmis, les frottent dans ses mains pour les écraser et nous les fait ensuite sentir. Effectivement l’odeur est très intense, et désagréable.

Après cette dégustation, Mr Hook nous donne plusieurs recettes à base de café, nous explique à quel point il est bon pour les femmes de boire du café et que les hommes par contre ne doivent pas en boire trop souvent dans une même journée. Il nous donne énormément de remède à base de café, nous explique qu’il faut toujours choisir un café en grain et non déjà moulu car il a déjà perdu toutes ces propriétés.

Ensuite nous repartons en direction du village et là il nous donne encore d’autres informations concernant son villages. Les enfants peuvent se marier à partir de 5 ans, peuvent avoir des enfants à partir de 11 ans. Ils sont polygames, et le nombre de femmes est souvent lié à la richesse de l’homme. Ils ne boivent pas de lait car d’après leur religion s’ils le font ils seront foudroyés. Lorsqu’on est malade, il faut d’abord aller voir le chaman, s’il ne réussit pas à guérir, alors c’est le gourou qu’il faut aller voir, là encore si ça ne fonctionne pas, c’est au tour de la médium du village qui devra faire disparaître les mauvais esprits et, enfin si ça ne fonctionne toujours pas, un sacrifice devra être fait, un sacrifice animal a priori. Les femmes accouchent dans la forêt et non dans le village, lorsqu’elles reviennent elles doivent passer au dessus d’un feu, si elles ont des brûlures elles peuvent revenir sinon elles doivent retourner dans la forêt. Concernant le bébé, la mère doit dire si le bébé est un bon ou un mauvais bébé, et mieux vaut qu’il soit bon, c’est rarement l’inverse. Pour le prénom c’est tout un rituel, elle doit aller voir le chaman à la pleine lune, si elle n’a pas rêvé d’ici ce moment, l’enfant n’aura pas de prénom, et cela peut durer très longtemps, car le chaman donne le nom à l’enfant en fonction de l’interprétation du rêve. Dans une famille, si un membre meurt par accident, la famille entière doit quitter le village et partir vivre dans la forêt pendant 3 ans. Il nous explique également que les touristes ne sont pas toujours bien vus dans son village, car pour eux nous sommes tous des américains et ils craignent que nous venions avec des bombes. Bref tout un tas d’informations qui pour nous, sont complètement en dehors de notre réalité et de nos habitudes, mais ce sont les leurs.

Le couple de français nous a quitté à la fin de la visite et moi je suis restée. Je voulais continuer cette aventure, au coeur de ce village d’un autre temps, différent du mien. Je n’ai pas regretté mon choix de dormir sur place. On est venu me chercher au moment du dîner, je suis montée dans leur maison familiale. L’intérieur c’était une grande pièce au centre d’autres plus petites qui servaient de chambres. Nous avons mangé au milieu de cette grande pièce. Il y avait plusieurs plats différents, une soupe de poisson, un mélange d’aubergines, d’autres plats à base de poisson mais je ne saurai même pas dire ce qu’ils contenaient. Ce qui était sûr c’est que c’était délicieux. Nous n’avions pas de couverts, le riz gluant ou sticky rice, nous servait de cuillière, nous le trempions dans les plats et mangions avec nos doigts. Il y avait également des plats avec pleins d’herbes différentes, des tiges, des feuilles, au début je n’ai pas osé en manger, et puis au final la soeur de Mr Hook, qui parlait très bien anglais, m’a fait gouter et m’a expliqué comment les manger. C’était très bon, ça rajoutait beaucoup de goût aux différents plats.

Après le repas nous avons discuté, certains membres de la famille parlaient très bien anglais, d’autres un peu moins mais profitaient de ma présence pour s’améliorer. De mon point de vue c’était plutôt moi qui profitait de ces rencontres pour m’améliorer… Après quelques minutes, une toute jeune fille est entrée dans la pièce avec un bang de bambou, les personnes autour de moi se passaient le bang tour à tour. Ils m’ont vite proposé de me joindre à eux, je n’ai pas hésité longtemps, j’avais très envie d’essayer. Nous fumions donc tous ensemble les feuilles de tabac récoltées plus tôt, à discuter de pleins de choses différentes. C’était un moment de partage et d’échanges inattendu mais tellement fort.

Un jeune homme est arrivé un peu plus tard, lui aussi parlait très bien anglais, et a commencé à me poser quelques questions, les habituelles, où je vivais, ce que je faisais, combien de temps je voyageais. Et ensuite la discussion a énormément tourné autour de la religion. Il m’expliqua que contrairement aux membres du village il était bouddhiste, que sa famille vivait dans une autre ville plus au nord, et que pour lui, venir au village trop longtemps pouvait parfois être dangereux en raison de sa religion. Il était également curieux concernant ma position sur la religion. Il m’a demandé si je croyais en quelque chose, si j’étais pratiquante, comment ça se passait en France, si les gens allaient beaucoup prier ou non. C’était une discussion passionnante, et j’ai regretté de ne pas avoir le vocabulaire suffisant pour en parler plus en détail. Lui était très croyant et s’interrogeait du sens que les gens donnaient à leur vie s’ils ne croyaient en rien. Cette discussion m’a fait réfléchir, moi qui suis plutôt issue d’une famille catholique mais qui ne se retrouve pas réellement dans cette religion. Mon niveau de compréhension en anglais n’était pas assez bon pour comprendre toute les subtilités qu’il me donnait concernant le bouddhisme, du coup je lui ai proposé d’échanger nos contacts afin de continuer cette discussion, car j’avais quelques questions à lui poser.

Vers 22h30 je suis retournée à mon bungalow. Je dormais à même le sol sur un très grand et épais futon, c’était très confortable et le petit plus, c’est que par la fenêtre je pouvais apercevoir la lune et les étoiles qui brillaient intensément cette nuit la. J’ai particulièrement bien dormi et me suis réveillée tôt, en même temps que le soleil. La veille j’avais demandé à prendre mon petit déjeuné tôt car j’avais un long programme qui s’annonçait. En guise de repas, j’ai eu droit à un délicieux café, moulu et préparé devant moi et servi dans une tasse en bambou. Et en accompagnement, on m’avait préparé des petits sandwichs avec tomates, concombres et omelette, un délice.

L’heure de partir arriva, et je salua et remercia Mr Hook ainsi que sa soeur pour leur acceuil, et toutes ces leçons concernant le café et les plantes médicinales. Si cette rencontre n’a été pour eux qu’une de plus avec des touristes, pour moi elle aura été unique et forte en émotions. Je repris la route tranquillement, quitta le village qui s’activait déjà autour des tâches quotidienne. Le temps était particulièrement beau, le ciel était parfaitement bleu, le soleil bien présent et la lumière de ce matin là était parfaite, rendant les reliefs aux alentours encore plus beaux et impressionnants.

 

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Ce deuxième jour, j’avais essentiellement prévu de me rendre aux plus belles chutes du plateau des Bolovens. Pour cela je devais faire le fameux croché sur la grande boucle. Après quelques heures de route et la visite d’une petite chute, j’arrivais à destination. Les chutes de Tayicsua comptaient en tout 7 chutes. Le site était plutôt grand, en pleine jungle c’était une succession de collines et il fallait compter plusieurs heures pour toutes les voir. Je n’avais que 3h devant moi, donc je devais prioriser. Après avoir garé la moto je m’enfonçais donc dans cette nature luxuriante.

La première chute était tout près, mais n’avait rien de très grandiose, celles vu précédemment sur la route avaient été plus surprenante. Je continua donc à la recherche des prochaines. Les différents sentiers étaient assez sportifs, il fallait tantôt monter tantôt descendre, et avec mon corps en carton qui n’a pas d’endurance c’était “essoufflant”. Pendant une petite ascension je pris le temps de regarder le paysage, c’était digne des films d’aventures, la jungle s’étendait à perte de vue. Et au loin on pouvait voir une chute d’eau gigantesque, elle paraissait plutôt éloignée et je ne savais pas si j’allais avoir le temps de la voir, ni même si j’allais trouver le chemin pour m’y rendre. Il y avait plusieurs sentiers mais aucune indication, donc c’était le hasard qui allait décider quelles chutes j’allais voir ou non. Je me suis lancée dans un chemin et quelques minutes plus tard je ne l’ai pas regretté. J’avais devant les yeux une des plus belles chutes du site, j’en avais rarement vu d’aussi belle, les alentours la rendaient encore plus belle. Elle tombait du haut d’une formation rocheuse et était entourée par de magnifiques fleurs au couleurs vives, et bien sûr un arc-en-ciel s’était formé au pied de la chute. J’y suis restée un certain temps pour l’admirer, il n’y avait pas trop de monde à ce moment là. Mais la population commença à arriver alors je repri ma route. Je suis remontée vers l’entrée du site, l’heure tournait et je n’avais prévu de rester que peu de temps.

Dans un restaurant j’ai de nouveau revu les filles rencontrées au magasin de moto. Il y avait Flavie, Andréane, Yasmin, Juliette et Laure. Je me suis installée avec elles, avons discuté et on a même convenu de faire la prochaine boucle ensemble, celle de Thakhek plus au Nord. Elles prévoyaient encore une journée après celle-là, donc je n’aurais qu’à les attendre une journée à Pakse pour prendre le bus de nuit ensemble.

Après réflexion je repris le chemin des chutes, c’était dommage de partir si vite alors que l’endroit était fabuleux. Sur le chemin j’ai croisé deux français qui revenait d’un sentier qui descendait à l’opposé de celui que j’avais déjà pris. Ils m’expliquaient qu’il y avait deux très belles chutes par ce chemin, et que pour la deuxième il fallait emprunter un “chemin” qui n’en était pas vraiment un. L’idée me plu alors je pris cette direction. Le sentier était déjà moins bien “formé” c’était plus sportif encore que l’autre. Je suis arrivée à la première et là j’ai pu avoir un spectacle magnifique. J’étais tout en haut d’une chute qui tombait dans la jungle. Je pouvais apercevoir l’eau qui s’écoulait tranquillement jusqu’au moment de se fracasser en bas sur des rochers toujours avec cette puissance. C’était génial d’être à cet endroit, et pour mon plus grand plaisir personne n’est venu à la rencontre de cette chute en même temps que moi. J’ai ensuite chercher le chemin qui menait à la seconde, et effectivement ça allait être sportif. Je devais commencer par traverser un “pont” qui n’était en fait qu’un énorme tronc d’arbre, sans aucune prise bien sûr, sinon ce n’est pas l’aventure. Ce premier obstacle passé, je devais maintenant progresser dans la jungle en suivant le cours d’eau. Il fallait grimper sur des pierres constamment, mais c’était plutôt plaisant, je préférait ça à devoir monter des marches par exemple. Après 15 bonnes minutes de marche j’arrivais enfin à cette chute, et quelle agréable surprise de découvrir que c’était celle que j’avais vu au loin plus tôt dans la journée. C’était celle que je préférais, elle était immense, imposante, encore plus puissante que les autres, plus sauvage aussi et très certainement la moins observée du site. Le chemin qui y menait montrait bien que peu de personne s’aventurait jusqu’ici, et si je n’avais pas eu l’information par ces deux français je ne l’aurait certainement pas trouvé non plus. Je n’ai vraiment pas regretté d’avoir pris plus de temps ici, car même si je devais faire l’impasse sur d’autres lieux sur la boucle j’étais déjà satisfaite de ce que j’avais vu aujourd’hui.

Sur le chemin du retour pour rejoindre ma moto, j’ai de nouveau croisé les filles, du coup je leur ai dis pour les deux chutes que je venais de voir et qu’elles n’allaient pas être déçues. De mon côté je repris la route pour rejoindre Pakse. J’avais pas mal de trajet à faire et du coup plus le temps pour de nouveau arrêts. Avant Pakse il fallait passer par la ville de Pakson, et Yves nous avait prévenu, la route entre les deux villes était en travaux et la conduite pouvait être difficile. Il n’avait pas tort, c’était vraiment pas agréable voir même chiant car l’état de la route est mauvais, la conduite moins sûr car tout le monde voulait se frayer un chemin pour avancer. Il y avait des endroits où on devait rouler sur des graviers ce qui ne plaisait pas trop à ma moto, ni à moi. Bref le retour au bitume en bon état m’a fait plaisir. En arrivant sur Pakse j’ai eu droit à un magnifique coucher de soleil, et à mon plus grand étonnement la conduite en ville ne m’a pas déplu ni même stressé. Au final il suffisait d’y aller tranquillement, de bien faire attention lorsqu’on voulait doubler si personne était derrière nous et ça roulait tout seul. J’ai déposé ma moto chez Miss Noy, et ai prévenu Yves que je réservais un bus de nuit pour le lendemain et que 3 autres filles m’accompagneraient. Juliette et Laure ne nous suivaient pas, elles prenaient la direction du Sud.

Le lendemain je n’ai absolument rien fait, j’ai quitté mon auberge pour me nourrir mais sinon j’ai passer le plus clair de mon temps à ne pas l’occuper, et parfois ça fait du bien. Le soir venu, on s’est rejoint le soir chez Miss Noy pour prendre le tuktuk qui allait nous emmener à la station de bus. En arrivant là-bas nous avons découvert notre super bus de nuit, le premier que j’allais prendre au Laos. On nous a installé tout au fin à l’étage, on avait donc tout la largeur du bus pour nous quatre, c’était parfait. Contrairement au sleeping bus du Cambodge il y avait deux étage distincts, donc deux allées centrales et non pas une seule où il fallait escalader pour monter dans les couchettes supérieurs, par contre il fallait se baisser car le plafond du bus était du coup plus près de nos têtes. Le trajet était mouvementé, on m’avais prévenu, les route du Laos sont pas toujours en très bon état. Mais nous sommes arrivées entières, très tôt le matin, c’était toujours la nuit et bien sûr à des kilomètres du centre. On a donc choisi de dormir dans un dortoir à côté de la station de bus, qui avait plus des air de prison avec ses matelas alignés dans une pièce sans fenêtres et une bonne odeur d’humidité. Encore quelques heures à tenir et notre nouvelle boucle dans les terres du Laos allait pouvoir commencer.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1BNPN6qjmvBXais4bTRVR8a_G70h1YDYe

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