Jour 2 : Ville de Siem Reap et ses Temples d’Angkor

Siem Reap, ville bâtie sous l’impulsion touristique

 

Mes premiers pas dans la ville ont été pour moi une prise de conscience. N’ayant jamais voyagé dans les pays d’Asie ou des pays moins développé que le mien, l’adaptation à l’environnement a pris quelques heures. En marchant dans la ville, je me suis rendue compte que tant que l’on n’a jamais vu ce type de ville de ses propres yeux, on ne peut pas se les imaginer. Pour commencer l’air était étouffant, je respirais de la poussière, se mêlait à cela des odeurs fortes de nourriture, d’eau croupi, de déchets. D’ailleurs je n’en ai jamais vu autant, des déchets partout sur le sol, sur les trottoirs, sur la route. De manière générale, on pouvait qualifier la ville de sale.

Il n’y avait pas beaucoup d’espace sur les trottoirs pour marcher, nous devions souvent, même toujours nous déporter sur la route. Au début nous craignions de nous faire percuter par un véhicule, mais nous avons vite compris qu’ils savaient très bien éviter les piétons. Notre ami Sun, cambodgien que nous avions rencontré lors de nos études à l’IUT, nous avait donné un conseil à ce sujet, “quand on s’engage sur la route pour traverser, la règle c’est de ne jamais reculer, car ils feront toujours en sorte de contourner”. Et c’était effectivement le cas, je n’ai jamais eu peur de me faire renverser en traversant en plein milieu d’une rue, aucun véhicule ne s’arrêtent, mais tous nous esquivent parfaitement.

Revoir notre ami Sun était très agréable, cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu. Depuis l’IUT j’avais dû le revoir une fois rapidement sur Paris. Sun m’apparait comme une personne plutôt discrète, passionné par son pays et d’une grande gentillesse. Grâce à lui nous avons pu en savoir un peu plus concernant la ville et quelques aspects du mode de vie des cambodgiens. Ici la famille tient une place importante, ils vivent en communauté, dans un même foyer, où toutes les générations sont représentées. La religion tient également une place importante, le bouddhisme est majoritairement pratiqué dans le pays et est également reconnu comme religion d’Etat.

Pour ce qui concernait la ville de Siem Reap, Sun nous explique que la ville a connu un essor important grâce aux Temples d’Angkor et au tourisme qui en découle. La ville s’est donc construite en fonction des attentes des touristes. On y trouve de nombreux complexes hôtelier, des gesthouses et autres types d’hébergements possible. La ville est particulièrement animée également. Tout un quartier est dédié à la distraction des touristes, “Pub Street”. Plusieurs bars, restaurants, petits stands de nourriture, énormément de petites boutiques de fripes et de souvenirs. Le soir venu, une ambiance festive s’emparait du quartier. La musique était forte dans les rues, des jeux de lumières décoraient les façades et des bars ambulants avaient pris place dans les rues bondées.

Aux alentours on trouve également des marchés, mais ils n’ont rien de nos marchés français. Les étales sont remplies, à tel point qu’il ne reste aucune surface vide. Les aliments sont posés en vrac, les fruits et les légumes sont plutôt appétissants, mais pour ce qui est de la viande ou du poisson c’est un peu différent. Rien n’est tenu au frais, et les mouches en profitent bien. Les vendeuses les éloignent en agitant un baton auquel pend un bout de chiffon. Les femmes qui tiennent ces petits stands y passent toute la journée, on en voit beaucoup allongées au milieu de leurs produits, soit dans des hamacs, soit à même l’étale. Au début la ballade au milieu de ces marchés peu surprendre, mais il suffit de se remettre dans le contexte pour au final apprécier l’endroit et l’ambiance qui s’en dégage. Après tout, ce qui est différent de chez nous n’est pas forcément moins bien.

Après quelques heures dans cette ville, elle ne me paraissait plus si sale, les odeurs faisaient parties du décor et les bruits environnant des scooters, tuktuk et voitures n’étaient plus bruyants. Le comportement décontracté des cambodgiens contrastait beaucoup avec tous ces véhicules qui grouillaient dans les rues de la ville. On apercevait beaucoup de personnes dormant dans des hamacs attachés entre deux arbres en pleine rue, ou à l’intérieur des tuktuk, et parfois même attachés sous un camion. Il n’était pas rare de voir des gens dormir à des endroits plus surprenant les uns que les autres, pendant que tout autour de nous, tout allait à 100 à l’heure.

 

Les temples d’Angkor, une cité grandiose en héritage

 

Au deuxième jour dans ce magnifique pays, nous avons entrepris la visite des temples. C’est notre chauffeur de taxi, Borom, qui nous a escorté  tout au long de nos visites. Le site d’Angkor est gigantesque, le faire à pied n’était pas du tout envisageable, et les tuktuk n’étaient pas toujours très fiables d’après lui. Mais nous avons vite compris que ce n’était qu’une astuce de sa part pour récupérer quelques dollars. Mais le confort que nous apportait le taxi nous convenait tout de même, car il y avait quelques trajets qui pouvaient prendre un peu de temps et nous pouvions nous reposer tranquillement.

Pour commencer notre visite, nous avons fait le petit circuit, qui n’avait déjà rien de petit. Nous avons commencé tôt le matin, dès l’ouverture du site, ce qui nous a permis de profiter des premières heures sans trop de touristes. Angkor Thom avec le Bayon et la Terrasse des Éléphants fut notre premier lieu de visite. Les premiers temples étaient déjà spectaculaires. On voyait la tête de Bouddha sur la plupart des façades extérieurs, et d’autres divinités étaient représentées sur les murs à l’intérieur. Toutes ces constructions étaient hors normes, comment pouvait on à l’époque construire de telles choses? C’était impressionnant. Il fallait également imaginer tout le travail qui avait été réalisé par les archéologues depuis plusieurs décennies pour redonner à ce site son visage d’antan. On pouvait voir régulièrement des tas de pierres qui n’avaient pas encore retrouvé leur place. Et vu la quantité, le site devait être tellement plus grand et imposant que ce que l’on peut en voir aujourd’hui. L’une des façade qui m’a le plus impressionnée, c’est celle à l’arrière du Bayon, car on pouvait y apercevoir un Bouddha allongé tout le long de cette façade qui donnait vers l’extérieur. Heureusement qu’il y avait des panneaux pour l’indiquer car sinon cela serait passé inaperçu. Nous avons continué notre visite par une multitude d’autres temples, Thommanom, Ta Keo, Ta Prohm et pour finir notre journée, l’incontournable et plus grand temple religieux, Angkor Wat. Je l’avais vu plusieurs fois sur des photos, mais le voir de mes propres yeux, traverser le pont, dépasser les premières portes, et marcher le long de la voie sacrée pour découvrir ce temple grandiose, c’était comme le découvrir pour la première fois. L’enceinte du temple était immense, et il fallait encore s’imaginer la cité qui s’étendait tout autour sur des kilomètres carré. Sun nous avait expliquer que les temples d’Angkor c’était comme nos Églises, ils se tenaient au milieu des villes et leur grandeur était fonction de la taille de la ville. Nous avons pris le temps de le visiter, de monter en haut de l’édifice central qui nous offra une vue magnifique sur cette cité d’un autre temps.

Décrire dans le détail ne servirait à rien, il y avait tant à voir, mais ce qui peut être décrit ce sont la hauteur de ces temples, la hauteur des marches pour accéder aux étages supérieurs et surtout leur étroitesse. C’est à peine si on ne devait pas s’assoir pour descendre au risque de glisser. Pour certains temples, des marches de bois avaient été rajouté car celles d’origines ne permettaient pas de monter en sécurité. Là encore Sun nous avait expliqué que l’étroitesse des marches était fait exprès, car lorsque l’on devait descendre du temple il n’était pas possible de tourner le dos aux divinités, et ces courtes marches obligeaient donc à descendre en positionnant le corps de côté.

Cette première journée de visite fut étonnante, stupéfiante et fatigante, nous en avions pris pleins les yeux et le lendemain c’est la grande boucle qui nous attendait.

Nous avons donc fait un peu plus de route, et avons vu Preah Khan, Naek Pean, Ta som, puis avons roulé pendant presque une heure pour rejoindre le temple des femmes, Banteay Srei. Le temple était bondé de monde, principalement des touristes chinois qui posaient devant l’entrée principale, ce qui ne nous permettait pas d’immortaliser cet endroit également. Le temple était petit comparé aux autres, sur un seul niveau et fait d’une pierre différente également. Nous n’y sommes pas restées très longtemps et avons ensuite pris la direction de la jungle avoisinante. A quelques minutes de routes et après avoir marché 1500m dans cette jungle, nous sommes arrivées à un cours d’eau au fond duquel il y avait des pierres gravés. Il ne nous restait ensuite que quelques temples à découvrir sur le site d’Angkor pour finir cette journée.

En deux jours nous avions eu le temps de voir une bonne partie du site, et un troisième jour aurait peut être été de trop. Nous en sommes donc restées là et avons gardé de merveilleux souvenirs de cette première aventure et découverte au Cambodge.

 

La ferme de Lotus

 

Notre dernière demie-journée à Siem Reap nous l’avons consacrée à la visite d’une ferme de Lotus. Notre petit chauffeur de tuktuk a eu du mal à la trouver mais il y est tout de même parvenu. L’endroit était tout petit mais les champs de lotus s’étendaient sur une vaste surface. L’atelier était une grande pièce dans une habitation sur pilotis. Il y avait une dizaine de femmes qui s’occupaient d’extraire la fibre de la plante, une autre à un bureau qui avait l’air de gérer les stocks et une dernière assise à un métier à tisser. L’endroit était en libre accès, notre présence avait l’air de gêner personne et nous pouvions tranquillement observer leur ouvrage. La technique pour extraire la fibre avait l’air simple au premier coup d’oeil mais ces femmes faisaient preuve d’une grande dextérité. Ce qu’elles faisaient en quelques minutes, nous l’aurions peut être fait en une heure. Cette ferme avait été créée par un français, dans le but de fabriquer du textile de manière éco-responsable grâce à la fibre de la fleur de Lotus. A quelques kilomètres de l’atelier, en revenant vers la ville, se trouvait le showroom, où était exposé les différentes pièces réalisées pour la vente, on pouvait également y faire confectionner des vêtements sur mesure.

 

Après cette matinée très instructive, nous avons quitté notre hôtel en direction de la station de bus, où notre futur moyen de transport allait nous emmener jusqu’à Battambang.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1NljAyNENtKt-p7LiFg3aRcJpS838opM6

 

Jour 1 : Le voyage commence au seuil de notre porte

Ca y est, nous avons quitté l’appartement parisien d’Angélique. Avec Sarah et Marine qui m’accompagnent également, nous partons toutes les quatre rejoindre nos premiers moyens de transport, le métro et le RER. Nous prenons beaucoup de place avec nos gros sacs mais heureusement ce n’est pas vraiment l’heure de pointe. En regardant tous ces gens dans la rame, en voyant leurs visages presque inexpressifs, je me dis qu’aujourd’hui je préfère porter le poids de mon backpack plutôt que le poids de leur quotidien.

Après une heure, nous arrivons à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. On se dirige d’abord vers mon terminal pour l’enregistrement de mon sac, 12,5kg, un record comparé au 16kg de départ pour le Canada. Puis c’est ensuite vers celui des filles que nous allons. Mon voyage commencera d’une certaine façon comme il finira, seule. Car nous n’avons pas les mêmes vols, mais bien la même destination, c’est tout ce qui compte.

Mon premiers vol m’emmène jusqu’à Helsinki, compagnie aérienne finlandaise oblige. Il ne dure que quelques heures et me donnera l’impression d’avoir été plutôt rapide et peu confortable. J’ai beaucoup aimé l’aéroport, pas trop grand mais suffisamment pour être le théâtre de tous ces flux migratoires. Les boutiques se mêlent aux portes d’embarquement, et pour rejoindre la mienne je dois en traverser plusieurs. Tout y est lumineux, l’ambiance est presque joyeuse, c’est un aéroport agréable, j’aurais pu y passer plus de temps que les quelques heures d’escales prévues. Mais je repars dans un second avion, même compagnie, mais bien plus gros que le premier.

Dans celui-ci, écran individuel, prêt d’écouteurs, petit coussin et plaid. Comme pour chaque long vol, je commence par regarder toute la liste des films proposés et je fais ma petite sélection. Il y a de bons films, tant mieux car cela me tiendra éveillée, je n’aime pas dormir en avion, ou plutôt je n’y arrive pas. Ce vol-ci parait plus long, et il l’est. Mais l’arrivée à Bangkok pour ma dernière escale approche et je découvre un nouvel aéroport. Beaucoup moins agréable que le précédent. Tout y est froid, les couloirs, les gens, l’ambiance. Manque de chance l’escale ici dure bien plus longtemps. J’en profite donc pour me reposer et m’installe sur plusieurs fauteuils de ma salle d’embarquement pour m’allonger un peu. Ça n’a pas l’air de déranger le personnel thaïlandais donc je ne me gêne pas. L’attente est longue, et le personnel d’embarquement de la compagnie locale attend le dernier moment pour nous faire embarquer. Plus qu’une heure de vol et je serai arrivée à destination, Siem Reap.  

J’ai touché le sol cambodgien par un atterrissage parfait, pour la première fois je n’ai ressenti aucune secousse, aucun impact des roues sur la piste. L’aéroport de Siem Reap est magnifique, les bâtiments sont d’architecture locale, on aurait dit des petits temples. Nous rejoignons l’immigration à pied, sous une chaleur écrasante. Le temps de faire tamponner mon passeport, récupérer mon sac et retrouver les filles, et nous voilà dehors à attendre notre taxi.

En route vers notre hôtel, nous découvrons la ville au travers des fenêtres du véhicule. Apercevoir des vaches en pleine rue, c’est une première. La conduite des cambodgiens également, c’est une démonstration de maitrise parfaite de leurs moyens de locomotion. Que ce soit les tuktuk, les voitures, les motos et scooters, les bus ou encore les vélos, tous réussissent à se partager la route, et à ma grande surprise, sans se percuter. Ce qui donne des impressions de chaos à première vue, ressemble plus à un harmonieux ballet où chacun connait son pas de danse et anticipe celui des autres.

Nous arrivons à notre hôtel, plutôt bien situé et très correct. Le temps de poser nos affaires et de souffler un peu, nous repartons déjà à la découverte de cette ville.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1c2WOahSSbzFKn0DyEAL19RoxF4EI5RLS

 

Jour 0 : Je réaliserai au moment où j’y serai

Le départ c’est demain, c’est ce qu’indique mon billet d’avion en tout cas. Je n’arrive pas encore à réaliser que je pars pour 3 mois à l’autre bout du monde une seconde fois. Mes proches eux le réalisent parfaitement, je vois leur inquiétude dans leurs yeux, une certaine tristesse également. Mais moi je ressens encore peu de chose. C’est presque à en culpabiliser de ne pas ressentir la même tristesse d’être séparés à nouveau pendant quelques mois.

J’ai adoré et détesté faire mon sac, je l’ai préparé en fonction de ces trois pays, des conseils de mes aînés en matière de voyage, j’étais même excitée en portant à nouveau ces 13kg lorsque je suis partie rejoindre mes amies à Paris. Je sais que je pars mais je ne me rends pas encore bien compte de ce que cela signifie.

Le Cambodge, le Laos et le Vietnam ne sont encore que des pays délimités sur une carte pour moi. Ma solitude au bout des 3 premières semaines de voyage je l’appréhende mais elle ne m‘habite pas encore. Cette partie du monde qui m’a toujours attirée n’est plus qu’à quelques heures d’avion de moi et pourtant je ne réalise pas.

J’ai quitté ma famille, mes amis et mes petites bêtes comme si je partais en week-end. Certains m’ont vu m’éloigner les larmes aux yeux, d’autres n’ont rien laissé paraitre et certains savent que je suis absente pour un temps et que je reviendrai vite.

Grâce à mes amies de vadrouille, ce voyage devient une réalité plus convaincante. Je leur donne encore quelques conseils, les aide à régler leurs sacs et leur excitation commence à faire naitre la mienne.

Demain nous quitterons l’appartement vers notre nouvelle aventure, pleine de découvertes, de rencontres, d’émerveillement, de petites galères et de moments inoubliables. Mais pour moi ce départ représente également une nouvelle rencontre avec moi-même.

Canadian Trip 2017

Premier jour du reste de ma vie

 

C’est aujourd’hui le grand départ. Ça aurait pu être n’importe quel pays, il y en a tant à découvrir, mais pour ce premier voyage grand format version backpack ça sera le Canada.


L’idée de ce voyage c’est Julie qui l’a eu, mon amie d’enfance. Pour elle ce n’est pas le premier, c’est d’ailleurs au cours de son voyage en Espagne qu’elle m’a annoncé sa décision de partir au Canada pour quelques mois, son billet était déjà acheté. Et c’est avec une spontanéité qui ne me ressemble pas que je lance l’idée de partir toutes les deux. C’était il y a neuf mois, et cette idée est devenue une réalité.

Moi, Camille, “fille dans les clous” venait de prendre la décision de partir à l’aventure. Pour la première fois je me lançais dans un projet qui avait des conséquences relativement importantes pour moi comme quitter mon job, annoncer le départ aux membres de ma famille, que je n’avais pratiquement jamais quittés, pour partir aussi loin et pendant trois mois et qui ne comprendraient peut être pas ma démarche. Mais c’est chose faite aujourd’hui et depuis ces neuf mois tout se déroule bien. Je n’ai aucun regrets, bien au contraire, car depuis l’annonce de ce départ il y a eu beaucoup de bonnes surprises, de la compréhension, du soutien et de l’encouragement venant de tellement de personnes.

Après quelques heures de sommeil dans notre hôtel de Roissy, nous nous sommes levées tôt pour prendre notre avion à 8 heures ce matin. Prendre une navette qui nous amenait à une autre navette, débarquer dans cet aéroport gigantesque comparé aux petits aéroports dont j’avais l’habitude, s’étonner de voir que le personnel de l’aéroport a du mal à dire “bonjour” de bon matin, du coup s’empresser de rejoindre la zone d’embarquement, prendre 15 minutes pour se faire un p’tit déj’ moquette, sortir une énième fois notre passeport au moment d’embarquer, traverser le couloir jusqu’à l’avion et nous poser dans nos fauteuils et là, le moment que je préfère, le décollage.

L’avion doit rejoindre la piste de décollage, et pour la première fois j’étais dans l’avion qui passe au-dessus de l’autoroute A1. Je ne suis pas dans la voiture qui m’emmène voir ma famille dans le Nord, je ne lève pas non plus rapidement les yeux pour voir si on peut apercevoir un avion passer au-dessus des voies. Cette fois je suis celle qui regarde les voitures passées, et à cette heure-ci il n’y en avait pas beaucoup. Ensuite, lorsque l’avion est dans sa trajectoire, sentir les vibrations dû aux moteurs qui se préparent au décollage, être clouée au fond de son siège par la puissance de l’accélération et là deviner le moment où les roues quittent le sol et où nous nous envolons pour de bon. Il ne reste plus qu’à observer les paysages se rétrécir à mesure que nous prenons de l’altitude, et là au loin voir l’horizon, notre destination…

 

Et au dessus des nuages, le bleu du ciel

 

Après 11h de vol et une escale de 7h50 en Islande, nous commençons notre descente vers Vancouver.

Voyager en avion reste pour moi une expérience unique, ce n’est jamais la même ambiance. Les avions déjà sont différents, plus ou moins gros, plus ou moins confortables, plus ou moins bien équipés. Les conditions météorologiques ne sont jamais les mêmes non plus, on peut décoller sous la pluie ou par beau temps et il en est de même de l’atterrissage. L’une des choses qui reste identique c’est qu’il fait toujour beau au dessus des nuages. Ca parait logique comme ça, mais ça m’avait frappé lors de mon premier vol. Je décollais de Beauvais par un temps couvert, et quelques minutes après le décollage, le temps de traverser les quelques nuages, on arrivait dans un autre monde, celui qui existe au-dessus de cet océan de coton. C’est un paysage dont je ne me lasserai jamais.



Par ciel dégagé les paysages sont bien évidemment différents aussi, on peut voir l’océan, des zones montagneuses, d’autres urbaines ou encore les campagnes. Sur le vol entre Reykjavik et Vancouver, nous avons eu la chance avec Julie de contempler les terres du Groenland et de constater l’effet néfaste du réchauffement climatique. Au début je n’avais pas fait la distinction, je pensais que ce paysage blanc était les nuages, mais c’est Julie qui m’a fait remarqué que c’était bien de la neige et non mon coton. C’était magnifique. Au début nous apercevions ce qui devait être une banquise qui se morcellait. Puis au fur et à mesure que l’avion continuait sa route, nous pouvions observer des reliefs recouvert de leur manteau blanc. On pouvait également deviner que l’eau s’était frayé un chemin au milieu de ces montagnes, nous avons même aperçu un endroit où l’eau n’était pas recouverte par la neige et nous laissait admirer sa belle couleur turquoise.



Le survol du Canada a débuté par une région au Nord parsemée de point d’eau, on ne devinait aucune habitation, mais à 11 586m d’altitude je peux me tromper, juste une étendue partagée entre de l’eau et des terres et au loin un lac dont on ne voyait pas la rive opposée.

Après quelques heures encore et plusieurs tentatives de sommeil loupées, nous survolons les Rocheuses, puis enfin le but se dévoile à l’horizon.

Déjà vu du ciel Vancouver tient toutes ses promesses. On découvre une ville très étendue, avec des rues parfaitement quadrillées, de la verdures à chaque endroit où nos yeux se posent, de l’eau qui entourent ses îles. Cette ville donne l’impression d’être harmonieuse. Et n’oublions pas toutes ces montagnes qui l’entourent ainsi que ces grands parcs boisés.
Ca y est, l’avion entame sa descente et nous touchons enfin le sol, l’aventure canadienne peut commencer.

 

Nos premiers pas, notre première nuit

 

Nous venons de passer le contrôle de douane. C’est bon, nous sommes autorisées à entrer sur le territoire canadien, le motif de notre venue pour 3 mois est accepté. C’est qu’ils seraient capable de te refuser sans états d’âme.



Récupération de nos bagages, notre sac à dos pour 3 mois, puis direction la station de métro qui nous mènera jusqu’au centre de Vancouver. De là nous n’aurons qu’à prendre un bus qui nous déposera tout proche de notre chambre d’hôtel. Jusque là tout va bien, pas de soucis, la seule chose c’est qu’en arrivant un dimanche, les bus sont moins nombreux dans les rues, nous attendons donc un certain temps. Un peu trop, et déjà fatiguée de notre trajet en avion, nous décidons de nous rendre à notre premier point de chute à pied pour gagner un peu de temps, après tout ce n’est qu’à 1,9 km… Nous constatons en parcourant Hasting Street, longue rue où se situe l’hôtel, que c’est la rue la plus mal fréquentée de la ville. Les personnes qui la fréquentent ne sont pas dangeureux du tout, juste en marge, ce sont des sans abris et des drogués pour l’essentiel. Chaque grande ville possède son lot de population en marge, de laissés pour compte, mais ce qui frappe à Vancouver c’est qu’ils se concentrent tous au même endroit, ils sont d’une certaine façon une communauté.



Nous arrivons à notre hôtel avec la seule envie de lâcher nos sacs de 15kg, retirer nos chaussures et se laisser tomber dans notre lit. C’est d’ailleurs exactement ce qui va se produire. Le temps de s’allonger et nous dormions déjà, je n’ai même pas pris le temps de me changer. Je pensais fermer les yeux quelques instants histoire de récupérer de cette marche, mais c’est plusieurs heures qui ont défilées.

Le décalage horaire m’a fait me réveiller à 2h du matin heure locale. En ouvrant les yeux j’avais droit à une vue sur le centre de Vancouver avec toutes ses lumières colorées. Notre chambre d’avant rien d’exceptionnelle mais cette vue qu’elle m’offrait me donna un sentiment de satisfaction, j’y était enfin dans cette ville canadienne.
Au réveil nous étudions les différents endroits de la ville à voir, nous élaborons notre trajet dans les grandes lignes. Le temps de nous préparer et nous étions parties.

 

Vancouver, wonderful place to be

 

Accompagnées de nos 15kg sur le dos, nous partons donc à la découverte du centre ville de Vancouver. Nous avons de la chance le soleil est de la partie.



Nous commençons notre périple en bifurquant dans une rue perpendiculaire à celle de notre hôtel afin de ne pas refaire le même trajet que la veille au soir. Nous tombons sur un petit parc, parfaitement entretenu, en bord de mer, avec comme principal voisin les docks (petite pensée pour la ville du Havre récemment visitée).

Après avoir traversé le parc nous décidons de rejoindre le centre ville, car là où nous sommes actuellement, il n’y a pas âme qui vive. Nous nous retrouvons comme coincées en contrebas de la ville, au niveau d’un pont d’embarquement pour ferries et ne trouvons aucun moyen de remonter vers la vie citadine. C’est à ce moment qu’une femme presque sortie de nul part, nous indique qu’il y a un ascenseur à deux pas et qu’il faut choisir le niveau “P1”. Première rencontre plutôt inattendue mais bien appréciée car sans elle il était impossible de trouver cet ascenseur bien caché. Apparemment nous avions déjà l’air perdues.

Notre tour du centre ville peut vraiment commencer. Nous commençons par le Canada Place et le “Vancouver Convention Centre” où nous prenons un café. Puis nous repartons parcourir la ville pour voir les lieux dit “incontournables” que nous avions repéré : le quartier de Waterfront, Gastown, la Vancouver Steam Clock,… Petite pause déjeuner à Chinatown, pour notre premier repas ce n’est pas très local et pourtant on pourrait le croire tant la communauté asiatique est présente dans cette ville. Elle y est presque la plus représentée. Notre repas terminé, nous prenons la direction d’un chemin qui longe False Creek.

C’est une ballade très agréable malgré nos 15kg à porter. La plupart des gens que nous croisons donne une impression de (sérénité), c’est une ville où on ne ressent aucun stress, les gens ne courent pas dans tous les sens, ils ne sont pas pressés comme on peut les voir à Paris, les seules personnes qui courent sont les joggeurs. Les constructions plutôt modernes se fondent parfaitement dans le paysage et passent inaperçues. En longeant la baie nous traversons plusieurs parcs, les gens s’y allongent en maillot de bain sans que cela ne gêne personne. Nous faisons d’ailleurs de même, nous lâchons nos sacs et nous allongeons dans l’herbe pendant quelques minutes. L’ambiance de cette ville me fait un peu penser à celle de Londres mais avec ce sentiment de bien-être plus marquée et ce petit quelque chose en plus. Cette ville me plaît, je n’arrête pas de le répéter à Julie, “je pense que je vais rester ici en fait”.

Nous reprenons notre chemin, et gagnons un endroit du port où il est possible de monter à bord des “Aquabus” afin de rejoindre Granville Island où il existe un “public market”, le genre de grande halle comme on a chez nous, où sont vendus tous les produits locaux (légumes, fruits, alcools, charcuterie, boucherie, produits artisanaux,…). Après ce petit tour au milieu des stands nous nous offrons une bière dans un bar à côté de notre “arrêt” d’Aquabus. Nous discutons un peu avec la serveuse, nos gros sacs à dos éveillent la curiosité des gens. Après lui avoir expliquer un peu notre parcours, nous lui demandons s’il est vrai que la plupart des métiers du même type que le sien sont essentiellement rémunérés par les pourboires. Il s’avère que oui, leur part fixe n’est pas très élevée. Elle nous fait comprendre que les français n’ont pas cette culture du pourboire et qu’ils sont rarement appréciés en tant que touristes. Dorénavant avec Julie, nous laissons systématiquement des pourboires.

Nous reprenons notre petit Aquabus coloré et regagnons notre chemin de tout à l’heure. Il débouche sur une plage que nous longeons tout du long. Décidément je ne pense vraiment pas revenir. Vancouver est magnifique, harmonieuse et agréable, il n’y a rien qui dépasse, elle est presque parfaite et je n’arrive pas à lui trouver de défaut.



Après une petite pause sur la plage nous nous dirigeons vers la rue de notre hébergeur, René, l’ami d’un ami de Julie. Il habite un appartement le long de Stanley Park, lieu de vie idéal. Le logement est de taille moyenne mais qui correspond très bien à une personne seule, parfaitement aménagé et décoré d’une façon qui en dit long sur le personnage. Le style est épuré, chaque chose à sa place, rien d’inutile, des objets qu’on penserait tout droit sortis d’une galerie d’art. Ca plait ou ça ne plait pas mais ce qui est sûr c’est que René a du goût. Et il a aussi un ami à quatre pattes, dont je n’ai pas compris le nom. A notre arrivée nous avons posé nos sacs et René nous a proposé de l’accompagner promener le chien, un braque allemand. En invitées sociables nous avons accepté. Nous voilà de nouveau parties pour une autre balade dans Stanley Park. C’est une heure plus tard et lorsque René nous a dit que c’était le chien qui décidait de la balade, que nous avons compris qu’elle ne serait pas petite, et épuisée par notre journée de marche et nos 15kg trimballés dans le centre ville, nous n’espérions qu’une chose, c’est qu’elle se termine.

Après près de 2h de marche, nous sommes rentrées sans René qui a finis sa balade sur un banc du parc, et sans même nous en rendre compte, nous étions déjà en train de dormir. Une première journée bien remplie.

 

Par temps de pluie, les lieux couvert tu feras

 

La nuit orageuse annonçait une journée pluvieuse, mais qu’à cela ne tienne, nous avions réfléchie au programme de la journée en nous adaptant au temps et avions préparé nos imperméables.



Le programme de la journée était simple, retourner en centre ville et voir les lieux que nous n’avions pas vu la veille, c’est à dire le quartier de Yaletown, la bibliothèque de Vancouver et son architecture qui faisait un peu penser au colisée et la cathédrale Holy Rosary. On avait même prévu de voir les deux principaux centres commerciaux. Ces derniers sont un peu comme ceux du Portugal, un étage ou espace réservé à la restauration avec des tables disposées au centre pour que chaque personne commande selon sa préférence tout en mangeant ensemble, et le reste du lieu réservé aux magasins. La différences c’est que les centres commerciaux sont plutôt en sous-sol, ,mais ce n’est peut être le cas que dans Vancouver, nous verrons.

A pied rejoindre le centre ville était simple, d’autant plus sans nos sacs à dos. On commença par prendre un café dans la rue où commençait à pousser les immeubles. On y précisa notre parcours et mangea de délicieux scones.

Retour sous la pluie, qui n’était pas désagréable, elle ne gâchait pas la balade. Lorsque la pluie était trop présente nous en profitions pour faire les centres commerciaux et les magasins de souvenirs. Et oui car nous sommes peut être des voyageuses aventurières nous n’avons pas pu résister à une session shopping… Après quelques achats nous nous sommes arrêtées dans un restaurant/brasserie qui proposait un grand nombre de bières différentes. Les doses ne sont pas les mêmes qu’en France, le degré d’alcool non plus, nous avons donc pris notre temps pour déguster notre bière, le temps de laisser passer l’averse.

Cette journée se terminant, nous sommes retournées chez René en longeant le “Coal Harbour”. Nous pensions pouvoir manger avec lui, mais il a dû rester plus longtemps à son travail. Il est professeur et devait finir les préparatifs pour la pièce de théâtre qui avait lieu le lendemain.

Une journée de plus sous le ciel de Vancouver, il ne restait plus qu’une journée avant notre départ pour l’île de Vancouver où se trouvait notre premier Wwoof.

 

Entre courbatures et belles sensations

 

Dernier jour sur Vancouver avant d’y revenir plus tard, et pour nous mettre dans le bain de notre futur road trip à vélo dans l’est canadien, nous faisons cette sortie à vélo.



Nous avions repéré la veille au soir différentes boutiques de location de vélo, par chance il y en avait une très abordable à 3 rues de chez René. Nous récupérons donc nos vélos et partons directement en direction de Stanley Park, notre première étape de ce périple à pédale.

Ce qui est vraiment agréable à Vancouver et certainement au Canada de manière générale, c’est qu’il y a de vraies pistes cyclables, et non ces espèces de petites voies aménagées sur les routes françaises qui ne laissent pas vraiment la place pour tout le monde. Là où nous sommes les cyclistes ont leur propre voie et les piétons la leur.

Après avoir roulé quelques minutes nous tombons sur un parking rempli de bus, eux mêmes rempli de touristes asiatiques. Nous nous arrêtons car nous apercevons les emblématique mâts totémiques du parc. Et c’est parti pour une petite séance de photos. Nous repartons quelques minutes plus tard, après avoir tenté de cadrer nos photos sans touristes.  



Le but principal de ce périple est le pont suspendu Capilano. Pour nous y rendre il faut donc passer par Stanley Park, prendre le Lions Gate Bridge, parcourir quelques kilomètres et enfin arriver à destination. Nous avons donc parcouru une bonne distance dans le parc et arrivons presque au pied du pont. Dommage il fallait arriver par en-haut. Il fallait bien un peu de difficulté pour ce périple. Mais on se serait bien passée de grimper la côte à pied, car concrètement à vélo ce n’était pas faisable, à par si notre niveau dans ce domaine revenait à faire les JO dans la catégorie VTT. Nous arrivons enfin en haut, sauf que nous sommes du mauvais côté et qu’il n’y a aucun moyen de traverser cette route à 2 fois 3 voies. Nous longeons donc la route en nous éloignant du pont à la recherche d’un passage pour traverser. Nous le trouvons et refaisons le même trajet en sens inverse. Nous arrivons enfin sur ce fichu pont, le temps de faire une petite pause et nous le traversons. Lorsque que nous apercevons la descente pour rejoindre l’autre rive on se dit que nous ferons certainement le retour à pied tant la pente est raide, mais nous n’y sommes pas encore, nous verrons bien.

Le pont franchi, les kilomètres parcourus (non sans mal), nous arrivons à destination.

C’est un lieu en pleine nature, aménagé sur les flanc d’un massif. Comme nous arrivons à l’heure du déjeuner nous commandons notre repas dans leur “restaurant”, des plats locaux. Rassasiées après notre effort physique nous commençons enfin la visite de ce lieu “incontournable”, qui est plutôt agréable. Nous commençons par emprunter le fameux pont suspendu, et c’est vrai que c’est assez surprenant de se sentir suspendu au-dessus d’une vallée au creux de laquelle s’écoule une rivière. Au terme de la traversée, le parc propose de se promener en haut des arbres en empruntant des ponts eux aussi suspendus, de se promener le long des chemins aux abords desquels on peut en apprendre plus sur la faune et la flore des environs.

Le parc visité après quelques heures nous repartons avec nos vélos. C’était effectivement un lieu incontournable, quelque chose qu’il fallait voir, qu’il fallait faire. Et comme tout lieu touristique il avait son lot de touristes, toujours un peu trop nombreux. Le retour s’effectua sans descendre du vélo. Et oui, la pente qui nous paraissait infaisable nous l’avons fait sans poser le pied à terre. Enfin si, arrivées en haut du pont nous nous sommes arrêtées quelques minutes. Mais comme l’a dit Julie “en fin de compte on se mets nous même des limites”. Ensuite nous avons continué dans Stanley Park avant de rendre nos vélos et retourner à l’appartement.



Pour cette journée, même si le pont suspendu était une activité intéressante, c’est surtout notre périple à vélo que j’ai aimé. Nous nous étions lancées dans cette petite aventure avec l’objectif de le faire à vélo et nous avons atteint notre but. Et puis on s’est bien marrées en plus!

 

Vancouver Island nous voilà!

 

Aujourd’hui nous devons dire “au revoir” à Vancouver, nous allons rejoindre l’île de Vancouver pour commencer notre premier Wwoofing. Mais avant d’y arriver, à bord du métro, bus et ferry nous devrons embarquer.



Nos sacs de nouveau remplis, nous reprenons notre trajet habituel pour rejoindre le centre-ville de Vancouver. Nous prenons de nouveau notre petit-déjeuné dans le même café qu’il y a deux jours et nous nous remettons en route pour prendre le métro en direction du sud de la ville. Après un trajet d’une vingtaine de minutes, nous arrivons directement à l’arrêt de bus qui nous conduira au ferry. Là encore une bonne demie-heure de trajet. Jusque là aucun accroc, tout se déroule comme il faut. On ne s’est pas trompée de métro, ni de bus. Et heureusement car le trajet reste long pour rejoindre le port des ferrys et nous devions impérativement prendre celui de 15h15 car un autre wwoofeur prend également ce ferry et nos futurs logeurs nous attendront à l’arrivée à Nanaimo.

Deux longues heures plus tard nous arrivons enfin. En descendant du bateau nous scrutons les gens pour deviner qui allait être ce troisième wwoofeur, mais nous n’apercevons personne qui pouvait correspondre. Puis on s’est dit que ça pouvait être une wwoofeuse, et effectivement c’était le cas. Kira, une étudiante allemande se manifesta au moment où Jeannine s’approcha de nous. Cette dernière était la fille de Melissa et Grant, les personnes chez qui nous allions passer les 15 prochains jours.

Les bagages chargés à l’arrière de la voiture nous prenons la route pour Cassidy Farm. Durant le trajet Jeannine nous posa plusieurs questions pour en apprendre un peu plus sur nous, ce qu’on faisait en France, en Allemagne, ce qu’on venait faire au Canada. Et là, une révélation pour moi, je comprenais ce qu’elle disait, dans les grandes lignes tout du moins. Avec mon niveau d’anglais plutôt mauvais, je m’attendais à ne rien comprendre. Et pourtant j’arrivais à suivre une conversation, sans forcément en comprendre les subtilités mais je n’étais pas complètement perdue.

En arrivant à la ferme, une maison toute décorée de lampions chinois (car oui la famille qui nous accueille est d’origine asiatique), nous avons également fait la connaissance d’une quatrième wwoofeuse, Hisako, une japonaise. Jeannine nous montra nos chambres, nous avions une pièce en sous-sol qui nous était réservée, une sorte de dortoir dans lequel les chambres étaient séparées par des rideaux, ce qui nous permettait d’avoir chacune notre intimité et un espace à nous. Jeannine nous expliqua ensuite rapidement les quelques règles de la maison, l’organisation du travail, nos horaires et tout ce que nous avions besoin de savoir. Elle nous expliqua aussi que nous allions aider au “Market”, le magasin qu’avaient ses parents sur l’aire d’autoroute à 15 minutes à pied de la ferme. Concrètement nous devions alterner entre le matin et le soir pour l’ouverture et la fermeture du magasin, mais tout le monde y allait le soir pour dîner, et pour le reste de la journée, nous allions travailler 6h soit au magasin, soit à la ferme.  

A 19h15 nous partons donc pour le magasin toutes les quatre ensemble. Hisako étant là depuis quelques jours déjà connaissait très bien le chemin et les différentes tâches que nous devions faire lors de la fermeture du magasin. Lorsque nous sommes arrivées, on découvrit un genre de petite supérette où on pouvait trouver des fleurs, des fruits et des légumes frais, la plupart cultivés à la ferme, des herbes culinaires également cultivées à la ferme, des boissons en tout genre, des lunch-box variées, des chips et autres aliments du genre et surtout, surtout les tartes, cookies, cake et barres cuisinées par Melissa. C’est simple en les voyant on veut tout goûter tellement c’est appétissant. Avec Julie nous nous sommes d’ailleurs promises de ne pas partir de Cassidy sans les recettes!

Le repas cuisiné par Melissa engloutit, nous aidons donc pour la fermeture du magasin. Je profite de l’occasion pour expliquer à Melissa que mon niveau d’anglais n’est pas très bon, mais elle me rassure tout de suite en disant qu’il n’y a aucun soucis, qu’ils ont l’habitude et qu’ils sont très patients.



Retour à la ferme, avec Julie nous allons rapidement nous coucher car même si nous n’avons pas vraiment fait d’effort physique aujourd’hui, la journée a été longue. Et puis le lendemain c’est notre première journée en tant qu’apprenties fermières canadiennes.

 

Séjour en Wwoof à Cassidy Farm

 

Pour notre premier jour de travail le réveil fut compliqué, les suivants également car mine de rien, même si ce n’était que 6 heures de travail par jour ça fatigue pas mal de travailler dans une ferme, mais ça je le savais déjà.  



Nous devions commencer par apprendre à ouvrir et fermer le magasin afin d’être rapidement autonomes pour pouvoir les aider efficacement dans cette tâche. On ouvrait donc le magasin tous ensemble les deux premiers jours. Pour cette mission, il s’agissait de rentrer ou de sortir de la chambre froide tous les produits frais, les gâteaux, cookies et autres délices cuisinés par Melissa ainsi que les fruits et les légumes, les mettre en place ou les enlever des présentoirs qu’il fallait eux-mêmes mettre en place, vérifier les dates de fin de consommation, trier les fruits et légumes, alimenter le frigo des boissons, allumer ou éteindre les lumières,… bref tout pleins de petites tâches que nous nous partagions. Par la suite nous n’étions plus que 2 ou 3 à ouvrir et le soir c’était au tour des autres de fermer. Si on ouvrait, bien souvent nous aidions Melissa dans la préparation des gâteaux, soit en coupant la rhubarbe, en pelant les pommes, en collant les étiquettes sur les produits fraîchement sortis du congélateur et qui iraient trouver leur place sur les présentoirs, ou encore en préparant les plats pour la préparation des “pies”. Lorsque  nous étions de fermeture, il suffisait de tout ranger et de fermer les portes en vissant les cales pour bien sécuriser les lieux, autant dire qu’à la fin de ce séjour j’étais devenue une pro de la visseuse. Le petit plus du soir c’était la glace que nous proposait parfois Grant.

J’adorais ce petit magasin en bord de route, il ne payait pas de mine au premier coup d’oeil mais il offrait aux gens des produits fraîchement récoltés du jardin et des mets succulents, l’ambiance était également très agréable, c’était un lieu chaleureux.

Pour la partie travail à la ferme les tâches étaient très variées, quoique pas vraiment les premiers jours, les fraises nous ont occupées de longues heures. Il fallait transférer les pieds de fraises dans des pots plus grands, et donc faire des mélanges de terre et engrais qui pue mais pas trop quand même, puis aller positionner les nouveaux pots sur des tables bâchées pour la récupération de l’eau de pluie. Sauf qu’il y avait 1000 pieds à rempoter et au total 2000 qui recouvraient ces tables. Il y avait tellement de pieds que nous avons dû mettre en place de nouvelles tables, fabriquer les encadrements, découper les bâches. Au total cela a dû nous prendre 3½ de nous occuper de tout ça, à 5 wwoofeuses.

Nous avons également déconstruit puis reconstruit un enclos pour les deux nouvelles petites chèvres, tâches qui nous a pris une petite journée à 3. Sinon le désherbage, tondre la pelouse, remplir des brouettes de terre, le rempotage de plusieurs plantes (basilic, herbes culinaires en tout genre et arbres), l’entretien des fleurs de Melissa, l’arrosage de tout ce petit monde, toutes ces activités rythmaient nos journées.

J’ai failli oublier l’une des activités les plus importantes, faire l’abeille. Et bien oui, on y pense pas tout de suite, mais pour les pieds de tomates qui se trouvaient sous les serres (“greenhouse”) il fallait faire nous même le travail des abeilles (et autres insectes pollinisateurs du genre) qui ne peuvent pas entrer dans les serres et donc polliniser pour permettre aux petites fleurs de devenir de belles tomates. Pour cela nous étions armées de brosse à dents électriques, que nous posions sur le dessus des branches où étaient les fleurs, ce qui faisait vibrer la branche et donc tomber le pollen. Ingénieux. Nous étions donc les bees de la ferme, et Grant s’amusait à nous donner des surnoms, le mien “Camibee”. Pour ma part c’était marrant de faire le travail que mes travailleuses faisaient habituellement. Amusant, ça l’était surtout au début quand on voit le pollen tomber et puis ça devient vite étouffant comme ambiance car sous la serre il fait vite chaud, c’est un peu le principe. Comme disait Grant “free sauna”.
Dans l’ensemble nos journées de travail étaient bien remplies, nous avions toujours quelques choses à faire, des bacs à désherber, transplanter, donc pas le temps de s’ennuyer. Grant nous donnait nos directives, nous expliquait au besoin la marche à suivre, il nous faisait confiance, il m’a d’ailleurs laissé conduire son “truck”, ou pick-up, presque un rêve qui se réalise, conduire un vrai pick-up américain. Mais ne nous emballons pas ce n’est pas le plus gros qu’on ait vu.



Pour une première expérience wwoofing c’était vraiment bien. J’ai bien accrochée avec ce concept, car même si c’est du travail, on a plus l’impression de rendre service que de vraiment travailler. La contrepartie n’est pas un salaire mais le gîte et le couvert. Ca donne l’opportunité de rencontrer des locaux, des étrangers également (les autres wwoofeurs) et de voir comment la vie se passe dans ce petit bout du monde. Ca promet pour la suite.

 

Cassidy Farm, après 16h c’est quartier-libre
A partir de 16h, après nos 6h de travail journalières, nous avions du temps libre jusqu’à l’heure du dîner c’est à dire 19h15. On en profitait donc pour aller se balader en dehors de la ferme.



La ferme se situe dans un coin plutôt perdu. Cassidy c’est à mis chemin entre le quartier et une petite ville. C’est situé en proche de la “highway”, un genre d’autoroute à la canadienne, avec pratiquement aucun supermarché, pas de commerce, juste un pub et une supérette où tout est trop chère. Même s’il n’y avait pas grand chose aux alentours nous en profitions le plus souvent possible pour partir un peu de la ferme.

Notre première sortie avec Julie consistait à aller voir la rivière dont nous avait parlé Melissa, elle nous avait indiqué le chemin en nous expliquant rapidement comment nous y rendre. Mais pour arriver à cette rivière nous n’avons pas tout de suite pris le bon chemin, nous l’avons trouvé à la troisième tentative. L’endroit n’avait rien de particulier mais restait agréable, assez pour se poser et commencer à réfléchir à nos futurs projets sur l’île de Vancouver.

Notre second excursion était également à la rivière mais avec Isabelle cette fois-ci, notre nouvelle camarade frenchie arrivée quelques jours après nous. Grant et Melissa nous avaient indiqué un autre endroit pour se rendre à la rivière. Mais pour cela il fallait marcher le long de la highway… Cette idée ne rassurait pas trop Isabelle, “mère prudence” comme elle s’était  appelée à cette occasion, mais nous n’avions pas trop le choix, et puis Melissa nous a dit que c’était “safe”… Nous voilà donc parties le long de cette route à grande vitesse. Elles sont bien différentes de chez nous car première distinction, elles ont des feux tricolores à certains endroits. Après avoir marché une bonne distance, avoir rencontré une chaise sur notre route et donc avoir faire une séance photo avec, nous arrivons à un bois et un sentier qui nous mène tout droit à la rivière. Le lieu est plus sympa que la première fois mais sans rien d’exceptionnel non plus. Nous marchons un peu le long de la rivière, Isa nous fait une démonstration de ricochet, avec Julie nous essayons de l’imiter, sans grand succès. On se pose quelques minutes, parlons de tout et rien, rigolons de certaines situations et repartons sur nos pars pour retourner au market, c’est bientôt l’heure du dîner.

Notre troisième excursion était plutôt sportive. Julie souhaitait voir de gros animaux et Jeannine nous avait expliqué qu’il y avait une ferme de bisons pas très loin. Comme elle se situait à 7 km et qu’il n’y avait pas vraiment beaucoup de choix dans les trajets pour nous y rendre, on avait décidé d’y aller en vélo. On a donc emprunté ceux de la ferme en vérifiant au préalable leur état de fonctionnement. Mise à part qu’on ne pouvait pas changer les plateaux, ils roulaient à peu près. Nous voilà donc parties à trois pour cette fameuse ferme. Nous roulions parfois sur la route, parfois sur un chemin de cailloux et tout le trajet était fait de montées interminables et descentes libératrices. Après 45 minutes de pédalage dont quelques minutes sur le mauvais chemin par ma faute, nous arrivons enfin à la ferme, qui est fermé jusqu’au 19 juin. Dommage. Nous arrivons tout de même à apercevoir un bison, seul perdu dans son pré, presque caché derrière des arbres. On apprendra plus tard dans la journée par la propriétaire des lieux qu’ils en ont 110, donc concrètement on en a juste loupé 109. Nous prenons la route pour repartir mais cette fois via un autre itinéraire, que de la route bien lisse. Sauf que c’est à ce moment là que le seul frein qui fonctionnait encore sur le vélo d’Isa lâche. C’est pas comme-ci la route qu’on avait choisi de prendre n’était qu’une longue descente. La seule solution qui nous permettait de rentrer plus rapidement était, comme l’avait suggéré Isa, d’aller chercher le truck de Grant et de revenir la recherche elle et son vélo. Je commençais donc à pédaler le plus vite possible pour ne pas perdre trop de temps, j’avais 7 km à faire avec un petit passage sur la  highway. Heureusement c’était pratiquement qu’en descente je suis donc vite arrivée au market. Le temps d’essayer d’expliquer à Grant la situation (petit rappel, mon anglais ne vaut pas grand chose) et de lui demander ses clés et j’étais repartie. Les filles avaient déjà parcouru une bonne distance lorsque j’arrivais à leur hauteur. Toutes les trois dans le pick-up, les vélos à l’arrière, on retournait au market. En arrivant on apercevait déjà Grant et Melissa avec un grand sourire. Isa leur raconta l’épisode sportif comme elle sait si bien le faire et ça les a bien fait rire, nous aussi d’ailleurs. C’était notre première petite galère, mais c’est aussi ce qui donne du piquant aux aventures et de bons souvenirs.

Notre dernière petite excursion consistait à aller boire un verre au pub de Cassidy. C’était un dimanche, il y avait un peu de monde et on décida de s’installer toutes les trois dehors pour profiter du soleil. On profita de ce moment pour discuter de nos programmes, sur l’île, dans les Rocheuses. On parla aussi de nos envies de voyages, des raisons qui nous avaient poussées à partir, de ce qu’on était venue chercher, de pleins de choses plus ou moins sérieuse.

C’était un moment agréable entre frenchies, quelques jours avant notre départ.

 

 

 

Cassidy Farm : nos deux jours off

 

Chaque semaine nous avions droit à deux jours off, de repos. On avait donc décidé avec Julie d’en profiter pour aller visiter les deux “vraies” villes Ladysmith et Nanaimo proche de nous, de réserver notre prochains hébergements et de se reposer.



Le mercredi matin, Jeannine nous déposa à Ladysmith la ville la plus proche au sud. Elle nous avait expliqué que la ville était plus petite que Nanaimo mais aussi plus sympa. En plus il y a avait une randonnée à faire et le temps devait se gâter le lendemain alors autant y aller ce jour là. La randonné faisait une boucle et à mi-parcours un sentier menait à un lac, le “heart lake”. On commença donc la randonnée tranquillement, il n’y avait pas vraiment de relief pour le moment, le sentier était bien défini et le paysage plutôt agréable, celui du Canada, c’est à dire de la végétation bien présente avec des arbres gigantesque et toujours un cours d’eau qui s’écoule tranquillement entre les rochers formant de petites cascades. Nous arrivons à un panneau nous indiquant le sentier pour rejoindre le fameux lac. Le sentier en question était beaucoup moins bien défini et surtout le relief n’avait rien de comparable avec le chemin sur lequel nous marchions depuis quelques temps. C’était une montée avec un dénivelé important. En fait à chaque pas nous prenions de la hauteur. Nous avons bien marché pendant une heure de cette façon, on n’en voyait pas le bout, c’était interminable. Mais la récompense fut de taille. Après avoir passé quelques gros rochers, on aperçu le lac qui s’étendait au loin. C’était magnifique, nous étions seules à contempler ce spectacle, personne à l’horizon, c’était parfaitement calme et tranquille. On profita de l’endroit pour se poser et pique-niquer les sandwichs que Melissa nous avait préparé. On croisa tout de même une femme et son chien qui étaient venus se défouler un peu. Nous sommes reparties un peu plus tard sur nos pas pour retrouver le sentier initial, la descente parut encore plus longue que la montée. La fin de la randonné manquait un peu de charme comparé au début. Elle se terminait à l’autre bout de la ville et la plage que nous voulions rejoindre pour profiter un peu du soleil était à l’extrémité. Plutôt que de longer la highway, on décida de descendre en bord de mer et de longer la côte. On arriva sur une plage de galet et aperçu au loin la plage qui était en fin de compte plutôt un parc en bord de mer. On marcha donc plusieurs minutes sur ces galets avant de pouvoir atteindre notre but qui ne se rapprochait pas assez vite. Mais nous y sommes arrivées et on s’est enfin allongées dans l’herbe. Après une petite sieste, on s’est fait réveillées par une pluie fine qui nous a obligé à rejoindre le centre ville. Après avoir parcouru la rue principale, nous avons prévenu Jeannine pour qu’elle vienne nous récupérer comme c’était convenu et quelques minutes plus tard nous étions de retour à la ferme.

Le jour suivant le temps ne nous a pas permis de beaucoup sortir, il a plu une bonne partie de la journée. Comme prévu on a donc organisé la suite du voyage sur la côte Ouest de l’île et à Victoria. En fin de journée, Melissa était revenue à la ferme et nous avait proposé de nous déposer quelque part car elle avait des courses à faire. Je n’avais pas bien compris la destination, je pensais qu’elle pouvait nous déposer à la ferme des chèvres pas très loin de la nôtre alors qu’en fait pas du tout c’était pour aller à Nanaimo… Nous voilà donc dans la ville pour 3 heures et n’avions absolument rien préparé, pas d’itinéraire, pas de lieu d’intérêt. On se promena donc tout simplement le long des quais et dans les rues principales. Il n’y avait pas grand chose à voir, à part se faire pchiter du produit à vitre par une femme un peu dérangée tout en nous proposant gentiment  d’aller nous faire foutre et trouver des bouquins dans une petite boutique du centre ville, nous n’avons pas fait grand chose. Nous avons rejoint Melissa au point de rendez-vous prévu et sommes rentrées tranquillement à Cassidy pour ne plus rien faire de notre journée.


Les deux jours suivants c’était au tour de nos collègues de prendre leur jours off et nous serions donc que toutes les deux à travailler.

 

Melissa, Grant et Jeannine, la famille Fong

 

Nous avons donc été accueillies par Grant, Melissa et Jeannine, leur fille, pendant 15 jours. Pour cette première expérience en wwoofing ils ont mis la barre très haute car ils ont été très accueillants, patients et vraiment gentils. Ils s’intéressaient à chacune d’entre nous, ce qu’on faisait chez nous, pourquoi on venait au Canada, la durée de notre séjour, ce qu’on venait faire.

C’est une famille très soudée et très unies, il n’y a qu’à regarder les murs du couloir et le frigo, ils sont recouverts de photos de famille, de remise de diplôme, de souvenirs de noël.

Grant et Melissa travaillent ensemble tous les jours, s’entraident et se soutiennent chaque instant. Il y a également Mandy, la soeur de Grant qui aide au market. On les sent fatigués le soir quand ils rentrent mais Melissa nous a expliqué que c’était un choix de vie qu’ils ne regrettaient pas comparé à ce qu’ils faisaient avant. Et même s’ils ne roulent pas sur l’or ils aiment leur quotidien. La seule chose un peu dommage par rapport à ce Wwoof, c’est que nous n’avons pas passé beaucoup de temps avec eux, car le market est très prenant. Nous étions avec eux quand ils nous donnaient les directives que ce soit à la ferme ou au market, mais sinon bien souvent Grant ne restait pas à la ferme et Melissa n’avait pas besoin de nous plus de quelques heures le matin pour l’aider à la cuisine. On passait donc la plupart du temps sans eux et nous prenions aussi les repas séparément. Ca m’a rassuré de savoir par Isa qu’il y a quelques mois, quand le market n’était pas encore ouvert pour la saison, l’ambiance était différente et qu’ils partageaient plus de moments ensemble.

Jeannine est une personne très agréable à vivre. Toujours très souriante, toujours quelque chose à dire, à poser des questions. Elle est marrante sans trop le vouloir, juste dans sa façon d’être, de raconter ses anecdotes. En plus son accent me permettant de comprendre lorsqu’elle me parlait. C’est une personne lumineuse, une belle rencontre également.



Merci pour ces pies, cookies, banana loaf, ces repas du soir, ces session désherbage et transplantation, vos sourires, votre temps,…Nous avons donc été accueillies par Grant, Melissa et Jeannine, leur fille, pendant 15 jours. Pour cette première expérience en wwoofing ils ont mis la barre très haute car ils ont été très accueillants, patients et vraiment gentils. Ils s’intéressaient à chacune d’entre nous, ce qu’on faisait chez nous, pourquoi on venait au Canada, la durée de notre séjour, ce qu’on venait faire.

C’est une famille très soudée et très unies, il n’y a qu’à regarder les murs du couloir et le frigo, ils sont recouverts de photos de famille, de remise de diplôme, de souvenirs de noël.

Grant et Melissa travaillent ensemble tous les jours, s’entraident et se soutiennent chaque instant. Il y a également Mandy, la soeur de Grant qui aide au market. On les sent fatigués le soir quand ils rentrent mais Melissa nous a expliqué que c’était un choix de vie qu’ils ne regrettaient pas comparé à ce qu’ils faisaient avant. Et même s’ils ne roulent pas sur l’or ils aiment leur quotidien. La seule chose un peu dommage par rapport à ce Wwoof, c’est que nous n’avons pas passé beaucoup de temps avec eux, car le market est très prenant. Nous étions avec eux quand ils nous donnaient les directives que ce soit à la ferme ou au market, mais sinon bien souvent Grant ne restait pas à la ferme et Melissa n’avait pas besoin de nous plus de quelques heures le matin pour l’aider à la cuisine. On passait donc la plupart du temps sans eux et nous prenions aussi les repas séparément. Ca m’a rassuré de savoir par Isa qu’il y a quelques mois, quand le market n’était pas encore ouvert pour la saison, l’ambiance était différente et qu’ils partageaient plus de moments ensemble.

Jeannine est une personne très agréable à vivre. Toujours très souriante, toujours quelque chose à dire, à poser des questions. Elle est marrante sans trop le vouloir, juste dans sa façon d’être, de raconter ses anecdotes. En plus son accent me permettant de comprendre lorsqu’elle me parlait. C’est une personne lumineuse, une belle rencontre également.

Merci pour ces pies, cookies, banana loaf, ces repas du soir, ces session désherbage et transplantation, vos sourires, votre temps,…

 

Isabelle, mais rapidement “Isa”

 

Lorsque Melissa et Grant nous ont prévenu qu’une française allait arriver deux jours après nous, notre première réaction avec Julie a été “pas une française…” C’est vrai quoi, on part pas à l’autre bout du monde pour retrouver des français. Et puis c’est aussi une partie des français qu’on ne supporte plus que nous quittions en venant au Canada. Pour ma part, le fait qu’une française arrivait, ça allait nous inciter à moins parler anglais et je pouvais dire adieu à mes potentiels progrès en anglais.

Résultat de tout ça, mon anglais ne s’est effectivement pas beaucoup amélioré mais je ne le regrette qu’à moitié, car sans Isa ces deux semaines n’auraient pas eu la même saveur.

De 6 ans notre aînée, Isa a tout lâché pour faire son PVT de deux ans au Canada. Les raisons de son départ lui appartiennent et je les garderai pour moi, mais je me suis beaucoup reconnue en elle. Ses envies d’autres choses, les questions qu’elles se posaient, celles qu’elles se posent encore, tout ça m’a rassurée d’une certaine façon. Je n’étais pas la seule dans ce cas-là, même si je le savais déjà, rencontrer des personnes dans le même état d’esprit que toi, et pouvoir en discuter avec eux c’est libérateur d’une certaine façon. On est pas si bizarre en fait.

Isa c’est aussi une fille géniale dans son tempérament, son attitude, dans sa façon de lier le mime à ses anecdotes, de les raconter tout simplement, de s’intéresser aux gens, à ce qu’ils font, de s’impliquer dans ce qu’elle fait, rien que de penser à elle en écrivant ces lignes ça me fait sourire. On a d’ailleurs tellement rit toutes les trois. Pour moi, Isa fait partie de ces rencontres qu’on oublie pas, que je n’ai pas envie d’oublier. J’espère pouvoir la recroiser, que ce soit peut être au Canada encore une fois ou même en France si elle revient un jour.
Merci pour ces fous rire, ces regards en coin pendant nos déjeuners trop silencieux, tes tentatives loupées pour les rendre moins pesant, ces discussions du soir, ces parties de cartes que t’avais pas l’air d’aimer plus que ça, nos partages de souvenirs, tes réflexions sur notre prise de poids inévitable, pour tes (gentilles) moqueries sur mon anglais, cette intolérance partagée, merci d’avoir fait partie de mon aventure.

 

En route pour un week-end prolongé sur la côte Ouest de l’ile de Vancouver

 

Nous sommes le mercredi 14 juin et aujourd’hui nous devons dire au revoir à notre première famille d’accueil. Hier soir, Julie et Isa nous ont préparé un dîner à la française histoire de les remercier. Je les aurais bien aidé mais j’en avais pas trop envie, j’ai préféré les regarder faire.



Ce dernier repas était un moment vraiment très agréable, c’était le seul dîner que nous faisions tous ensemble. On avait fermé le market pile à l’heure avec même un peu d’avance et à 20h30 on était tous à table. Au menu c’était tarte salé à la française, mais ils sont tout de suite partis sur l’idée que c’était des quiches, puis un dessert multiple en petites portions : mousse au chocolat, panna cotta avec un coulis de fraise du jardin et petite feuille de menthe pour la déco (mon idée haha et ma maigre contribution à la préparation de l’événement), et tarte aux pommes à la française également. Ils se sont régalés! Ou ont menti pour nous le faire croire…  On avait en musique de fond une playliste “française” donc concrètement de l’accordéon histoire d’être à fond dans le cliché et Grant nous avait laissé prendre un verre de vin de sa confection. C’était une soirée très chouette, pleine de fou rire et de bonne humeur.

Le lendemain matin, nous sommes parties à pied au market avec Jeannine pour récupérer la voiture et acheter quelques petites douceurs pour les jours à venir. Melissa nous a fait cadeau de deux loafs, autant dire qu’on était ravie et nos kilos en trop aussi. Le moment des au revoir était venu, et au Canada on ne se fait pas la bise mais un “hug”, donc session câlins pour tout le monde. Un dernier coucou à Isa à travers la vitre et nous voilà en route pour Nanaimo où notre bus pour Parksville nous attend.

Arrivées à Parksville les choses sérieuses allaient commencer. L’idée pour nous était de rejoindre la côte Ouest de l’île, à Ucluelet, où notre chambre d’hôtes nous attendait pour 4 nuits. On s’était prévu un week-end repos et balade en bord de mer dans les deux villes les plus connues, notre point de chute et Tofino. Sauf que pour y aller on avait encore 147 km à faire soit deux heures de trajet en voiture sur la seule et unique route qui desservait ces villes. Et comme nous n’avions pas envie de payer 75$ de bus pour nous y rendre on avait opté pour l’auto-stop. C’est normalement en lisant ces lignes que les parents s’inquiètent et d’autres personnes dont les noms me suivent immédiatement à l’esprit.

Et bien tout s’est bien passé! Trop bien même. A Parksville, sur la route que nous avait indiqué la conductrice du bus, nous n’avions même pas fait trois mètres et pas encore levé le pouce qu’une femme s’arrêta. Elle nous déposa 50 km plus loin à Port Alberni. Ca nous avait déjà bien avancé. On marcha pendant 30 minutes pour rejoindre un lieu plus propice au “hichhiking”. On leva notre pouce et trois voitures plus tard un homme d’une cinquantaine d’année s’arrêta à son tour. Il nous expliqua que l’endroit n’était pas assez bien situé pour le stop et nous déposa 10 km plus loin. Le temps de descendre de la voiture et de relever le pouce et une troisième et dernière personne s’arrêta. C’était une jeune allemande, également en road trip pour quelques jours. Elle allait justement à Ucluelet, ce qui était parfait pour nous. De manière générale les gens étaient plutôt curieux et toujours très enthousiastes quand on leur disait qu’on venait de France. Enfin quand Julie le disait car je m’installais toujours à l’arrière et Julie devant pour faire la conversation au besoin. Il faut dire aussi qu’avec nos gros sacs à dos, on attirait un peu l’attention. Les gens étaient plutôt compatissants ou alors avaient un peu pitié de nous, au choix. En tout cas ils étaient souvent impressionnés de voir deux filles se lancer dans un trip de 3 mois au Canada. C’est quand on leur parlait de notre envie de faire la côte Est à vélo qu’ils commençaient à nous prendre pour des folles. Du coup le fait qu’ils nous disent ça nous donnait encore plus envie de le faire, peut être aussi par pur esprit de contradiction. Mais dans l’ensemble ils étaient tout de même admiratifs.

Après quelques heures de trajet et une petite sieste à l’arrière de la voiture, on arriva à Ucluelet. Notre chambre d’hôtes était plutôt bien située et bien aménagée. Une belle chambre dans les tons bleu, avec une salle de bain avec baignoire et une petite pièce pour ranger nos affaire. La porte était une petite baie vitrée avec une vue qui donnait sur la mer. Elle est devenue encore plus agréable lorsqu’un couple de bambi est venu nous faire coucou et que le soir venu on a pu entendre les lions de mer qui s’étaient installés un peu plus bas.


Le temps de faire quelques courses et de se faire couler un bon bain et nous pouvions enfin profiter de ces quelques jours de repos qui nous attendaient.

 

Ucluelet et Tofino : chez les authentiques, les bobos et les surfeurs

 

Il n’y aurait pas grand chose à raconter pour la journée du jeudi, nous n’avons pratiquement rien fait. Les deux jours qui ont suivis étaient un peu plus actifs.



Nous avons donc passé notre première journée de week-end prolongé à ne rien faire, juste à rester tranquillement dans notre belle chambre, il pleuvait des cordes c’était donc propice au repos complet. Nous nous sommes seulement décidé à sortir en fin de journée car on entendait un lion de mer qui n’avait pas l’air très loin. Et nous avons bien fait car il était effectivement à quelques pas de notre chambre. Il était à la surface de l’eau dans une position assez particulière, comme s’il prenait le soleil qui était pour le coup inexistant. Ce fut notre seule activité de la journée avec un petit aller-retour sur la côte.


Le lendemain, comme le temps devait être plus agréable nous avions décidé de rejoindre Tofino à 38 km de Ucluelet. Même système de locomotion que le mercredi, on a levé le pouce en attendant de voir quelqu’un s’arrêter. Arrivées au bout de la ville à pied et après quelques minutes d’attente, une dame s’est arrêtée et nous a avancé de quelques kilomètres. Elle nous expliquait que Tofino était surtout peuplé de bobos à la canadienne, les citadins qui viennent passer leur week-end en bord de mer, elle les a appelé les “yuppies”. Nous avons ensuite fait la fin du trajet avec un couple allemand qui se rendait également à Tofino, en même temps c’était la seule route.

Tofino est une ville plutôt agréable, on voit tout de suite qu’elle est plus touristique que Ucluelet. Il y a plus de magasins, de restaurants, la ville est plus attrayante, les bâtiments ont l’air plus récents ou en tout cas plus entretenus. Une vraie petite ville de vacanciers. Nous avions prévu de nous programmer une session Kayak mais la température nous fit changer d’avis. On a du coup plutôt opté pour l’attraction touristique phare des villes côtières, l’observation des baleines. Nous avons fait une réservation avec Jamie’s, entreprise spécialisée depuis plusieurs années et qui garantit de voir au moins des baleines grises. En attendant notre départ, on est retourné dans le centre de la ville pour grignoter un morceau et acheter notre cachet pour éviter les nausés… ça serait dommage de ne pas profiter du spectacle sur leur super zodiac. De retour à Jamie’s pour l’embarquement nous enfilons nos magnifiques combinaisons et c’est parti pour 2h15 de bateau. La balade était sympa, les paysages vraiment différents que ce qu’on peut voir par chez nous. Après pour ce qui concerne les baleines, oui nous en avons vu, surtout leur dos et leur geysers, mais pas plus. Il y avait une petite déception car forcément quand on voit leur brochure on se dit qu’on va voir les mêmes choses mais ce n’est pas tout les jours que ça arrive. Après se dire qu’on a pu en approcher ou du moins se trouver à proximité de baleines restait une expérience plaisante et peu commune. Nous avions fait notre attraction touristique de la journée. Nous avons ensuite fait un tour dans la ville avant de prendre la direction des plages. La carte que nous avions prise à l’office de tourismes indiquait qu’elles n’étaient pas loin. Après 20 minutes de marche on s’est aperçu qu’elle n’était pas vraiment à l’échelle et nous avions encore une bonne distance à parcourir. Autant dire que lorsqu’on a pu marcher sur le sable c’était la libération. La plage était vraiment belle, là encore un paysage que nous n’avons pas l’habitude de voir. Il y avait tout du long un camping et d’autres sites d’hébergement plutôt atypiques qui avait l’air assez confortable. Nous n’avons pas pu y passer beaucoup de temps car il était déjà bientôt 19h et nous devions trouver une âme charitable pour nous ramener en stop. La première âme était un surfeur et la seconde une habitante de Ucluelet qui habitait en fin de compte juste à côté de notre chambre.

Le samedi nous avions prévu de faire la randonnée de Ucluelet, le “Wild Pacific Trail”, environ 8km, avec une partie loupe pour rejoindre le phare de la ville, qui n’est pour le coup pas aussi beau que les phares français, puis la randonné continuait tout le long de la côte jusqu’à l’autre bout de la ville, même un peu plus loin. C’était une randonnée magnifique, le beau temps était de la partie, sauf sur la fin lorsqu’on était sur le retour. Un chemin balisé, bien entretenu, qui mettait nos jambes à l’épreuve mais très largement faisable. Nous avons terminé la rando en rentrant par la route ne voulant pas revenir sur nos pas. Et nous avons bien fait car nous sommes tombées sur une petite boutique très sympa. La randonnée nous avait là encore offert de beaux spectacles. De retour à la chambre, nous faisions nos dernières lessives à la main, et préparions notre package pour le retour vers la côte Est et notre second Wwoofing.


Cette côte Ouest vaut le détour, lieu de prédilection des surfeurs, ces deux villes font parties des incontournables de l’île de Vancouver et maintenant nous savons pourquoi. Avec une météo plus clémente, nous aurions pu en voir plus mais nous en avions vu déjà assez pour comprendre la hausse de fréquentation à la belle saison.

 

Notre arrivée à Fanny Bay, deuxième Wwoof !

 

C’est le moment de repartir vers la suite de cette aventure. Nous devons rejoindre Parksville, attraper un bus et prendre la direction de Buckley Bay où nous attends notre second Wwoof.



Nous partons donc de notre petite chambre avec une pluie fine pour nous accompagner. C’est un premier habitant de Ucluelet qui se propose de nous avancer jusqu’à l’intersection qui mène soit à notre destination, soit Tofino. Après 20 minutes d’attente, un couple d’allemand (encore) s’arrête et nous conduit jusqu’à notre destination, Parksville. Pour revenir sur notre expérience de “pouce levé”, dans l’ensemble ce sont souvent des gens du coin qui ont l’habitude des auto-stoppeurs soit des allemands en vacances qui s’arrêtaient. Les grosses et belles voitures ne s’arrêtent que très peu. Ce couple originaire d’Allemagne mais vivant en Australie, était venu en vacances au Canada. Ils avaient déjà passé quelques temps dans les Rocheuses et nous confirmèrent que c’était un spectacle magnifique. Ils nous racontèrent des anecdotes avec les animaux, dont les ours. Lorsque nous sommes arrivées à destination, ils nous ont fait cadeau de leur spray à ours. Oui oui c’est bien ça, un pshit-pshit anti-ours. C’est très rassurant, car il est extrêmement conseillé d’en avoir sur soi. Au moins maintenant on est équipé grâce à notre gentil couple allemand.

Petite pause déjeuné dans un de leur fast-food et nous voilà reparties vers notre arrêt de bus à 20 minutes à pied. Le lieu de l’arrêt de bus est complètement improbable, il est situé sur le parking d’un autre fast-food et manque de bol, le local où nous devions retirer notre billet est fermé. Il était indiqué sur leur site qu’il était ouvert le dimanche, mais la petite pancarte sur la porte nous informe du contraire. Nous allons donc croiser les doigts pour que le conducteur nous accepte tout de même dans son bus car sinon ça sera de nouveau une session “pouce levé”. Comme nous avons deux bonnes heures d’attente avant l’arrivée du bus nous repartons en direction d’un Tim Horton aperçu sur le chemin, un fast-food spécialisé dans le café. En y entrant, on a remarqué avec Julie qu’il y avait énormément de personnes “d’un certain âge” qui fréquentaient ce genre de lieu, les fast-food en général. Contrairement à ce qu’on voit en France où ce sont essentiellement des jeunes ou des familles. Connaissant la durée de l’attente, nous avons choisi de nous installer confortablement dans des fauteuils. Puis à 30 minutes du  départ du nous sommes retournées à l’arrêt. Mais nous aurions pu y rester plus longtemps dans ces fauteuils car le bus est arrivé avec 30 minutes de retard. Voici donc le moment fatidique pour savoir si notre attente en a value la peine ou si on aurait mieux fait de lever le pouce depuis 3 heures. Donc concrètement notre réservation faite la veille au soir n’avait pas eu le temps d’arriver dans leur “fichier” et nous avons dû payer de nouveau nos billets. L’arrangement était que le chauffeur attendait un retour de son collègue le temps du trajet jusqu’à Buckley Bay et qu’il nous remboursait si tout était ok. Et comme c’était bien le cas, il nous redonna nos sous à l’arrivée.

Entre temps nous avions prévenu Hanna, notre nouvelle logeuse pour 15 jours, de notre arrivée sur Buckley Bay car elle devait venir nous chercher à l’arrêt de bus. Nous n’avons eu un retour de sa part que 40 minutes plus tard, comme quoi elle venait nous chercher. Elle arriva très rapidement après son message. Elle était une femme d’une cinquantaine d’année. Elle nous amena donc à sa maison qui se trouvait à 800 m de l’arrêt de bus/station service. Nous arrivions enfin à destination après 10 heures de “voyage” pour un trajet qui n’en demanderait en temps normal que 3 heures tout au plus.

Au fur et à mesure qu’on avançait dans son allée, on apercevait la maison qui se dévoilait. C’était une grande maison sur trois niveaux, il y avait également plusieurs bâtiments qui entouraient la maison, une écurie qui servait de dépôt pour son association pour les chats, un grand garage, un local où se trouvaient les vélos, et deux petits bâtiments qui abritaient les poules, l’un pour celles qui serviraient plus tard de repas et un pour celles qui pondaient les oeufs. Le tout entouré d’un immense jardin, avec un petit potager bien garnis et un enclos pour les 6 alpagas (lamas). D’ailleurs, la première fois que je les ai vu je me suis retenue d’exploser de rire tellement leur allure était à mourir de rire. En entrant dans la maison, on fit la connaissance des autres petites bêtes : 3 chats et 3 chiens dont l’un était à Ruth, la soeur de Hanna. Tous les animaux avaient soit une maladie soit un problème physique, un oeil aveugle, une queue tordue, une patte en moins, des soucis d’articulation aux pattes arrières, mais leur point commun c’est que toutes ces petites bêtes sont adorables et ne demandent que des câlins.

Le temps de poser nos affaires et de nous montrer la maison, Hanna nous emmena dehors pour une petite balade histoire de faire le tour du propriétaire et de nous montrer les quelques gestes qui deviendront rapidement notre quotidien. Hanna nous expliqua tout ce qu’il fallait savoir pour la nourriture des animaux, elle nous expliqua également que tous les matins nous aurions une liste de choses à faire dans la journée et que lorsque c’était fini, nous faisions ce que nous voulions. Elle nous laissait une voiture à disposition et avait préparé tout un tas de dépliants sur les activités du coin.


Ce second Wwoof s’annonçait bien différent du premier et tout aussi intéressant, c’était une organisation différente, un mode de vie différent également. Et le lendemain nous en aurions un premier aperçu.

 

Nos activités pour 15 jours à Fanny Bay

 

Tous les matins et tous les soirs nous avions notre routines, la matinée était occupée par les missions que nous donnait Hanna et l’après-midi c’était quartier-libre.



Nous avions une feuille sur laquelle était noté toutes nos tâches quotidiennes, nourrir les chats et les chiens, ouvrir aux poulettes et leur donner à manger et à boire, aller donner à manger aux lamas, c’était une check-list que nous suivions chaque jour. En plus de ces tâches, Hanna nous préparait tous les matins une liste de choses à faire dans le jardin ou aux alentours. Elle notait également les événements du jour, et nous faisait des propositions de balades et randonnées.

En générale les tâches étaient plutôt simples et ne nous prennaient que quelques heures dans la matinée. Il s’agissait de désherber son potager, couper les ronces dans l’enclos des alpacas, couper l’herbe, cueillir les fraises dans son jardin mais pas seulement. Une matinée nous sommes allées dans une autre ferme à 18 km de chez elle, cueillir des fraises pour faire des confitures. Le concept de cette ferme était que tu venais avec tes contenants et tu allais chercher toi-même les fruits et légumes dont tu avais besoin, et il ne restait ensuite plus qu’à payer à la sortie de la ferme. J’ai adoré cette mission car c’est un concept auquel j’avais pensé pour plus tard, et voir que ça se concrétisait et que ça fonctionnait très bien me confortait dans cette idée et m’encourageait aussi à ne pas laisser toutes ces anciennes idées de côté. Une des missions que nous n’avions pas forcément aimé faire était de tapisser tout le potager avec du copeau pour éviter les mauvaises herbes. On trouvait cette idée un peu inutile car le sol était déjà recouvert par une espèce de bâche noire qui avait déjà pour fonction d’éviter que les mauvaise herbes ne repoussent. Mais au bout de 3 jours nous avons réussi à finir cet ouvrage.



L’après-midi était donc libre et Hanna nous laissait même une voiture à disposition. Au cours de nos 15 jours de Wwoofing à Fanny Bay nous avons eu l’occasion de faire beaucoup de randonnées et découvrir cette belle région côtière.



Courtenay  :

Courtenay était la grande ville la plus proche de la ferme, elle se trouvait à une bonne vingtaine de kilomètres. Aux abords de la ville il y avait toutes les enseignes de supermarché et fast-food que l’on trouvait dans la plupart des villes de la région. Le centre ville n’était pas très grand mais il y a avait quelques petites boutiques sympas, certaines pour les touristes, d’autres spécialisées dans le sport ou la décoration. Nous y allions régulièrement, principalement pour faire des courses et lorsque nous allions au restaurant avec Hanna.



Journée à la découverte des chutes d’eau :

Peu de temps après notre arrivée à la ferme, un nouveau wwoofeur est arrivé, un allemand déjà venu mais qui ne restait que trois jours. Avec Julie, nous n’avons pas vraiment accroché avec le personnage, on trouvait qu’il profitait de la gentillesse d’Hanna, lui demandant régulièrement des sous pour aller acheter de la nourriture pour nous faire des repas vegan, de l’emmener à Nanaimo prendre son ferry, bref on ne l’aimait pas beaucoup, surtout quand il nous a parlé de faire de la mousse au chocolat sans oeufs et avec de l’avocat… oui oui de l’avocat, nous dire ça à nous françaises, pour qui la nourriture est sacré. La seule chose positive qu’il a apporté c’est sa connaissance de deux endroits magnifiques où se trouvaient des chutes d’eau. C’était impressionnant de voir l’écouler une telle quantité d’eau. Elle était d’ailleurs d’une clarté, on pouvait voir le fond de la rivière sans difficulté. Elle était également très froide. J’ai adoré me balader dans ces endroits pour découvrir ces chutes, l’eau reste un des éléments que je préfère, et particulièrement dans ce genre d’endroit car on sent une grande force quand on l’observe s’écouler et en même temps regarder et écouter toute cette masse en mouvement a aussi ce côté apaisant. Je pourrais observer l’eau pendant des heures sans me lasser.



Randonnée sur “Forbidden Plateau” :

Pour notre premier samedi à Fanny Bay, Hanna nous emmena au Mont Washington pour une randonnée sur Forbidden Plateau. En hiver c’était le lieu de prédilection pour les amoureux des sports d’hiver, en arrivant au parking on apercevait les pistes et les remontées mécaniques sur les flancs de la montagne. Il était possible de faire différents parcours plus ou moins long, on choisit de faire la plus petite car Hanna devait aller à son cours de chant avec Ruth dans l’après midi. Le randonnée était très agréable, le chemin très bien balisé, peu de dénivelé, il y avait un peu de neige à certains endroits malgré le soleil qui chauffait déjà bien en cette matinée. A mi-parcours nous arrivions à un lac magnifique, là encore d’une clarté incroyable, entouré par les montagnes. Nous nous sommes posés le temps de manger un encas et sommes repartis pour la suite de notre promenade. Un autre lac fit son apparition, puis sur la fin de la randonnée, comme au début, un paysage plat parsemé d’arbres et de végétation et parcouru par de nombreux petits cours d’eau. Au retour de la randonnée nous sommes passés par Courtenay pour déjeuner, Hanna nous a invité au restaurant, un japonais spécialisé dans les ramens pour mon plus grand bonheur.



Cathedrale grove et les chutes de Little Qualicum River :

Quelques jours après le départ du vegan allemand, nous avons été rejoints par une autre wwoofeuse, Franca, elle aussi allemande. C’était une fille agréable, au début un peu sur la réserve mais on a très vite sympathisé et avons partagé quelques fous rire, souvent à cause de mon anglais très aléatoire. L’une des premières ballades que nous avons faite toutes les trois était d’aller voir l’arbre le plus grand de l’île qui se situait sur la route 4 qui menait à Tofino. Il y avait un petit parcours dans la forêt de chaque côté de la route que nous avons fait. L’arbre était effectivement très grand, perdu au milieu des autres, s’il n’y avait pas eu d’indication nous n’aurions pas su que c’était celui-ci. De retour à la voiture, cette escapade n’avait pas pris beaucoup de temps, on décida donc de s’arrêter sur la route du retour pour aller voir des chutes d’eau, j’avais repéré à l’aller le panneau en bord de route. Il s’agissait des chutes de Little Qualicum River. Là encore un parcours agréable qui longeait le cours d’eau et donc les diverses chutes. Nous avions bien fait de nous arrêter.



Top Bridge and Englishman River :

Dans les bouquins de hikking qu’Hanna nous avait laissé, nous avions repéré avec Julie une longue randonnée de 14 km qui suivait le cours de la Englishman River et dont les photos laissait espérer une balade plutôt sympathique. Nous avons donc demandé à Hanna notre jour off le vendredi et avons également proposé à Franca de nous accompagner. Nous avons pris la route le matin pas trop tard pensant que la randonnée nous prendrait un bonne partie de la journée. Le début du parcours commençait directement au Top Bridge, un pont suspendu au dessus de la Englishman River. Il était beaucoup plus petit que celui que nous avions fait à Vancouver et il se balançait un peu plus aussi. Il y avait déjà quelques personnes dès le matin qui se promenaient aux alentours et certains s’étaient même installés au bord de la rivière en vue de s’y baigner. L’idée me plu aussi mais il était encore trop tôt pour ça, peut être au retour de la rando. On commença donc le parcours qui parfois longeait la rivière et parfois s’en éloignait. Nous avons croisé peu de personnes mais souvent accompagnés de leur compagnons à quatre pattes. Ce qu’il y avait de différent dans cette randonnée c’est que l’ambiance changeait au fur et à mesure que nous avancions. Ca commençait par de la forêt, puis comme un sorte de marais mais avec de l’eau toujours très clair, puis de nouveau la forêt mais cette fois-ci nous suivions un ruisseau, il y avait ensuite la plage qui longeait de nouveau la Englishman River et nous retournions pour finir dans la forêt de départ. Au cours de la randonnée, nous avons fait une première pause, on a profité du sable pour se poser et s’allonger quelques minutes. Et bien évidemment à la fin nous sommes retournées au Top Bridge pour profiter de l’eau et se rafraichir un peu. Pour une fois j’avais pensé à prendre mon maillot de bain, mais je ne suis pas allée dans l’eau tout de suite. D’abord parce qu’elle était vraiment froide et aussi à cause de cette retenue qui me vient de je ne sais où et qui me retient de me lancer pour faire certaine chose. Et puis après être restée assise au bord de l’eau à la regarder s’écouler je me suis dit “on va pas tarder à rentrer, on va quitter cet endroit si magnifique et tu te seras même pas baigné alors que tu en as envie depuis toute à l’heure, et comme toujours tu regretteras de pas t’être lancée”. J’ai donc enlevé mon short et mon t-shirt et après plusieurs hésitations je me suis lancée, ou plutôt je me suis jetée à l’eau. Julie m’a rejoint et même Franca. C’était un moment vraiment sympa, très joyeux et j’étais contente de m’être décidé.


Nous avons fait pleins d’autres balades, nous avons vu d’autres villes, mais ces expéditions étaient les plus marquantes pour moi. Nous avons eu de la chance d’avoir posé 15 jours nos sac à dos dans cette région de l’île, les paysages étaient magnifiques. Peu importe où se posait notre regard, nous avions soit une vue sur des montagnes imposantes soit une vue magnifique sur la baie. En fin de compte il suffisait d’ouvrir les yeux pour être dépaysée.

 

1er Juillet 2017, Happy Birthday Canada!

 

150 ans que le Canada est le Canada, et c’est aujourd’hui que ça se fête !


Pour la grande journée du Canada Day, Hanna nous a proposé de l’accompagner à la parade organisée dans la ville de Courtenay, elle nous proposa même de rester plus longtemps si nous le voulions, mais comme nous repartions le lendemain et qu’on devait finaliser quelques petites choses on préféra rentrer en même temps qu’elle.

La parade se déroulait dans la rue principale de la ville. Nous n’avons eu aucun mal à trouver une place pour la voiture tout près du lieu de passage. Et en y arrivant, là encore aucune difficulté pour voir la parade. Ce qu’il y a de bien au Canada c’est qu’ils ne sont pas aussi nombreux que chez nous, et il y a bien assez d’espace pour qu’il n’y ait aucun risque de se marcher sur les pieds, et c’est un ressenti constant, que l’on soit dans les grandes villes ou les plus petites.

La parade commença à 10h30, avec en premier lieu le défilé des véhicules des pompiers canadiens, des camions lustrés pour l’occasion. Ils avaient sorti pour l’occasion tous les camions, les plus récents mais aussi les anciens qui faisaient retentir les sirènes. On sentait une réelle fierté que ce soit chez les personnes qui défilaient ou chez le “public” qui les acclamait. Toutes les formations territoriales ont défilé, les secouristes en mer, en montagnes, tous les services de l’agglomération. Ce sont ensuite les “personnalités” qui ont défilé dans de magnifiques voitures anciennes, les vrais modèles américains de l’époque, qui nous plongent automatiquement dans une autre époque. C’est ensuite au tour des diverses associations, le théâtre, les associations sportives, de chants, de danse, de karting et tellement encore. Le temps que tout le monde défile, plus d’une heure s’était écoulée. Ce qui était surprenant pour nous, petites française, c’était de voir que l’essentiel des personnes qui défilaient pour les associations étaient des personnes âgées, qui montraient un enthousiasme communicatif. Ici les personnes plus âgées ne sont pas entassées dans des maisons de retraite, il existe des lieux où les aînés se retrouvent pour jouer aux cartes ou simplement pour partager un thé. On sentait également un réel sentiment patriote dans la célébration de cet événement, personne n’aurait loupé cette parade pour rien au monde.Toutes les personnes présentes étaient habillées aux couleurs du Canada, autant dire que nous faisions tâche dans le paysage. La parade terminée nous sommes retournées à la ferme pour déjeuner, puis travailler quelques heures.

Nous avons mangé très tôt ce soir-là car les festivités n’étaient pas terminées. Hanna nous avait également parlé d’une sorte de spectacle, toujours à Courtenay, qui retraçait par plusieurs petites présentations, l’histoire et les caractéristiques du Canada. L’entrée était gratuite et les organisateurs de la soirée distribuaient des petits drapeaux du Canada ainsi que des pin’s. Nous avons eu droit à toutes sortes de spectacles, essentiellement du chant et de la danse, il y avait des claquettes, des chorégraphies sur le thème du voyage, des danses des différents peuples qui habitaient à présent ce grand pays (Japon, Chine, premières nations, Inde, Irlande,…), un couple de tout jeune pioupiou qui dansait sur des chansons d’une autre époque et le spectacle final était une magnifique démonstration de grâce et de confiance que nous ont donné deux jeunes filles lors de leur présentation de danse aérienne sur tissu. Toutes les générations étaient représentées lors de ce spectacle et elles se mêlaient les unes aux autres. Le public était formidable, il applaudissait à chaque fin de représentation, encourageait lorsque c’était les plus jeunes qui passaient, c’était une ambiance festive et j’étais contente d’en faire partie.

Pendant le spectacle, j’ai eu comme un début de réponse aux questions qui m’accompagnent depuis maintenant quelques mois. Le fait de voir ces différents tableaux du pays, de voir à quel point la culture était riche car constituée elle-même de cultures venant de plusieurs endroits dans le monde, toutes ces mises en scène m’ont conforté dans mon envie d’en apprendre un peu plus sur le reste du monde. De voir comment on vit ailleurs, comment s’organise les vies de chacun et la vie plus communautaire, quelles sont les coutumes, les habitudes, quels sont les événements qui rassemblent, quels sont ceux qui divisent. Et je ne veux pas seulement l’apprendre dans un livre ni chercher l’information sur internet, je veux vivre ces cultures, je veux vivre à leur rythme, manger leurs plats, marcher dans leurs rues, leurs campagnes, je veux apprendre à les connaître. Et comme un écho à cette réflexion et à ce spectacle, j’aperçu en sortant du théâtre une fresque murale dans la rue d’en face mettant en avant la diversité.

Hanna nous ramena à la ferme et nous laissa ensuite la voiture pour aller voir le feux d’artifice de Parksville car Courtenay n’en avait pas prévu. Nous sommes donc parties toutes les trois avec Franca pour finaliser cette journée festive. Le feux d’artifice avait lieu au bord de la mer et le lieu de rendez-vous était déjà rempli par la foule lorsque nous sommes arrivées. Nous avons trouvé un petit coin où nous asseoir sur la plage et avons attendu patiemment que le spectacle commence. Après 20 minutes d’attentes nous apercevons en face de nous les premiers feux éclatés alors que la nuit n’est pas encore très sombre. Il ne durera pas très longtemps et ne sera pas à la hauteur de mes attentes. Moi qui aie toujours droit à de magnifiques feux d’artifices le jour de ma fête dans ma petite ville de campagne, je m’attendais à mieux de la part de cette ville canadienne plus conséquente et qui célébrait les 150 ans de ce magnifique pays. Mais les canadiens avaient l’air ravis et c’est tout ce qui compte.


Après cette longue journée, nous sommes rentrées tranquillement sur la route longeant la baie et je me suis endormie en repensant à toutes ces émotions et ambiances partagées au cours de cette journée.

 

De Fanny Bay à Duncan, des ambiances contrastées

 

C’est aujourd’hui que nous reprenons la route pour nous diriger vers Victoria, la capitale de la Colombie-Britannique, mais avant de poser nos sac à dos là-bas, nous avons quelques étapes à faire.



En nous réveillant ce matin, Hanna nous explique qu’elle ne peut plus nous emmener à Duncan, la ville où nous voulions passer la nuit avant de partir pour Victoria, car elle a une urgence avec un chien. Elle a demandé à Franca si ça ne l’a dérangeait pas de nous emmener et celle-ci a gentiment accepté. Mais plutôt que de la faire rouler jusqu’à Duncan on a décidé avec Julie qu’elle nous déposerait au Market de Cassidy, car nous devions y faire de toute façon une pause. Pour le reste du trajet on se fera une session pouce levé.

Nous voilà donc en route pour Nanaimo, où Hanna nous a conseillé de nous arrêter pour faire une petite randonnée près de la baie. Nous entamons donc cette randonnée qui n’était pas trop longue et plutôt plaisante. Peu de temps avant d’arriver à la fin de la rando, les filles aperçoivent une petite figurine en plastique représentant un dinosaure posée là sur une branche proche du sol. Je la prends en photo trouvant l’idée plutôt drôle et me demande qui a bien pu s’amuser à la mettre là. Après avoir passé un peu de temps au bord de la mer, nous retournons sur nos pas pour retrouver la voiture et reprendre la route. C’est alors que j’aperçois à mon tour une autre figurine du même genre. Nous en rencontrerons comme ça sur une bonne partie du chemin. Décidément quelqu’un s’est bien amusé.

Nous voilà reparties pour Cassidy et la route se fait en quelques minutes. Franca nous dépose sur la parking du market, nous nous disons “au revoir” et la voilà repartie pour une bonne heure et quelques de route pour retourner à Fanny Bay. De notre côté nous retrouvons Grant et Melissa et leur sourires. Melissa m’apporte un sac plastique rempli de quelques affaires que j’avais oublié en partant, on ne parle que de deux t-shirts, un short et un pantalon… On ne se refait pas. Nous rencontrons les nouveaux wwoofeurs, un couple de mexicain et Melissa nous propose de manger avec eux pour ne pas repartir avec le ventre vide. Avant de repartir nous faisons de nouveau nos petits achats, quelques cookies pour ma part et un t-shirt aux couleurs de la ferme pour compléter ma collection avec celui de la Three Paws Farm. Le temps de dire de nouveau “au revoir” à Melissa et Grant et d’échanger quelques mots, nous nous positionnons sur le bord de la highway pour lever notre pouce.

C’est après 40 bonnes minutes que Wes s’est arrêté. Il habitait Victoria et avait accepté de nous déposer jusqu’à notre chambres d’hôtes aux alentours de Duncan. Au moment de partir il nous laissa son numéro pour quand nous arriverions à Victoria le lendemain, comme il ne travaillait pas, il nous proposait de nous nous faire un tour en ville. L’endroit où il nous avait déposé était tout de même assez éloigné de Duncan. C’était une espèce de ferme qui avait plus des allures de taudis. Les propriétaires des lieux étaient en train de se mettre en route pour passer quelques heures au bord de la rivière, et comme il n’y aurait personne pendant leur absence ils nous proposèrent de venir avec eux. Il était un couple d’une trentaine d’années et son frère à lui était là pour quelques jours. Après cette sortie nous sommes retournés à la ferme, c’est là qu’ils nous ont expliqué qu’il n’y avait plus de bus pour Duncan ce dimanche. On leur demanda comment ça allait se passer pour le repas du coup et ils nous expliquèrent qu’ils pouvaient nous faire à manger mais que dans ce cas nous devrions payer un supplément. Du coup on demanda s’il était possible de nous prêter les vélos pour aller dîner à Duncan, et là encore nous devions payer. Avec Julie nous avons décidé de prendre tout de même les vélos, même s’il y avait 12 km à faire jusqu’à Duncan, car nous n’aimions pas du tout l’ambiance chez eux, ni leur comportement vis à vis de l’argent. On avait bien compris depuis quelques heures que ce n’était pas de l’eau dans leurs gourdes ni seulement du tabac dans leurs cigarettes, et l’argent réclamé allait bien évidemment servir à se fournir.

Nous avons donc pris les vélos et sommes parties pour Duncan, au moment où il nous a demandé si on avait bien réglé nous avons répondu que oui, alors que nous n’avions réglé que la nuit, pas les vélos, avec un peu de chance ça passerait inaperçu et il ne gagnerait rien à nous prêter ses deux roues. Après quelques minutes de pédalage, nous nous sommes rendues compte que nous ne faisions que descendre dans la vallée et que par conséquent, le retour allait être très compliqué. Et ce fut effectivement le cas. Après être arrivées à Duncan, nous avons découvert une ville sans vie, car comme c’était le week-end du Canada Day, tous les commerces étaient fermés. Nous avons tout de même fait un petit tour dans la ville au 40 totems, avons mangé un bon burger dans un restaurant du centre-ville et nous nous sommes ensuite posées dans un parc où était organisé un petit concert gratuit. Nous sommes reparties pas trop tard car nous savions que le retour prendrait plus de temps que l’aller. Ca n’a pas été sans mal mais nous avons réussi à rentrer pas trop tard.



Cette nuit-là, ce fut la première fois que je n’étais pas complètement sereine dans ce pays pourtant si tranquille. Mais tout s’est bien terminé et le matin nous n’avons pas traîné pour repartir.

 

Départ pour Victoria et rencontre improbable
Nous quittons enfin ce lieu, et c’est le frère de notre logeur, qui avait bien plus les pieds sur terre, qui se propose de nous déposer à Duncan sur le bord de la Highway pour que nous puissions lever notre pouce.



L’endroit où nous avons été déposé n’était pas très pratique pour faire de l’auto-stop car les voitures étaient lancées et il n’y avait pas beaucoup de place sur le bas côté pour qu’elles puissent s’arrêter. Mais nous n’avions pas le choix donc nous voilà à lever notre pouce une nouvelle fois. Ca a été très long avant qu’une voiture ne s’arrête, et quelle voiture, un énorme pick-up rouge, avec à l’arrière une caravane fixée sur la remorque. C’est un personnage haut en couleur âgé de 33 ans, Kirk, qui se propose de nous emmener à Victoria, où il se rend également. On apprend plus tard qu’il y a habité et qu’aujourd’hui il y retourne pour s’acheter son bateau, un rêve pour lui qui va devenir réalité.

Sur la route, Kirk nous propose de nous arrêter pour aller voir une cascade qui  d’après lui est magnifique. Nous sortons donc de la voiture, marchons quelques instants et tombons très vite sur la cascade en question. Kirk avait raison, c’était un endroit magnifique. Pour donner une idée du personnage, il a très vite escaladé les rochers en bas de la cascade pour y retirer son t-shirt et sauter dans l’eau froide, très froide, et puis recommencer une seconde fois. Après quelques prises de vue, nous voilà repartis pour Victoria. Plus nous nous rapprochons de la ville, plus Kirk est surexcité à l’idée d’aller enfin acheter son bateau. A l’entrée de la ville il se gare sur le parking d’un centre commercial et nous propose deux solutions. Soit il nous dépose après son coup de fil à un arrêt de bus en direction du centre-ville, soit nous l’accompagnons voir son bateau et ensuite il se propose de nous faire faire un petit tour de la ville pour finir sur la plage. On choisit la seconde option et prenons donc la direction du domicile du propriétaire du bateau. Le bateau en question est en fait une grande barque à moteur, moi qui m’attendait à un petit bateau avec cabine je fus surprise de voir autant d’excitation pour cette barque. Mais Kirk conclu l’affaire et c’est le plus heureux du monde alors pourquoi pas.

Nous reprenons ensuite la route pour le centre-ville de la capitale historique de la Colombie-Britannique. Nous passons devant les principaux monuments de la ville, puis longeons la mer. Kirk se gare enfin, et il nous emmène nous promener dans le parc magnifiquement fleuris de la ville. Après quelques petites anecdotes, il nous emmène à la plage. Nous allons fêter son achat et sa rencontre avec ses deux nouvelles amies françaises avec une bouteille de vin rouge de France. Personnage haut en couleur. Nous y restons une bonne partie de l’après-midi, le temps pour Julie de prendre quelques coup de soleil, moi de faire une sieste et Kirk de raconter son histoire à Julie, qui n’avait qu’une envie, dormir, et il nous a également écrit un superbe poème. Bien entendu c’est ironique vu le personnage.

Entre temps, nous apprenons que la personne qui devait nous héberger en couchsurfing nous a oublié et qu’elle ne sera pas chez elle pour pouvoir nous accueillir le soir. Kirk nous dit de ne pas nous inquiéter, qu’il connaît une auberge de jeunesse très bien en plein centre-ville, où il est resté 3 mois. En fin d’après-midi, nous nous rendons donc à cette fameuse auberge, et nous prenons une “suite” privée pour deux car ils n’ont plus de dortoir avec deux lits. Nous ne payons que 5 euros chacune en plus pour être seules. Nous faisons nos adieux à notre nouvel ami d’une journée, ce qui annonce aussi un peu de tranquillité. Kirk est une personne très gentille et un peu marginale dans son fonctionnement, et après quelques heures en sa compagnie, un peu de calme est bienvenu.

Nous montons dans notre “suite” et en ouvrant la porte nous découvrons un (très) petit local, où tient seulement notre lit superposé et un petit frigo, nos sacs ne tiennent même pas au sol, le mien dormira donc avec moi. Après avoir fait une petite pause, nous partons nous promener dans les rues pour découvrir cette nouvelle ville. Le centre-ville est tout près, pas très grand et nous faisons vite le tour de la rue principale. Nous passons par l’office de tourisme pour récupérer une carte et voir les points d’intérêts que peut nous offrir ce nouvel endroit. En début de soirée, nous entrons dans un bar aux allures de pub irlandais pour grignoter un morceau et boire un verre. Nous rentrons assez tôt à notre “suite” car le lendemain nous devons nous lever de bonne heure pour aller à la rencontre de notre logeuse qui peut nous accueillir dès le matin et donc nous permettre de nous débarrasser de nos 17 kg pour une visite de la ville plus légère.


Ce fut une journée intéressante qui nous montrait encore que parfois se laisser aller à l’imprévu et se laisser porter par les événements peut amener à de belles choses. Aujourd’hui nous avions fait la connaissance d’une personne un peu à part, qui vivait selon ses envies et ses rêves, et qui n’était pas malheureux en dehors du schéma habituel, au contraire. Car c’est ça aussi le voyage, se donner la possibilité de faire des rencontres, de nouvelles personnes, de nouveaux lieux, de nouvelles idées.

 

 

 

Découverte de la belle Victoria

 

Le réveil fut compliqué dans notre 6m², une douche libre difficile à trouvée au milieu de tous ces dortoirs et le petit déjeuner rapidement avalé. Ce matin nous quittons rapidement notre auberge de jeunesse pour aller à la rencontre de Natasha à son domicile à 30 minutes de marche, afin de nous libérer de nos 18 kg.



Nous avons parcouru une bonne distance avant d’arriver à l’appartement de Natasha, situé au bord de la mer/baie de Victoria, dans la banlieue proche du centre. Elle habitait avec son mari Max et leur chien, un appartement juste assez grand pour eux. Elle nous accueilla chaleureusement, nous montra notre lieu de vie pour les quatre jours à venir et nous laissa tranquillement nous installer. Juste le temps de mettre un peu d’ordre dans nos petits sacs à dos, nous étions reparties pour le centre-ville pour commencer la visite de la ville. Natasha nous avait indiqué de passer par le pont situé juste en bas de chez elle pour rejoindre le centre, que le trajet était plus agréable que la route par laquelle nous étions arrivées le matin.

Nous voilà donc en chemin pour découvrir la capitale de la Colombie-Britannique, nous avons donc 4 jours devant nous.



Musée Royale de la Colombie-Britannique et le Parlement :



Pour le premier jour de visite, nous avions prévu de faire notre premier musée. Plusieurs personnes nous avaient conseillé de faire ce musée, apparemment il était très bien fait, très ludique et très intéressant. Avant d’y entrer, nous sommes allées voir le Parlement qui se trouve juste à côté. C’est un bâtiment magnifique qui vaut le détour, de jour comme de nuit.

Le musée était organisé en plusieurs étages. Le premier était dédié aux principaux évènements intervenus en Colombie-Britannique, principalement les avancés en termes de droits pour les habitants de cette région. Parallèlement à ces avancées, il y avait une illustration sur mannequin des différents styles vestimentaires. Une des choses que j’ai préféré sur ce thème, c’était une sorte d’arbre fait de papier auquel les visiteurs du musée pouvaient accrocher des feuilles de papier en forme de feuille sur lequel ils pouvaient écrire une phrase. Sur l’un des papiers on pouvait lire “You were born with two ears and one mouth. Listen twice as much as you speak”, j’ai beaucoup aimé cette phrase tellement vraie et que peut de personne savent suivre aujourd’hui. Il y avait au même étage une exposition temporaire sur Terry Fox, une personne inconnue pour moi mais qui méritait tout le temps que j’ai passé à apprendre qui il était. C’était un athlète canadienne, à qui on a diagnostiqué un cancer à la jambe et qui n’avait comme seule possibilité de se faire amputé. Il se lança en 1980 dans un marathon trans-canadien malgré sa jambe artificielle pour militer contre le cancer et pour récolter des fonds pour la recherche. Il n’arrivera pas au bout de son marathon de l‘espoir, son cancer ne lui permis pas de continuer. Il aura tout de même parcouru 5 373 km en 143 jours et aura permis de sensibiliser le pays entier pour sa cause. Aujourd’hui il est un des plus grands héros du Canada. Autant dire que les mouchoirs mis à disposition on servi pour beaucoup de personnes. A ce même étage on pouvait aussi trouver la partie sciences naturelles avec les indications sur la faune et la flore de la région ainsi qu’une sensibilisation sur les risques du changement climatique.

Le second étage retraçait les grandes étapes historiques de la région. Il y avait une magnifique exposition sur les premières nations, les indiens. Il y avait un nombre impressionnant d’artefacts, des vêtements, des outils, une habitation reconstituée, les armes également qui leur servaient à chasser et une salle immense réserver aux magnifiques mâts totémiques. Puis l’arrivée de James Cook et toutes les nouvelles activités que cela a entrainé, le commerce maritime, la recherche de l’or et bien d’autres. La visite était très intéressante car les différentes expositions étaient mises en scène, on était littéralement plongées à l’époque visitée, le décor était très réaliste.

Nous étions contente d’avoir fait ce musée car effectivement il était très bien fait, il était interactif et plutôt ludique.



Déambulations dans la ville :



Après avoir mangé dans un fast food qui n’était pas du tout fast, nous sommes parties nous perdre dans les rues de la ville.

Je souhaitais parcourir les rues afin de pouvoir tomber sur du streetart, et nous en avons trouvé aux détours de certaines rues, plus éloignées du centre-ville et de l’activité citadine. Nous avons également croisé quelques belles églises et des petites boutiques de quartier. Au bout d’une rue, alors que nous étions encore très proche du centre-ville, on apercevait déjà les quartiers résidentiels, de belles maisons avec un petit bout de jardin, juste là quelques centaines de mètres de l’activités de cette grande ville. Nous sommes ensuite retournées dans le centre, j’avais repéré le matin un petit bar juste à côté du port.

Cette journée méritait bien de s’assoir en terrasse pour boire une bonne bière.



Le Thetis Lake :



Le soir, de retour chez Natasha et Max, nous discutions de notre première journée et leur demandions conseils pour la suite de l’exploration de cette ville. Nous avions repéré quelques lacs mais ne sachions pas vraiment lesquels valaient vraiment qu’on s’y attarde. Ils nous conseillèrent le Thetis Lake à l’Ouest de la ville.

Le lendemain on préparait donc de quoi grignoter sur place et partions rejoindre l’arrêt de bus qui nous emmènerait jusqu’à ce fameux lac. Après quelques minutes de trajet nous descendions du bus pour rejoindre notre point de chute qui se trouvait encore à plusieurs mètres de là.

En arrivant on découvrit un lac magnifique, ça devenait une habitude de tomber sur ce genre de lieux. On se posa quelques minutes sur le sable de la petite plage, le temps de manger un morceau. On repartit rapidement après avoir regardé les différents parcours de randonnée, bien évidemment on choisit le plus long, qui faisait le tour complet du lac. A certains endroits du parcours nous avions droit à des vue splendides sur ce lac.

La randonnée dura un certain temps, plus d’une heure, peut être deux je ne sais plus trop, au total nous avions parcouru environ 8 km. De retour sur la petite plage, on s’aperçut qu’elle était déjà beaucoup plus peuplée qu’en arrivant. Comme nous avions pensé à prendre nos maillots de bain et serviettes, on décida de se reposer quelques instants, qui sont vite devenus quelques heures au final.

En milieu d’après midi, on repris la direction de l’arrêt de bus pour rejoindre le centre-ville. On descendit au niveau d’un centre commercial afin de trouver rapidement un lieu où manger un morceau. On s’est ensuite baladées dans les rues, pour enfin rentrer pas trop tard car on avait prévu d’aller boire un verre avec Natasha et Max ce soir-là.



Randonnée jusqu’au Mont Douglas :



Le jour suivant, là encore sur les conseils de nos logeurs, on pris la direction du Mont Douglas, situé bien au Nord-Est de la ville, proche de la mer. Le programme de la journée c’était de se rendre à pied jusqu’au Mont Douglas, le gravir et redescendre côté mer pour aller récupérer de notre ascension sur la plage.

On a très vite regretté notre première étape. La veille, nous avions regardé le trajet pour s’y rendre et les 8km nous paraissait pas énorme à faire à pied, il fallait juste compter 1H40 de marche et ça semblait faisable. Le soucis c’est qu’on s’est vite retrouvées dans les quartiers résidentiels, où il y a peu de choses à voir, puis des zones commerçantes perdues à la sortie de la ville et enfin un bout de campagne au pied de notre fameuse petite montagne.

En arrivant au début de la randonnée pour faire l’ascension, nous étions déjà fatiguée de nos kilomètres parcourus. Là encore plusieurs itinéraires étaient possibles pour l’ascension, on choisit le plus simple pour le début, en sachant que plus nous montions, plus les seuls chemins possibles étaient difficiles. Et effectivement, les derniers mètres n’étaient pas simples, concrètement il fallait escalader les rochers, slalomer au milieu des quelques arbres. On est arrivées à bout de souffle tout en haut, mais fières d’être allées jusqu’au bout. La vue n’avait rien de sensationnelle, juste une vue sur l’étendue de la ville et sur la mer, ça restait tout de même impressionnant de se trouver là, au sommet, à partager cette vue avec les rapaces qui nous offraient un beau spectacle.

On descendit par la route pour rejoindre la plage. Nous étions impatientes d’y arriver, pour nous allonger une bonne fois pour toute et se reposer. Mais en arrivant ce fut plutôt une petite déception. Toujours pas de sable sur la plage, des galets ou petits cailloux, et l’odeur des algues échouées depuis plusieurs heures avec en prime les mouches comme compagnie. Mais tant pis, aucune envie de marcher encore pour trouver mieux plus loin. On s’est éloignées un maximum des algues et donc rapprochées un peu plus de la mer. Julie a fait sa sieste habituelle et moi je me suis mise à faire mes découpes de tissus et commencer à coudre ma seconde pochette. Après une bonne heure, j’étais toujours dans ma couture, imperturbable, pas même par la mer qui s’était fortement rapprochée de nous. C’est Julie qui m’interpella à ce sujet, me faisant relever la tête de mon ouvrage pour découvrir que la mer était à une cinquantaine de cm de nous. Juste le temps de tout ranger et de se rhabiller, et nous voilà repartie. Heureusement, car si nous étions restées plus longtemps, la mer nous aurait encerclées.

Il était hors de question qu’on fasse de nouveau le trajet à pied. On repéra donc l’arrêt de bus le plus proche. Sur le chemin pour le rejoindre, on fit quelques courses, car nous avions prévu de faire un diner à la française pour Natasha et Max.



Les marchés de Victoria :



On devions normalement repartir pour Vancouver le vendredi, mais comme nous avions appris que René, notre ami/hébergeur, ne pouvait plus nous accueillir nous devions trouver une autre solution. Un peu tard pour les demandes Couchsurfing donc pas le choix, on a dû réserver une chambre. Mais grâce à Natasha et Max qui y avaient passés quelques jours, nous avions eu l’idée de faire comme eux, réserver une chambre à l’Université de Vancouver. On leur a donc demandé s’il était tout de même possible de rester une nuit de plus, histoire de limiter les frais sur Vancouver car les prix, même si dans ce cas c’était très abordable, restaient tout de même élevés.

Pour cette dernière journée, on décida donc de prendre le temps, de ne rien programmer de particulier, si ce n’était retourner en centre-ville à la recherche des marchés publics. Il en existait plusieurs, le Public Market, qui regroupait plusieurs petits stands qui proposaient des fruits et légumes locaux de saison, ou encore des ustensiles pour la cuisine, des livres, des patisseries. Il y avait également de petits restaurants. C’était un lieu original dans un bâtiment aux allures d’ancien site industriel. Mais ça manquait un peu d’authenticité à mon goût, il n’y avait pas vraiment de maraîchers, c’était des boutiques qui étaient là de manière permanente.

Il y en avait un autre, plus proche de la côte et plus ancré dans le centre-ville. Celui-ci avait des airs de petit village dans la ville. C’était une grande bâtisse sur plusieurs étages, construite toute autour d’une grande cour. Nous n’y sommes pas allées le bon jour, car les maraîchers n’étaient pas présents, mais il y avait également pleins de petites boutiques qui vendaient nourriture, articles vintages, loisirs créatifs.

On décida d’aller chercher à manger dans une boulangerie pâtisserie italienne, dont les odeurs qui s’en dégageaient nous donnèrent envie de goûter à leur sandwich garnis de fromage, du vrai fromage.

Après cet épisode gastronomique, on décida de reprendre la direction de notre foyer temporaire, il y avait un petit parc à proximité et nous voulions nous poser le reste de la journée, avant de retourner à l’appartement pour préparer notre sac pour le départ du lendemain. Lorsque nous sommes arrivées dans le parc, on découvrit le petit jardin communautaire du quartier. Des carrés de potagers se tenaient là, certains étaient en libre-service, on pouvait cueillir les fruits et légumes qui s’y trouaivent, d’autres étaient privatisés, mais nous avions accès à tous. Il était géré par une association, des bénévoles, et tout reposait sur le principe de confiance. On a beaucoup aimé l’idée avec Julie. On s’est ensuite allongé dans l’herbe pas très loin, pour plusieurs heures, là encore, Julie était occupée à la sieste et moi à ma couture.

On rentra en fin de journée pour notre dernière soirée avec Natasha et Max.



Virée nocturne dans les rues de Victoria :



Après le dîner, j’avais envie de retourner dans les rues de Victoria pour deux raisons. La première était que je voulais voir le Parlement avec ses illuminations, c’était un incontournable de la ville. La seconde c’est que je voulais découvrir la vie nocturne de cette ville canadienne. Julie préférait aller se coucher, du coup je pris ma musique, enfila mes chaussures et pris la direction du centre-ville avec comme seule compagnie la lune, elle éclaira un peu le chemin, car sur le pont à côté de l’appartement, il n’y avait bien sûr pas de lumière.

Bizarrement je n’avais pas peur de me promener seule à une heure si tardive. Même si j’empruntais ce chemin peu fréquenté, je ne craignais pas de mauvaise rencontre, pas ici. Le seul groupe de jeunes un peu alcoolisé que j’ai croisé m’a simplement salué.

En arrivant dans la ville, je m’aperçu qu’il y avait très peu d’activité. Mise à part à l’entrée d’une boîte de nuit et dans les bars, personne dans les rues. Le calme qui régnait ce vendredi soir dans cette capitale régionale me paraissait étrange. Tout compte fait il n’y avait pas grand chose à voir, l’activité nocturne était plate. Je pris donc la direction du Parlement qui était effectivement éclairé par des milliers de lumières, pris mes quelques photos et repartie en direction de l’appartement.  

La nuit allait être courte, il était déjà 1h du matin quand j’arrivais et nous partions de bonne heure le matin pour prendre notre ferry.


Comme Vancouver, Victoria était une grande ville agréable à vivre. Contrairement à chez nous, ce n’est pas surpeuplé, on ne se marche pas dessus, on ne se bouscule pas dans les transports, on ne fait pas la queue des heures au fast-food ou dans les commerces. Après, l’activité et le dynamisme ne sont pas les mêmes qu’à Vancouver, celle-ci lui pique un peu la vedette sur le plan économique et elle reste plus attractive pour y vivre. Mais Victoria reste la capitale historique et législative de la Colombie-Britannique, et offre tout de même un cadre de vie serein.

 

Natasha et Max

 

Une nouvelle belle rencontre, celle de Natasha et Max, un couple d’une trentaine d’année. Lui était un militaire bientôt à la retraite, en septembre. Elle avait eu plusieurs jobs différents, le dernier en date était chef dans un restaurant, et là elle était depuis quelques temps auto-entrepreneur. Elle avait créé un site de vente en ligne de salon de jardin à la canadienne. Elle était sûre que ça allait marcher.

Il s’était mariés au Mexique il y a quelques temps, d’ailleurs ce que j’avais remarqué et tout de suite aimé c’est leurs alliances. Ce n’était pas un anneau, mais un tatouage, il représente des signes dont je ne connais pas l’origine. Mais je trouvais l’idée très intéressante avec une forte signification, ce n’était pas un objet dont on peut se séparer d’un geste, facilement, c’était la preuve de leur union marquée sur leur peau à jamais. Ils n’étaient pas le couple démonstratif, débordant d’attention, mais ils étaient très complices. Ils prévoyaient de partir vivre sous peu en Thaïlande, à partir de fin septembre pour 6 mois, pour ensuite partir en tour du monde pour deux ans. Le voyage avait une place particulière dans leur vie.

Nous avons passé de très bons moments avec eux. Natasha avait de bonnes notions de français, du coup nous recevoir lui faisait plaisir car elle pouvait de nouveau parler notre langue. On a beaucoup ri ensemble également, au rythme de nos anecdotes et des leurs. Et nous avons surtout très bien mangé. Natasha cuisinait merveilleusement bien. Le premier soir, elle avait préparé des makis vegan, un autre soir un magnifique gâteau aux fruits et également des pâtes à l’italienne faites maison. On s’est régalées. En plus, grâce à Natasha nous avons une meilleure image des végans. Elle a expliqué la raison pour laquelle elle avait fait ce choix. C’était simple, elle était contre la maltraitance animale, le fait qu’aujourd’hui on “élevait” à outrance les animaux, pas toujours dans de bonnes conditions pour nourrir tout le monde. Et le fait d’être chef dans un restaurant cautionnait et participait à tout ça. C’était donc pour ça qu’elle avait arrêté ce travail et avait fait le choix de ne plus manger de viande.

Ils étaient très chaleureux et ont été très gentils avec nous. Pour notre première expérience en Couchsurfing c’était une réussite. On vivait chez eux, essentiellement le matin tôt et le soir, on partageait leur espace de vie, sans nous imposer, et eux de la même manière nous laisser libre de nous organiser comme nous le voulions sans imposer quoi que ce soit. C’était un échange agréable.

J’espère rester en contact avec eux, et qui sait peut être qu’un jour on se recroisera sur la planète.

 

Retour à notre ville coup de coeur, Vancouver

 

Nous nous réveillons de notre dernière nuit chez Natasha et Max. On boucle nos sacs à dos et nous partons direction le ferry pour retourner sur Vancouver pour quelques jours.



Natasha s’est proposé de nous emmener au ferry car il faut compter plus d’une heure de transport en commun et que ça allait être plus agréable en voiture pour nous et nos gros sacs. On va donc récupérer une voiture qu’elle a réservé. Ils ont ce système de location de voiture très pratique ici. Il suffit d’avoir un compte et de payer un abonnement, et plutôt que d’avoir une voiture dont on ne se sert que très rarement, lorsqu’on a besoin de se déplacer loin, on réserve une voiture à proximité et c’est réglé. Nous voilà donc en route pour le bateau. Le temps de dire “au revoir” et de remercier Natasha, de prendre nos billets et d’embarquer, nous étions déjà assises à bord pour rejoindre notre ville coup de coeur, Vancouver.



Nous n’y restions que quelques jours, le temps de revoir René pour un dîner, de profiter des plages de sable, et de découvrir le quartier de Kitsilano, situé au Sud du centre-ville. En arrivant nous nous sommes directement rendues à l’Université pour poser nos affaires. Et autant dire qu’elle n’a rien à voir avec celles de chez nous. Leur campus est un village entier, si ce n’est une petite ville. On pourrait facilement si perdre s’il n’y avait pas à chaque intersection un plan. Nous rejoignons le bâtiment où se trouve les chambre d’étudiants inoccupées pendant l’été, récupérons la clé et découvrons une chambre d’étudiant grand luxe, avec petite cuisine aménagée, grande salle de bain, des rangements partout et un lit super confort. On était plutôt ravie d’avoir fait comme Natasha et Max.

On passa le reste de la journée sur la plage des cul-nus située juste à quelques centaines de mètres de notre chambre. La plage était “mixte” le port de vêtements était optionnel, du coup aucune gêne pour nous à garder nos vêtements, chacun faisait comme il voulait. Une expérience du voyage amusante et sportive car pour y accéder c’était près de 500 marches à descendre et à remonter pour y accéder.



Le second jour on est parties à la découverte de Kitsilano, on a ensuite rejoint la côte pour la longer jusqu’à prendre le pont qui menait au centre-ville. On a refait le trajet de notre premier jour, mais à l’inverse cette fois, on a fait tout le tour de la baie jusqu’à revenir du bon côté de la ville. Sur le chemin on s’est arrêtée faire un petit tour dans un festival, l’entrée était gratuite, il y avait de la bonne musique, des stands de nourriture aux spécialités variées, on a donc mangé sur place, et en dessert on s’est pris une “mangue en bâtonnet”. A la fin de notre promenade,comme à notre habitude on s’est mises en maillots de bain et on s’est allongées pour quelques heures de “repos”. Le soir nous avons mangé avec René dans un restaurant japonais à l’ambiance plutôt atypique. C’était délicieux, ils avaient un choix impressionnant dans leur carte. On voulut lui offrir le repas pour le remercier de son hospitalité de la dernière fois, mais il nous a devancé. Il nous a ensuite raccompagné à notre palace universitaire.



Notre dernière journée n’a pas été très animée, nous sommes retournées en centre-ville pour faire quelques achats nécessaires à la suite du voyage, puis nous sommes rentrées à notre chambre pour commencer la planification des prochains jours, en particulier les deux suivants qui s’annonçaient assez long. Nous devions rejoindre notre 3ème Wwoofing situé à 700km à l’Est de Vancouver dans la “Slocan Valley”. Nous sommes tout de même ressorties pour quelques heures sur une autre plage toute proche de l’université histoire de prendre l’air.



Le fait de revenir sur Vancouver confirmait notre première impression. C’était une ville tellement agréable, des jardins et des parcs où l’on peut s’allonger en maillot de bain sans se poser de questions, des gens tout aussi agréable, des endroits animés aux ambiances surprenantes, bref une ville qui me reverra peut être un jour.

 

Petit périple pour atteindre notre troisième et dernier Wwoof

 

Il est nécessaire de poser le cadre pour cette étape. Actuellement à Vancouver, nous devons nous rendre à Lemon Creek, dans la Slocan Valley, située à un peu plus de 700 km de notre position actuelle. Il pourrait exister des bus pour faire ce trajet mais l’idée d’exploser le budget transport ne nous plait pas. Nous adoptons donc une nouvelle fois la pratique du pouce levé et estimons à deux jours le temps nécessaire pour faire le trajet.



Ca y est, aujourd’hui nous quittons notre havre de paix, notre ville fétiche pour de nouveaux horizons, ceux qui nous rapprochent un peu plus des Rocheuses, étape phare de ce voyage. Nous partons donc assez tôt le matin de l’Université, prenons un premier bus qui nous amène dans le centre-ville, proche de la gare de trains/métro, qui lui même nous emmène à l’extrémité Est de la ville ou plutôt de l’agglomération de Vancouver. Là nous faisons un premier point “localisation”. On décide de reprendre un bus qui nous mènera tout proche de la Highway, lieu stratégique pour espérer monter à bord d’une voiture qui nous déposera le plus loin possible sur notre trajet.

Après quelques minutes, nous voyons arriver un couple, eux aussi en Backpack, avec l’intention de faire du stop également. C’est un couple québécois. Ils s’installent un peu plus loin que nous, à l’endroit où commence la Highway, et après quelques minutes une voiture le prend et l’emmène. Autant dire qu’on était un peu dégoutées de les voir partir avant nous. Alors sans attendre on est allées se positionner à leur place. C’est après 30 longues minutes d’attente qu’un homme s’est arrêté pour nous avancer d’une trentaine de minutes sur notre trajet.

C’est ensuite au tour d’un homme beaucoup plus âgé, un p’tit papy, de nous prendre après une dizaine de minutes d’attente. Il nous déposera là encore, environ 40 minutes plus loin, dans un endroit dépeuplé, avec pour seule activité une station service-restaurant. Et qui voyons nous arriver? Notre petit couple québécois. Ils nous expliquent qu’ils souhaitent rejoindre de nouveau Jasper. Ils ont donc encore un long chemin à parcourir. Le temps d’aller faire un aller-retour à la station-service pour la pause petit coin, nous les voyons partir au loin dans un pick-up. On ne les recroisera plus.

Après encore de longues minutes d’attente en plein soleil et perdant un peu espoir, c’est un pilote d’hélicoptère qui s’arrête avec son pick-up. Il peut nous déposer jusqu’à la ville “Hope”, endroit où nous devrons changer de route pour prendre la numéro 3. Un monsieur très gentil qui nous donna de bon conseil et nous parla un peu des feux de forêts qui prenaient de plus en plus d’ampleur dans la région. Heureusement, nous n’avons pas eu à nous en préoccuper, ils n’étaient jamais dans le même secteur que nous, et nous veillons à les suivre sur le site internet qui les recensait régulièrement.

Arrivées sur notre Highway numéro 3, nous levions de nouveau le pouce et constations qu’il n’y avait pas grand monde sur cette route. Mais c’est assez rapidement qui notre dernier chauffeur de la journée s’arrêta. C’était un homme (encore), qui s’était trompé de route depuis un certain temps, qui écoutait un radio religieuse catholique (j’étais contente de ne pas comprendre grand chose), il était un peu donneur de leçon sur les bords et surtout, il conduisait très mal. Moi qui suis facilement malade en voiture, j’étais étonnée de ne pas avoir vomi mon absence de déjeuner.

Lorsque nous sommes arrivées à Princeton, nous étions heureuses de descendre de sa voiture et rassurée de ne pas être tombées sur les flancs des montagnes. On décida de stopper notre mission “pouce levé” pour la journée. Nous n’avions pas atteint la moitié du trajet mais nous n’avions plus envie d’attendre un nouveau chauffeur, et préférions se poser tranquillement dans un motel. En raison des incendies, nous avons d’ailleurs eu de la chance de trouver la dernière chambre disponible de la ville. Le temps de poser nos affaires, nous étions reparties à pied à la recherche d’un endroit pour manger, la facilité nous poussa vers un fast-food. Le point positif de ce motel c’est que nous avions chacune notre lit, et cela faisait longtemps que ça n’était pas arrivé.

Le lendemain matin on s’est réveillée dans la fumée. Un feu avait démarré la veille au soir et avait plongé cette partie de la vallée dans la fumée. On pris une douche et boucla nos sacs, afin de nous diriger rapidement vers le bord de la route et partir dès que possible.C’est seulement au bout d’une heure et vingt minutes que notre premier chauffeur de la journée s’arrêta. C’était un suisse, en vacances au Canada, voyage qu’il faisait tous les ans depuis quelques années. Il devait se rendre à Greenwood, une petite ville perdue au milieu de nulle part, située le long de la route numéro 3. Cela allait beaucoup nous avancer, et nous partagions donc plus de 3 heures de route avec lui. C’est à cette occasion que nous vîmes pour la première fois un ours noir. Notre chauffeur s’arrêta et fit même demi-tour afin que nous puissions prendre le temps de l’observer et de prendre des photos.

En arrivant à Greenwood, nous nous sommes postées à la sortie de la ville, afin de capter des automobilistes de long trajet. Car même si notre ami suisse nous avait bien avancé, nous étions encore bien loin du but. Après avoir vu défilé bon nombre de voitures, une femme en monospace s’arrêta, descendit et commença à ranger sa voiture pour pouvoir nous accueillir. Elle transportait littéralement sa maison dans sa voiture car en plein déménagement. Elle était québécoise et survoltée, encore un personnage haut en couleur. Elle parlait du coup québécois, un mélange de français anglais, le tout avec un accent incompréhensible, j’avais parfois un peu de mal à la suivre. Elle écoutait un chanteur très connu au Québec, une référence d’après elle, c’était d’une autre génération et les chansons étaient plutôt engagées mais très drôles. Elle nous avança d’une quarantaine de minutes, jusqu’à la prochaine ville qui dépassait les 20 maisons. On avait vraiment bien rigolé avec elle pendant le trajet, elle était drôle, parlait fort et un peu vulgaire sans que ce soit choquant. C’était un jour très important pour elle car elle allait signer l’achat de sa maison. A 40 ans, pour elle c’était quelque chose d’important d’avoir son chez soi. En observant les paysages de forêt avec par endroit des zones complètement déboisées par l’industrie du bois, elle vit la remarque que le Canada était fou de couper autant d’arbres, qu’en faisant ça il tuait la vie.

Elle nous déposa ensuite à la sortie de la ville où elle vivait encore. Elle nous salua joyeusement et partie pour son rendez-vous chez le banquier. C’est peu de temps après qu’un homme vêtu d’un t-shirt troué s’arrêta pour nous dire que l’endroit était pas pratique pour faire du stop. Il nous déposa donc quelques kilomètres plus loin, et il avait raison car dans les 10 minutes qui suivirent son départ, notre dernier chauffeur apparu et nous emmena pratiquement jusqu’à la fin de notre parcours. J’étais assise à l’arrière comme à mon habitude, à côté de son chien qui avait décidé de faire de ma jambe un oreiller. Il était très sympa et écoutait une chanteuse locale, musique que nous aimions beaucoup avec Julie, on a donc noté le nom pour plus tard. Nous arrivions enfin à la jonction de South Slocan, ce qui marquait la fin de cette aventure à travers la Colombie-Britannique, la fin de ce spectacle avec ces paysages toujours magnifiques. Sur la route nous avions vu beaucoup de montagnes, elles étaient impressionnantes, elles étaient très abruptes, comme sorties de terre s’imposant au reste. A présent, il ne nous restait plus qu’à envoyer un mail à nos futurs logeurs pour qu’ils viennent nous chercher.

C’est 45 minutes plus tard que Dave arriva et nous emmena à leur ferme. Il nous expliqua que le frère de Gaby ainsi que son cousin, tous les deux suisses, étaient présent pour quelques jours. Jusque là pas de surprise pour nous, Gaby nous avait déjà prévenu par mail. Ca ne nous posait aucun soucis, et eux avaient prévu de quoi se loger. A ce sujet Dave décrivait ça comme le village suisse, et en arrivant on compris vite pourquoi. Deux énormes camping-car avait pris place dans le jardin, c’était impressionnant tant ils étaient imposants. Et c’était du grand luxe, 3 télés, le mobilier qui se déplace tout seul pour laisser place à d’autres mobiliers, bref une vraie maison sur roues bourrée d’électronique.

Dès les premières minutes nous avons été très bien reçues, présentées comme les deux nouvelles woofeuses, pour quelques jours parmi cette famille. On a très vite été acceptées aussi, l’ambiance était un peu particulière mais très amusante, chacun essayait de parler la langue de l’autre. Les canadiens parlaient anglais et suisse pour ce qui concernant Gaby vu que c’était la langue natale, Dave tentait de se souvenir de ses cours de français, et se risquait parfois à quelques mots en suisse. Les suisses se débrouillaient en anglais et étaient ravis de pouvoir sortir quelques mots en français. D’ailleurs l’un deux, Markus, se débrouillait plutôt bien, il avait cette façon de sortir des expressions françaises avec un accent tellement exagéré qu’on était à chaque fois prises de fous rire. Et puis nous, nous parlions anglais (enfin surtout Julie), et on essayait parfois de parler allemand en tentant de nous rappeler de nos cours déjà un peu lointain.


Une nouvelle aventure commençait, et en même temps la dernière de ce genre, c’était notre dernier Wwoof, mais nous étions sûres qu’il tiendrait toutes ses promesses, le peu que nous en avions vu le confirmait.

 

Premiers moments et premières impressions à la Gimli Farm

 

Nous nous réveillons tranquillement avec la lumière du jour, et lorsque que je tourne la tête vers la fenêtre, c’est une vue imprenable sur les montagnes qui s’offre à moi.



Dès la première journée on s’est mis dans le bain de notre travail quotidien. Cette petite ferme comptait quelques animaux, des chèvres, des poulets (oeufs et viande), un cheval (Johnny) et un chien, Baloo. Il fallait donner à manger à tout ce petit monde et j’avais rapidement pris le parti de nourrir les chèvres et Johnny matin et soir. Il y avait également la traite à faire matin et soir, ça c’était plutôt la partie de Julie, mais je le faisais de temps en temps. Gaby appelait le lieu de la traite son bureau, c’était très bien aménagé et organisé. En début d’après-midi, il fallait également emmener les chèvres dans un pré un peu plus loin pour qu’elles puissent manger de l’herbe et du coup faire plus de lait.

En générale le reste de la journée s’organisait au rythme des demandes de Gaby, Dave donnait son avis et s’exécutait. Gaby faisait essentiellement les traites car sa maladie la fatiguait beaucoup. Bien souvent ils ne savaient pas comment organiser la journée et ne s’accordaient pas sur les tâches à faire, du coup c’était assez marrant de les voir débattre sur le sujet, mais au final c’était souvent Gaby qui avait le dernier mot. Au bout de trois jours, ils ont compris que nous aimions bien savoir comment s’organisaient nos journées, car si ça n’était pas le cas on pouvait facilement travailler un bon nombre d’heures, mais jamais non plus au point d’en faire trop.

Concernant les différentes tâches que l’on a pu faire, nous désherbions régulièrement le potager, nous ramassions aussi les fraises et les framboises régulièrement, nous avons également coupé beaucoup de bois, de quoi leur permettre de tenir tout l’hiver, et chez eux ça dure très longtemps, on a du remplir au moins 6 ou 7 fois l’arrière de pick-up, ce qui était plutôt pas mal, mais pas encore suffisant d’après Dave. Heureusement nous avions une machine à pression hydraulique à disposition, prêtée par un voisin, qui fendait les rondins que Dave tronçonnait. Nous devions tout de même remplir le truck et le vider à tous les trajets. Nous sommes également allées cueillir des baies dans la montagne ce qui a donné lieu à une aventure comme disait Dave. Une des grosses missions du séjour était aussi de tuer tous les meat bird, la volaille à viande, en tout ça faisait 27 poulets. Ce n’était pas une surprise, ils nous l’ont annoncé dès le premier jour, car à plusieurs c’était plus rapide. C’était une expérience pas forcément amusante mais tout de même intéressante, car au delà de seulement tuer le poulet, il fallait aussi le déplumer et le vider pour pouvoir le conserver par la suite.

Les premiers jours nous travaillons quelques heures par jours réparties un peu n’importe comment dû à la présence des suisses. Mais pendant leur absences nous en faisions un maximum le matin pour avoir des après-midi moins chargés. Le rythme était plutôt plaisant, on était absolument pas surveillées sur les heures et notre travail était toujours apprécié. Les seuls horaires fixes étaient ceux des repas des animaux, on se levait tous les jours à 8h, petit café, traite pour Julie, nourriture pour moi ensuite, et le soir vers 17h45 on recommençait la routine du matin.

La présence ou l’absence de nos amis suisses modifiait le restant de la journée. Quand ils étaient là, les repas se prenaient tard le temps de tout préparer pour tout le monde. Chacun y mettait du sien, certains faisaient la cuisine, d’autres mettaient la table, ceux qui n’avaient pas forcément préparer faisaient la vaisselle ou débarrassaient, c’était naturellement bien organisé. Les repas étaient toujours très copieux. C’était une formule “à plat multiple”, il y avait toujours plusieurs choses à manger, et comme chacun aimait cuisiner, c’était toujours délicieux. La plupart des aliments venaient du jardin, nous avions toujours du bon lait de chèvre, du yaourt et du fromage de chèvre, c’était des moments très agréables d’échanges et de partages. Quand les suisses n’étaient pas là, c’était un peu différent, moins de choix dans les menus mais toujours aussi bon. Parfois le soir nous allions boire un verre au bar toujours très fréquenté à quelques kilomètre de la ferme, nous mangions un peu plus tôt et nous passions plus de temps à apprendre à nous connaître aussi. Sans oublier nos boissons d’après labeur que nous préparait Dave, c’était un genre de smoothie avec des fruits du jardin, du yaourt, des glaçons et le tout bien mixé, c’était un vrai délice.


L’ambiance générale qui régnait ici était parfaite, le rythme de vie aussi et les échanges plus importants qu’avec nos précédents logeurs. Nous nous plaisions beaucoup à cette ferme. On y a tout de suite été très bien accueillies, et avons rapidement pris nos marques et quelques habitudes.

 

11 jours et quelques petites anecdotes

 

Pendant notre séjour à la Gimli Farm, nous avons passé de très bons moments et beaucoup d’entre eux ont donné lieu à des rires, d’autres presques des pleurs.



L’un des évènements qui aura été mémorable pendant ce séjour, c’est celui de notre aventure à la cueillette des baies dans les montagnes. Un après-midi, nous sommes donc partis tous les 3 avec Dave dans les montagnes avoisinantes à la recherche de ces baies. Pour cela nous devions emprunter un sentier large sur lequel les voitures pouvaient s’aventurer. Après de longues minutes de trajet, nous avons trouvé les arbustes sur lesquels elles poussaient mais il n’y avait que très peu de baies si ce n’était pas du tout. Nous sommes donc allés à plusieurs endroits avec espoir de tomber dans une zone où il y en aurait. En chemin nous nous sommes arrêtés pour admirer la vue sur la vallée, et au moment de repartir, un bruit sourd venant du truck nous a tout de suite stoppé. On est descendu et là ona vu le pot d’échappement trainer par terre. Ce n’était pas comme si nous étions au milieu de nul part en montagne et où le réseau ne passait pas. Dave avait décidé de l’enlever complètement, alors que nous, nous pensions qu’il serait mieux de tenter de le fixer, rentrer rapidement à la ferme et le faire réparer. Mais Dave avait son idée en tête et rien de lui aurait fait changer d’avis. On repris donc la route pour trouver un bas-côté assez haut pour permettre d’enlever le pot d’échappement. Et là, alors qu’on roule doucement, on voit un petit ours noir dévaler le flanc de la montagne et partir se réfugier plus bas. C’est à cet endroit que Dave décide de s’arrêter. Autant dire que Julie et moi n’étions pas rassurées d’avoir vu cet ours dans les parages. Mais Dave était confiant, on l’aida donc avec son pot d’échappement. Après quelques minutes à essayer de le tordre dans tous les sens, c’était chose faite. Nous allions nous remettre en route pour rentrer quand Dave aperçu un grand nombre de baies tant recherchées. Il nous fit son sourire habituel et on compris qu’il était temps de prendre nos sceaux et d’aller cueillir ces p’tites baies. Mais après quelques minutes l’angoisse m’est venue ainsi qu’à Julie, car quelques minutes avant nous avions vu cet ours et que nous étions tout de même en train de cueillir leur nourriture préférée. C’est alors qu’on entendit un bruit, comme des pas un peu lourds. Sans attendre on courut vers la voiture et on appela Dave. Il nous a rejoint rapidement voyant notre inquiétude et lorsqu’on lui a raconté ces bruits, il a rit en nous disant que ça devait être un “chicken”, un genre d’oiseau des forêts qu’on peut voir au Canada. Mais voyant qu’on n’était pas du tout rassurées par son histoire de chicken, on repris la route pour rentrer à la ferme. Résultat de cet après-midi, un sceau au dixième rempli et une histoire à raconter à tous les amis de Dave. On en a entendu parlé tout le long du séjour à la ferme, et à chaque fois nous en rigolions toujours autant.



Une autre expérience marquante, c’était la matinée où nous devions tuer les poulets. On pourrait trouver ça horrible de faire ça, mais ce n’est pas un sentiment que je partage. Après tout ne vaut-il pas mieux tuer ses propres poulets, nourris aux grains et au p’tit lait, en plein air, plutôt que d’aller acheter notre barquette de viande dans un supermarché qui n’a aucun problème à se faire de l’argent sur le dos des agriculteurs, sans parler des conditions dans lesquelles les animaux sont parfois abattus et leur condition de vie. Du coup ça ne m’a pas dérangé outre mesure de faire ma besogne matinale. Il fallait donc réussir à les attraper, les tuer, les déplumer et enfin les vider. La phase 2 n’était tout de même pas agréable, même Dave n’en avait pas vraiment envie, mais il le fallait et c’est lui qui s’en est occupé en grande partie. Le déplumage je m’y suis mis volontier, c’était long mais pas compliqué, il fallait connaître la technique du bain chaud puis froid. Pour la dernière phase, c’est là que ça devenait intéressant, c’est pas tous les jours qu’on apprend à vider un poulet. Dave nous a appris et nous laissait ensuite faire en nous faisant confiance sur les étapes à suivre. Il ne restait ensuite plus qu’à nettoyer et ensuite faire les découpes, mais ça c’était plus tard et ce n’était pas ma mission. Au final, même si ce n’était pas très enthousiasmant ça restait une expérience à faire et ça a renforcé mon envie de manger de manière plus responsable, devenir végan n’est pas envisageable mais acheter sa viande à un éleveur local est bien faisable. Et puis quelques jours plus tard, quand les suisses sont revenus de leur trois jours de balade, Dave nous a cuisiné des poulets, c’était délicieux.



Enfin n’oublions pas notre sortie canoë mémorable. La ferme de Gaby et Dave était située tout près d’une rivière et ils avaient deux canoës. Ils nous avaient proposé de faire un tour avec et nous avions programmé de le faire quelques jours avant notre départ. L’idée c’était de remonter la rivière jusqu’à la ville de Slocan, de se poser pour une session bronzette sur la petite plage et  rentrer quelques heures après. Gaby nous avait prévenu qu’il faudrait 3h pour l’aller et 2h pour le retour, on commençait à contresens du courant. En fin de matinée, on se dirigea donc vers la rivière et Gaby nous montra où trouver le bateau, caché sur la rive. On monta dedans et commencions notre avancée. La rivière était calme et toujours aussi claire, au point d’en voir le fond. C’était impressionnant et agréable de se retrouver là au milieu de la vallée à pagayer tranquillement tout en observant les paysages qui s’offraient à nous. Mais la tranquillité n’a pas duré, car nous étions tout de même à contre-courant et plus la rivière devenait étroite plus le courant se faisait fort. Après 30 minutes c’est devenu beaucoup plus sportif, et ce jusqu’à l’arrivée. Au début nous y mettions toute notre énergie, nos coup de pagaie ne nous faisaient presque pas avancer, mais dès que nous arrêtions le courant nous emportait dans la mauvaise direction, on avait pas le choix, on devait continuer. Mais au bout d’une heure l’agacement se faisait sentir, du coup nous partions en fou rire à force de nous agacer et râler contre ce courant et ce canoë qui n’avançait pas d’un mètre. Julie ne voyant pas l’arrivée se montrer voulait faire demi-tour mais je la motivais à continuer ou plutôt lui criais dessus pour qu’elle continue. La situation était vraiment comique. Elle l’était d’autant plus quand nous avons croisé un couple sur un bateau pneumatique et qu’ils nous ont crié que nous étions dans la “wrong direction”. Et l’était encore plus quand on a décidé d’adopter une nouvelle technique… On s’est dirigé vers la rive, le courant y était moins fort, et on s’est aidé du bord pour avancer. Pagayer dans l’herbe nous faisait avancer plus vite. Mais il y avait régulièrement des arbres tombés en travers à éviter et quelques rochers. Dans ces cas là les manoeuvres étaient compliquées car si l’écart que nous faisions était trop grand le courant nous emmenait. C’était vraiment comique. Mais au bout de 2h40 nous sommes tout de même arrivées au but ultime, faire les crêpes sur la plage. Et pour nous récompenser de notre exploit nous avons bu les deux bières que nous avait préparé Gaby dans notre petite glacière. Elles étaient bien méritées. Après quelques heures nous avons pris la “route” du retour. C’était beaucoup plus simple dans la bonne direction, même si le courant paraissait beaucoup moins fort qu’à l’aller, à croire que cette rivière voulait se moquer de nous jusqu’au bout. Je proposais à Julie de se reposer et pagayais toute seule, elle avait continué de pagayer alors qu’elle voulait arrêter je lui devais bien de pouvoir profiter de la vue du retour tranquillement. On finit notre périple sous une fine pluie qui ne dura que quelques minutes. En rentrant on raconta notre aventure à Gaby et Dave, ils ont d’ailleurs particulièrement aimé le passage de la “wrong direction”.


Beaucoup d’autres bons moments ont été vécus au cours de ces 11 jours. Le simple fait de se trouver chez Dave et Gaby était un bon moment, les rires et les anecdotes, que ce soit les leurs ou les notres, ponctuaient souvent nos repas du soir sur la terrasse en bois avec vue sur les montagnes.

 

Dave et Gaby, mais aussi la famille suisse

 

Cette rencontre, ce n’est pas seulement la rencontre de deux personnes formidables, c’est aussi la rencontre d’un mode de vie qui se rapprochait un peu plus de ce que je recherchais.



Gaby c’est une femme suisse qui un jour est venue voyager au Canada avec ses idées et ses convictions, qui a tout de suite aimé ce pays, qui a rencontré Dave et qui est restée y vivre. Dave c’est un personnage un peu plus secret mais tout aussi guidé par ses idées et ses convictions, je pense que c’est d’ailleurs ce qui a dû les rapprocher, surtout lorsqu’on connaît les circonstances de leur rencontre. Ils étaient tous les deux venus sur l’île de Vancouver pour militer contre une action de déforestation, ils se sont rencontrés lors du sitting.

Lorsque nous  sommes arrivées chez eux, nous n’étions pas les seuls “invités”, la famille de Gaby était là également. D’une certaine façon ça a accéléré la rencontre car ils étaient tellement curieux de notre voyage, de la France, leur pays voisin, d’un tas de choses que nous avons rapidement fait connaissance les uns avec les autres.

Comme dit précédemment, nous avons tout de suite été très bien accueillies et du coup rapidement intégrées aussi à l’ambiance et à la vie de cette ferme. Dave et Gaby étaient étonnés de nous voir si enthousiastes dès le premier jour à travailler avec eux, à découvrir comment ils fonctionnaient au quotidien. Je pense que de manière générale on les a biens avancés dans certaines tâches. Nous n’étions pas réticentes à nettoyer les enclos des animaux, à porter les bottes de paille, désherber le jardin ou encore faire la traite.

Ils avaient tous les deux des caractères bien différents. Gaby était parfois un peu directive, mais Dave le prenais bien et lui faisait parfois comprendre gentiment, du coup on voyait très bien la complicité qu’il existait entre eux, car ils n’étaient jamais en conflit, ils s’adaptaient au caractère de l’autre, sans s’écraser non plus. Dave était plutôt calme, mais grouillait toute la journée dans tous les sens, il avait un peu de mal à s’organiser et courait donc un peu partout. Il avait un rire bien particulier, plutôt communicatif, et un peu taquin sur les bords également. Gaby était un peu rebelle, plus dans sa jeunesse que maintenant mais ça se traduisait dans certains de ces comportements. Elle n’était pas très patiente non plus, du coup Julie s’est plutôt reconnue en elle, elles avaient quelques points communs.

Lorsque nous avons dû partir ce fut compliqué, car en plus de quitter deux belles personnes, nous quittions également un quotidien qui nous correspondait. Le fait de vivre dans une petite ferme, de produire ses propres produits issus du lait des petites chèvres, de cultiver son potager, de vivre au rythme des tâches nécessaires au maintien de cet équilibre, c’était vraiment pour le coup un vrai retour à l’essentiel. Une vie dans la simplicité, on prenait le temps de vivre une journée après l’autre, et sans parler de cet environnement qui nous entourait.

Le jour du départ, Gaby et Dave nous on dit pour la énième fois que nous pouvions revenir après les Rocheuses, que ce n’était pas la peine de faire la côte Est, pour rire bien sûr, car ils étaient contents pour nous que nous puissions vivre cette aventure.

Ce qui est sûr c’est que nous savons que si un jour nous repassons par la Slocan Valley, nous pourrions revenir les voir et que les retrouvailles seraient joyeusement partagées.

 

Direction Kelowna, et en route pour les Rocheuses Canadiennes

 

Nous faisons aujourd’hui nos “au revoir” à Dave et Gaby, avec des sentiments contrastés. D’un côté de la tristesse de devoir quitter ces deux personnes avec qui nous avons partagé ces quelques jours et en même temps l’excitation de prendre la direction de notre nouvelle aventure dans les Rocheuses Canadiennes.



Après notre petit-déjeuner, nous faisons le hugg habituel pour dire au revoir à Dave. Gaby nous emmène à notre arrêt de bus, à la jonction de la Highway et de la route qui mène chez eux. Elle attend avec nous quelques minutes puis là encore nous lui faisons nos au revoir. Dernier petit pincement au coeur. Le bus arrive quelques minutes plus tard et nous embarquons à bord de notre nouveau moyen de locomotion, le bus Greyhound grande ligne, ou la compagnie qui relie les grandes villes du Canada et dont les arrêts de bus sont introuvables ou à des endroits improbables. Le trajet durera 5h15 et nous arriverons à Kelowna, une grande ville un peu perdue au Centre-Est de la Colombie-Britannique, région particulièrement propice pour l’exploitation viticole. Mais nous n’en verrons rien car nous ne restons qu’une nuit dans cette ville. Mise à part ses caves, la ville ne présente pas un grand intérêt, elle reste tout de même un lieu touristique avec également un lac immense où différentes activités nautique peuvent être proposées. En ce qui nous concerne, nous ne verrons de cette ville que l’avenue de plusieurs kilomètres que nous avons parcourue pour rejoindre notre auberge de jeunesse, que j’ai baptisé “l’avenue au 1001 magasins”, le centre-ville et ses petites boutiques sympathiques ainsi que le bord du lac qui longe la ville.

Lorsque nous sommes rentrées le soir à notre auberge de jeunesse, nous avons fait la connaissance d’Etienne, un québécois qui partageait notre dortoir. Venu ici pour les vacances avec des amis, il s’est montré curieux à propos de notre voyage, curiosité qu’il témoignait à toutes les filles du dortoir. C’est avec cette nouvelle rencontre québécoise que nous avons compris avec Julie que cette langue allait nous donner quelques difficultés de compréhension. Lorsque Etienne parlait nous ne comprenions qu’un mot sur trois et répondions à côté à certaines de ses questions.

Le lendemain midi, nous devions nous rendre à l’aéroport de la ville, qui était très excentrée, pour récupérer notre voiture, notre future partenaire d’aventures mais aussi notre maison pour les deux semaines à venir. Car oui nous ne souhaitions pas alourdir notre budget avec des logements trop onéreux dans les Rocheuses. Et puis ça nous faisait encore une nouvelle expérience, car dormir dans une voiture plusieurs jours, faire l’impasse sur des douches quotidiennes et manger des repas à base d’aliments non frais et ne nécessitant aucune cuisson, ça ne pouvait être qu’une expérience. Nous arrivons donc au petit aéroport perdu à côté de l’université, nous nous présentons à notre guichet pour récupérer le véhicule et partons directement le trouver sur le parking. Là nous découvrons une petite Nissan Versa, compacte mais assez spacieuse pour nous loger deux semaines. Nous partons faire quelques courses à notre magasin préféré, Walmart, chaîne très présente au Canada qui vend de tout. Il ne nous reste plus qu’à organiser le coffre pour que l’ensemble de nos courses et nos deux gros sac à dos rentre et nous prenons enfin la route pour cette étape tant attendue.

Quelques heures nous séparent de notre premier point de chute, Golden, une petite ville à l’entrée du Parc National Yoho. Mais avant de penser à l’arrivée, je savoure de pouvoir conduire dans ce pays. Ici les routes sont tellement agréables, d’abord parce qu’elles offrent de magnifiques paysages, et ensuite car les canadiens conduisent sereinement. Personne ne s’agace au volant, on entend jamais les klaxonnes, sauf au moment de verrouiller la voiture, ce qui surprend la première fois. Les limitations de vitesse sont plus basses qu’en France, mais on ne ressent pas la contrainte de devoir rouler doucement, c’est comme toujours, on prend juste le temps. Je n’ai jamais autant aimé conduire qu’au Canada.

Nous arrivons enfin à destination après plusieurs heures de route et nos premiers émerveillement devant ces paysages hors normes. Maintenant la mission c’est de trouver un coin tranquille où nous sommes sûres de ne gêner personne et surtout qui n’attire pas trop l’attention de la police, car dormir dans sa voiture dans les parcs nationaux ce n’est pas vraiment autorisé, et l’amende peut rapidement être salée. Mais nous trouvons un petit parking juste à côté d’une voie de chemin de fer, ce qui ravie Julie à l’idée d’être réveillée par le bruit des trains. Nous entamons la préparation de la “chambre”. A présent il faut mettre en place les “rideaux”, sortir nos duvets et trouver une position supportable pour dormir. La voiture n’étant pas grande, le fauteuil servira de lit.


Après quelques fous rire dû à notre situation précaire, nous réussissons à nous endormir, non sans mal et sans réveille pratiquement à toutes les heures. Mais nous restons positives car demain est notre premier jour dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Périple dans les Rocheuses Canadiennes

 

Après une mauvaise première nuit beaucoup trop longue à bord de notre petite voiture “Black Bear”, nous émergeons pour nous préparer tranquillement à passer notre première journée dans les Rocheuses.



Mercredi 26 juillet : La Parc National Yoho

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpcGdfaW9fU2dXdjA



Étant arrivées par le route de Kelowna, nous débutons notre séjour dans les Rocheuses dans le Parc National de Yoho, beaucoup plus petit que Banff ou Jasper. Nous avons d’ores et déjà repéré les premiers points d’intérêt et recueillerons plus d’informations plus tard, lorsqu’on arrivera à Field, la seule ville du Parc et également notre future point de chute pour la nuit.



Wapta Falls :

Situées à l’entrée du parc, ces chutes se trouvent à un peu plus de 2km du parking. Après avoir marché dans la forêt, avoir escaladé les quelques troncs d’arbres tombés en travers du sentier et s’être faites mangées par les moustiques, nous arrivons aux fameuses chutes. Là nous découvrons une eau d’un bleu laiteux, et en quantité. Sur la fin de sentier, il nous faut descendre un peu plus pour apercevoir la grandeur de ces chutes et se rendre compte du fracas que fait l’eau en arrivant en bas.



Emerald Lake :

C’est notre premier grand lac et pour le rejoindre nous devons d’abord marcher quelques temps sur la route tant il y a de touristes, nous sommes obligées de garer la voiture comme tout le monde, loin et en bord de route, car le parking est déjà bien plein. Mais nous arrivons et découvrons un lac magnifique, turquoise où les montagnes alentours se reflètent. Quelques touristes prennent d’assaut les barques et partent voguer sur le lac pour faire la fameuse photo dans la barque rouge. Nous, nous choisissons de faire tranquillement le tour du lac, ce qui nous prendra plus d’une heure. Mais les changements de décors en valent le coup.



Hamilton Falls :

Tout à côté du Lac Émeraude, se trouve un sentier qui mène aux chutes Hamilton, elles ne sont qu’à 800m donc nous partons à leur rencontre. A l’arrivée c’est une chute tout en longueur que l’on voit, l’eau s’écoule dans un genre de petite cuvette, avant de partir en ruisseau.



Natural Bridge :

Nous continuons notre journée avec la découverte de Natural Bridge, une formation particulièrement impressionnante de la nature. L’eau des glaciers, glaciale et puissante, s’est frayée un chemin depuis des millions d’années, formant ce pont naturel dans la roche. Les mouvements de l’eau y sont impressionnants et la forme de la roche avoisinante l’est tout autant. Il y est impossible de marcher dessus nu pied, on pourrait presque penser que s’en est coupant.



Takakkaw Falls :

Pour finir cette journée nous empruntons une route particulièrement pentue qui nous mène à plusieurs lieux d’intérêt. Pour ce soir ça sera la chute Takakkaw, 7 fois plus haute que les chutes du Niagara. On l’apercevait déjà de la route mais d’en bas elle est encore plus impressionnante. Pour s’en rendre compte encore mieux, il suffit de regarder les petits humains qui tentent de monter le plus haut possible le long de la parois de la montagne. Ils sont ridiculement petits. Il fait d’ailleurs particulièrement froid près de cette chute car l’eau qui tombe créé comme une brume humide et fraîche.



Le soir nous rejoignons le parking sur centre d’information de Field pour manger et faire notre toilette de chat. Mais comme il est interdit d’y dormir nous choisissons un “parking” proche du chemin de fer, une nouvelle fois. Et avant de préparer la “chambre”, nous voyons défiler un nombre impressionnant de wagons acheminant des marchandises on ne sait où.



Jeudi 27 juillet : Parc National Yoho et Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpSjBXN3VYSWI5U3c



Aujourd’hui le réveil se fait dans de meilleures conditions, et il le faut bien car il y aura encore beaucoup de nuit en fauteuil. Nous prenons notre petit déjeuner à base d’avoine, mélange de graines, banane et lait d’amande, et nous partons de nouveau vers la chute de Takakkaw mais cette fois-ci pour une randonnée.



Laughing falls :

Nous avons 4km à parcourir avant d’arriver aux chutes Laughing, et contrairement à ce que son nom l’indique ça n’a pas été une partie de plaisir, en tout cas pas tout du long. Au début nous avons traversé une petite plaine, puis commencé à avancer dans la forêt pour ensuite arpenter un sentier qui n’en finissait pas de monter. Mais la fin était moins fatigante et nous sommes arrivées tranquillement à ces chutes. Elles aussi s’étaient frayées un passage dans la roche mais l’érosion était moins agressive, les roches étaient beaucoup plus lisses.



Après cette randonnée matinale, nous avons pris la route pour rejoindre Louise Lake à une centaine de kilomètre de là. Une bonne partie de la route étaient en travaux, nous avions donc le temps d’admirer le paysage. Sur l’une des parcelles en travaux, un homme faisait la circulation et au moment où nous sommes passées à son niveau, il nous a mimé une rock star en prenant son panneau pour une guitare, c’était plutôt marrant de voir que son travail lui donnait autant d’enthousiasme.



Louise Lake :

En arrivant à Louise Lake, nous avons tout de suite compris que le flot de touristes allait être bien différent encore. Il y avait des voitures partout dans le village. Nous souhaitions commencer par Moraine Lake mais la route avait été fermée car le lieu était déjà trop peuplé et ne pouvait plus accueillir de voiture. On se dirigea donc vers le lac Louise, là aucun soucis, le parking était immense. Lorsque nous sommes arrivées au niv du lac, nous nous sommes arrêtées net. J’avais déjà eu l’occasion de voir ce lieu sur des photos, mais être réellement devant ce lac n’avait rien de comparable. Sa couleur était encore plus belle que le lac Émeraude, et les glaciers qui l’entouraient était tellement imposant. J’avais pris l’habitude de repérer les sapins sur les rives et les flancs des montagnes pour me donner une idée de la grandeur de ce que j’observais et là c’était assez impressionnant. Nous avions prévu de faire une randonnée assez longue, environ 6km aller simple. On commença par longer le lac dans sa longueur, puis nous arrivions au bout où tout un tas de ruisseaux s’écoulaient. Au fur et à mesure que nous avancions, nous prenions de la hauteur. C’est à ce moment là que j’ai rencontré mon petit ami le spermophile à mante dorée, un petit rongeur qui en voulait à ma barre de céréales et qui n’a pas hésité à me grimper dessus pour s’en approcher. Mais il n’y a pas eu droit car nourrir les animaux avec notre nourriture n’est pas bon du tout pour eux, et clairement j’en avais plus besoin que lui pour finir cette randonnée. Les glaciers qu’on voyait en arrivant étaient en fait bien plus reculés dans la vallée, ce qui les rendait encore plus impressionnants et gigantesques. La randonnée était assez longue, c’était la première que nous faisions avec une telle distance et un dénivelé aussi important. Au deux tiers de la randonnée, Julie commençait à râler, mais je la motivais à continuer car au fond je savais qu’on en viendrait à bout. Râler était notre façon de nous exprimer pendant les randonnées, c’était chacune son tour, car en fin de compte on se répétait qu’il suffisait seulement de mettre un pied l’un après l’autre pour avancer et que le reste c’était dans la tête. Vers la fin de la randonnée, on est arrivée à une sorte de tunnel de neige, et lorsqu’on se plaçait juste à l’entrée on sentait la fraîcheur qui s’en dégageait, c’était particulièrement agréable compte tenu de l’effort qu’on produisait depuis plus d’une heure. Puis on est arrivée à la fin de notre randonnée, tout à côté des glaciers. De là où nous étions, nous n’apercevions déjà plus le lac Louise, et sur le chemin du retour, lorsque nous l’avons aperçu, il était bien petit. Au moment où nous sommes revenues à la voiture, une fine pluie a commencé à tomber. Timing parfait.



Virée presque nocturne aux lacs :

Après notre repas sur l‘air de pique-nique, nous prenons la route qui mène au lac Moraine, à cette heure-ci il n’y aura peut-être personne. Mais en arrivant quelques touristes avaient eu la même idée que nous, et le temps plutôt nuageux et même orageux ne nous a pas permis de faire de belles photos, mais au moins nous avions vu ce lac déjà très grand et tout aussi imposant que le lac Louise. Nous reprenons la route en direction du lac Louise, là encore quelques personnes faisant leur dernière photo, et le pluie qui nous oblige à repartir rapidement. Pour ce nouveau point de chute nous choisissons notre air de pique-nique, le panneau qui est censé indiquer qu’il est interdit d’y stationner la nuit a été peint sur les horaires, si on vient nous réveiller en pleine nuit on aura qu’à faire les idiotes. Mais nous n’avons pas eu à nous inquiéter.



Vendredi 28 juillet, Lake Louise

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Ce matin là, nous nous sommes levées tôt pour nous rendre au lac Moraine, il n’était pas question de le louper un second jour.



Moraine Lake :

En arrivant à proximité du lac, nous voyons les gens se garer au fur et à mesure sur le bord de la route, alors sans se poser de question nous faisons de même, car si nous allons jusqu’au parking, nous perdrons du temps et ne pourrons plus nous garer sur le bas-côté qui ne laisse plus vraiment de place ensuite. Et nous avons bien fait, car après notre randonnée, nous avons vu que la route avait été barrée après le passage de la 5ième voiture garée derrière nous. Quand nous sommes arrivées au petit matin au lac, c’est comme ci la veille nous avions vu un autre lac. Car il était encore plus beau que le lac Louise, un bleu encore plus profond, une couleur presque hypnotisante, c’était un spectacle magnifique, la lumière du soleil n’agressait pas encore le paysage, au contraire c’était une lumière douce qui venait éclairer les montagnes, ou plutôt les glaciers, qui longeaient le lac. Les bus de touristes n’étaient pas encore arrivés, l’endroit n’était pas encore surpeuplé, c’était comme un privilège d’être là, une récompense pour s’être levée plus tôt que d’habitude. Pour la matinée nous avions prévu de faire une randonnée assez physique qui avait un dénivelé plutôt important dès le départ et moins soutenu sur la fin mais toujours présent. On commençait à monter sur les flancs de la montagne en lacet, sur un sentier pas très large qui ne laissait passer que deux personnes et encore lorsqu’il s’agissait de se croiser. Après cette première ascension nous arrivions aux plaines alpines, avec une végétation différentes, moins d’arbres, plus de buissons et de fleurs. Nous étions entourées par de gigantesques glaciers, et malgré les centaines de mètres déjà montés, ils nous obligeaient à pencher la tête en arrière pour apercevoir leur sommet. Nous avions atteint l’objectif de la matinée, mais la suite de la randonnée était faisable et nous voulions en voir un peu plus. C’est après quelques kilomètres qu’on arriva au pied de la dernière étape d’une randonnée plus longue. De là où nous étions on apercevait un petit lac et le sommet des glaciers était plus proche de nous mais toujours inatteignable. On apercevait aussi au loin la suite de la randonnée, un sentier qui montait le long du glacier, en lacet, pour arriver au col et certainement avoir de là-bas un point de vue exceptionnel sur l’autre côté du glacier. Mais il fallait faire demi-tour, le programme de la journée n’était pas fini. En rebroussant chemin j’avais le sentiment de ne pas être allée au bout de cette randonnée, malgré la fatigue et les courbatures des jours précédents, j’aurais voulu atteindre le col. Le fait de voir le col à l’horizon, et le chemin pour y parvenir, me donnait envie de l’atteindre. Mais d’autres sentiers nous attendaient, alors je dû lui tourner le dos et m’en éloigner.



Bow River :

Après cette longue randonnée, nous avions prévu d’en faire une sans dénivelé, celle qui faisait une boucle et longeait la rivière Bow. Elle était plutôt reposante, plus tranquille et surtout moins fréquentée. Le sentier traversait un camping et nous avons profité de l’occasion pour aller nous renseigner, à savoir s’il était possible de venir juste pour prendre une douche. La fille au poste d’accueil nous fit un large sourire en nous répondant qu’il suffisait de payer 5 dollars pour nous deux et que ça ne posait aucun soucis. Ravies de réponse on attendait avec impatience le soir pour revenir prendre notre première douche depuis quelques jours. Car les lingettes c’est bien pratique mais une douche c’est tout de suite plus agréable. On repris ensuite notre sentier pour continuer notre randonnée.



On termina donc notre journée par cette douche bien méritée, autant dire que nous avons pris notre temps et qu’on en a bien profité. Et pour dîner, pourquoi ne pas aller se poser au bord du lac Louise? Nous nous sommes du coup installées là, à côté des touristes et de leur appareil photo. Certains étaient toujours sur les kayaks rouges, nous avons d’ailleurs assisté au chavirement de l’un d’eux. Le couple est tombé à l’eau en voulant en sortir, autant dire qu’ils ont eu extrêment froid quand on sait que la température de l’eau est proche de zéro. Le soleil était déjà bien caché derrière les glaciers mais la vue restait magnifique.



Samedi 29 juillet, La promenade des Glaciers

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Ce matin nous reprenons la route pour Jasper, il y a 250km qui nous séparent de notre prochaine destination. Mais nous avons prévu quelques randonnées sur la route. C’est d’ailleurs à l’occasion de ce trajet que nous voyons notre premier ours des Rocheuses, une maman bear et son bébé bear qui traversaient la route pour aller manger quelques baies sur le bas-côté. Nous les avons aperçu de loin mais avons eu l’occasion de voir leur museau sortir des buissons pendant quelques instants.



Bow Glacier Falls :

Notre première randonnée de la journée le lac, le glacier et les chutes de Bow. A l’heure où nous arrivons il n’y a pas encore trop de monde.Nous empruntons le sentier de cette randonnée, commençons par longer le lac, observons sa belle couleur et les montagnes sur la rive opposée, nous passons ensuite par un petit bout de forêt dont le sol est comme spongieux et mou sous nos pieds. Nous travsersons ensuite une vaste plaine qui est également le lit de la rivière au printemps. Puis nous arrivons à un “escalier”, auquel nous devons monter pour continuer notre route, l’ascension n’est pas longue mais reste physique. Puis nous faisons une petite descente et la nous parcourons une plaine de galet. Au loin nous apercevons les chutes. c’était déjà le cas lorsque nous étions sur les rives du lac, mais là elle est beaucoup plus proche, nous y serons bientôt, sauf dans le cas où nous nous foulons une cheville à force de marcher sur les gros galets sur lesquels ruisselle l’eau. Mais nous arrivons au but sans soucis, nous sommes pratiquement au pied des chutes, elle est immense, l’eau dégringole d’une hauteur impressionnante. Je fais exprès de m’avancer au plus près pour que Julie me prenne en photo. On m’aperçois à peine, c’est dire à quel point c’est gigantesque. Nous restons quelques minutes, le temps de grignoter un morceau et repartons. Sur le trajet du retour nous croisons de nombreux randonneurs, arriver tôt était une bonne idée.



Bow Summit and Peyto Lake :

Nous avons eu moins de chance pour le lac Peyto, un grand nombre de touristes était déjà présents. Mais grâce à notre petite voiture nous pouvons nous garer facilement entre deux grosses voitures. Nous commençons à marcher sur le sentier goudronné et arrivons rapidement au point de vue sur le lac Peyto. Là encore la couleur est assez folle. Mais nous ne restons pas longtemps, juste assez pour prendre quelques photos car les touristes s’agglutinent et notre randonnée n’a pas encore commencé. Elle débute plus haut, avec un dénivelé pas forcément important mais constant qui nous oblige à trouver notre rythme. Là encore nous râlons beaucoup et pestons contre “Parc Canada” qui se moque bien de nous à indiquer des dénivelés erronés. Car concrètement, leur petite carte des sentiers nous indiquait un dénivelé de 250m alors que pendant plus d’une heure nous ne faisons que grimper jusqu’à atteindre les endroits enneigés de la montagne. Mais ça nous permet tout de même de faire des petites pauses photos idiotes et on rigole toujours autant. L’ascension n’étant pas terminée nous continuions de monter jusqu’au sommet. Et là, l’effort nous récompense par une vue imprenable sur la vallée, le lac Bow plus bas et la route qui se dessine à plusieurs centaines de mètre au loin. Certains randonneurs ont construit de petits cairn, ces sculptures de pierres qu’on superpose les unes sur les autres. Nous en avons vu énormément tout au long de notre voyage et pour une fois je me prête à l’exercice. Comme trace de mon passage sur cette montagne, j’ai donc laissé sur le sol canadien une petite sculpture représentant notre Tour Eiffel. Après quelques minutes à observer ces paysages qui s’offrent à nous, nous redescendons pour regagner notre petite “Black Bear” et reprenons la noute.



A 150km de Jasper, sur la Promenade des Glaciers, nom donné à cette magnifique route, nous nous arrêtons au niveau du Glacier Athabasca, le plus impressionnant. Et c’est de loin la chose la plus spectaculaire qui m’aura été donné de voir pendant ce voyage. En regardant ces glaciers que la route longeait, je me suis sentie extrêmement petite face à ce monument de la nature imposant. On voyait des véhicules spécialement conçus pour s’aventurer sur les glaciers acheminer les quelques randonneurs qui avaient souhaité s’y rendre, car il était impossible d’y aller autrement. Notre petit guide nous indiquait qu’il était très fortement déconseillé de marcher sur les glaciers sans être accompagné par des guides expérimentés au risque de mourir, tout simplement. Ce jour-là nous n’étions que de passage, mais nous prévoyons déjà de nous arrêter au retour, lorsque nous irions à Banff.



L’arrivée à Jasper :

Nous sommes arrivées à Jasper en fin d’après-midi. La ville était bien plus grande que Louise Lake, on était dans une ville plutôt conséquente vu la localisation. Il y avait beaucoup de commerces, principalement de souvenirs, des restaurants, des chaînes de fast-food, et beaucoup d’hôtels, auberges et autres hébergements. Ce soir-là nous avons décidé de nous faire plaisir avec un vrai repas et sommes donc allées dans un restaurant où bières et burgers nous attendaient. Nous sommes ensuite parties en voiture faire un tour des environs. C’est à cette occasion que nous avons vu nos premiers Wapitis. Tout un troupeau en bord de route, les voitures étaient toutes à l’arrêt, chacun tentait de prendre sa photo, nous avons fait de même. Les animaux n’étaient absolument pas inquiétés par les voitures, ils étaient comme habitués. C’était assez fou d’être si proche d’eux. Sur une autre route, à l’opposé de la ville, nous avons également un ours noir, là encore les voitures étaient arrêtées, c’était le signe qu’il y avait un animal dans les parage en générale. Là c’était un petit ours, il n’était pas agressif, mais il n’était pas question pour autant de sortir de la voiture. Puis il est parti en s’éloignant de la route et on ne le voyait plus. Après ces épisodes de découverte, nous avons décidé avec Julie de faire tous les soirs notre petit tour pour apercevoir les animaux. Lorsqu’il a commencé à faire nuit, nous avons rejoint un parking repéré plus tôt dans la soirée. Vu le nombre de touristes en ville et hébergements tous complets, nous n’étions pas trop inquiètes d’être réveillées à cause du stationnement de notre voiture-maison, nous comptions sur la tolérance de la police. Ce petit parking est devenu notre point de chute pour les nuits qui ont suivies.



Dimanche 30 juillet, Jasper

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Pour notre première journée à Jasper nous avions décidé de ne rien faire de particulier, juste nous reposer et programmer nos prochaines journées de randonnée. Nous sommes donc allées petit-déjeuner au bord du lac Annette, puis sommes retournées en ville pour faire quelques courses. Nous voulions voir un peu le matériel de randonnées, pourquoi pas acheter une tente en prévision de notre périple à vélo sur la côte Est. Mais les prix n’étaient clairement pas accessible à notre budget. Nous avons tout de même fait la connaissance de Val, un des vendeur d’une boutique de randonnée. Il était depuis peu canadien et fier de l’être devenu. En “ancien français” d’Annecy, il nous confia que la seule chose qui lui manquait c’était le fromage, car la vie ici était bien meilleure, et pour lui ce qui n’allait plus en France venait essentiellement du stress. Il nous proposa de nous emmener le jeudi qui arrivait en randonnée, mais nous n’avons malheureusement pas pu car c’était le jour où nous repartions.



Edith et Annette Lake :

En début d’après midi, nous sommes retournées aux lacs Edith et Annette, initialement pour nous installer dans un endroit agréable et faire notre programme. Puis à la vue de celui-ci, qui était bien rempli, nous avons décidé de faire deux randonnées. La première était de faire tout simplement le tour du lac où nous étions. Ce n’était pas très long et plutôt tranquille comme endroit. Mais ça c’était sans compter sur la présence d’un troupeau de wapitis. Nous en avons profité pour faire quelques photos, bien évidemment. Ils n’étaient pas du tout apeurés, ils mangeaient tranquillement leur herbe sans se soucier de nous. Il y avait une femelle et un petit, celui-ci était plus peureux, mais la femelle ne disait rien que nous soyons si proches d’eux. Nous avons ensuite aperçu un jeune mâle, ces bois n’étaient pas très fournis mais étaient déjà très imposant. Lui non plus n’avait pas l’air inquiété de notre présence. C’était ça aussi les Rocheuses, voir des animaux sauvages un peu partout.



Maligne Canyon :

Nous avons ensuite pris la direction du Canyon Maligne à quelques kilomètres de là où nous étions. Il y avait beaucoup plus de touristes, c’était un lieu accessible à tout le monde, c’était plus une “attraction” qu’un trail pour randonneurs. Mais ça n’enlevait rien à l’intérêt de cet endroit. Le Canyon Maligne était comme son nom l’indique un canyon formé au fil du temps par le passage de la rivière. C’était impressionnant de voir la profondeur du canyon. Au premier pont, 50m nous séparait de la surface de l’eau. La roche avait une forme bien particulière, on imaginait la puissance de l’eau, qui s’était imposée année après année. Grâce au panneau placés tout le long du parcours on en apprenait un peu plus sur la végétation, les oiseaux qui venaient nicher proche du canyon et qu’on ne trouvait que là. On voyait aussi l’eau ruisseler le long des parois du canyon, elle venait de nulle part mais s’écoulait tranquillement.



Nous n’étions vraiment pas déçues d’avoir abandonné l’idée de ne rien faire de notre journée, surtout que le programme des jour suivant était bien chargé.



Lundi 31 juillet, Jasper

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Aujourd’hui nous nous levons très tôt et prenons la direction du Lac Maligne, un des lac les plus connu au alentours de Jasper. 40 bonnes minutes de route avant d’y arriver, et aussi avant de prendre notre petit-déjeuné, car oui on s’habitue vite à les prendre dans des endroits un peu sympa.



Maligne Lake :

Nous arrivons dans les premiers au lac, la brume est présente, peu sur le lac mais surtout dans l’air, proche des montagnes, de sorte qu’on aperçoit pas les sommet. La particularité du Lac Maligne est sa longueur, 22km et aussi une petite île très souvent prise en photo, Spirit Island. Mais nous ne verrons rien de tout ça car une autre randonnée nous attend.



Moose Lake :

Nous prenons le sentier qui mène au Moose Lake, le lac des élans ou orignaux. Nous sommes parties tôt exprès pour espérer en voir, car bien souvent on peut en observer à ce lac. Nous marchons donc sur le sentier qui mène rapidement au lac, au bout de 2km. En arrivant nous voyons deux photographes, qui attendent patiemment de croiser eux aussi cet animal presque légendaire tant il est difficile de les voir. Nous marchons quelques temps proche du lac, en faisant le moins de bruit possible, mais rien en vue, pas l’ombre d’un orignal. Un peu déçues nous repartons sur le sentier pour terminer cette petite randonnée, peut être pourrons nous en croiser dans la forêt. Mais là encore pas le moindre moose en vue. Nous verrons tout de même un biche à la fin de cette randonnée, sortir et retourner rapidement dans la forêt.



Bald Hills :

Nous entamons juste après une autre randonnée, plus longue et plus difficile, car une dénivelé important, mais qui doit nous offrir une vue imprenable sur le lac Maligne. Nous commençons donc à monter, et nous ne nous arrêterons d’ailleurs qu’au sommet. Le sentier emprunté est en fait un ancien sentier “coupe-feu” utilisé comme son nom l’indique pour éviter que les feux de forêt de se propage trop rapidement. L’intérêt de cette randonnée était moindre, le sentier par particulièrement appréciable, nous marchions juste avec difficulté compte tenu de la pente omniprésente, les paysage n’étaient pas non plus très fou, un peu plus dans les hauteurs car moins de sapins et donc plus d’espace pour découvrir les alentours. Lorsque nous sommes arrivées au sommet, la déception était encore un peu là. La brume était toujours très présente, ce qui ne nous permettait pas de voir le lac, juste un vue imprenable sur les montagnes proches, mais pas sur l’ensemble. Nous ne nous sommes pas trop attardées, avons pris un sentier plus naturel pour la descente, et observons toujours un peu partout dans l’espoir de croiser un moose qui se serait un peu trop écarté de son marécage.



Notre petite virée au Lac Maligne n’aura pas été un réelle réussite, mais nous étions tout de même contente de notre reprise de randonnée avec difficulté. Nous devions tout de même nous préparer pour le jour suivant qui annonçait l’apothéose de la difficulté. Comme nous étions un peu déçues de ne pas avoir vu de moose, nous avons fait quelques recherches sur internet pour voir où il était possible d’en apercevoir. Plusieurs personnes indiquaient la route 93A, une route parallèle à la route de la Promenade des Glaciers, à la sortie de Jasper. On décida donc de s’y engager avec peut-être la chance de voir cet animal tant recherché. Mais là encore nous n’avons rien vu.



Athabasca Falls :

Nous en avons tout de même profité pour nous rendre aux Chutes Athabasca, là où s’écoulait la rivière Athabasca, qui venait elle-même du Glacier du même nom. Là encore, les chutes n’étaient pas particulièrement hautes ou grandes, mais d’une telle puissance. L’eau glaciale avait encore tracé son chemin avec force. Là encore quelques panneaux  pour nous donner quelques indications, puis d’autres pour prévenir du risque que les gens prenaient à trop s’approcher, à trop se pencher. Concrètement, personne ne pouvait survivre à une telle chute, non pas à cause du choc, mais à cause de la température. L’hypothermie prenait rapidement la personne et ne laissait aucune chance.



Au cours de la soirée, nous pensions déjà à notre randonnée du lendemain, la plus difficile qu’on ferait, un dénivelé de 1200m, sur plus de 6km, au total 13,7km aller-retour. Comme toujours nous prenions cette future aventure à la rigolade, tout en sachant qu’on allait clairement en baver.



Mardi 1er août, Jasper

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Aujourd’hui nous allons donc vivre notre ascension la plus difficile. On en a beaucoup rit la veille mais aujourd’hui il va falloir se lancer. Nous prenons donc directement la route, sans prendre le temps de déjeuner, nous déjeunerons sur le parking.



Whistlers Peack :

En arrivant sur celui-ci nous apercevons au loin le téléphérique, le skytram. Nous n’avons vraiment pas choisi la simplicité pour gravir cette montagne. Nous préparons nos petits sacs à dos comme avant chaque randonnée, la bouteille d’eau bien pleine, quelques barres de céréales, et nous voilà parties sur le sentier. Nous sommes les premières de la journée à faire l’ascension, aucune autre voiture n’était présente sur le parking. Nous commençons notre ascension, du genre de celle qui n’en finit pas. Chacun de nos pas nous fait prendre de la hauteur, ce qui met dès le début notre souffle et nos jambes à rude épreuve. Nous nous sentons particulièrement seules ce matin là. Nous savons qu’il n’y a personne devant nous et certainement personne qui nous suit. Le silence commence presque à nous angoisser. Le moindre bruit nous fait tourner la tête pour vérifier qu’il n’y a pas un ours dans les parages. Nous sommes équipées de notre bear spray mais n’avons pas pensé à acheter un de ces grelot censé les prévenir de notre présence. Autant dire qu’on ne fait pas vraiment les fières. Du coup nous chantons parfois “on est là” en tapant dans nos mains. Cette tactique nous faisait bien rire et nous rassurait qu’à moitié. Mais heureusement nous n’avons croisé aucun ours ce jours là. Comme toujours la végétation diffère selon l’altitude. Nous passons d’une végétation dense avec beaucoup de fleurs, d’herbe et d’arbre, à des arbustes et sapins, pour finir sur les plaines alpines avec essentiellement de la roche et quelques sapins. Nous faisons des pauses tous les trois quart d’heures, essentiellement car j’en ai besoin, Julie réussi à être dans une sorte de transe qui la fait avancer sans trop de difficulté, mais moins je me focalise encore un peu trop sur l’effort à fournir ce qui m’incite plus facilement à vouloir me reposer un peu. Mais ces pauses nous permettent de boire et manger un morceau donc on y trouve toutes les deux notre compte. Nous montons essentiellement en lacet et sur la fin un peu moins ce qui demande un peu plus d’effort, car chaque pas nous approche plus rapidement du but. Juste avant d’atteindre le sommet, Julie aperçoit deux marmottes, j’ai juste le temps de les prendre en photos puis elle disparaissent. En arrivant au sommet c’est le triomphe, nous y sommes arrivées, nous voyons ceux qui arrivent par le téléphérique frais et décontractés alors que nous, nous sommes essoufflées et dégoulinantes. Un panneau nous indique la raison pour laquelle le sommet porte le nom de Whistlers, cela signifie siffleur en référence aux marmottes qui sifflent dans la montagne. Maintenant nous savons d’où venait ce bruit lors de la dernière partie de l’ascension. Ce n’était pas les gens qui nous suivaient mais ces rongeurs. Un autre panneau nous indique quels autres animaux on peut apercevoir dans les plaines alpines. Il y a bien évidemment noter petit rongeur préféré, le spermophile à mante dorée, mais aussi le pica, un rongeur encore plus petit, une vraie petite boule de poil. Il est moins facile à voir, mais il y en avait justement un qui se baladait près du bâtiment qui servait de gare au téléphérique, mais il était bien  trop rapide pour que je puisse le prendre en photo. Avec Julie nous décidons de nous installer au restaurant à l’étage pour un chocolat chaud et un café, avec vue sur la vallée et la ville en contre-bas. Les nuages ne nous ont pas permis de faire de photos correctes mais l’important pour nous était surtout d’être venues à bout de cette montagne. On repris ensuite le chemin de la descente. C’est toujours plus rapide, mais pas toujours plus simple, car ce sont des muscles différents qui travaillent et il faut faire attention de ne pas poser le pieds n’importe où car avec la vitesse on a vite fait de se tordre la cheville, surtout sur ces sentiers canadiens où les racines des sapins sortent de terre. La descente prend tout de même du temps, mais nous nous réjouissons à l’arrivée de constater que nous avons tout de même fait cette randonnée dans un temps moindre que celui annoncé sur notre petit dépliant qui détails toutes les randonnées.



Après avoir mangé un morceau, c’est à dire une barre pour changer, Julie propose d’aller faire une autre randonnée, non prévue initialement, mais comme on a terminé plus tôt que prévu, autant continuer dans notre lancée.



Wabasso Lake ;

Nous arrivons donc sur le parking du lac Wabasso, il n’est pas très loin et la randonnée est annoncé simple. Mais les premières montés et descente non font vite comprendre qu’on aurait peut être mieux fait d’aller se reposer un peu après notre grosse randonnée de la journée. Mais nous continuons quand même. Et quelques kilomètres après avoir commencé nous tombons littéralement sur un mur à escalader. Surprise je demande à Julie si c’est vraiment le bon chemin, car j’avais cru en voir un plus tôt qui prenait une autre direction. Mais on décide tout de même de grimper à ce mur. Sauf qu’il est clairement impossible d’y monter et nous nous retrouvons comme deux idiotes coincées sur notre bout de mur de poussière. La scène était vraiment comique, on était morte de rire, en train d’essayer de ne pas glisser jusqu’en bas en s’accrochant à des bout de racines. On entreprit de descendre en position assise pour limiter les risques de chute. Arrivées en bas, lorsque nos regards se sont croisés on a tout de suite compris que l’une comme l’autre, nous avions juste envie de retourner à la voiture et mettre fin à cette randonnée de trop. Mais c’est en rigolant et en râlant (comme toujours) qu’on rejoint la voiture.
Nous sommes ensuite retourné dans la ville, avons continuer d’acheter nos petits souvenirs et nous nous sommes offert le luxe d’un restaurant, nos noodles froides seraient pour un autre soir.



Mercredi 2 août, Miette

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Aujourd’hui nous avons encore quelques kilomètres à faire avant d’atteindre le lieux de nos randonnées. Mais aujourd’hui est aussi le jour où nous allons découvrir les sources thermales de Miette.



Sentier de la mine Pocahontas :

Nouss commençons très tôt par une petite randonnée dans les anciennes mines de charbon de Pocahontas. L’endroit n’a rien d’exceptionnel, mise à part une sorte d’entrée dans les mines, et les ruines d’une centrale thermique. Le sentier était rapidement bouclé et aucun panneaux pour expliquer l’historique du lieu. Nous étions un peu dessus et sommes donc rapidement parties vers la seconde étape de la journée.



Il s’agissait d’une randonnée assez difficile, avec plus de 700 mètres de dénivelé. Elle débutait au pied des sources thermales. Voyant le détail du dénivelé le long du parcours nous avons vite modifié nos plans. Plutôt qu’une randonnée fatigante, autant aller aux sources tout de suite pour se relaxer un peu. On pourrait toujours faire une autre randonnée plus simple plus tard dans la journée.



Sources Thermales :

Il n’était que 9h30 du matin quand nous sommes entrées aux source thermales, il y avait alors très peu de monde sur le parking. Les sources avaient plutôt des allures de piscine municipale mais pourquoi pas après tout. Le prix de l’entrée nous a étonné, 5$ et pour le pass à la journée c’était 8$. Autant dire qu’on avait adapté notre programme de la journée. On commençait par se relaxer un peu dans les sources le matin, on ira ensuite faire une petite randonnée le midi et puis nous reviendrons l’après-midi pour finaliser notre relaxation. Il y avait 4 bains différents, deux chauds dont l’un particulièrement, et deux froids. Je n’ai pratiquement été que dans les chaud, et ai seulement fait un petit aller-retour dans un de froid. C’était tellement agréable de pouvoir se baigner, il y avait peu de monde, le cadre était plutôt sympathique, une magnifique vue sur les montagnes alentours. Je me suis même laissé un peu de temps pour faire la crêpe au soleil.



Lorsque nous sommes sorties des sources pour aller grignoter un morceau, nous avons croisé un troupeau de chèvres des montagnes sur le parking, il était particulièrement intéressé par un des véhicules.



Trail Sources des Sources :

Nous avons commencé une petite randonnée tout à côté des sources. Au bout de quelques minutes nous sommes arrivées à la source originelle de la source thermale, un court d’eau extrêmement chaud sortait de la roche et avait teinté les parois de celle-ci d’une couleur un peu verdâtre, on sentait d’ailleurs cette odeur d’oeuf pourri propre à ce type de source. Grâce aux anneaux présents on apprit que la source était là depuis bien longtemps et qu’à l’origine les sources thermales étaient en fait des bassins fait de rondins de bois. Les gens de région ont ensuite construit un complexe pour les habitants de la vallée ainsi que pour les voyageurs et les travailleurs des mines. Mais établit à un mauvais endroit qui risquait de s’écrouler suite aux éboulements de la montagne, ils ont construit le second complexe où nous étions plutôt. La randonnée se prolongeait le long d’un cours d’eau, puis se jusque dans la forêt mais nous ne sommes pas allées jusqu’au bout. La tentation des sources était trop forte nous y sommes donc rapidement retournées.



En rentrant de cette journée reposante, nous sommes passées tout à côté de ce qui aurait pu être un lac alors que c’était la rivière Athabasca. Elle était située en bordure de route, et le nombre de voiture garée sur la bas-côté nous a interpellé. Lorsque nous avons regardé en direction de la rivière nous avons vu un nombre impressionnant de gens s’amuser dans la rivière, mais le plus impressionnant c’était de voir des gens être allés très loin, et de voir que seul leurs pieds étaient encore immergés. Cela donnait l’impression qu’ils marchaient sur l’eau. Le soir venu, nous avons décidé de retourner à cet endroit de la rivière pour dîner, le lieu dégageait quelque chose, on se sentait petite et en même temps la rivière donnait l’impression que même si la rive opposée pouvait être à des kilomètres elle était peut être accessible.
Nous avons repris la route en direction de notre petit parking pour la dernière fois, car demain c’était le départ pour la ville de Banff et son parc national.





Jeudi 3 août, Promenade des Glaciers

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Nous avons plus de 300km à parcourir aujourd’hui pour rejoindre Banff, le réveil a donc sonné très tôt. Comme nous l’avions fait pour notre venue à Jasper, nous avions prévu de faire quelques randonnées sur la route.



Sunwapta Falls :

Nous débutons donc cette journée par les chutes Sunwapta, à une quarantaine de kilomètres de Jasper. Nous ne sommes pas nombreux sur le parking, nous allons donc pouvoir profiter du lieu tranquillement. Comme toujours quand il s’agit des chutes, nous sommes impressionnées par la quantité d’eau et la force que cela dégage. Là encore l’eau au fil du temps a sculpté la roche. Le sentier est plus long que prévu pour se rendre aux chutes inférieurs mais ça ne nous pose pas de soucis nous avons le temps et ça nous permet de nous réveiller tranquillement.



Nous reprenons ensuite la route pour nous rendre au Glacier Athabasca, celui qui m’avait fait une forte impression quelques jours auparavant. La route est magnifique, nous sommes constamment encerclées par les montagnes, et je remarque que le bord des routes est parsemé de petites fleurs violette, dont je ne me rappelais pas les avoir vu à l’aller.



Front du Glacier Athabasca :

En arrivant sur le parking, nous constons de nouveau le peu de monde. Tant mieux pour nous si nous pouvons échapper au flot de touristes. Je suis tellement enthousiaste à l’idée de me rapprocher de ce glacier. Nous commençons la randonnée du front du glacier, elle n’est pas grande mais elle permet d’avoir une vue imprenable sur le glacier. Tout le long du sentier, des panneaux peu rassurants nous indiquent qu’il ne faut surtout pas s’éloigner du sentier au risque de tomber dans des crevasses créées par les failles du glacier. Ils expliquent que lorsque cela arrive, même dans le cas où les sauveteurs arrivent rapidement, le temps de sécuriser les lieux et de commencer l’intervention pour aller chercher la personne, celle-ci est bien souvent déjà morte de froid. Les chances de survie sont pratiquement nulles, et pour illustrer cette mise en garde, ils donnent même le détail du cas d’un enfant de 9 ans tombé il y a quelques années. D’autres panneaux alerte sur un autre sujet, l’impact du réchauffement climatique. Ils expliquent que chaque année le glacier est en recul, qu’il fond et ce de plus en plus vite, que d’ici une petite centaine d’année, le glacier aura disparu, qu’il laissera la place à une forêt de sapins. Cela aura comme incidence l’impossibilité de fournir la majorité de l’Amérique du Nord en eau, car ce sont essentiellement les glaciers qui le permettent et particulièrement le glacier Athabasca. Le glacier en lui même est d’autant plus impressionnant de “près”. Nous nous trouvons juste au pied du glacier, là où commence à s’écouler l’eau qui deviendra la rivière Athabasca. Au loin, plus haut sur le glacier nous apercevons les premiers groupes de randonneurs menés par des guides spécialisés, ainsi que les véhicules équipés de chenilles qui viennent déposer d’autres groupes de touristes. C’est en les regardant que l’on se rend compte de la taille gigantesque du glacier. Cette randonnée nous aura plongé dans une atmosphère étrange. En arrivant j’étais surexcitée à l’idée de revenir voir de plus près ce monument naturel, mais en marchant le long du sentier, après avoir lu sur les panneaux l’incidence de l’activité humaine sur ce lieu spectaculaire, le fait de se rendre compte que malgré notre petitesse face à ce glacier nous étions tout de même en mesure de le détruire, tout cela me plongea dans une sorte de déprime. Je me sentais comme désolée de constater que le besoin de s’enrichir et de consommer avant fait oublier à l’Homme la nécessité de préserver sa planète, de respecter la Vie.



Nous avons ensuite repris la route pour Banff, juste après avoir pris un café en face des Glaciers.

Chainon Parker :

C’est peu de temps après que nous sommes arrivées à notre dernière randonnée de la journée. Il y avait un tout petit parking en bord de route et déjà beaucoup de voiture stationnées, mais notre petit gabarit nous a permis de trouver une place facilement. On apercevait d’en bas le tracé en lacet de cette rando. Elle n’avait rien de difficile juste un dénivelé constant, ce qui présageait un rythme tout de même soutenu. Nous entamons donc notre randonnée, avec un rythme correct et arrivons assez rapidement en haut de la montagne. On y découvre une grande plaine alpine, presque plus d’arbre, essentiellement un tapis vert. La plupart des personnes partent vers la droite pour continuer de grimper un peu. Mais nous, nous préférons aller à gauche, sur un autre petit sentier. Et nous avons bien fait. Car le long de ce sentier pratiquement au bord de la montagne, nous avons eu droit à une vue superbe sur les Glaciers et la vallée juste en face de nous. Là encore un spectacle à couper le souffle. Au loin on voyait le glacier descendre dans la vallée, puis l’eau qui s’en écoulait et devenait une rivière avec cette couleur turquoise, et qui disparaissait ensuite dans la forêt de sapins. Pour nos derniers moments dans le parc de Jasper nous avions été gâtée.



Retour à la voiture, et départ définitif pour Banff, nous ne nous arrêterons plus avant d’y arriver. Mais ça c’était sans compter sur une petite retrouvaille. En arrivant au niveau du lac de Bow, je me suis souvenu que c’était à cet endroit que nous avions aperçu notre maman ours et son petit traverser la route. Et c’est à peu près à ce moment, pratiquement au même endroit que nous avons vu un attroupement de voitures sur le bas côté de la route, les gens étaient même sortis de leur voiture. Et là, qui on voit traverser, maman ours et bébé ours. Certainement les mêmes que la première fois. Nous avons fait comme tous les idiots présents, on s’est garée pour tenter de les apercevoir. Mais ils étaient déjà retournés dans la forêt. Alors retour dans la voiture et après avoir laissé passer toutes les voitures qui avaient été bloquées par cet présence animale, nous avons repris la route.



Arrivée à Banff :

Au terme de plusieurs heures de route nous arrivons enfin à Banff. La ville n’a rien à voir avec Jasper. Elle est plus grande, il y a plus d’hôtels et d’hébergements, au point qu’ils ne sont pas tous complets, ce qui nous arrange pas pour notre couchage en voiture. Nous nous garons rapidement, et prenons la direction du centre d’information. On récupère la carte des randonnées, et allons nous poser dans un pub pour réfléchir à notre programme des quelques jours à venir. Lorsque c’est fait nous partons manger, là encore on s’est offert un petit burger. Pour finir la journée, on décide d’aller faire un tour aux alentours, histoire de voir si on aperçoit des animaux, comme à Jasper. On prend donc la route en direction du lac Minnewanka. Mais ce n’est que sur le retour qu’on apercevra au loin un troupeau de wapitis. En rentrant sur Banff, nous cherchons un endroit propice pour garer la voiture, qui deviendra notre point de chute. On le trouvera dans un petit quartier reculé, près d’une communauté religieuse, et bien évidemment à côté d’une voie de chemin de fer. On commence l’installation, il ne fait pas encore nuit, et alors que je lève les yeux vers le rétroviseur, j’aperçois un mâle wapiti assez imposant, en train de traverser la route. Avec Julie on se précipite pour aller l’observer, et on remarque rapidement son copain en train de manger la haie d’une maison. On aura tout vu. Ils sont restés là une bonne demi-heure, ce sont même installés dans la pelouse pour dormir. Et alors qu’on pensait qu’on allait pouvoir tranquillement se mettre au lit, on a vu débarquer un garde de parc Canada, armé d’un fusil avec des balles en plastique, courir après les wapitis pour les éloigner de la ville. Une vraie partie de paintball.

Après ce petit épisode peu ordinaire, on a pu se coucher en attendant le lendemain et nos premières randonnées dans ce nouveau parc.



Vendredi 4 août, Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpcy0zZDI5Um9MdFU



Nous nous réveillons assez tôt, d’abord pour être sûre qu’on ne gêne personne à dormir ici et car il y a un peu de route avant d’arriver à notre première expédition.



Johnston Canyon :

Nous arrivons donc au canyon Johnston dans les premiers et faisons notre petite toilette directement sur le parking. Dès nos premiers pas dans ce lieu emblématique, nous comprenons tout de suite que le parc de Banff est plus ancien et plus touristique. Le sentier est goudronné, délimité par des barrières de bois pour éviter aux touristes d’aller piétiner la nature en “régénération”. Nous parcourons donc ce chemin comme un grand nombre de personnes ce jour là, qui ne cessait d’augmenter au fil des minutes. Le canyon était très ancien, et avait deux chutes, l’inférieure et la supérieure. La première plus en aval, plus petite que l’autre avait comme souvent créé comme une cuvette là où l’eau venait s’abattre. On pouvait aller voir ça de plus près en entrant dans une petite grotte. Mais il n’y avait pas la place pour grand monde, juste 4 personnes au plus, et les gens forçaient le passage pour y entrer sans comprendre qu’il suffisait d’attendre que nous sortions. Nous avons ensuite pris le chemin de la chute supérieure. Elle était encore plus imposante, toute en longueur. Et sur les cavités du canyon on pouvait voir les différentes couches de roche se superposer. La couleur était particulière au niveau de la chute, différente de celle du reste du canyon. Sur le chemin du retour nous étions impressionnées par le nombre de personne sur le sentier. Encore plus en arrivant sur le parking, il était complet et les voitures commençaient à se garer sur le bord de la route, pratiquement sur 1km. Se lever tôt était une nécessité à Banff.



Silverton Falls :

Nous nous sommes ensuite rendues aux chutes Silverton, à quelques kilomètres de là où nous étions sur la même route. La randonnée était courte, beaucoup moins peuplée, et au terme d’un sentier qui arpentait la montagne sur quelques mètres, nous sommes arrivées aux chutes, elles n’étaient pas aussi imposantes que les précédentes mais le fait d’être aller à sa rencontre sans avoir croisé trop de personnes la rendait plus appréciable à observer.



Nous sommes ensuite retournées à la ville de Banff, il y avait quelques randonnées à faire à proximité de la ville.   

Sundance Canyon et la Boucle du Marais :

Nous avions choisi une randonnée à la sortie de la ville, elle commençait à côté d’une ancienne prison, utilisée à l’époque de la seconde guerre mondiale. Là encore le sentier était goudronné, nous longions une rivière, puis comme un marais. On pouvait voir l’eau changer de couleur à l’endroit où les deux se rejoignaient, d’un côté le bleu clair au travers duquel on peut voir le fond de la rivière, et de l’autre une eau plus foncée, plus commune. Lors de cette randonnée nous nous sommes faites mangé par les moustiques, nous n’avions pas pensé à nous mettre du spray et nous l’avons bien regretté. A la fin du sentier goudronné, la randonnée continuait dans la forêt, nous suivions une rivière qui passait entre la roche, là encore un canyon, mais en rien similaire à celui visité le matin même. Après avoir fait la boucle du canyon, nous sommes retournées sur notre chemin goudronné, c’est là que nous avons croisé les chevaux. Un groupe de touristes faisait la randonnée à cheval, ils étaient tous crispés sur leur selle, la main devant le visage, car les chevaux marchaient sur un chemin de sable qui faisait énormément de poussière. Nous en avons également profité un certain temps aussi de cette poussière. Décidément cette randonnée n’était pas la plus agréable. Nous étions presque pressées que la journée se termine pour aller manger nos noodles froides.



A la fin de la journée nous sommes allées dans le centre ville, on a demandé au centre d’information où on avait le plus de chance de voir des orignaux, a priori c’était aux lacs Vermillon, et ensuite nous sommes parties faire un petit tour dans les magasins de la ville.

En début de soirée, nous avons écouté les conseils du centre d’information et sommes allées manger notre dîner au bord d’un des lacs dans l’espoir de voir enfin un moose. Ca deviendra notre coutume pour les prochains jours, mais malheureusement ce soir là nous n’en avons pas aperçu.



Samedi 5 août, Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpdXpVTHV0eEpjRUU



Ce matin encore, nous avons choisi de nous lever tôt pour aller prendre notre petit déjeuné au bord du lac Johnston, notre première randonnée de la journée.



Johnston Lake :

Ce lac n’avait rien d’exceptionnel mais il était très calme de bon matin, nous étions les premières sur le parking. Nous nous sommes installées sur la table de camping et avons commencé de déguster notre mixture quotidienne. Quelques personnes sont arrivées par la suite. Lorsqu’on a eu fini nous avons entrepris le tour du lac, il n’était pas très grand mais c’était parfait pour commencer cette journée. L’eau tranquille du lac nous permettait de voir le reflet des montagnes avoisinantes se dessiner sur la surface. Cela ne nous a pas pris beaucoup de temps pour faire cette randonnée, juste assez pour nous réveiller complètement et nous préparer à la prochaine qui était un peu plus sportive.



A quelques kilomètres du Lac, sur la route pour nous rendre à la prochaine expédition, nous avons eu la chance de croiser la route d’une petite chèvre des montagnes. Elle avait l’air un peu perdue, sans être complètement effrayée par la présence de la voiture et son pelage était un peu aléatoire.



Cirque C-Level :

Pour la seconde balade de la journée nous ne serons pas seules, il y a déjà quelques voitures sur le parking. Nous commençons notre ascension, là encore il faudra monter tout du long pour arriver au Cirque en altitude. Sur la première partie du sentier, il est indiqué partout qu’il ne faut pas en sortir, car nous marchons sur une ancienne mine de charbon. On voit d’ailleurs rapidement des grillages sur les côtés, en s’approchant un peu on peut voir des trous dans le sol, profond et sombre. C’était plutôt impressionnant et ca a le mérite de dissuader les quelques personnes qui auraient voulu s’aventurer en dehors du sentier. Nous ne croisons les premiers randonneurs qu’après un long moment. Puis croisons un couple qui s’agace à moitié à cause de la difficulté de la randonnée, a priori ça fait déjà quelques heures qu’ils marchent. Après avoir principalement monté le long de la montagne, on comprend qu’on commence à la contourner. Et c’est au bout d’une heure quarante que nous arrivons au bout. Et nous sommes devant un spectacle encore surprenant, face à quelque chose que nous n’avions encore pas vu. Le Cirque est en fait un ancien glacier qui a fondu, dont la roche est tombé à certain endroit et qui commence à être recouvert de sapins. Le sentier se poursuit, nous continuons sur quelques mètres mais faisons demi-tour car le ciel commence à devenir menaçant. Nous sommes tout de même satisfaites d’avoir été au bout de la randonnée initiale.



Nous retournons ensuite dans la ville de Banff. Il est 13h passé et nous avons faim. Le temps d’aller chercher quelque chose à emporter et nous partons manger sur le bord de la rivière Bow. Nous avons une vue superbe sur la ville avec en fond une montagne gigantesque.



Bow Falls :

Après manger nous longeons la rivière, car le sentier mène aux chutes un peu plu bas. L’endroit est très fréquenté, plutôt par les touristes non équipés pour la randonnée qui se contentent peut être des sentiers dans la ville. C’est différent de nos ambiances de forêt habituelles, les gens ne respectent pas les indications qui demandent de ne pas marcher aux endroits où la nature est “en cours de régénération”. Heureusement nous arrivons aux chutes et leur splendeur me fait oublier ces gens qui m’insupportent. On peut apercevoir un petit arc-en-ciel juste au dessus de l’eau. Et il y a toujours cette couleur un peu turquoise. Le cours de la rivière forme ensuite un gros virage vers la gauche et s’enfuit dans la vallée.



Nous passons le reste de l’après midi à flâner dans les rues de Banff, à la recherche de nos souvenirs, juste pour passer le temps. Le soir venu, nous retournons à notre lac habituel. Comme pratiquement tous les soirs à la même heure, nous voyons passer le train au loin, juste en face de nous, transporter des marchandises. Et pour une fois j’ai pris le temps de compter les wagons, 120 au total, c’est fou tout ce que ce train peut acheminer en plein milieu des Rocheuses.



Dimanche 6 août, Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpYVhPeGJEdkRualE



C’est notre avant dernier matin à Banff, notre dernier jour dans cette ville car demain nous partons. Nous décidons de prendre notre temps, nous n’avons pas prévu grand chose pour la journée, seulement une randonnée proche de la ville.



Hoodoos, les cheminées des fées :

Nous garons la voiture sur le tout petit parking. La randonnée n’a rien de compliquée, elle est plutôt longue en kilomètre, mais très peu de dénivelé. Nous commençons par marcher dans une forêt peu fournie en sapins et autres arbres. La rivière Bow n’est pas très loin et nous en longeons une partie pendant quelques temps. Il n’y a personne sur le sentier ni même au loin, nous sommes comme seules. Nous ne parlons pas beaucoup, on vient à peine de se réveiller et l’ambiance est plutôt propice au silence. Après plusieurs minutes l’ambiance change un peu, nous nous rapprochons de quelques habitations, une sorte de camping, puis on entend la route pas très loin. Nous croisons aussi la route de quelques cyclistes. Au fur et à mesure que nous marchons, nous prenons un peu de hauteur, et la vue se dégage petit à petit et ce sont de superbes paysages que nous avons encore face à nous. Nous arrivons ensuite vers la fin de la randonnée, un parking est tout proche, et quelques panneaux nous expliquent l’histoire de ce lieu. Les cheminées des fées ce sont en fait des formations rocheuses, modifiées par l’érosion, qui prennent la forme de cheminée, comme des tubes tout en longueur. Ils ne savent toujours pas comment l’érosion a pu donner cette forme, mais des études sont en cours. Le sentier se poursuit ensuite sur quelques kilomètres, offrant plusieurs points de vue, et de beaux panoramas sur la vallée de la Bow. Le retour à la voiture se fait tranquillement mais moins silencieusement.

Lorsque nous revenons sur Banff, c’est une autre expédition qui commence, la lessive. Une laverie située dans le centre commerciale sera pour les prochaines heures notre prochain point de chute. Nous sommes arrivées au bon moment, car lorsque nous avons eu fini, la laverie a été prise d’assaut.

Pour finir notre journée, nous sommes allées nous reposer dans le parc de la ville. Nous n’étions pas les seules à avoir eu cette idée. L’endroit était bondé. Nous sommes restées un long moment, mais n’avons pas pu profiter du soleil comme nous l’aurions voulu. Les incendies qui faisaient beaucoup de dégâts depuis plusieurs semaines en Alberta, masquaient le soleil avec toute la fumée des feux aux alentours.
Nous n’avons pas failli à notre coutume ce soir là et sommes allées au lac pour tenter d’apercevoir les élans. Mais toujours rien, c’est décidément pas pendant ce voyage qu’on aura l’occasion d’en voir.

 

 

Retour dans le monde urbain

 

Ce matin nous nous réveillons pour la dernière fois dans notre “Glamour Paradise”, notre petite voiture noire. Mais nous disons également “au revoir” aux Rocheuses qui nous ont tant émerveillées.



Nous avons passé 12 jours sportifs et forts en émotion. En tout nous avons parcouru plus de 2200km avec notre voiture/maison, fait des randonnées qui totalisent 155.5km de marche, découvert des lieux qui laissent sans voix. Nous avons râlé comme jamais, eu des fous rire par centaine, eu quelques petits moments d’angoisse aussi. Nous avons pu apercevoir des animaux encore jamais vu et pu en approcher certains. Mais ces 12 jours ce sont aussi autant de nuits passées dans la voiture, des repas aléatoires à base de noodles froides, des flocons de jambon en conserve, des petits déjeuné aux graines… et tout ça dans sans oublier un élément phare de ce périple, celui qui nous a toujours accompagné, qui pourrait presque pu être le fil rouge de cette aventure, je parle bien sûr du train. Pour moi il aura eu une place à part. Toujours présent, jamais très loin, bruyant et imposant. Un élément anodin et en même temps omniprésent.



Mais ce lundi matin nous quittons tout ça. Nous prenons la route pour Calgary, la deuxième grande ville du Canada en nombre d’habitants. Elle n’est qu’à 2h de route de Banff. Nous devons ramener notre petite voiture à l’aéroport, mais avant, notre mission est de trouver une station essence pour faire le plein. Je dis mission, car lorsque l’aéroport est au milieu de nul part, la tâche peut vite prendre un peu de temps à être réalisée. Mais nous y arrivons, trouvons rapidement l’emplacement des retours de voitures de location, et là tout se passe très vite. Nous entrons dans le parking, une dame repère les références de la voiture, le kilométrage, fait un rapide tour, nous propose de sortir, de récupérer nos affaires et hop la voiture part directement au nettoyage. Belle démonstration d’efficacité. Nous prenons ensuite la direction des arrêts de bus, car c’est le meilleur moyen de rejoindre le centre-ville. Le bus nous débarque au niveau d’un kiosque d’information touristique. Une femme nous propose son aide pour nous orienter dans la ville et nous informe également qu’aujourd’hui c’est la journée de l’héritage, un peu notre équivalent de la journée du patrimoine. Il y a donc un spectacle donné dans un des parc de la ville. Nous prenons les informations, et partons en direction de la rue où se trouvent les restaurants. Nous prenons le temps de manger un vrai repas et repartons rapidement à la découverte de la ville. Et c’est un peu la déception. Les rues sont plutôt dépeuplées aujourd’hui, nous sommes principalement entourées de building et il n’y a pas beaucoup d’activité. Nous nous dirigeons donc vers le parc principal de la ville, et le temps d’acheter un café à emporter, nous rencontrons John, un p’tit papy à vélo, curieux et bien décidé à nous faire la conversation. Nous partons donc tous les trois vers le parc, John nous raconte quelques anecdotes sur la ville, nous parle de lui et de sa femme enseignante en français et qu’il était en route pour lui acheter des pâtisseries. Lorsque nous arrivons au parc, il nous abandonne, ravi d’avoir pu échanger avec deux françaises à sac à dos. Nous de notre côté nous sommes amusées de cette rencontre inhabituelle mais toujours très plaisante. Nous constatons aussi que le parc n’a pas grand intérêt. Décidément les Rocheuses nous ont rendu un peu plus exigeantes en terme de paysage. Mais nous nous posons tout de même pendant un certain temps. Comme nous ne voulons pas trop tarder à rejoindre notre guesthouse pour retrouver les bienfaits de la douche, nous retournons en centre-ville, histoire d’aller jeter un coup d’oeil au spectacle. Un peu à la manière du défilé de Courtenay il y a quelques semaines, ce sont des spectacles des différentes associations de danses qui se présentent les unes après les autres. Comme le Canada est un pays où beaucoup de cultures cohabitent, nous avons droit à un grand panel de danses différentes. Nous ne restons qu’une trentaine de minutes car l’envie de prendre cette fameuse douche se fait de plus en plus pressante. Nous reprenons donc le bus et arrivons rapidement à notre chambre, située dans un petit quartier résidentiel. Enfin un peu de confort après ces deux semaines dans notre voiture/maison, rien que l’idée de dormir dans un lit nous donne l’impression d’être dans un hôtel 3 étoiles. Nous prenons le temps de bien réorganiser nos sacs et de bien planifier notre réveil, car le lendemain matin nous devons reprendre le bus pour rejoindre l’aéroport. Notre avion pour Toronto nous attend.



Notre première nuit depuis longtemps dans un lit a été un peu gâchée par l’arrivée tardive et bruyante d’autres hôtes mais tant pis, nous leur rendrons la pareil le matin lorsqu’on se préparera. Ça a un prix de nous gâcher nos précieuses nuits…

Nous nous réveillons tranquillement, moi bien en avance pour pouvoir prendre mon temps dans la salle de bain. Après le petit déjeuner nous partons rapidement pour notre future destination. L’aéroport est immense, mais notre visite d’hier nous facilite la tâche et nous trouvons rapidement notre comptoir d’enregistrement. Les formalités faites, nous allons nous poser boire notre habituel café. Comme nous avons le temps avant l’embarquement et qu’en plus notre avion est retardé  d’une trentaine de minute, nous partons à la découverte de cet aéroport gigantesque. Vient enfin le moment d’embarquer, nous n’avons pas choisi nos sièges, mais le petit monsieur de l’enregistrement nous a placé l’une à côté de l’autre, mais aussi à côté des toilettes au fond de l’avion. Ce vol va être génial. Il a tout de même été rapide, 3h50, même pas le temps de m’endormir.



Nous voilà donc sur la côte Est, dans la plus grande ville du Canada, Toronto. Maintenant nous devons trouver le moyen de rejoindre le centre-ville. C’est une navette qui nous y conduira, un genre de train High-Tech, avec porte-bagage très bien pensé, pas comme nos trains où après 3 valises il n’y a plus de place pour le reste du wagon. Le trajet se fait rapidement et nous descendons à une station proche du subway, notre prochain moyen de locomotion qui nous mènera à notre guesthouse encore particulièrement bien située, encore le quartier des drogués, mais ils sont gentils donc ça ne nous inquiète pas. Nous avons 51 arrêts à passer, 50 minutes de trajet, donc autant de temps pour découvrir la ville qui commence seulement à s’endormir. Dans les rues nous apercevons beaucoup de streetart, des maisons aux formes atypiques, surtout si proche du centre-ville. Nous passons par Chinatown et comme toujours nous changeons pratiquement de pays, l’Asie n’est jamais bien loin dans les grandes villes.

Nous arrivons enfin à notre guesthouse, même si le quartier n’est pas très bien fréquenté, il est particulièrement bien situé, nous ne sommes qu’à 15 minutes à pied du centre. Là commence la nouvelle mission, entrer dans la guesthouse. Le gérant ne peut pas nous accueillir si tard, et ils ont mis un système de cadenas à code qui contient une trappe où l’on peut glisser des clés, je n’en avais jamais vu avant et comprend très vite l’utilité de ce cadena. Une petite clé sert à ouvrir toutes les portes, sans elle impossible de les ouvrir, on pourrait facilement se retrouver bloquées. Mais on arrive à notre chambre et trouvons nos clés.


Tout s’est bien déroulé, nous sommes enfin installées pour les 5 prochains jours, et nous allons pouvoir nous reposer et commencer dès demain notre exploration de cette ville.

 

Toronto, la ville aux ambiances multiples

 

Alex, notre logeur de la guesthouse, est arrivé pile à l’heure convenue pour le paiement de la chambre, 8h au réveil pour nous libérer de cette corvée. Le séjour à Toronto pouvait commencer.



Mercredi 9 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpVE5FbzB0c3VGZ0U )



Aujourd’hui nous souhaitons consacrer une bonne partie de la journée à la recherche de nos futurs compagnons de route, nos vélos. Car pour ceux qui ne le savent pas encore, nous souhaitons rejoindre la ville de Québec à vélo. Toronto est renommée pour être la ville du vélo, un grand nombre d’habitants se déplacent avec ce moyen de transport et des pistes cyclables sont présentes partout dans la ville. Alex nous a conseillé d’aller faire un tour à Canadian Tire, une grande chaîne de magasin au Canada. Ils vendent de tout sauf l’alimentaire, on y trouve articles de bricolage, de loisirs, de sport et tellement encore, c’est un incontournable du Canada. Après avoir pris notre petit déjeuné au True Love Café, tenu par un frère et une soeur adorables, qui se sont inquiétés à l’idée de ce périple à vélo, nous sommes parties à la recherche de nos vélos. Nous avons donc suivi le conseil d’Alex, il y avait un grand choix de vélos. Nous avons repéré le moins cher bien évidemment, l’idée n’était pas de se ruiner. Nous avons aussi repéré quelques équipements, de quoi réparer en cas de besoin. Après être passées au centre d’information  de la ville pour récupérer des cartes et renseignements, nous sommes reparties à la recherche des autres magasins de la ville, des réparateurs et des magasins d’occasions. Sur le chemin nous en avons profité pour aller à Greyhound, car en plus de faire les trajets de bus il font également de la livraison de colis. C’est Gaby qui nous avait donné l’idée de nous envoyer un colis à nous mêmes pour s’alléger un peu pendant le périple à vélo. On se renseigne donc sur le coût qui est très abordable. On reviendra donc le vendredi pour déposer notre colis. On se rend donc ensuite aux différents magasins de vélos, et sans grande surprise ils nous annoncent des prix très élevés, même pour des vélos d’occasions. On ira donc acheter notre vélo à Canadian Tire. Mais avant ça, nous allons faire un p’tit tour du côté du quartier de Kensington, un quartier plutôt atypique juste derrière Chinatown. Nous avons encore beaucoup marché aujourd’hui, nous avons fait la ville en long, en large et en travers et le tout à pied. Nous avons respirer les odeurs de la ville, qui sont nombreuses, celle du béton fraîchement coulé, celle des pots d’échappement des voitures, celle des aérations des buildings, celle des fast-food en tout genre. Aucun doute nous étions bien revenues en milieu urbain. Mais en nous éloignant un peu du centre et en arrivant au quartier de Kensington, c’est un village dans la ville que l’on découvre. Ces rues me donnent l’impression d’un quartier où l’ordre et la lois n’ont pas leur place. Aucune insécurité comme toujours mais ici le quartier vit selon l’envie de ses habitants. Les maisons sont presque toutes recouvertes de streetart, une ambiance un peu hippie se fait sentir, des petites boutiques tout aussi atypiques et des petits restaurants aux cartes exotiques. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce quartier, avec cette liberté largement exprimée. De retour dans le centre ville, nous retournons à Canadian Tire, pour acheter nos vélos. On demande conseil au vendeur et lui expliquons notre périple futur. Il n’en revient pas, et prend comme beaucoup un air surpris et dubitatif. On lui montre les vélos que nous avons repérés et nous les déconseille tout de suite, ils ne tiendront pas. Il nous en montre d’autres à 200$, 90$ de plus que ceux repérés. Et dans un élan de pitié, compassion ou d’encouragement, le vendeur se lance dans un festival de réductions sur le reste des équipements (chambre à air, pompe, casque, porte-bagage, sacoche), il nous fait cadeau de certains articles d’occasions. Au total il nous fera économiser 100$ sur la facture finale, ce qui est très sympa de sa part. Il nous propose même de nous monter les équipements et de nous préparer les vélos que nous viendrons chercher dans quelques jours. La journée s’achève par quelques petites courses, et un dodo tôt car demain nous prenons le bus à 7h pour une petite aventure.



Jeudi 10 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpWGlyNWVzOUU3Mnc )



Aussitôt levées, nous prenons rapidement la direction de la gare d’autobus, aujourd’hui nous partons pour la ville de Niagara et ses chutes. Nous avons presque deux heures de bus avant d’arriver à la ville, et autant dire qu’on les a passées à finir notre nuit. Le bus nous a débarqué à l’entrée de la ville, et au début on s’est demandé si le conducteur ne s’était pas trompé. L’endroit était désert, on aurait dit une ville fantôme. On a marché pendant 45 minutes avant d’apercevoir le début des chutes de Niagara. Quelques mètres avant les chutes américaines, nous avons pu voir le pont et le poste frontière pour le passage aux USA. De leur côté ils ne pouvaient avoir qu’une vue plongeante sur les chutes, alors que du côté canadien, nous avions en plus, la vue complète sur les chutes car nous étions sur la rive en face. De chaque côté, américains et canadiens avaient la fameuse attraction du bateau qui permet d’aller au plus près des chutes, ils effectuaient une alternance pour s’y rendre, une fois le bateau rouge, une fois le bateau bleu. Derrière eux, les bateaux laissaient une traîné, comme une sorte d’écume. Comme souvent le tourisme amenait avec lui son lot de pollution. Nous nous sommes contentées de rester sur les hauteurs, avons pris quelques photos, beaucoup de photos, avant l’arrivée en masse des touristes. Le spectacle était là encore impressionnant. Les chutes étaient magnifiques, la quantité d’eau qui tombait était folle, et elle produisait une brume humide à l’arrivée, que le vent nous apportait au fur et à mesure que nous nous rapprochions. Au loin, plus haut au bord de la rivière on apercevait un vieux bâtiment abandonné, recouvert par la végétation. Nous avons longé la rivière jusqu’au bâtiment pour le voir de plus prêt et avons aperçu au loin l’épave d’un bateau, rongée par la rouille. Nous sommes ensuite retournées à Table Rock, le bâtiment situé au niveau des chutes. On y trouvait boutique de souvenirs, restaurant chic et fast-food en tout genre. Nous voulions attendre 15h pour apercevoir l’arc-en-ciel et plutôt que d’aller visiter la ville qui avait des allures de Las Vegas, nous avons préféré nous éloigner de la foule et sommes allées nous allonger quelques minutes dans un parc tout proche des chutes. A l’heure attendue nous y sommes retournées et l’arc-en-ciel était là, juste haut dessus des chutes. C’était la première fois qu’on en voyait un aussi proche et aussi complet. C’était un spectacle magnifique. Comme nous avions vu ce qu’il y avait à voir, nous avons commencé à prendre tranquillement la route du retour, pour rejoindre notre station de bus. Le retour nous a paru plus long que l’aller. En arrivant sur Toronto, on est rentrées à notre guesthouse pour dîner et sommes ensuite reparties pour le centre-ville. Tous les jours on passait devant un complexe de cinéma immense et ça nous avait donné envie de voir un film. On a pu découvrir les cinémas canadiens. La salle était immense, les fauteuils étaient larges, on avait beaucoup de place pour nos jambes. On trouvait que c’était déjà très confortable, mais il existait aussi des salles presque de luxe, il suffisait de payer plus cher sa place pour y accéder. Après cette petite sortie, nous sommes rentrées nous coucher, le lendemain était consacré à la visite de la ville et quelques uns de ses musées.



Vendredi 11 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpMGxXbm03ZDRTNHM )



Nous avions repéré plusieurs lieux à visiter pour la journée. Mais notre première mission était d’aller récupérer les vélos et porter notre colis pour l’envoyer sur Montréal. Ca nous a permis de repérer les réglages à faire sur les vélos, car après avoir déposé le colis nous les avons rapportés au Canadian Tire pour qu’ils nous les gardent encore jusqu’au dimanche matin, les laisser à la guesthouse n’était pas envisageable. Lorsque ce fut fait nous avons enfin pu visiter la ville. On a voulu partir à la découverte d’un square situé en plein milieu des buildings et en arrivant nous avons seulement découvert un bout de pelouse ridicule, c’était notre première déception. Après nous voulions visiter un musée sur l’art inuit, mais c’était en fait plus une exposition de quelques oeuvres dans le hall d’un building. En 10 minutes nous avions fait le tour. C’était la seconde déception. On s’est ensuite dirigées vers l’immeuble où se trouvait une grande chaîne de télévision canadienne, il était possible d’en visiter une partie. Pour le coup c’était très intéressant, nous avions accès au bâtiment très facilement et le petit musée situé dans la zone ouverte au public était très ludique. On découvrait les vieux programmes dédiés aux enfants, les anciennes installations et les moyens utilisés à l’époque. Pour cette fois aucune déception. Nous sommes ensuite parties vers la tour CN, il y avait énormément de touristes dans les parages. A plus forte raison qu’il y avait juste à côté un festival de la bière dans l’enceinte d’une ancienne brasserie. Nous sommes allées faire un tour, mais le festival ne commençait que le soir, donc nous n’avons pas vu grand chose au final. Pour finir cette journée de visite, nous avons parcouru la Queen Street, une rue sur laquelle on pouvait trouver toutes sortes de magasins. Le soir venu nous sommes retournées dans notre chambre, nous avons dîné puis avons commencé à réfléchir à notre futur trajet à vélo. Le grand jour approchait, et pour le jour suivant nous avions prévu peu de choses afin de débuter notre périple en forme.



Samedi 12 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpbFdYS2dnWjk1Smc )



Notre dernière journée sur Toronto a débuté en fin de matinée, nous avons pris notre temps ce matin là. Nous sommes retournées au True Love Café histoire de prendre un bon p’tit déjeuné et pour revoir nos deux amis inquiets. Pour la journée, nous avions seulement prévu de nous balader dans le vieux quartier puis longer le lac et nous installer dans un parc pour nous reposer avant le grand départ. Nous avons été agréablement surprises par notre visite du vieux Toronto et particulièrement par le Distillery District. C’était une ancienne distillerie qui abritait à présent de petites boutiques atypiques dans un environnement “à l’ancienne”. Les bâtiments étaient en brique, les rues étaient pavées et des compositions florales embellissaient le tout. Ce quartier était tellement différent du reste de la ville, nous avions enfin trouvé un endroit qui nous avait vraiment beaucoup plu, qui nous avait charmé. Nous avons ensuite pris la direction de la rive du lac et l’avons longé tout du long jusqu’au centre ville. Sur le chemin on pouvait voir les bâtiments nouvellement construits, tout un quartier était en construction, la ville était en pleine expansion et elle était déjà immense. Plus on se rapprochait du centre-ville, plus on découvrait des petits parcs. Beaucoup de food truck étaient positionnés au bord du lac, des petits stands de vente de souvenirs, de bijoux, pleins de petites activités étaient organisées. On a pu se poser dans un parc, plutôt une sorte de plage aménagée, mais la pluie s’est invitée, et nous n’avons pas pu rester très longtemps. De gros nuages menaçaient notre balade, on est donc allées dans un centre commerciale. Il était immense, et en fonction des étages le standing n’était pas le même. Nous sommes rentrées tranquillement le soir venu, nous avions vu tout ce qu’on avait à voir.


Toronto pourrait être une grande ville à la française. L’une des principales différences était la tolérance canadienne toujours omniprésente. Il y avait une grande diversité ethnique, mais on ne sentait aucune animosité, tout le monde s’acceptait. Tous se mélangeaient, les hommes, les femmes, les jeunes, les plus vieux, les costards-cravates et les bleus de travail. Et comme toujours aussi, on ne se sentait jamais en insécurité. La ville en elle-même n’avait pas forcément de monuments comme peut en avoir une ville comme Paris, mais toutes les différentes ambiances qu’elle possédait la rendait intéressante.

Toronto, la ville aux ambiances multiples

Alex, notre logeur de la guesthouse, est arrivé pile à l’heure convenue pour le paiement de la chambre, 8h au réveil pour nous libérer de cette corvée. Le séjour à Toronto pouvait commencer.

 

Mercredi 9 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpVE5FbzB0c3VGZ0U )

 

Aujourd’hui nous souhaitons consacrer une bonne partie de la journée à la recherche de nos futurs compagnons de route, nos vélos. Car pour ceux qui ne le savent pas encore, nous souhaitons rejoindre la ville de Québec à vélo. Toronto est renommée pour être la ville du vélo, un grand nombre d’habitants se déplacent avec ce moyen de transport et des pistes cyclables sont présentes partout dans la ville. Alex nous a conseillé d’aller faire un tour à Canadian Tire, une grande chaîne de magasin au Canada. Ils vendent de tout sauf l’alimentaire, on y trouve articles de bricolage, de loisirs, de sport et tellement encore, c’est un incontournable du Canada. Après avoir pris notre petit déjeuné au True Love Café, tenu par un frère et une soeur adorables, qui se sont inquiétés à l’idée de ce périple à vélo, nous sommes parties à la recherche de nos vélos. Nous avons donc suivi le conseil d’Alex, il y avait un grand choix de vélos. Nous avons repéré le moins cher bien évidemment, l’idée n’était pas de se ruiner. Nous avons aussi repéré quelques équipements, de quoi réparer en cas de besoin. Après être passées au centre d’information  de la ville pour récupérer des cartes et renseignements, nous sommes reparties à la recherche des autres magasins de la ville, des réparateurs et des magasins d’occasions. Sur le chemin nous en avons profité pour aller à Greyhound, car en plus de faire les trajets de bus il font également de la livraison de colis. C’est Gaby qui nous avait donné l’idée de nous envoyer un colis à nous mêmes pour s’alléger un peu pendant le périple à vélo. On se renseigne donc sur le coût qui est très abordable. On reviendra donc le vendredi pour déposer notre colis. On se rend donc ensuite aux différents magasins de vélos, et sans grande surprise ils nous annoncent des prix très élevés, même pour des vélos d’occasions. On ira donc acheter notre vélo à Canadian Tire. Mais avant ça, nous allons faire un p’tit tour du côté du quartier de Kensington, un quartier plutôt atypique juste derrière Chinatown. Nous avons encore beaucoup marché aujourd’hui, nous avons fait la ville en long, en large et en travers et le tout à pied. Nous avons respirer les odeurs de la ville, qui sont nombreuses, celle du béton fraîchement coulé, celle des pots d’échappement des voitures, celle des aérations des buildings, celle des fast-food en tout genre. Aucun doute nous étions bien revenues en milieu urbain. Mais en nous éloignant un peu du centre et en arrivant au quartier de Kensington, c’est un village dans la ville que l’on découvre. Ces rues me donnent l’impression d’un quartier où l’ordre et la lois n’ont pas leur place. Aucune insécurité comme toujours mais ici le quartier vit selon l’envie de ses habitants. Les maisons sont presque toutes recouvertes de streetart, une ambiance un peu hippie se fait sentir, des petites boutiques tout aussi atypiques et des petits restaurants aux cartes exotiques. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce quartier, avec cette liberté largement exprimée. De retour dans le centre ville, nous retournons à Canadian Tire, pour acheter nos vélos. On demande conseil au vendeur et lui expliquons notre périple futur. Il n’en revient pas, et prend comme beaucoup un air surpris et dubitatif. On lui montre les vélos que nous avons repérés et nous les déconseille tout de suite, ils ne tiendront pas. Il nous en montre d’autres à 200$, 90$ de plus que ceux repérés. Et dans un élan de pitié, compassion ou d’encouragement, le vendeur se lance dans un festival de réductions sur le reste des équipements (chambre à air, pompe, casque, porte-bagage, sacoche), il nous fait cadeau de certains articles d’occasions. Au total il nous fera économiser 100$ sur la facture finale, ce qui est très sympa de sa part. Il nous propose même de nous monter les équipements et de nous préparer les vélos que nous viendrons chercher dans quelques jours. La journée s’achève par quelques petites courses, et un dodo tôt car demain nous prenons le bus à 7h pour une petite aventure.

 

Jeudi 10 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpWGlyNWVzOUU3Mnc )

 

Aussitôt levées, nous prenons rapidement la direction de la gare d’autobus, aujourd’hui nous partons pour la ville de Niagara et ses chutes. Nous avons presque deux heures de bus avant d’arriver à la ville, et autant dire qu’on les a passées à finir notre nuit. Le bus nous a débarqué à l’entrée de la ville, et au début on s’est demandé si le conducteur ne s’était pas trompé. L’endroit était désert, on aurait dit une ville fantôme. On a marché pendant 45 minutes avant d’apercevoir le début des chutes de Niagara. Quelques mètres avant les chutes américaines, nous avons pu voir le pont et le poste frontière pour le passage aux USA. De leur côté ils ne pouvaient avoir qu’une vue plongeante sur les chutes, alors que du côté canadien, nous avions en plus, la vue complète sur les chutes car nous étions sur la rive en face. De chaque côté, américains et canadiens avaient la fameuse attraction du bateau qui permet d’aller au plus près des chutes, ils effectuaient une alternance pour s’y rendre, une fois le bateau rouge, une fois le bateau bleu. Derrière eux, les bateaux laissaient une traîné, comme une sorte d’écume. Comme souvent le tourisme amenait avec lui son lot de pollution. Nous nous sommes contentées de rester sur les hauteurs, avons pris quelques photos, beaucoup de photos, avant l’arrivée en masse des touristes. Le spectacle était là encore impressionnant. Les chutes étaient magnifiques, la quantité d’eau qui tombait était folle, et elle produisait une brume humide à l’arrivée, que le vent nous apportait au fur et à mesure que nous nous rapprochions. Au loin, plus haut au bord de la rivière on apercevait un vieux bâtiment abandonné, recouvert par la végétation. Nous avons longé la rivière jusqu’au bâtiment pour le voir de plus prêt et avons aperçu au loin l’épave d’un bateau, rongée par la rouille. Nous sommes ensuite retournées à Table Rock, le bâtiment situé au niveau des chutes. On y trouvait boutique de souvenirs, restaurant chic et fast-food en tout genre. Nous voulions attendre 15h pour apercevoir l’arc-en-ciel et plutôt que d’aller visiter la ville qui avait des allures de Las Vegas, nous avons préféré nous éloigner de la foule et sommes allées nous allonger quelques minutes dans un parc tout proche des chutes. A l’heure attendue nous y sommes retournées et l’arc-en-ciel était là, juste haut dessus des chutes. C’était la première fois qu’on en voyait un aussi proche et aussi complet. C’était un spectacle magnifique. Comme nous avions vu ce qu’il y avait à voir, nous avons commencé à prendre tranquillement la route du retour, pour rejoindre notre station de bus. Le retour nous a paru plus long que l’aller. En arrivant sur Toronto, on est rentrées à notre guesthouse pour dîner et sommes ensuite reparties pour le centre-ville. Tous les jours on passait devant un complexe de cinéma immense et ça nous avait donné envie de voir un film. On a pu découvrir les cinémas canadiens. La salle était immense, les fauteuils étaient larges, on avait beaucoup de place pour nos jambes. On trouvait que c’était déjà très confortable, mais il existait aussi des salles presque de luxe, il suffisait de payer plus cher sa place pour y accéder. Après cette petite sortie, nous sommes rentrées nous coucher, le lendemain était consacré à la visite de la ville et quelques uns de ses musées.

 

Vendredi 11 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpMGxXbm03ZDRTNHM )

 

Nous avions repéré plusieurs lieux à visiter pour la journée. Mais notre première mission était d’aller récupérer les vélos et porter notre colis pour l’envoyer sur Montréal. Ca nous a permis de repérer les réglages à faire sur les vélos, car après avoir déposé le colis nous les avons rapportés au Canadian Tire pour qu’ils nous les gardent encore jusqu’au dimanche matin, les laisser à la guesthouse n’était pas envisageable. Lorsque ce fut fait nous avons enfin pu visiter la ville. On a voulu partir à la découverte d’un square situé en plein milieu des buildings et en arrivant nous avons seulement découvert un bout de pelouse ridicule, c’était notre première déception. Après nous voulions visiter un musée sur l’art inuit, mais c’était en fait plus une exposition de quelques oeuvres dans le hall d’un building. En 10 minutes nous avions fait le tour. C’était la seconde déception. On s’est ensuite dirigées vers l’immeuble où se trouvait une grande chaîne de télévision canadienne, il était possible d’en visiter une partie. Pour le coup c’était très intéressant, nous avions accès au bâtiment très facilement et le petit musée situé dans la zone ouverte au public était très ludique. On découvrait les vieux programmes dédiés aux enfants, les anciennes installations et les moyens utilisés à l’époque. Pour cette fois aucune déception. Nous sommes ensuite parties vers la tour CN, il y avait énormément de touristes dans les parages. A plus forte raison qu’il y avait juste à côté un festival de la bière dans l’enceinte d’une ancienne brasserie. Nous sommes allées faire un tour, mais le festival ne commençait que le soir, donc nous n’avons pas vu grand chose au final. Pour finir cette journée de visite, nous avons parcouru la Queen Street, une rue sur laquelle on pouvait trouver toutes sortes de magasins. Le soir venu nous sommes retournées dans notre chambre, nous avons dîné puis avons commencé à réfléchir à notre futur trajet à vélo. Le grand jour approchait, et pour le jour suivant nous avions prévu peu de choses afin de débuter notre périple en forme.

 

Samedi 12 août (https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpbFdYS2dnWjk1Smc )

 

Notre dernière journée sur Toronto a débuté en fin de matinée, nous avons pris notre temps ce matin là. Nous sommes retournées au True Love Café histoire de prendre un bon p’tit déjeuné et pour revoir nos deux amis inquiets. Pour la journée, nous avions seulement prévu de nous balader dans le vieux quartier puis longer le lac et nous installer dans un parc pour nous reposer avant le grand départ. Nous avons été agréablement surprises par notre visite du vieux Toronto et particulièrement par le Distillery District. C’était une ancienne distillerie qui abritait à présent de petites boutiques atypiques dans un environnement “à l’ancienne”. Les bâtiments étaient en brique, les rues étaient pavées et des compositions florales embellissaient le tout. Ce quartier était tellement différent du reste de la ville, nous avions enfin trouvé un endroit qui nous avait vraiment beaucoup plu, qui nous avait charmé. Nous avons ensuite pris la direction de la rive du lac et l’avons longé tout du long jusqu’au centre ville. Sur le chemin on pouvait voir les bâtiments nouvellement construits, tout un quartier était en construction, la ville était en pleine expansion et elle était déjà immense. Plus on se rapprochait du centre-ville, plus on découvrait des petits parcs. Beaucoup de food truck étaient positionnés au bord du lac, des petits stands de vente de souvenirs, de bijoux, pleins de petites activités étaient organisées. On a pu se poser dans un parc, plutôt une sorte de plage aménagée, mais la pluie s’est invitée, et nous n’avons pas pu rester très longtemps. De gros nuages menaçaient notre balade, on est donc allées dans un centre commerciale. Il était immense, et en fonction des étages le standing n’était pas le même. Nous sommes rentrées tranquillement le soir venu, nous avions vu tout ce qu’on avait à voir.
Toronto pourrait être une grande ville à la française. L’une des principales différences était la tolérance canadienne toujours omniprésente. Il y avait une grande diversité ethnique, mais on ne sentait aucune animosité, tout le monde s’acceptait. Tous se mélangeaient, les hommes, les femmes, les jeunes, les plus vieux, les costards-cravates et les bleus de travail. Et comme toujours aussi, on ne se sentait jamais en insécurité. La ville en elle-même n’avait pas forcément de monuments comme peut en avoir une ville comme Paris, mais toutes les différentes ambiances qu’elle possédait la rendait intéressante.

Retour dans le monde urbain

Ce matin nous nous réveillons pour la dernière fois dans notre “Glamour Paradise”, notre petite voiture noire. Mais nous disons également “au revoir” aux Rocheuses qui nous ont tant émerveillées.

 

Nous avons passé 12 jours sportifs et forts en émotion. En tout nous avons parcouru plus de 2200km avec notre voiture/maison, fait des randonnées qui totalisent 155.5km de marche, découvert des lieux qui laissent sans voix. Nous avons râlé comme jamais, eu des fous rire par centaine, eu quelques petits moments d’angoisse aussi. Nous avons pu apercevoir des animaux encore jamais vu et pu en approcher certains. Mais ces 12 jours ce sont aussi autant de nuits passées dans la voiture, des repas aléatoires à base de noodles froides, des flocons de jambon en conserve, des petits déjeuné aux graines… et tout ça dans sans oublier un élément phare de ce périple, celui qui nous a toujours accompagné, qui pourrait presque pu être le fil rouge de cette aventure, je parle bien sûr du train. Pour moi il aura eu une place à part. Toujours présent, jamais très loin, bruyant et imposant. Un élément anodin et en même temps omniprésent.

 

Mais ce lundi matin nous quittons tout ça. Nous prenons la route pour Calgary, la deuxième grande ville du Canada en nombre d’habitants. Elle n’est qu’à 2h de route de Banff. Nous devons ramener notre petite voiture à l’aéroport, mais avant, notre mission est de trouver une station essence pour faire le plein. Je dis mission, car lorsque l’aéroport est au milieu de nul part, la tâche peut vite prendre un peu de temps à être réalisée. Mais nous y arrivons, trouvons rapidement l’emplacement des retours de voitures de location, et là tout se passe très vite. Nous entrons dans le parking, une dame repère les références de la voiture, le kilométrage, fait un rapide tour, nous propose de sortir, de récupérer nos affaires et hop la voiture part directement au nettoyage. Belle démonstration d’efficacité. Nous prenons ensuite la direction des arrêts de bus, car c’est le meilleur moyen de rejoindre le centre-ville. Le bus nous débarque au niveau d’un kiosque d’information touristique. Une femme nous propose son aide pour nous orienter dans la ville et nous informe également qu’aujourd’hui c’est la journée de l’héritage, un peu notre équivalent de la journée du patrimoine. Il y a donc un spectacle donné dans un des parc de la ville. Nous prenons les informations, et partons en direction de la rue où se trouvent les restaurants. Nous prenons le temps de manger un vrai repas et repartons rapidement à la découverte de la ville. Et c’est un peu la déception. Les rues sont plutôt dépeuplées aujourd’hui, nous sommes principalement entourées de building et il n’y a pas beaucoup d’activité. Nous nous dirigeons donc vers le parc principal de la ville, et le temps d’acheter un café à emporter, nous rencontrons John, un p’tit papy à vélo, curieux et bien décidé à nous faire la conversation. Nous partons donc tous les trois vers le parc, John nous raconte quelques anecdotes sur la ville, nous parle de lui et de sa femme enseignante en français et qu’il était en route pour lui acheter des pâtisseries. Lorsque nous arrivons au parc, il nous abandonne, ravi d’avoir pu échanger avec deux françaises à sac à dos. Nous de notre côté nous sommes amusées de cette rencontre inhabituelle mais toujours très plaisante. Nous constatons aussi que le parc n’a pas grand intérêt. Décidément les Rocheuses nous ont rendu un peu plus exigeantes en terme de paysage. Mais nous nous posons tout de même pendant un certain temps. Comme nous ne voulons pas trop tarder à rejoindre notre guesthouse pour retrouver les bienfaits de la douche, nous retournons en centre-ville, histoire d’aller jeter un coup d’oeil au spectacle. Un peu à la manière du défilé de Courtenay il y a quelques semaines, ce sont des spectacles des différentes associations de danses qui se présentent les unes après les autres. Comme le Canada est un pays où beaucoup de cultures cohabitent, nous avons droit à un grand panel de danses différentes. Nous ne restons qu’une trentaine de minutes car l’envie de prendre cette fameuse douche se fait de plus en plus pressante. Nous reprenons donc le bus et arrivons rapidement à notre chambre, située dans un petit quartier résidentiel. Enfin un peu de confort après ces deux semaines dans notre voiture/maison, rien que l’idée de dormir dans un lit nous donne l’impression d’être dans un hôtel 3 étoiles. Nous prenons le temps de bien réorganiser nos sacs et de bien planifier notre réveil, car le lendemain matin nous devons reprendre le bus pour rejoindre l’aéroport. Notre avion pour Toronto nous attend.

 

Notre première nuit depuis longtemps dans un lit a été un peu gâchée par l’arrivée tardive et bruyante d’autres hôtes mais tant pis, nous leur rendrons la pareil le matin lorsqu’on se préparera. Ça a un prix de nous gâcher nos précieuses nuits…

Nous nous réveillons tranquillement, moi bien en avance pour pouvoir prendre mon temps dans la salle de bain. Après le petit déjeuner nous partons rapidement pour notre future destination. L’aéroport est immense, mais notre visite d’hier nous facilite la tâche et nous trouvons rapidement notre comptoir d’enregistrement. Les formalités faites, nous allons nous poser boire notre habituel café. Comme nous avons le temps avant l’embarquement et qu’en plus notre avion est retardé  d’une trentaine de minute, nous partons à la découverte de cet aéroport gigantesque. Vient enfin le moment d’embarquer, nous n’avons pas choisi nos sièges, mais le petit monsieur de l’enregistrement nous a placé l’une à côté de l’autre, mais aussi à côté des toilettes au fond de l’avion. Ce vol va être génial. Il a tout de même été rapide, 3h50, même pas le temps de m’endormir.

 

Nous voilà donc sur la côte Est, dans la plus grande ville du Canada, Toronto. Maintenant nous devons trouver le moyen de rejoindre le centre-ville. C’est une navette qui nous y conduira, un genre de train High-Tech, avec porte-bagage très bien pensé, pas comme nos trains où après 3 valises il n’y a plus de place pour le reste du wagon. Le trajet se fait rapidement et nous descendons à une station proche du subway, notre prochain moyen de locomotion qui nous mènera à notre guesthouse encore particulièrement bien située, encore le quartier des drogués, mais ils sont gentils donc ça ne nous inquiète pas. Nous avons 51 arrêts à passer, 50 minutes de trajet, donc autant de temps pour découvrir la ville qui commence seulement à s’endormir. Dans les rues nous apercevons beaucoup de streetart, des maisons aux formes atypiques, surtout si proche du centre-ville. Nous passons par Chinatown et comme toujours nous changeons pratiquement de pays, l’Asie n’est jamais bien loin dans les grandes villes.

Nous arrivons enfin à notre guesthouse, même si le quartier n’est pas très bien fréquenté, il est particulièrement bien situé, nous ne sommes qu’à 15 minutes à pied du centre. Là commence la nouvelle mission, entrer dans la guesthouse. Le gérant ne peut pas nous accueillir si tard, et ils ont mis un système de cadenas à code qui contient une trappe où l’on peut glisser des clés, je n’en avais jamais vu avant et comprend très vite l’utilité de ce cadena. Une petite clé sert à ouvrir toutes les portes, sans elle impossible de les ouvrir, on pourrait facilement se retrouver bloquées. Mais on arrive à notre chambre et trouvons nos clés.

 

Tout s’est bien déroulé, nous sommes enfin installées pour les 5 prochains jours, et nous allons pouvoir nous reposer et commencer dès demain notre exploration de cette ville.
Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpZnpzeS1WOEV2MzQ

Périple dans les Rocheuses Canadiennes

Après une mauvaise première nuit beaucoup trop longue à bord de notre petite voiture “Black Bear”, nous émergeons pour nous préparer tranquillement à passer notre première journée dans les Rocheuses.

 

Mercredi 26 juillet : La Parc National Yoho

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpcGdfaW9fU2dXdjA

 

Étant arrivées par le route de Kelowna, nous débutons notre séjour dans les Rocheuses dans le Parc National de Yoho, beaucoup plus petit que Banff ou Jasper. Nous avons d’ores et déjà repéré les premiers points d’intérêt et recueillerons plus d’informations plus tard, lorsqu’on arrivera à Field, la seule ville du Parc et également notre future point de chute pour la nuit.

 

Wapta Falls :

Situées à l’entrée du parc, ces chutes se trouvent à un peu plus de 2km du parking. Après avoir marché dans la forêt, avoir escaladé les quelques troncs d’arbres tombés en travers du sentier et s’être faites mangées par les moustiques, nous arrivons aux fameuses chutes. Là nous découvrons une eau d’un bleu laiteux, et en quantité. Sur la fin de sentier, il nous faut descendre un peu plus pour apercevoir la grandeur de ces chutes et se rendre compte du fracas que fait l’eau en arrivant en bas.

 

Emerald Lake :

C’est notre premier grand lac et pour le rejoindre nous devons d’abord marcher quelques temps sur la route tant il y a de touristes, nous sommes obligées de garer la voiture comme tout le monde, loin et en bord de route, car le parking est déjà bien plein. Mais nous arrivons et découvrons un lac magnifique, turquoise où les montagnes alentours se reflètent. Quelques touristes prennent d’assaut les barques et partent voguer sur le lac pour faire la fameuse photo dans la barque rouge. Nous, nous choisissons de faire tranquillement le tour du lac, ce qui nous prendra plus d’une heure. Mais les changements de décors en valent le coup.

 

Hamilton Falls :

Tout à côté du Lac Émeraude, se trouve un sentier qui mène aux chutes Hamilton, elles ne sont qu’à 800m donc nous partons à leur rencontre. A l’arrivée c’est une chute tout en longueur que l’on voit, l’eau s’écoule dans un genre de petite cuvette, avant de partir en ruisseau.

 

Natural Bridge :

Nous continuons notre journée avec la découverte de Natural Bridge, une formation particulièrement impressionnante de la nature. L’eau des glaciers, glaciale et puissante, s’est frayée un chemin depuis des millions d’années, formant ce pont naturel dans la roche. Les mouvements de l’eau y sont impressionnants et la forme de la roche avoisinante l’est tout autant. Il y est impossible de marcher dessus nu pied, on pourrait presque penser que s’en est coupant.

 

Takakkaw Falls :

Pour finir cette journée nous empruntons une route particulièrement pentue qui nous mène à plusieurs lieux d’intérêt. Pour ce soir ça sera la chute Takakkaw, 7 fois plus haute que les chutes du Niagara. On l’apercevait déjà de la route mais d’en bas elle est encore plus impressionnante. Pour s’en rendre compte encore mieux, il suffit de regarder les petits humains qui tentent de monter le plus haut possible le long de la parois de la montagne. Ils sont ridiculement petits. Il fait d’ailleurs particulièrement froid près de cette chute car l’eau qui tombe créé comme une brume humide et fraîche.

 

Le soir nous rejoignons le parking sur centre d’information de Field pour manger et faire notre toilette de chat. Mais comme il est interdit d’y dormir nous choisissons un “parking” proche du chemin de fer, une nouvelle fois. Et avant de préparer la “chambre”, nous voyons défiler un nombre impressionnant de wagons acheminant des marchandises on ne sait où.

 

Jeudi 27 juillet : Parc National Yoho et Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpSjBXN3VYSWI5U3c

 

Aujourd’hui le réveil se fait dans de meilleures conditions, et il le faut bien car il y aura encore beaucoup de nuit en fauteuil. Nous prenons notre petit déjeuner à base d’avoine, mélange de graines, banane et lait d’amande, et nous partons de nouveau vers la chute de Takakkaw mais cette fois-ci pour une randonnée.

 

Laughing falls :

Nous avons 4km à parcourir avant d’arriver aux chutes Laughing, et contrairement à ce que son nom l’indique ça n’a pas été une partie de plaisir, en tout cas pas tout du long. Au début nous avons traversé une petite plaine, puis commencé à avancer dans la forêt pour ensuite arpenter un sentier qui n’en finissait pas de monter. Mais la fin était moins fatigante et nous sommes arrivées tranquillement à ces chutes. Elles aussi s’étaient frayées un passage dans la roche mais l’érosion était moins agressive, les roches étaient beaucoup plus lisses.

 

Après cette randonnée matinale, nous avons pris la route pour rejoindre Louise Lake à une centaine de kilomètre de là. Une bonne partie de la route étaient en travaux, nous avions donc le temps d’admirer le paysage. Sur l’une des parcelles en travaux, un homme faisait la circulation et au moment où nous sommes passées à son niveau, il nous a mimé une rock star en prenant son panneau pour une guitare, c’était plutôt marrant de voir que son travail lui donnait autant d’enthousiasme.

 

Louise Lake :

En arrivant à Louise Lake, nous avons tout de suite compris que le flot de touristes allait être bien différent encore. Il y avait des voitures partout dans le village. Nous souhaitions commencer par Moraine Lake mais la route avait été fermée car le lieu était déjà trop peuplé et ne pouvait plus accueillir de voiture. On se dirigea donc vers le lac Louise, là aucun soucis, le parking était immense. Lorsque nous sommes arrivées au niv du lac, nous nous sommes arrêtées net. J’avais déjà eu l’occasion de voir ce lieu sur des photos, mais être réellement devant ce lac n’avait rien de comparable. Sa couleur était encore plus belle que le lac Émeraude, et les glaciers qui l’entouraient était tellement imposant. J’avais pris l’habitude de repérer les sapins sur les rives et les flancs des montagnes pour me donner une idée de la grandeur de ce que j’observais et là c’était assez impressionnant. Nous avions prévu de faire une randonnée assez longue, environ 6km aller simple. On commença par longer le lac dans sa longueur, puis nous arrivions au bout où tout un tas de ruisseaux s’écoulaient. Au fur et à mesure que nous avancions, nous prenions de la hauteur. C’est à ce moment là que j’ai rencontré mon petit ami le spermophile à mante dorée, un petit rongeur qui en voulait à ma barre de céréales et qui n’a pas hésité à me grimper dessus pour s’en approcher. Mais il n’y a pas eu droit car nourrir les animaux avec notre nourriture n’est pas bon du tout pour eux, et clairement j’en avais plus besoin que lui pour finir cette randonnée. Les glaciers qu’on voyait en arrivant étaient en fait bien plus reculés dans la vallée, ce qui les rendait encore plus impressionnants et gigantesques. La randonnée était assez longue, c’était la première que nous faisions avec une telle distance et un dénivelé aussi important. Au deux tiers de la randonnée, Julie commençait à râler, mais je la motivais à continuer car au fond je savais qu’on en viendrait à bout. Râler était notre façon de nous exprimer pendant les randonnées, c’était chacune son tour, car en fin de compte on se répétait qu’il suffisait seulement de mettre un pied l’un après l’autre pour avancer et que le reste c’était dans la tête. Vers la fin de la randonnée, on est arrivée à une sorte de tunnel de neige, et lorsqu’on se plaçait juste à l’entrée on sentait la fraîcheur qui s’en dégageait, c’était particulièrement agréable compte tenu de l’effort qu’on produisait depuis plus d’une heure. Puis on est arrivée à la fin de notre randonnée, tout à côté des glaciers. De là où nous étions, nous n’apercevions déjà plus le lac Louise, et sur le chemin du retour, lorsque nous l’avons aperçu, il était bien petit. Au moment où nous sommes revenues à la voiture, une fine pluie a commencé à tomber. Timing parfait.

 

Virée presque nocturne aux lacs :

Après notre repas sur l‘air de pique-nique, nous prenons la route qui mène au lac Moraine, à cette heure-ci il n’y aura peut-être personne. Mais en arrivant quelques touristes avaient eu la même idée que nous, et le temps plutôt nuageux et même orageux ne nous a pas permis de faire de belles photos, mais au moins nous avions vu ce lac déjà très grand et tout aussi imposant que le lac Louise. Nous reprenons la route en direction du lac Louise, là encore quelques personnes faisant leur dernière photo, et le pluie qui nous oblige à repartir rapidement. Pour ce nouveau point de chute nous choisissons notre air de pique-nique, le panneau qui est censé indiquer qu’il est interdit d’y stationner la nuit a été peint sur les horaires, si on vient nous réveiller en pleine nuit on aura qu’à faire les idiotes. Mais nous n’avons pas eu à nous inquiéter.

 

Vendredi 28 juillet, Lake Louise

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpYWxtbU1SZXJmZTA

 

Ce matin là, nous nous sommes levées tôt pour nous rendre au lac Moraine, il n’était pas question de le louper un second jour.

 

Moraine Lake :

En arrivant à proximité du lac, nous voyons les gens se garer au fur et à mesure sur le bord de la route, alors sans se poser de question nous faisons de même, car si nous allons jusqu’au parking, nous perdrons du temps et ne pourrons plus nous garer sur le bas-côté qui ne laisse plus vraiment de place ensuite. Et nous avons bien fait, car après notre randonnée, nous avons vu que la route avait été barrée après le passage de la 5ième voiture garée derrière nous. Quand nous sommes arrivées au petit matin au lac, c’est comme ci la veille nous avions vu un autre lac. Car il était encore plus beau que le lac Louise, un bleu encore plus profond, une couleur presque hypnotisante, c’était un spectacle magnifique, la lumière du soleil n’agressait pas encore le paysage, au contraire c’était une lumière douce qui venait éclairer les montagnes, ou plutôt les glaciers, qui longeaient le lac. Les bus de touristes n’étaient pas encore arrivés, l’endroit n’était pas encore surpeuplé, c’était comme un privilège d’être là, une récompense pour s’être levée plus tôt que d’habitude. Pour la matinée nous avions prévu de faire une randonnée assez physique qui avait un dénivelé plutôt important dès le départ et moins soutenu sur la fin mais toujours présent. On commençait à monter sur les flancs de la montagne en lacet, sur un sentier pas très large qui ne laissait passer que deux personnes et encore lorsqu’il s’agissait de se croiser. Après cette première ascension nous arrivions aux plaines alpines, avec une végétation différentes, moins d’arbres, plus de buissons et de fleurs. Nous étions entourées par de gigantesques glaciers, et malgré les centaines de mètres déjà montés, ils nous obligeaient à pencher la tête en arrière pour apercevoir leur sommet. Nous avions atteint l’objectif de la matinée, mais la suite de la randonnée était faisable et nous voulions en voir un peu plus. C’est après quelques kilomètres qu’on arriva au pied de la dernière étape d’une randonnée plus longue. De là où nous étions on apercevait un petit lac et le sommet des glaciers était plus proche de nous mais toujours inatteignable. On apercevait aussi au loin la suite de la randonnée, un sentier qui montait le long du glacier, en lacet, pour arriver au col et certainement avoir de là-bas un point de vue exceptionnel sur l’autre côté du glacier. Mais il fallait faire demi-tour, le programme de la journée n’était pas fini. En rebroussant chemin j’avais le sentiment de ne pas être allée au bout de cette randonnée, malgré la fatigue et les courbatures des jours précédents, j’aurais voulu atteindre le col. Le fait de voir le col à l’horizon, et le chemin pour y parvenir, me donnait envie de l’atteindre. Mais d’autres sentiers nous attendaient, alors je dû lui tourner le dos et m’en éloigner.

 

Bow River :

Après cette longue randonnée, nous avions prévu d’en faire une sans dénivelé, celle qui faisait une boucle et longeait la rivière Bow. Elle était plutôt reposante, plus tranquille et surtout moins fréquentée. Le sentier traversait un camping et nous avons profité de l’occasion pour aller nous renseigner, à savoir s’il était possible de venir juste pour prendre une douche. La fille au poste d’accueil nous fit un large sourire en nous répondant qu’il suffisait de payer 5 dollars pour nous deux et que ça ne posait aucun soucis. Ravies de réponse on attendait avec impatience le soir pour revenir prendre notre première douche depuis quelques jours. Car les lingettes c’est bien pratique mais une douche c’est tout de suite plus agréable. On repris ensuite notre sentier pour continuer notre randonnée.

 

On termina donc notre journée par cette douche bien méritée, autant dire que nous avons pris notre temps et qu’on en a bien profité. Et pour dîner, pourquoi ne pas aller se poser au bord du lac Louise? Nous nous sommes du coup installées là, à côté des touristes et de leur appareil photo. Certains étaient toujours sur les kayaks rouges, nous avons d’ailleurs assisté au chavirement de l’un d’eux. Le couple est tombé à l’eau en voulant en sortir, autant dire qu’ils ont eu extrêment froid quand on sait que la température de l’eau est proche de zéro. Le soleil était déjà bien caché derrière les glaciers mais la vue restait magnifique.

 

Samedi 29 juillet, La promenade des Glaciers

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpZUFuQ0h2ejVxbms

 

Ce matin nous reprenons la route pour Jasper, il y a 250km qui nous séparent de notre prochaine destination. Mais nous avons prévu quelques randonnées sur la route. C’est d’ailleurs à l’occasion de ce trajet que nous voyons notre premier ours des Rocheuses, une maman bear et son bébé bear qui traversaient la route pour aller manger quelques baies sur le bas-côté. Nous les avons aperçu de loin mais avons eu l’occasion de voir leur museau sortir des buissons pendant quelques instants.

 

Bow Glacier Falls :

Notre première randonnée de la journée le lac, le glacier et les chutes de Bow. A l’heure où nous arrivons il n’y a pas encore trop de monde.Nous empruntons le sentier de cette randonnée, commençons par longer le lac, observons sa belle couleur et les montagnes sur la rive opposée, nous passons ensuite par un petit bout de forêt dont le sol est comme spongieux et mou sous nos pieds. Nous travsersons ensuite une vaste plaine qui est également le lit de la rivière au printemps. Puis nous arrivons à un “escalier”, auquel nous devons monter pour continuer notre route, l’ascension n’est pas longue mais reste physique. Puis nous faisons une petite descente et la nous parcourons une plaine de galet. Au loin nous apercevons les chutes. c’était déjà le cas lorsque nous étions sur les rives du lac, mais là elle est beaucoup plus proche, nous y serons bientôt, sauf dans le cas où nous nous foulons une cheville à force de marcher sur les gros galets sur lesquels ruisselle l’eau. Mais nous arrivons au but sans soucis, nous sommes pratiquement au pied des chutes, elle est immense, l’eau dégringole d’une hauteur impressionnante. Je fais exprès de m’avancer au plus près pour que Julie me prenne en photo. On m’aperçois à peine, c’est dire à quel point c’est gigantesque. Nous restons quelques minutes, le temps de grignoter un morceau et repartons. Sur le trajet du retour nous croisons de nombreux randonneurs, arriver tôt était une bonne idée.

 

Bow Summit and Peyto Lake :

Nous avons eu moins de chance pour le lac Peyto, un grand nombre de touristes était déjà présents. Mais grâce à notre petite voiture nous pouvons nous garer facilement entre deux grosses voitures. Nous commençons à marcher sur le sentier goudronné et arrivons rapidement au point de vue sur le lac Peyto. Là encore la couleur est assez folle. Mais nous ne restons pas longtemps, juste assez pour prendre quelques photos car les touristes s’agglutinent et notre randonnée n’a pas encore commencé. Elle débute plus haut, avec un dénivelé pas forcément important mais constant qui nous oblige à trouver notre rythme. Là encore nous râlons beaucoup et pestons contre “Parc Canada” qui se moque bien de nous à indiquer des dénivelés erronés. Car concrètement, leur petite carte des sentiers nous indiquait un dénivelé de 250m alors que pendant plus d’une heure nous ne faisons que grimper jusqu’à atteindre les endroits enneigés de la montagne. Mais ça nous permet tout de même de faire des petites pauses photos idiotes et on rigole toujours autant. L’ascension n’étant pas terminée nous continuions de monter jusqu’au sommet. Et là, l’effort nous récompense par une vue imprenable sur la vallée, le lac Bow plus bas et la route qui se dessine à plusieurs centaines de mètre au loin. Certains randonneurs ont construit de petits cairn, ces sculptures de pierres qu’on superpose les unes sur les autres. Nous en avons vu énormément tout au long de notre voyage et pour une fois je me prête à l’exercice. Comme trace de mon passage sur cette montagne, j’ai donc laissé sur le sol canadien une petite sculpture représentant notre Tour Eiffel. Après quelques minutes à observer ces paysages qui s’offrent à nous, nous redescendons pour regagner notre petite “Black Bear” et reprenons la noute.

 

A 150km de Jasper, sur la Promenade des Glaciers, nom donné à cette magnifique route, nous nous arrêtons au niveau du Glacier Athabasca, le plus impressionnant. Et c’est de loin la chose la plus spectaculaire qui m’aura été donné de voir pendant ce voyage. En regardant ces glaciers que la route longeait, je me suis sentie extrêmement petite face à ce monument de la nature imposant. On voyait des véhicules spécialement conçus pour s’aventurer sur les glaciers acheminer les quelques randonneurs qui avaient souhaité s’y rendre, car il était impossible d’y aller autrement. Notre petit guide nous indiquait qu’il était très fortement déconseillé de marcher sur les glaciers sans être accompagné par des guides expérimentés au risque de mourir, tout simplement. Ce jour-là nous n’étions que de passage, mais nous prévoyons déjà de nous arrêter au retour, lorsque nous irions à Banff.

 

L’arrivée à Jasper :

Nous sommes arrivées à Jasper en fin d’après-midi. La ville était bien plus grande que Louise Lake, on était dans une ville plutôt conséquente vu la localisation. Il y avait beaucoup de commerces, principalement de souvenirs, des restaurants, des chaînes de fast-food, et beaucoup d’hôtels, auberges et autres hébergements. Ce soir-là nous avons décidé de nous faire plaisir avec un vrai repas et sommes donc allées dans un restaurant où bières et burgers nous attendaient. Nous sommes ensuite parties en voiture faire un tour des environs. C’est à cette occasion que nous avons vu nos premiers Wapitis. Tout un troupeau en bord de route, les voitures étaient toutes à l’arrêt, chacun tentait de prendre sa photo, nous avons fait de même. Les animaux n’étaient absolument pas inquiétés par les voitures, ils étaient comme habitués. C’était assez fou d’être si proche d’eux. Sur une autre route, à l’opposé de la ville, nous avons également un ours noir, là encore les voitures étaient arrêtées, c’était le signe qu’il y avait un animal dans les parage en générale. Là c’était un petit ours, il n’était pas agressif, mais il n’était pas question pour autant de sortir de la voiture. Puis il est parti en s’éloignant de la route et on ne le voyait plus. Après ces épisodes de découverte, nous avons décidé avec Julie de faire tous les soirs notre petit tour pour apercevoir les animaux. Lorsqu’il a commencé à faire nuit, nous avons rejoint un parking repéré plus tôt dans la soirée. Vu le nombre de touristes en ville et hébergements tous complets, nous n’étions pas trop inquiètes d’être réveillées à cause du stationnement de notre voiture-maison, nous comptions sur la tolérance de la police. Ce petit parking est devenu notre point de chute pour les nuits qui ont suivies.

 

Dimanche 30 juillet, Jasper

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpeHlfZHJZUjZIRGM

 

Pour notre première journée à Jasper nous avions décidé de ne rien faire de particulier, juste nous reposer et programmer nos prochaines journées de randonnée. Nous sommes donc allées petit-déjeuner au bord du lac Annette, puis sommes retournées en ville pour faire quelques courses. Nous voulions voir un peu le matériel de randonnées, pourquoi pas acheter une tente en prévision de notre périple à vélo sur la côte Est. Mais les prix n’étaient clairement pas accessible à notre budget. Nous avons tout de même fait la connaissance de Val, un des vendeur d’une boutique de randonnée. Il était depuis peu canadien et fier de l’être devenu. En “ancien français” d’Annecy, il nous confia que la seule chose qui lui manquait c’était le fromage, car la vie ici était bien meilleure, et pour lui ce qui n’allait plus en France venait essentiellement du stress. Il nous proposa de nous emmener le jeudi qui arrivait en randonnée, mais nous n’avons malheureusement pas pu car c’était le jour où nous repartions.

 

Edith et Annette Lake :

En début d’après midi, nous sommes retournées aux lacs Edith et Annette, initialement pour nous installer dans un endroit agréable et faire notre programme. Puis à la vue de celui-ci, qui était bien rempli, nous avons décidé de faire deux randonnées. La première était de faire tout simplement le tour du lac où nous étions. Ce n’était pas très long et plutôt tranquille comme endroit. Mais ça c’était sans compter sur la présence d’un troupeau de wapitis. Nous en avons profité pour faire quelques photos, bien évidemment. Ils n’étaient pas du tout apeurés, ils mangeaient tranquillement leur herbe sans se soucier de nous. Il y avait une femelle et un petit, celui-ci était plus peureux, mais la femelle ne disait rien que nous soyons si proches d’eux. Nous avons ensuite aperçu un jeune mâle, ces bois n’étaient pas très fournis mais étaient déjà très imposant. Lui non plus n’avait pas l’air inquiété de notre présence. C’était ça aussi les Rocheuses, voir des animaux sauvages un peu partout.

 

Maligne Canyon :

Nous avons ensuite pris la direction du Canyon Maligne à quelques kilomètres de là où nous étions. Il y avait beaucoup plus de touristes, c’était un lieu accessible à tout le monde, c’était plus une “attraction” qu’un trail pour randonneurs. Mais ça n’enlevait rien à l’intérêt de cet endroit. Le Canyon Maligne était comme son nom l’indique un canyon formé au fil du temps par le passage de la rivière. C’était impressionnant de voir la profondeur du canyon. Au premier pont, 50m nous séparait de la surface de l’eau. La roche avait une forme bien particulière, on imaginait la puissance de l’eau, qui s’était imposée année après année. Grâce au panneau placés tout le long du parcours on en apprenait un peu plus sur la végétation, les oiseaux qui venaient nicher proche du canyon et qu’on ne trouvait que là. On voyait aussi l’eau ruisseler le long des parois du canyon, elle venait de nulle part mais s’écoulait tranquillement.

 

Nous n’étions vraiment pas déçues d’avoir abandonné l’idée de ne rien faire de notre journée, surtout que le programme des jour suivant était bien chargé.

 

Lundi 31 juillet, Jasper

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpcEQtU2hBZEZobzA

 

Aujourd’hui nous nous levons très tôt et prenons la direction du Lac Maligne, un des lac les plus connu au alentours de Jasper. 40 bonnes minutes de route avant d’y arriver, et aussi avant de prendre notre petit-déjeuné, car oui on s’habitue vite à les prendre dans des endroits un peu sympa.

 

Maligne Lake :

Nous arrivons dans les premiers au lac, la brume est présente, peu sur le lac mais surtout dans l’air, proche des montagnes, de sorte qu’on aperçoit pas les sommet. La particularité du Lac Maligne est sa longueur, 22km et aussi une petite île très souvent prise en photo, Spirit Island. Mais nous ne verrons rien de tout ça car une autre randonnée nous attend.

 

Moose Lake :

Nous prenons le sentier qui mène au Moose Lake, le lac des élans ou orignaux. Nous sommes parties tôt exprès pour espérer en voir, car bien souvent on peut en observer à ce lac. Nous marchons donc sur le sentier qui mène rapidement au lac, au bout de 2km. En arrivant nous voyons deux photographes, qui attendent patiemment de croiser eux aussi cet animal presque légendaire tant il est difficile de les voir. Nous marchons quelques temps proche du lac, en faisant le moins de bruit possible, mais rien en vue, pas l’ombre d’un orignal. Un peu déçues nous repartons sur le sentier pour terminer cette petite randonnée, peut être pourrons nous en croiser dans la forêt. Mais là encore pas le moindre moose en vue. Nous verrons tout de même un biche à la fin de cette randonnée, sortir et retourner rapidement dans la forêt.

 

Bald Hills :

Nous entamons juste après une autre randonnée, plus longue et plus difficile, car une dénivelé important, mais qui doit nous offrir une vue imprenable sur le lac Maligne. Nous commençons donc à monter, et nous ne nous arrêterons d’ailleurs qu’au sommet. Le sentier emprunté est en fait un ancien sentier “coupe-feu” utilisé comme son nom l’indique pour éviter que les feux de forêt de se propage trop rapidement. L’intérêt de cette randonnée était moindre, le sentier par particulièrement appréciable, nous marchions juste avec difficulté compte tenu de la pente omniprésente, les paysage n’étaient pas non plus très fou, un peu plus dans les hauteurs car moins de sapins et donc plus d’espace pour découvrir les alentours. Lorsque nous sommes arrivées au sommet, la déception était encore un peu là. La brume était toujours très présente, ce qui ne nous permettait pas de voir le lac, juste un vue imprenable sur les montagnes proches, mais pas sur l’ensemble. Nous ne nous sommes pas trop attardées, avons pris un sentier plus naturel pour la descente, et observons toujours un peu partout dans l’espoir de croiser un moose qui se serait un peu trop écarté de son marécage.

 

Notre petite virée au Lac Maligne n’aura pas été un réelle réussite, mais nous étions tout de même contente de notre reprise de randonnée avec difficulté. Nous devions tout de même nous préparer pour le jour suivant qui annonçait l’apothéose de la difficulté. Comme nous étions un peu déçues de ne pas avoir vu de moose, nous avons fait quelques recherches sur internet pour voir où il était possible d’en apercevoir. Plusieurs personnes indiquaient la route 93A, une route parallèle à la route de la Promenade des Glaciers, à la sortie de Jasper. On décida donc de s’y engager avec peut-être la chance de voir cet animal tant recherché. Mais là encore nous n’avons rien vu.

 

Athabasca Falls :

Nous en avons tout de même profité pour nous rendre aux Chutes Athabasca, là où s’écoulait la rivière Athabasca, qui venait elle-même du Glacier du même nom. Là encore, les chutes n’étaient pas particulièrement hautes ou grandes, mais d’une telle puissance. L’eau glaciale avait encore tracé son chemin avec force. Là encore quelques panneaux  pour nous donner quelques indications, puis d’autres pour prévenir du risque que les gens prenaient à trop s’approcher, à trop se pencher. Concrètement, personne ne pouvait survivre à une telle chute, non pas à cause du choc, mais à cause de la température. L’hypothermie prenait rapidement la personne et ne laissait aucune chance.

 

Au cours de la soirée, nous pensions déjà à notre randonnée du lendemain, la plus difficile qu’on ferait, un dénivelé de 1200m, sur plus de 6km, au total 13,7km aller-retour. Comme toujours nous prenions cette future aventure à la rigolade, tout en sachant qu’on allait clairement en baver.

 

Mardi 1er août, Jasper

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpQmI3ZkxuczJFSkU

 

Aujourd’hui nous allons donc vivre notre ascension la plus difficile. On en a beaucoup rit la veille mais aujourd’hui il va falloir se lancer. Nous prenons donc directement la route, sans prendre le temps de déjeuner, nous déjeunerons sur le parking.

 

Whistlers Peack :

En arrivant sur celui-ci nous apercevons au loin le téléphérique, le skytram. Nous n’avons vraiment pas choisi la simplicité pour gravir cette montagne. Nous préparons nos petits sacs à dos comme avant chaque randonnée, la bouteille d’eau bien pleine, quelques barres de céréales, et nous voilà parties sur le sentier. Nous sommes les premières de la journée à faire l’ascension, aucune autre voiture n’était présente sur le parking. Nous commençons notre ascension, du genre de celle qui n’en finit pas. Chacun de nos pas nous fait prendre de la hauteur, ce qui met dès le début notre souffle et nos jambes à rude épreuve. Nous nous sentons particulièrement seules ce matin là. Nous savons qu’il n’y a personne devant nous et certainement personne qui nous suit. Le silence commence presque à nous angoisser. Le moindre bruit nous fait tourner la tête pour vérifier qu’il n’y a pas un ours dans les parages. Nous sommes équipées de notre bear spray mais n’avons pas pensé à acheter un de ces grelot censé les prévenir de notre présence. Autant dire qu’on ne fait pas vraiment les fières. Du coup nous chantons parfois “on est là” en tapant dans nos mains. Cette tactique nous faisait bien rire et nous rassurait qu’à moitié. Mais heureusement nous n’avons croisé aucun ours ce jours là. Comme toujours la végétation diffère selon l’altitude. Nous passons d’une végétation dense avec beaucoup de fleurs, d’herbe et d’arbre, à des arbustes et sapins, pour finir sur les plaines alpines avec essentiellement de la roche et quelques sapins. Nous faisons des pauses tous les trois quart d’heures, essentiellement car j’en ai besoin, Julie réussi à être dans une sorte de transe qui la fait avancer sans trop de difficulté, mais moins je me focalise encore un peu trop sur l’effort à fournir ce qui m’incite plus facilement à vouloir me reposer un peu. Mais ces pauses nous permettent de boire et manger un morceau donc on y trouve toutes les deux notre compte. Nous montons essentiellement en lacet et sur la fin un peu moins ce qui demande un peu plus d’effort, car chaque pas nous approche plus rapidement du but. Juste avant d’atteindre le sommet, Julie aperçoit deux marmottes, j’ai juste le temps de les prendre en photos puis elle disparaissent. En arrivant au sommet c’est le triomphe, nous y sommes arrivées, nous voyons ceux qui arrivent par le téléphérique frais et décontractés alors que nous, nous sommes essoufflées et dégoulinantes. Un panneau nous indique la raison pour laquelle le sommet porte le nom de Whistlers, cela signifie siffleur en référence aux marmottes qui sifflent dans la montagne. Maintenant nous savons d’où venait ce bruit lors de la dernière partie de l’ascension. Ce n’était pas les gens qui nous suivaient mais ces rongeurs. Un autre panneau nous indique quels autres animaux on peut apercevoir dans les plaines alpines. Il y a bien évidemment noter petit rongeur préféré, le spermophile à mante dorée, mais aussi le pica, un rongeur encore plus petit, une vraie petite boule de poil. Il est moins facile à voir, mais il y en avait justement un qui se baladait près du bâtiment qui servait de gare au téléphérique, mais il était bien  trop rapide pour que je puisse le prendre en photo. Avec Julie nous décidons de nous installer au restaurant à l’étage pour un chocolat chaud et un café, avec vue sur la vallée et la ville en contre-bas. Les nuages ne nous ont pas permis de faire de photos correctes mais l’important pour nous était surtout d’être venues à bout de cette montagne. On repris ensuite le chemin de la descente. C’est toujours plus rapide, mais pas toujours plus simple, car ce sont des muscles différents qui travaillent et il faut faire attention de ne pas poser le pieds n’importe où car avec la vitesse on a vite fait de se tordre la cheville, surtout sur ces sentiers canadiens où les racines des sapins sortent de terre. La descente prend tout de même du temps, mais nous nous réjouissons à l’arrivée de constater que nous avons tout de même fait cette randonnée dans un temps moindre que celui annoncé sur notre petit dépliant qui détails toutes les randonnées.

 

Après avoir mangé un morceau, c’est à dire une barre pour changer, Julie propose d’aller faire une autre randonnée, non prévue initialement, mais comme on a terminé plus tôt que prévu, autant continuer dans notre lancée.

 

Wabasso Lake ;

Nous arrivons donc sur le parking du lac Wabasso, il n’est pas très loin et la randonnée est annoncé simple. Mais les premières montés et descente non font vite comprendre qu’on aurait peut être mieux fait d’aller se reposer un peu après notre grosse randonnée de la journée. Mais nous continuons quand même. Et quelques kilomètres après avoir commencé nous tombons littéralement sur un mur à escalader. Surprise je demande à Julie si c’est vraiment le bon chemin, car j’avais cru en voir un plus tôt qui prenait une autre direction. Mais on décide tout de même de grimper à ce mur. Sauf qu’il est clairement impossible d’y monter et nous nous retrouvons comme deux idiotes coincées sur notre bout de mur de poussière. La scène était vraiment comique, on était morte de rire, en train d’essayer de ne pas glisser jusqu’en bas en s’accrochant à des bout de racines. On entreprit de descendre en position assise pour limiter les risques de chute. Arrivées en bas, lorsque nos regards se sont croisés on a tout de suite compris que l’une comme l’autre, nous avions juste envie de retourner à la voiture et mettre fin à cette randonnée de trop. Mais c’est en rigolant et en râlant (comme toujours) qu’on rejoint la voiture.
Nous sommes ensuite retourné dans la ville, avons continuer d’acheter nos petits souvenirs et nous nous sommes offert le luxe d’un restaurant, nos noodles froides seraient pour un autre soir.

 

Mercredi 2 août, Miette

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUnFIX1UzcUZsNEE

 

Aujourd’hui nous avons encore quelques kilomètres à faire avant d’atteindre le lieux de nos randonnées. Mais aujourd’hui est aussi le jour où nous allons découvrir les sources thermales de Miette.

 

Sentier de la mine Pocahontas :

Nouss commençons très tôt par une petite randonnée dans les anciennes mines de charbon de Pocahontas. L’endroit n’a rien d’exceptionnel, mise à part une sorte d’entrée dans les mines, et les ruines d’une centrale thermique. Le sentier était rapidement bouclé et aucun panneaux pour expliquer l’historique du lieu. Nous étions un peu dessus et sommes donc rapidement parties vers la seconde étape de la journée.

 

Il s’agissait d’une randonnée assez difficile, avec plus de 700 mètres de dénivelé. Elle débutait au pied des sources thermales. Voyant le détail du dénivelé le long du parcours nous avons vite modifié nos plans. Plutôt qu’une randonnée fatigante, autant aller aux sources tout de suite pour se relaxer un peu. On pourrait toujours faire une autre randonnée plus simple plus tard dans la journée.

 

Sources Thermales :

Il n’était que 9h30 du matin quand nous sommes entrées aux source thermales, il y avait alors très peu de monde sur le parking. Les sources avaient plutôt des allures de piscine municipale mais pourquoi pas après tout. Le prix de l’entrée nous a étonné, 5$ et pour le pass à la journée c’était 8$. Autant dire qu’on avait adapté notre programme de la journée. On commençait par se relaxer un peu dans les sources le matin, on ira ensuite faire une petite randonnée le midi et puis nous reviendrons l’après-midi pour finaliser notre relaxation. Il y avait 4 bains différents, deux chauds dont l’un particulièrement, et deux froids. Je n’ai pratiquement été que dans les chaud, et ai seulement fait un petit aller-retour dans un de froid. C’était tellement agréable de pouvoir se baigner, il y avait peu de monde, le cadre était plutôt sympathique, une magnifique vue sur les montagnes alentours. Je me suis même laissé un peu de temps pour faire la crêpe au soleil.

 

Lorsque nous sommes sorties des sources pour aller grignoter un morceau, nous avons croisé un troupeau de chèvres des montagnes sur le parking, il était particulièrement intéressé par un des véhicules.

 

Trail Sources des Sources :

Nous avons commencé une petite randonnée tout à côté des sources. Au bout de quelques minutes nous sommes arrivées à la source originelle de la source thermale, un court d’eau extrêmement chaud sortait de la roche et avait teinté les parois de celle-ci d’une couleur un peu verdâtre, on sentait d’ailleurs cette odeur d’oeuf pourri propre à ce type de source. Grâce aux anneaux présents on apprit que la source était là depuis bien longtemps et qu’à l’origine les sources thermales étaient en fait des bassins fait de rondins de bois. Les gens de région ont ensuite construit un complexe pour les habitants de la vallée ainsi que pour les voyageurs et les travailleurs des mines. Mais établit à un mauvais endroit qui risquait de s’écrouler suite aux éboulements de la montagne, ils ont construit le second complexe où nous étions plutôt. La randonnée se prolongeait le long d’un cours d’eau, puis se jusque dans la forêt mais nous ne sommes pas allées jusqu’au bout. La tentation des sources était trop forte nous y sommes donc rapidement retournées.

 

En rentrant de cette journée reposante, nous sommes passées tout à côté de ce qui aurait pu être un lac alors que c’était la rivière Athabasca. Elle était située en bordure de route, et le nombre de voiture garée sur la bas-côté nous a interpellé. Lorsque nous avons regardé en direction de la rivière nous avons vu un nombre impressionnant de gens s’amuser dans la rivière, mais le plus impressionnant c’était de voir des gens être allés très loin, et de voir que seul leurs pieds étaient encore immergés. Cela donnait l’impression qu’ils marchaient sur l’eau. Le soir venu, nous avons décidé de retourner à cet endroit de la rivière pour dîner, le lieu dégageait quelque chose, on se sentait petite et en même temps la rivière donnait l’impression que même si la rive opposée pouvait être à des kilomètres elle était peut être accessible.
Nous avons repris la route en direction de notre petit parking pour la dernière fois, car demain c’était le départ pour la ville de Banff et son parc national.

 

 

Jeudi 3 août, Promenade des Glaciers

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpOGVKTldnV3h6SDA

 

Nous avons plus de 300km à parcourir aujourd’hui pour rejoindre Banff, le réveil a donc sonné très tôt. Comme nous l’avions fait pour notre venue à Jasper, nous avions prévu de faire quelques randonnées sur la route.

 

Sunwapta Falls :

Nous débutons donc cette journée par les chutes Sunwapta, à une quarantaine de kilomètres de Jasper. Nous ne sommes pas nombreux sur le parking, nous allons donc pouvoir profiter du lieu tranquillement. Comme toujours quand il s’agit des chutes, nous sommes impressionnées par la quantité d’eau et la force que cela dégage. Là encore l’eau au fil du temps a sculpté la roche. Le sentier est plus long que prévu pour se rendre aux chutes inférieurs mais ça ne nous pose pas de soucis nous avons le temps et ça nous permet de nous réveiller tranquillement.

 

Nous reprenons ensuite la route pour nous rendre au Glacier Athabasca, celui qui m’avait fait une forte impression quelques jours auparavant. La route est magnifique, nous sommes constamment encerclées par les montagnes, et je remarque que le bord des routes est parsemé de petites fleurs violette, dont je ne me rappelais pas les avoir vu à l’aller.

 

Front du Glacier Athabasca :

En arrivant sur le parking, nous constons de nouveau le peu de monde. Tant mieux pour nous si nous pouvons échapper au flot de touristes. Je suis tellement enthousiaste à l’idée de me rapprocher de ce glacier. Nous commençons la randonnée du front du glacier, elle n’est pas grande mais elle permet d’avoir une vue imprenable sur le glacier. Tout le long du sentier, des panneaux peu rassurants nous indiquent qu’il ne faut surtout pas s’éloigner du sentier au risque de tomber dans des crevasses créées par les failles du glacier. Ils expliquent que lorsque cela arrive, même dans le cas où les sauveteurs arrivent rapidement, le temps de sécuriser les lieux et de commencer l’intervention pour aller chercher la personne, celle-ci est bien souvent déjà morte de froid. Les chances de survie sont pratiquement nulles, et pour illustrer cette mise en garde, ils donnent même le détail du cas d’un enfant de 9 ans tombé il y a quelques années. D’autres panneaux alerte sur un autre sujet, l’impact du réchauffement climatique. Ils expliquent que chaque année le glacier est en recul, qu’il fond et ce de plus en plus vite, que d’ici une petite centaine d’année, le glacier aura disparu, qu’il laissera la place à une forêt de sapins. Cela aura comme incidence l’impossibilité de fournir la majorité de l’Amérique du Nord en eau, car ce sont essentiellement les glaciers qui le permettent et particulièrement le glacier Athabasca. Le glacier en lui même est d’autant plus impressionnant de “près”. Nous nous trouvons juste au pied du glacier, là où commence à s’écouler l’eau qui deviendra la rivière Athabasca. Au loin, plus haut sur le glacier nous apercevons les premiers groupes de randonneurs menés par des guides spécialisés, ainsi que les véhicules équipés de chenilles qui viennent déposer d’autres groupes de touristes. C’est en les regardant que l’on se rend compte de la taille gigantesque du glacier. Cette randonnée nous aura plongé dans une atmosphère étrange. En arrivant j’étais surexcitée à l’idée de revenir voir de plus près ce monument naturel, mais en marchant le long du sentier, après avoir lu sur les panneaux l’incidence de l’activité humaine sur ce lieu spectaculaire, le fait de se rendre compte que malgré notre petitesse face à ce glacier nous étions tout de même en mesure de le détruire, tout cela me plongea dans une sorte de déprime. Je me sentais comme désolée de constater que le besoin de s’enrichir et de consommer avant fait oublier à l’Homme la nécessité de préserver sa planète, de respecter la Vie.

 

Nous avons ensuite repris la route pour Banff, juste après avoir pris un café en face des Glaciers.

Chainon Parker :

C’est peu de temps après que nous sommes arrivées à notre dernière randonnée de la journée. Il y avait un tout petit parking en bord de route et déjà beaucoup de voiture stationnées, mais notre petit gabarit nous a permis de trouver une place facilement. On apercevait d’en bas le tracé en lacet de cette rando. Elle n’avait rien de difficile juste un dénivelé constant, ce qui présageait un rythme tout de même soutenu. Nous entamons donc notre randonnée, avec un rythme correct et arrivons assez rapidement en haut de la montagne. On y découvre une grande plaine alpine, presque plus d’arbre, essentiellement un tapis vert. La plupart des personnes partent vers la droite pour continuer de grimper un peu. Mais nous, nous préférons aller à gauche, sur un autre petit sentier. Et nous avons bien fait. Car le long de ce sentier pratiquement au bord de la montagne, nous avons eu droit à une vue superbe sur les Glaciers et la vallée juste en face de nous. Là encore un spectacle à couper le souffle. Au loin on voyait le glacier descendre dans la vallée, puis l’eau qui s’en écoulait et devenait une rivière avec cette couleur turquoise, et qui disparaissait ensuite dans la forêt de sapins. Pour nos derniers moments dans le parc de Jasper nous avions été gâtée.

 

Retour à la voiture, et départ définitif pour Banff, nous ne nous arrêterons plus avant d’y arriver. Mais ça c’était sans compter sur une petite retrouvaille. En arrivant au niveau du lac de Bow, je me suis souvenu que c’était à cet endroit que nous avions aperçu notre maman ours et son petit traverser la route. Et c’est à peu près à ce moment, pratiquement au même endroit que nous avons vu un attroupement de voitures sur le bas côté de la route, les gens étaient même sortis de leur voiture. Et là, qui on voit traverser, maman ours et bébé ours. Certainement les mêmes que la première fois. Nous avons fait comme tous les idiots présents, on s’est garée pour tenter de les apercevoir. Mais ils étaient déjà retournés dans la forêt. Alors retour dans la voiture et après avoir laissé passer toutes les voitures qui avaient été bloquées par cet présence animale, nous avons repris la route.

 

Arrivée à Banff :

Au terme de plusieurs heures de route nous arrivons enfin à Banff. La ville n’a rien à voir avec Jasper. Elle est plus grande, il y a plus d’hôtels et d’hébergements, au point qu’ils ne sont pas tous complets, ce qui nous arrange pas pour notre couchage en voiture. Nous nous garons rapidement, et prenons la direction du centre d’information. On récupère la carte des randonnées, et allons nous poser dans un pub pour réfléchir à notre programme des quelques jours à venir. Lorsque c’est fait nous partons manger, là encore on s’est offert un petit burger. Pour finir la journée, on décide d’aller faire un tour aux alentours, histoire de voir si on aperçoit des animaux, comme à Jasper. On prend donc la route en direction du lac Minnewanka. Mais ce n’est que sur le retour qu’on apercevra au loin un troupeau de wapitis. En rentrant sur Banff, nous cherchons un endroit propice pour garer la voiture, qui deviendra notre point de chute. On le trouvera dans un petit quartier reculé, près d’une communauté religieuse, et bien évidemment à côté d’une voie de chemin de fer. On commence l’installation, il ne fait pas encore nuit, et alors que je lève les yeux vers le rétroviseur, j’aperçois un mâle wapiti assez imposant, en train de traverser la route. Avec Julie on se précipite pour aller l’observer, et on remarque rapidement son copain en train de manger la haie d’une maison. On aura tout vu. Ils sont restés là une bonne demi-heure, ce sont même installés dans la pelouse pour dormir. Et alors qu’on pensait qu’on allait pouvoir tranquillement se mettre au lit, on a vu débarquer un garde de parc Canada, armé d’un fusil avec des balles en plastique, courir après les wapitis pour les éloigner de la ville. Une vraie partie de paintball.

Après ce petit épisode peu ordinaire, on a pu se coucher en attendant le lendemain et nos premières randonnées dans ce nouveau parc.

 

Vendredi 4 août, Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpcy0zZDI5Um9MdFU

 

Nous nous réveillons assez tôt, d’abord pour être sûre qu’on ne gêne personne à dormir ici et car il y a un peu de route avant d’arriver à notre première expédition.

 

Johnston Canyon :

Nous arrivons donc au canyon Johnston dans les premiers et faisons notre petite toilette directement sur le parking. Dès nos premiers pas dans ce lieu emblématique, nous comprenons tout de suite que le parc de Banff est plus ancien et plus touristique. Le sentier est goudronné, délimité par des barrières de bois pour éviter aux touristes d’aller piétiner la nature en “régénération”. Nous parcourons donc ce chemin comme un grand nombre de personnes ce jour là, qui ne cessait d’augmenter au fil des minutes. Le canyon était très ancien, et avait deux chutes, l’inférieure et la supérieure. La première plus en aval, plus petite que l’autre avait comme souvent créé comme une cuvette là où l’eau venait s’abattre. On pouvait aller voir ça de plus près en entrant dans une petite grotte. Mais il n’y avait pas la place pour grand monde, juste 4 personnes au plus, et les gens forçaient le passage pour y entrer sans comprendre qu’il suffisait d’attendre que nous sortions. Nous avons ensuite pris le chemin de la chute supérieure. Elle était encore plus imposante, toute en longueur. Et sur les cavités du canyon on pouvait voir les différentes couches de roche se superposer. La couleur était particulière au niveau de la chute, différente de celle du reste du canyon. Sur le chemin du retour nous étions impressionnées par le nombre de personne sur le sentier. Encore plus en arrivant sur le parking, il était complet et les voitures commençaient à se garer sur le bord de la route, pratiquement sur 1km. Se lever tôt était une nécessité à Banff.

 

Silverton Falls :

Nous nous sommes ensuite rendues aux chutes Silverton, à quelques kilomètres de là où nous étions sur la même route. La randonnée était courte, beaucoup moins peuplée, et au terme d’un sentier qui arpentait la montagne sur quelques mètres, nous sommes arrivées aux chutes, elles n’étaient pas aussi imposantes que les précédentes mais le fait d’être aller à sa rencontre sans avoir croisé trop de personnes la rendait plus appréciable à observer.

 

Nous sommes ensuite retournées à la ville de Banff, il y avait quelques randonnées à faire à proximité de la ville.   

Sundance Canyon et la Boucle du Marais :

Nous avions choisi une randonnée à la sortie de la ville, elle commençait à côté d’une ancienne prison, utilisée à l’époque de la seconde guerre mondiale. Là encore le sentier était goudronné, nous longions une rivière, puis comme un marais. On pouvait voir l’eau changer de couleur à l’endroit où les deux se rejoignaient, d’un côté le bleu clair au travers duquel on peut voir le fond de la rivière, et de l’autre une eau plus foncée, plus commune. Lors de cette randonnée nous nous sommes faites mangé par les moustiques, nous n’avions pas pensé à nous mettre du spray et nous l’avons bien regretté. A la fin du sentier goudronné, la randonnée continuait dans la forêt, nous suivions une rivière qui passait entre la roche, là encore un canyon, mais en rien similaire à celui visité le matin même. Après avoir fait la boucle du canyon, nous sommes retournées sur notre chemin goudronné, c’est là que nous avons croisé les chevaux. Un groupe de touristes faisait la randonnée à cheval, ils étaient tous crispés sur leur selle, la main devant le visage, car les chevaux marchaient sur un chemin de sable qui faisait énormément de poussière. Nous en avons également profité un certain temps aussi de cette poussière. Décidément cette randonnée n’était pas la plus agréable. Nous étions presque pressées que la journée se termine pour aller manger nos noodles froides.

 

A la fin de la journée nous sommes allées dans le centre ville, on a demandé au centre d’information où on avait le plus de chance de voir des orignaux, a priori c’était aux lacs Vermillon, et ensuite nous sommes parties faire un petit tour dans les magasins de la ville.

En début de soirée, nous avons écouté les conseils du centre d’information et sommes allées manger notre dîner au bord d’un des lacs dans l’espoir de voir enfin un moose. Ca deviendra notre coutume pour les prochains jours, mais malheureusement ce soir là nous n’en avons pas aperçu.

 

Samedi 5 août, Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpdXpVTHV0eEpjRUU

 

Ce matin encore, nous avons choisi de nous lever tôt pour aller prendre notre petit déjeuné au bord du lac Johnston, notre première randonnée de la journée.

 

Johnston Lake :

Ce lac n’avait rien d’exceptionnel mais il était très calme de bon matin, nous étions les premières sur le parking. Nous nous sommes installées sur la table de camping et avons commencé de déguster notre mixture quotidienne. Quelques personnes sont arrivées par la suite. Lorsqu’on a eu fini nous avons entrepris le tour du lac, il n’était pas très grand mais c’était parfait pour commencer cette journée. L’eau tranquille du lac nous permettait de voir le reflet des montagnes avoisinantes se dessiner sur la surface. Cela ne nous a pas pris beaucoup de temps pour faire cette randonnée, juste assez pour nous réveiller complètement et nous préparer à la prochaine qui était un peu plus sportive.

 

A quelques kilomètres du Lac, sur la route pour nous rendre à la prochaine expédition, nous avons eu la chance de croiser la route d’une petite chèvre des montagnes. Elle avait l’air un peu perdue, sans être complètement effrayée par la présence de la voiture et son pelage était un peu aléatoire.

 

Cirque C-Level :

Pour la seconde balade de la journée nous ne serons pas seules, il y a déjà quelques voitures sur le parking. Nous commençons notre ascension, là encore il faudra monter tout du long pour arriver au Cirque en altitude. Sur la première partie du sentier, il est indiqué partout qu’il ne faut pas en sortir, car nous marchons sur une ancienne mine de charbon. On voit d’ailleurs rapidement des grillages sur les côtés, en s’approchant un peu on peut voir des trous dans le sol, profond et sombre. C’était plutôt impressionnant et ca a le mérite de dissuader les quelques personnes qui auraient voulu s’aventurer en dehors du sentier. Nous ne croisons les premiers randonneurs qu’après un long moment. Puis croisons un couple qui s’agace à moitié à cause de la difficulté de la randonnée, a priori ça fait déjà quelques heures qu’ils marchent. Après avoir principalement monté le long de la montagne, on comprend qu’on commence à la contourner. Et c’est au bout d’une heure quarante que nous arrivons au bout. Et nous sommes devant un spectacle encore surprenant, face à quelque chose que nous n’avions encore pas vu. Le Cirque est en fait un ancien glacier qui a fondu, dont la roche est tombé à certain endroit et qui commence à être recouvert de sapins. Le sentier se poursuit, nous continuons sur quelques mètres mais faisons demi-tour car le ciel commence à devenir menaçant. Nous sommes tout de même satisfaites d’avoir été au bout de la randonnée initiale.

 

Nous retournons ensuite dans la ville de Banff. Il est 13h passé et nous avons faim. Le temps d’aller chercher quelque chose à emporter et nous partons manger sur le bord de la rivière Bow. Nous avons une vue superbe sur la ville avec en fond une montagne gigantesque.

 

Bow Falls :

Après manger nous longeons la rivière, car le sentier mène aux chutes un peu plu bas. L’endroit est très fréquenté, plutôt par les touristes non équipés pour la randonnée qui se contentent peut être des sentiers dans la ville. C’est différent de nos ambiances de forêt habituelles, les gens ne respectent pas les indications qui demandent de ne pas marcher aux endroits où la nature est “en cours de régénération”. Heureusement nous arrivons aux chutes et leur splendeur me fait oublier ces gens qui m’insupportent. On peut apercevoir un petit arc-en-ciel juste au dessus de l’eau. Et il y a toujours cette couleur un peu turquoise. Le cours de la rivière forme ensuite un gros virage vers la gauche et s’enfuit dans la vallée.

 

Nous passons le reste de l’après midi à flâner dans les rues de Banff, à la recherche de nos souvenirs, juste pour passer le temps. Le soir venu, nous retournons à notre lac habituel. Comme pratiquement tous les soirs à la même heure, nous voyons passer le train au loin, juste en face de nous, transporter des marchandises. Et pour une fois j’ai pris le temps de compter les wagons, 120 au total, c’est fou tout ce que ce train peut acheminer en plein milieu des Rocheuses.

 

Dimanche 6 août, Banff

https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpYVhPeGJEdkRualE

 

C’est notre avant dernier matin à Banff, notre dernier jour dans cette ville car demain nous partons. Nous décidons de prendre notre temps, nous n’avons pas prévu grand chose pour la journée, seulement une randonnée proche de la ville.

 

Hoodoos, les cheminées des fées :

Nous garons la voiture sur le tout petit parking. La randonnée n’a rien de compliquée, elle est plutôt longue en kilomètre, mais très peu de dénivelé. Nous commençons par marcher dans une forêt peu fournie en sapins et autres arbres. La rivière Bow n’est pas très loin et nous en longeons une partie pendant quelques temps. Il n’y a personne sur le sentier ni même au loin, nous sommes comme seules. Nous ne parlons pas beaucoup, on vient à peine de se réveiller et l’ambiance est plutôt propice au silence. Après plusieurs minutes l’ambiance change un peu, nous nous rapprochons de quelques habitations, une sorte de camping, puis on entend la route pas très loin. Nous croisons aussi la route de quelques cyclistes. Au fur et à mesure que nous marchons, nous prenons un peu de hauteur, et la vue se dégage petit à petit et ce sont de superbes paysages que nous avons encore face à nous. Nous arrivons ensuite vers la fin de la randonnée, un parking est tout proche, et quelques panneaux nous expliquent l’histoire de ce lieu. Les cheminées des fées ce sont en fait des formations rocheuses, modifiées par l’érosion, qui prennent la forme de cheminée, comme des tubes tout en longueur. Ils ne savent toujours pas comment l’érosion a pu donner cette forme, mais des études sont en cours. Le sentier se poursuit ensuite sur quelques kilomètres, offrant plusieurs points de vue, et de beaux panoramas sur la vallée de la Bow. Le retour à la voiture se fait tranquillement mais moins silencieusement.

 

Lorsque nous revenons sur Banff, c’est une autre expédition qui commence, la lessive. Une laverie située dans le centre commerciale sera pour les prochaines heures notre prochain point de chute. Nous sommes arrivées au bon moment, car lorsque nous avons eu fini, la laverie a été prise d’assaut.

Pour finir notre journée, nous sommes allées nous reposer dans le parc de la ville. Nous n’étions pas les seules à avoir eu cette idée. L’endroit était bondé. Nous sommes restées un long moment, mais n’avons pas pu profiter du soleil comme nous l’aurions voulu. Les incendies qui faisaient beaucoup de dégâts depuis plusieurs semaines en Alberta, masquaient le soleil avec toute la fumée des feux aux alentours.
Nous n’avons pas failli à notre coutume ce soir là et sommes allées au lac pour tenter d’apercevoir les élans. Mais toujours rien, c’est décidément pas pendant ce voyage qu’on aura l’occasion d’en voir.

 

Direction Kelowna, et en route pour les Rocheuses Canadiennes

Nous faisons aujourd’hui nos “au revoir” à Dave et Gaby, avec des sentiments contrastés. D’un côté de la tristesse de devoir quitter ces deux personnes avec qui nous avons partagé ces quelques jours et en même temps l’excitation de prendre la direction de notre nouvelle aventure dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Après notre petit-déjeuner, nous faisons le hugg habituel pour dire au revoir à Dave. Gaby nous emmène à notre arrêt de bus, à la jonction de la Highway et de la route qui mène chez eux. Elle attend avec nous quelques minutes puis là encore nous lui faisons nos au revoir. Dernier petit pincement au coeur. Le bus arrive quelques minutes plus tard et nous embarquons à bord de notre nouveau moyen de locomotion, le bus Greyhound grande ligne, ou la compagnie qui relie les grandes villes du Canada et dont les arrêts de bus sont introuvables ou à des endroits improbables. Le trajet durera 5h15 et nous arriverons à Kelowna, une grande ville un peu perdue au Centre-Est de la Colombie-Britannique, région particulièrement propice pour l’exploitation viticole. Mais nous n’en verrons rien car nous ne restons qu’une nuit dans cette ville. Mise à part ses caves, la ville ne présente pas un grand intérêt, elle reste tout de même un lieu touristique avec également un lac immense où différentes activités nautique peuvent être proposées. En ce qui nous concerne, nous ne verrons de cette ville que l’avenue de plusieurs kilomètres que nous avons parcourue pour rejoindre notre auberge de jeunesse, que j’ai baptisé “l’avenue au 1001 magasins”, le centre-ville et ses petites boutiques sympathiques ainsi que le bord du lac qui longe la ville.

Lorsque nous sommes rentrées le soir à notre auberge de jeunesse, nous avons fait la connaissance d’Etienne, un québécois qui partageait notre dortoir. Venu ici pour les vacances avec des amis, il s’est montré curieux à propos de notre voyage, curiosité qu’il témoignait à toutes les filles du dortoir. C’est avec cette nouvelle rencontre québécoise que nous avons compris avec Julie que cette langue allait nous donner quelques difficultés de compréhension. Lorsque Etienne parlait nous ne comprenions qu’un mot sur trois et répondions à côté à certaines de ses questions.

Le lendemain midi, nous devions nous rendre à l’aéroport de la ville, qui était très excentrée, pour récupérer notre voiture, notre future partenaire d’aventures mais aussi notre maison pour les deux semaines à venir. Car oui nous ne souhaitions pas alourdir notre budget avec des logements trop onéreux dans les Rocheuses. Et puis ça nous faisait encore une nouvelle expérience, car dormir dans une voiture plusieurs jours, faire l’impasse sur des douches quotidiennes et manger des repas à base d’aliments non frais et ne nécessitant aucune cuisson, ça ne pouvait être qu’une expérience. Nous arrivons donc au petit aéroport perdu à côté de l’université, nous nous présentons à notre guichet pour récupérer le véhicule et partons directement le trouver sur le parking. Là nous découvrons une petite Nissan Versa, compacte mais assez spacieuse pour nous loger deux semaines. Nous partons faire quelques courses à notre magasin préféré, Walmart, chaîne très présente au Canada qui vend de tout. Il ne nous reste plus qu’à organiser le coffre pour que l’ensemble de nos courses et nos deux gros sac à dos rentre et nous prenons enfin la route pour cette étape tant attendue.

Quelques heures nous séparent de notre premier point de chute, Golden, une petite ville à l’entrée du Parc National Yoho. Mais avant de penser à l’arrivée, je savoure de pouvoir conduire dans ce pays. Ici les routes sont tellement agréables, d’abord parce qu’elles offrent de magnifiques paysages, et ensuite car les canadiens conduisent sereinement. Personne ne s’agace au volant, on entend jamais les klaxonnes, sauf au moment de verrouiller la voiture, ce qui surprend la première fois. Les limitations de vitesse sont plus basses qu’en France, mais on ne ressent pas la contrainte de devoir rouler doucement, c’est comme toujours, on prend juste le temps. Je n’ai jamais autant aimé conduire qu’au Canada.

Nous arrivons enfin à destination après plusieurs heures de route et nos premiers émerveillement devant ces paysages hors normes. Maintenant la mission c’est de trouver un coin tranquille où nous sommes sûres de ne gêner personne et surtout qui n’attire pas trop l’attention de la police, car dormir dans sa voiture dans les parcs nationaux ce n’est pas vraiment autorisé, et l’amende peut rapidement être salée. Mais nous trouvons un petit parking juste à côté d’une voie de chemin de fer, ce qui ravie Julie à l’idée d’être réveillée par le bruit des trains. Nous entamons la préparation de la “chambre”. A présent il faut mettre en place les “rideaux”, sortir nos duvets et trouver une position supportable pour dormir. La voiture n’étant pas grande, le fauteuil servira de lit.

 

Après quelques fous rire dû à notre situation précaire, nous réussissons à nous endormir, non sans mal et sans réveille pratiquement à toutes les heures. Mais nous restons positives car demain est notre premier jour dans les Rocheuses Canadiennes.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUGxoV1Z0RVFlM1k

 

Dave et Gaby, mais aussi la famille suisse

Cette rencontre, ce n’est pas seulement la rencontre de deux personnes formidables, c’est aussi la rencontre d’un mode de vie qui se rapprochait un peu plus de ce que je recherchais.

 

Gaby c’est une femme suisse qui un jour est venue voyager au Canada avec ses idées et ses convictions, qui a tout de suite aimé ce pays, qui a rencontré Dave et qui est restée y vivre. Dave c’est un personnage un peu plus secret mais tout aussi guidé par ses idées et ses convictions, je pense que c’est d’ailleurs ce qui a dû les rapprocher, surtout lorsqu’on connaît les circonstances de leur rencontre. Ils étaient tous les deux venus sur l’île de Vancouver pour militer contre une action de déforestation, ils se sont rencontrés lors du sitting.

Lorsque nous  sommes arrivées chez eux, nous n’étions pas les seuls “invités”, la famille de Gaby était là également. D’une certaine façon ça a accéléré la rencontre car ils étaient tellement curieux de notre voyage, de la France, leur pays voisin, d’un tas de choses que nous avons rapidement fait connaissance les uns avec les autres.

Comme dit précédemment, nous avons tout de suite été très bien accueillies et du coup rapidement intégrées aussi à l’ambiance et à la vie de cette ferme. Dave et Gaby étaient étonnés de nous voir si enthousiastes dès le premier jour à travailler avec eux, à découvrir comment ils fonctionnaient au quotidien. Je pense que de manière générale on les a biens avancés dans certaines tâches. Nous n’étions pas réticentes à nettoyer les enclos des animaux, à porter les bottes de paille, désherber le jardin ou encore faire la traite.

Ils avaient tous les deux des caractères bien différents. Gaby était parfois un peu directive, mais Dave le prenais bien et lui faisait parfois comprendre gentiment, du coup on voyait très bien la complicité qu’il existait entre eux, car ils n’étaient jamais en conflit, ils s’adaptaient au caractère de l’autre, sans s’écraser non plus. Dave était plutôt calme, mais grouillait toute la journée dans tous les sens, il avait un peu de mal à s’organiser et courait donc un peu partout. Il avait un rire bien particulier, plutôt communicatif, et un peu taquin sur les bords également. Gaby était un peu rebelle, plus dans sa jeunesse que maintenant mais ça se traduisait dans certains de ces comportements. Elle n’était pas très patiente non plus, du coup Julie s’est plutôt reconnue en elle, elles avaient quelques points communs.

Lorsque nous avons dû partir ce fut compliqué, car en plus de quitter deux belles personnes, nous quittions également un quotidien qui nous correspondait. Le fait de vivre dans une petite ferme, de produire ses propres produits issus du lait des petites chèvres, de cultiver son potager, de vivre au rythme des tâches nécessaires au maintien de cet équilibre, c’était vraiment pour le coup un vrai retour à l’essentiel. Une vie dans la simplicité, on prenait le temps de vivre une journée après l’autre, et sans parler de cet environnement qui nous entourait.

Le jour du départ, Gaby et Dave nous on dit pour la énième fois que nous pouvions revenir après les Rocheuses, que ce n’était pas la peine de faire la côte Est, pour rire bien sûr, car ils étaient contents pour nous que nous puissions vivre cette aventure.

Ce qui est sûr c’est que nous savons que si un jour nous repassons par la Slocan Valley, nous pourrions revenir les voir et que les retrouvailles seraient joyeusement partagées.

11 jours et quelques petites anecdotes

Pendant notre séjour à la Gimli Farm, nous avons passé de très bons moments et beaucoup d’entre eux ont donné lieu à des rires, d’autres presques des pleurs.

 

L’un des évènements qui aura été mémorable pendant ce séjour, c’est celui de notre aventure à la cueillette des baies dans les montagnes. Un après-midi, nous sommes donc partis tous les 3 avec Dave dans les montagnes avoisinantes à la recherche de ces baies. Pour cela nous devions emprunter un sentier large sur lequel les voitures pouvaient s’aventurer. Après de longues minutes de trajet, nous avons trouvé les arbustes sur lesquels elles poussaient mais il n’y avait que très peu de baies si ce n’était pas du tout. Nous sommes donc allés à plusieurs endroits avec espoir de tomber dans une zone où il y en aurait. En chemin nous nous sommes arrêtés pour admirer la vue sur la vallée, et au moment de repartir, un bruit sourd venant du truck nous a tout de suite stoppé. On est descendu et là ona vu le pot d’échappement trainer par terre. Ce n’était pas comme si nous étions au milieu de nul part en montagne et où le réseau ne passait pas. Dave avait décidé de l’enlever complètement, alors que nous, nous pensions qu’il serait mieux de tenter de le fixer, rentrer rapidement à la ferme et le faire réparer. Mais Dave avait son idée en tête et rien de lui aurait fait changer d’avis. On repris donc la route pour trouver un bas-côté assez haut pour permettre d’enlever le pot d’échappement. Et là, alors qu’on roule doucement, on voit un petit ours noir dévaler le flanc de la montagne et partir se réfugier plus bas. C’est à cet endroit que Dave décide de s’arrêter. Autant dire que Julie et moi n’étions pas rassurées d’avoir vu cet ours dans les parages. Mais Dave était confiant, on l’aida donc avec son pot d’échappement. Après quelques minutes à essayer de le tordre dans tous les sens, c’était chose faite. Nous allions nous remettre en route pour rentrer quand Dave aperçu un grand nombre de baies tant recherchées. Il nous fit son sourire habituel et on compris qu’il était temps de prendre nos sceaux et d’aller cueillir ces p’tites baies. Mais après quelques minutes l’angoisse m’est venue ainsi qu’à Julie, car quelques minutes avant nous avions vu cet ours et que nous étions tout de même en train de cueillir leur nourriture préférée. C’est alors qu’on entendit un bruit, comme des pas un peu lourds. Sans attendre on courut vers la voiture et on appela Dave. Il nous a rejoint rapidement voyant notre inquiétude et lorsqu’on lui a raconté ces bruits, il a rit en nous disant que ça devait être un “chicken”, un genre d’oiseau des forêts qu’on peut voir au Canada. Mais voyant qu’on n’était pas du tout rassurées par son histoire de chicken, on repris la route pour rentrer à la ferme. Résultat de cet après-midi, un sceau au dixième rempli et une histoire à raconter à tous les amis de Dave. On en a entendu parlé tout le long du séjour à la ferme, et à chaque fois nous en rigolions toujours autant.

 

Une autre expérience marquante, c’était la matinée où nous devions tuer les poulets. On pourrait trouver ça horrible de faire ça, mais ce n’est pas un sentiment que je partage. Après tout ne vaut-il pas mieux tuer ses propres poulets, nourris aux grains et au p’tit lait, en plein air, plutôt que d’aller acheter notre barquette de viande dans un supermarché qui n’a aucun problème à se faire de l’argent sur le dos des agriculteurs, sans parler des conditions dans lesquelles les animaux sont parfois abattus et leur condition de vie. Du coup ça ne m’a pas dérangé outre mesure de faire ma besogne matinale. Il fallait donc réussir à les attraper, les tuer, les déplumer et enfin les vider. La phase 2 n’était tout de même pas agréable, même Dave n’en avait pas vraiment envie, mais il le fallait et c’est lui qui s’en est occupé en grande partie. Le déplumage je m’y suis mis volontier, c’était long mais pas compliqué, il fallait connaître la technique du bain chaud puis froid. Pour la dernière phase, c’est là que ça devenait intéressant, c’est pas tous les jours qu’on apprend à vider un poulet. Dave nous a appris et nous laissait ensuite faire en nous faisant confiance sur les étapes à suivre. Il ne restait ensuite plus qu’à nettoyer et ensuite faire les découpes, mais ça c’était plus tard et ce n’était pas ma mission. Au final, même si ce n’était pas très enthousiasmant ça restait une expérience à faire et ça a renforcé mon envie de manger de manière plus responsable, devenir végan n’est pas envisageable mais acheter sa viande à un éleveur local est bien faisable. Et puis quelques jours plus tard, quand les suisses sont revenus de leur trois jours de balade, Dave nous a cuisiné des poulets, c’était délicieux.

 

Enfin n’oublions pas notre sortie canoë mémorable. La ferme de Gaby et Dave était située tout près d’une rivière et ils avaient deux canoës. Ils nous avaient proposé de faire un tour avec et nous avions programmé de le faire quelques jours avant notre départ. L’idée c’était de remonter la rivière jusqu’à la ville de Slocan, de se poser pour une session bronzette sur la petite plage et  rentrer quelques heures après. Gaby nous avait prévenu qu’il faudrait 3h pour l’aller et 2h pour le retour, on commençait à contresens du courant. En fin de matinée, on se dirigea donc vers la rivière et Gaby nous montra où trouver le bateau, caché sur la rive. On monta dedans et commencions notre avancée. La rivière était calme et toujours aussi claire, au point d’en voir le fond. C’était impressionnant et agréable de se retrouver là au milieu de la vallée à pagayer tranquillement tout en observant les paysages qui s’offraient à nous. Mais la tranquillité n’a pas duré, car nous étions tout de même à contre-courant et plus la rivière devenait étroite plus le courant se faisait fort. Après 30 minutes c’est devenu beaucoup plus sportif, et ce jusqu’à l’arrivée. Au début nous y mettions toute notre énergie, nos coup de pagaie ne nous faisaient presque pas avancer, mais dès que nous arrêtions le courant nous emportait dans la mauvaise direction, on avait pas le choix, on devait continuer. Mais au bout d’une heure l’agacement se faisait sentir, du coup nous partions en fou rire à force de nous agacer et râler contre ce courant et ce canoë qui n’avançait pas d’un mètre. Julie ne voyant pas l’arrivée se montrer voulait faire demi-tour mais je la motivais à continuer ou plutôt lui criais dessus pour qu’elle continue. La situation était vraiment comique. Elle l’était d’autant plus quand nous avons croisé un couple sur un bateau pneumatique et qu’ils nous ont crié que nous étions dans la “wrong direction”. Et l’était encore plus quand on a décidé d’adopter une nouvelle technique… On s’est dirigé vers la rive, le courant y était moins fort, et on s’est aidé du bord pour avancer. Pagayer dans l’herbe nous faisait avancer plus vite. Mais il y avait régulièrement des arbres tombés en travers à éviter et quelques rochers. Dans ces cas là les manoeuvres étaient compliquées car si l’écart que nous faisions était trop grand le courant nous emmenait. C’était vraiment comique. Mais au bout de 2h40 nous sommes tout de même arrivées au but ultime, faire les crêpes sur la plage. Et pour nous récompenser de notre exploit nous avons bu les deux bières que nous avait préparé Gaby dans notre petite glacière. Elles étaient bien méritées. Après quelques heures nous avons pris la “route” du retour. C’était beaucoup plus simple dans la bonne direction, même si le courant paraissait beaucoup moins fort qu’à l’aller, à croire que cette rivière voulait se moquer de nous jusqu’au bout. Je proposais à Julie de se reposer et pagayais toute seule, elle avait continué de pagayer alors qu’elle voulait arrêter je lui devais bien de pouvoir profiter de la vue du retour tranquillement. On finit notre périple sous une fine pluie qui ne dura que quelques minutes. En rentrant on raconta notre aventure à Gaby et Dave, ils ont d’ailleurs particulièrement aimé le passage de la “wrong direction”.

 

Beaucoup d’autres bons moments ont été vécus au cours de ces 11 jours. Le simple fait de se trouver chez Dave et Gaby était un bon moment, les rires et les anecdotes, que ce soit les leurs ou les notres, ponctuaient souvent nos repas du soir sur la terrasse en bois avec vue sur les montagnes.

 

C’est pas ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpckhRV3dRd1BjRTQ