De Fanny Bay à Duncan, des ambiances contrastées

C’est aujourd’hui que nous reprenons la route pour nous diriger vers Victoria, la capitale de la Colombie-Britannique, mais avant de poser nos sac à dos là-bas, nous avons quelques étapes à faire.

 

En nous réveillant ce matin, Hanna nous explique qu’elle ne peut plus nous emmener à Duncan, la ville où nous voulions passer la nuit avant de partir pour Victoria, car elle a une urgence avec un chien. Elle a demandé à Franca si ça ne l’a dérangeait pas de nous emmener et celle-ci a gentiment accepté. Mais plutôt que de la faire rouler jusqu’à Duncan on a décidé avec Julie qu’elle nous déposerait au Market de Cassidy, car nous devions y faire de toute façon une pause. Pour le reste du trajet on se fera une session pouce levé.

Nous voilà donc en route pour Nanaimo, où Hanna nous a conseillé de nous arrêter pour faire une petite randonnée près de la baie. Nous entamons donc cette randonnée qui n’était pas trop longue et plutôt plaisante. Peu de temps avant d’arriver à la fin de la rando, les filles aperçoivent une petite figurine en plastique représentant un dinosaure posée là sur une branche proche du sol. Je la prends en photo trouvant l’idée plutôt drôle et me demande qui a bien pu s’amuser à la mettre là. Après avoir passé un peu de temps au bord de la mer, nous retournons sur nos pas pour retrouver la voiture et reprendre la route. C’est alors que j’aperçois à mon tour une autre figurine du même genre. Nous en rencontrerons comme ça sur une bonne partie du chemin. Décidément quelqu’un s’est bien amusé.

Nous voilà reparties pour Cassidy et la route se fait en quelques minutes. Franca nous dépose sur la parking du market, nous nous disons “au revoir” et la voilà repartie pour une bonne heure et quelques de route pour retourner à Fanny Bay. De notre côté nous retrouvons Grant et Melissa et leur sourires. Melissa m’apporte un sac plastique rempli de quelques affaires que j’avais oublié en partant, on ne parle que de deux t-shirts, un short et un pantalon… On ne se refait pas. Nous rencontrons les nouveaux wwoofeurs, un couple de mexicain et Melissa nous propose de manger avec eux pour ne pas repartir avec le ventre vide. Avant de repartir nous faisons de nouveau nos petits achats, quelques cookies pour ma part et un t-shirt aux couleurs de la ferme pour compléter ma collection avec celui de la Three Paws Farm. Le temps de dire de nouveau “au revoir” à Melissa et Grant et d’échanger quelques mots, nous nous positionnons sur le bord de la highway pour lever notre pouce.

C’est après 40 bonnes minutes que Wes s’est arrêté. Il habitait Victoria et avait accepté de nous déposer jusqu’à notre chambres d’hôtes aux alentours de Duncan. Au moment de partir il nous laissa son numéro pour quand nous arriverions à Victoria le lendemain, comme il ne travaillait pas, il nous proposait de nous nous faire un tour en ville. L’endroit où il nous avait déposé était tout de même assez éloigné de Duncan. C’était une espèce de ferme qui avait plus des allures de taudis. Les propriétaires des lieux étaient en train de se mettre en route pour passer quelques heures au bord de la rivière, et comme il n’y aurait personne pendant leur absence ils nous proposèrent de venir avec eux. Il était un couple d’une trentaine d’années et son frère à lui était là pour quelques jours. Après cette sortie nous sommes retournés à la ferme, c’est là qu’ils nous ont expliqué qu’il n’y avait plus de bus pour Duncan ce dimanche. On leur demanda comment ça allait se passer pour le repas du coup et ils nous expliquèrent qu’ils pouvaient nous faire à manger mais que dans ce cas nous devrions payer un supplément. Du coup on demanda s’il était possible de nous prêter les vélos pour aller dîner à Duncan, et là encore nous devions payer. Avec Julie nous avons décidé de prendre tout de même les vélos, même s’il y avait 12 km à faire jusqu’à Duncan, car nous n’aimions pas du tout l’ambiance chez eux, ni leur comportement vis à vis de l’argent. On avait bien compris depuis quelques heures que ce n’était pas de l’eau dans leurs gourdes ni seulement du tabac dans leurs cigarettes, et l’argent réclamé allait bien évidemment servir à se fournir.

Nous avons donc pris les vélos et sommes parties pour Duncan, au moment où il nous a demandé si on avait bien réglé nous avons répondu que oui, alors que nous n’avions réglé que la nuit, pas les vélos, avec un peu de chance ça passerait inaperçu et il ne gagnerait rien à nous prêter ses deux roues. Après quelques minutes de pédalage, nous nous sommes rendues compte que nous ne faisions que descendre dans la vallée et que par conséquent, le retour allait être très compliqué. Et ce fut effectivement le cas. Après être arrivées à Duncan, nous avons découvert une ville sans vie, car comme c’était le week-end du Canada Day, tous les commerces étaient fermés. Nous avons tout de même fait un petit tour dans la ville au 40 totems, avons mangé un bon burger dans un restaurant du centre-ville et nous nous sommes ensuite posées dans un parc où était organisé un petit concert gratuit. Nous sommes reparties pas trop tard car nous savions que le retour prendrait plus de temps que l’aller. Ca n’a pas été sans mal mais nous avons réussi à rentrer pas trop tard.

 

Cette nuit-là, ce fut la première fois que je n’étais pas complètement sereine dans ce pays pourtant si tranquille. Mais tout s’est bien terminé et le matin nous n’avons pas traîné pour repartir.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpc3p1X3ZLQVpXMm8

1er Juillet 2017, Happy Birthday Canada!

150 ans que le Canada est le Canada, et c’est aujourd’hui que ça se fête !

 

Pour la grande journée du Canada Day, Hanna nous a proposé de l’accompagner à la parade organisée dans la ville de Courtenay, elle nous proposa même de rester plus longtemps si nous le voulions, mais comme nous repartions le lendemain et qu’on devait finaliser quelques petites choses on préféra rentrer en même temps qu’elle.

La parade se déroulait dans la rue principale de la ville. Nous n’avons eu aucun mal à trouver une place pour la voiture tout près du lieu de passage. Et en y arrivant, là encore aucune difficulté pour voir la parade. Ce qu’il y a de bien au Canada c’est qu’ils ne sont pas aussi nombreux que chez nous, et il y a bien assez d’espace pour qu’il n’y ait aucun risque de se marcher sur les pieds, et c’est un ressenti constant, que l’on soit dans les grandes villes ou les plus petites.

La parade commença à 10h30, avec en premier lieu le défilé des véhicules des pompiers canadiens, des camions lustrés pour l’occasion. Ils avaient sorti pour l’occasion tous les camions, les plus récents mais aussi les anciens qui faisaient retentir les sirènes. On sentait une réelle fierté que ce soit chez les personnes qui défilaient ou chez le “public” qui les acclamait. Toutes les formations territoriales ont défilé, les secouristes en mer, en montagnes, tous les services de l’agglomération. Ce sont ensuite les “personnalités” qui ont défilé dans de magnifiques voitures anciennes, les vrais modèles américains de l’époque, qui nous plongent automatiquement dans une autre époque. C’est ensuite au tour des diverses associations, le théâtre, les associations sportives, de chants, de danse, de karting et tellement encore. Le temps que tout le monde défile, plus d’une heure s’était écoulée. Ce qui était surprenant pour nous, petites française, c’était de voir que l’essentiel des personnes qui défilaient pour les associations étaient des personnes âgées, qui montraient un enthousiasme communicatif. Ici les personnes plus âgées ne sont pas entassées dans des maisons de retraite, il existe des lieux où les aînés se retrouvent pour jouer aux cartes ou simplement pour partager un thé. On sentait également un réel sentiment patriote dans la célébration de cet événement, personne n’aurait loupé cette parade pour rien au monde.Toutes les personnes présentes étaient habillées aux couleurs du Canada, autant dire que nous faisions tâche dans le paysage. La parade terminée nous sommes retournées à la ferme pour déjeuner, puis travailler quelques heures.

Nous avons mangé très tôt ce soir-là car les festivités n’étaient pas terminées. Hanna nous avait également parlé d’une sorte de spectacle, toujours à Courtenay, qui retraçait par plusieurs petites présentations, l’histoire et les caractéristiques du Canada. L’entrée était gratuite et les organisateurs de la soirée distribuaient des petits drapeaux du Canada ainsi que des pin’s. Nous avons eu droit à toutes sortes de spectacles, essentiellement du chant et de la danse, il y avait des claquettes, des chorégraphies sur le thème du voyage, des danses des différents peuples qui habitaient à présent ce grand pays (Japon, Chine, premières nations, Inde, Irlande,…), un couple de tout jeune pioupiou qui dansait sur des chansons d’une autre époque et le spectacle final était une magnifique démonstration de grâce et de confiance que nous ont donné deux jeunes filles lors de leur présentation de danse aérienne sur tissu. Toutes les générations étaient représentées lors de ce spectacle et elles se mêlaient les unes aux autres. Le public était formidable, il applaudissait à chaque fin de représentation, encourageait lorsque c’était les plus jeunes qui passaient, c’était une ambiance festive et j’étais contente d’en faire partie.

Pendant le spectacle, j’ai eu comme un début de réponse aux questions qui m’accompagnent depuis maintenant quelques mois. Le fait de voir ces différents tableaux du pays, de voir à quel point la culture était riche car constituée elle-même de cultures venant de plusieurs endroits dans le monde, toutes ces mises en scène m’ont conforté dans mon envie d’en apprendre un peu plus sur le reste du monde. De voir comment on vit ailleurs, comment s’organise les vies de chacun et la vie plus communautaire, quelles sont les coutumes, les habitudes, quels sont les événements qui rassemblent, quels sont ceux qui divisent. Et je ne veux pas seulement l’apprendre dans un livre ni chercher l’information sur internet, je veux vivre ces cultures, je veux vivre à leur rythme, manger leurs plats, marcher dans leurs rues, leurs campagnes, je veux apprendre à les connaître. Et comme un écho à cette réflexion et à ce spectacle, j’aperçu en sortant du théâtre une fresque murale dans la rue d’en face mettant en avant la diversité.

Hanna nous ramena à la ferme et nous laissa ensuite la voiture pour aller voir le feux d’artifice de Parksville car Courtenay n’en avait pas prévu. Nous sommes donc parties toutes les trois avec Franca pour finaliser cette journée festive. Le feux d’artifice avait lieu au bord de la mer et le lieu de rendez-vous était déjà rempli par la foule lorsque nous sommes arrivées. Nous avons trouvé un petit coin où nous asseoir sur la plage et avons attendu patiemment que le spectacle commence. Après 20 minutes d’attentes nous apercevons en face de nous les premiers feux éclatés alors que la nuit n’est pas encore très sombre. Il ne durera pas très longtemps et ne sera pas à la hauteur de mes attentes. Moi qui aie toujours droit à de magnifiques feux d’artifices le jour de ma fête dans ma petite ville de campagne, je m’attendais à mieux de la part de cette ville canadienne plus conséquente et qui célébrait les 150 ans de ce magnifique pays. Mais les canadiens avaient l’air ravis et c’est tout ce qui compte.

 

Après cette longue journée, nous sommes rentrées tranquillement sur la route longeant la baie et je me suis endormie en repensant à toutes ces émotions et ambiances partagées au cours de cette journée.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpVTNpbXVmamk1NmM

Nos activités pour 15 jours à Fanny Bay

Tous les matins et tous les soirs nous avions notre routines, la matinée était occupée par les missions que nous donnait Hanna et l’après-midi c’était quartier-libre.

 

Nous avions une feuille sur laquelle était noté toutes nos tâches quotidiennes, nourrir les chats et les chiens, ouvrir aux poulettes et leur donner à manger et à boire, aller donner à manger aux lamas, c’était une check-list que nous suivions chaque jour. En plus de ces tâches, Hanna nous préparait tous les matins une liste de choses à faire dans le jardin ou aux alentours. Elle notait également les événements du jour, et nous faisait des propositions de balades et randonnées.

En générale les tâches étaient plutôt simples et ne nous prennaient que quelques heures dans la matinée. Il s’agissait de désherber son potager, couper les ronces dans l’enclos des alpacas, couper l’herbe, cueillir les fraises dans son jardin mais pas seulement. Une matinée nous sommes allées dans une autre ferme à 18 km de chez elle, cueillir des fraises pour faire des confitures. Le concept de cette ferme était que tu venais avec tes contenants et tu allais chercher toi-même les fruits et légumes dont tu avais besoin, et il ne restait ensuite plus qu’à payer à la sortie de la ferme. J’ai adoré cette mission car c’est un concept auquel j’avais pensé pour plus tard, et voir que ça se concrétisait et que ça fonctionnait très bien me confortait dans cette idée et m’encourageait aussi à ne pas laisser toutes ces anciennes idées de côté. Une des missions que nous n’avions pas forcément aimé faire était de tapisser tout le potager avec du copeau pour éviter les mauvaises herbes. On trouvait cette idée un peu inutile car le sol était déjà recouvert par une espèce de bâche noire qui avait déjà pour fonction d’éviter que les mauvaise herbes ne repoussent. Mais au bout de 3 jours nous avons réussi à finir cet ouvrage.

 

L’après-midi était donc libre et Hanna nous laissait même une voiture à disposition. Au cours de nos 15 jours de Wwoofing à Fanny Bay nous avons eu l’occasion de faire beaucoup de randonnées et découvrir cette belle région côtière.

 

Courtenay  :

Courtenay était la grande ville la plus proche de la ferme, elle se trouvait à une bonne vingtaine de kilomètres. Aux abords de la ville il y avait toutes les enseignes de supermarché et fast-food que l’on trouvait dans la plupart des villes de la région. Le centre ville n’était pas très grand mais il y a avait quelques petites boutiques sympas, certaines pour les touristes, d’autres spécialisées dans le sport ou la décoration. Nous y allions régulièrement, principalement pour faire des courses et lorsque nous allions au restaurant avec Hanna.

 

Journée à la découverte des chutes d’eau :

Peu de temps après notre arrivée à la ferme, un nouveau wwoofeur est arrivé, un allemand déjà venu mais qui ne restait que trois jours. Avec Julie, nous n’avons pas vraiment accroché avec le personnage, on trouvait qu’il profitait de la gentillesse d’Hanna, lui demandant régulièrement des sous pour aller acheter de la nourriture pour nous faire des repas vegan, de l’emmener à Nanaimo prendre son ferry, bref on ne l’aimait pas beaucoup, surtout quand il nous a parlé de faire de la mousse au chocolat sans oeufs et avec de l’avocat… oui oui de l’avocat, nous dire ça à nous françaises, pour qui la nourriture est sacré. La seule chose positive qu’il a apporté c’est sa connaissance de deux endroits magnifiques où se trouvaient des chutes d’eau. C’était impressionnant de voir l’écouler une telle quantité d’eau. Elle était d’ailleurs d’une clarté, on pouvait voir le fond de la rivière sans difficulté. Elle était également très froide. J’ai adoré me balader dans ces endroits pour découvrir ces chutes, l’eau reste un des éléments que je préfère, et particulièrement dans ce genre d’endroit car on sent une grande force quand on l’observe s’écouler et en même temps regarder et écouter toute cette masse en mouvement a aussi ce côté apaisant. Je pourrais observer l’eau pendant des heures sans me lasser.

 

Randonnée sur “Forbidden Plateau” :

Pour notre premier samedi à Fanny Bay, Hanna nous emmena au Mont Washington pour une randonnée sur Forbidden Plateau. En hiver c’était le lieu de prédilection pour les amoureux des sports d’hiver, en arrivant au parking on apercevait les pistes et les remontées mécaniques sur les flancs de la montagne. Il était possible de faire différents parcours plus ou moins long, on choisit de faire la plus petite car Hanna devait aller à son cours de chant avec Ruth dans l’après midi. Le randonnée était très agréable, le chemin très bien balisé, peu de dénivelé, il y avait un peu de neige à certains endroits malgré le soleil qui chauffait déjà bien en cette matinée. A mi-parcours nous arrivions à un lac magnifique, là encore d’une clarté incroyable, entouré par les montagnes. Nous nous sommes posés le temps de manger un encas et sommes repartis pour la suite de notre promenade. Un autre lac fit son apparition, puis sur la fin de la randonnée, comme au début, un paysage plat parsemé d’arbres et de végétation et parcouru par de nombreux petits cours d’eau. Au retour de la randonnée nous sommes passés par Courtenay pour déjeuner, Hanna nous a invité au restaurant, un japonais spécialisé dans les ramens pour mon plus grand bonheur.

 

Cathedrale grove et les chutes de Little Qualicum River :

Quelques jours après le départ du vegan allemand, nous avons été rejoints par une autre wwoofeuse, Franca, elle aussi allemande. C’était une fille agréable, au début un peu sur la réserve mais on a très vite sympathisé et avons partagé quelques fous rire, souvent à cause de mon anglais très aléatoire. L’une des premières ballades que nous avons faite toutes les trois était d’aller voir l’arbre le plus grand de l’île qui se situait sur la route 4 qui menait à Tofino. Il y avait un petit parcours dans la forêt de chaque côté de la route que nous avons fait. L’arbre était effectivement très grand, perdu au milieu des autres, s’il n’y avait pas eu d’indication nous n’aurions pas su que c’était celui-ci. De retour à la voiture, cette escapade n’avait pas pris beaucoup de temps, on décida donc de s’arrêter sur la route du retour pour aller voir des chutes d’eau, j’avais repéré à l’aller le panneau en bord de route. Il s’agissait des chutes de Little Qualicum River. Là encore un parcours agréable qui longeait le cours d’eau et donc les diverses chutes. Nous avions bien fait de nous arrêter.

 

Top Bridge and Englishman River :

Dans les bouquins de hikking qu’Hanna nous avait laissé, nous avions repéré avec Julie une longue randonnée de 14 km qui suivait le cours de la Englishman River et dont les photos laissait espérer une balade plutôt sympathique. Nous avons donc demandé à Hanna notre jour off le vendredi et avons également proposé à Franca de nous accompagner. Nous avons pris la route le matin pas trop tard pensant que la randonnée nous prendrait un bonne partie de la journée. Le début du parcours commençait directement au Top Bridge, un pont suspendu au dessus de la Englishman River. Il était beaucoup plus petit que celui que nous avions fait à Vancouver et il se balançait un peu plus aussi. Il y avait déjà quelques personnes dès le matin qui se promenaient aux alentours et certains s’étaient même installés au bord de la rivière en vue de s’y baigner. L’idée me plu aussi mais il était encore trop tôt pour ça, peut être au retour de la rando. On commença donc le parcours qui parfois longeait la rivière et parfois s’en éloignait. Nous avons croisé peu de personnes mais souvent accompagnés de leur compagnons à quatre pattes. Ce qu’il y avait de différent dans cette randonnée c’est que l’ambiance changeait au fur et à mesure que nous avancions. Ca commençait par de la forêt, puis comme un sorte de marais mais avec de l’eau toujours très clair, puis de nouveau la forêt mais cette fois-ci nous suivions un ruisseau, il y avait ensuite la plage qui longeait de nouveau la Englishman River et nous retournions pour finir dans la forêt de départ. Au cours de la randonnée, nous avons fait une première pause, on a profité du sable pour se poser et s’allonger quelques minutes. Et bien évidemment à la fin nous sommes retournées au Top Bridge pour profiter de l’eau et se rafraichir un peu. Pour une fois j’avais pensé à prendre mon maillot de bain, mais je ne suis pas allée dans l’eau tout de suite. D’abord parce qu’elle était vraiment froide et aussi à cause de cette retenue qui me vient de je ne sais où et qui me retient de me lancer pour faire certaine chose. Et puis après être restée assise au bord de l’eau à la regarder s’écouler je me suis dit “on va pas tarder à rentrer, on va quitter cet endroit si magnifique et tu te seras même pas baigné alors que tu en as envie depuis toute à l’heure, et comme toujours tu regretteras de pas t’être lancée”. J’ai donc enlevé mon short et mon t-shirt et après plusieurs hésitations je me suis lancée, ou plutôt je me suis jetée à l’eau. Julie m’a rejoint et même Franca. C’était un moment vraiment sympa, très joyeux et j’étais contente de m’être décidé.

 

Nous avons fait pleins d’autres balades, nous avons vu d’autres villes, mais ces expéditions étaient les plus marquantes pour moi. Nous avons eu de la chance d’avoir posé 15 jours nos sac à dos dans cette région de l’île, les paysages étaient magnifiques. Peu importe où se posait notre regard, nous avions soit une vue sur des montagnes imposantes soit une vue magnifique sur la baie. En fin de compte il suffisait d’ouvrir les yeux pour être dépaysée.

 

C’est par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUThJQTRsNmlLUG8

Notre arrivée à Fanny Bay, deuxième Wwoof !

C’est le moment de repartir vers la suite de cette aventure. Nous devons rejoindre Parksville, attraper un bus et prendre la direction de Buckley Bay où nous attends notre second Wwoof.

 

Nous partons donc de notre petite chambre avec une pluie fine pour nous accompagner. C’est un premier habitant de Ucluelet qui se propose de nous avancer jusqu’à l’intersection qui mène soit à notre destination, soit Tofino. Après 20 minutes d’attente, un couple d’allemand (encore) s’arrête et nous conduit jusqu’à notre destination, Parksville. Pour revenir sur notre expérience de “pouce levé”, dans l’ensemble ce sont souvent des gens du coin qui ont l’habitude des auto-stoppeurs soit des allemands en vacances qui s’arrêtaient. Les grosses et belles voitures ne s’arrêtent que très peu. Ce couple originaire d’Allemagne mais vivant en Australie, était venu en vacances au Canada. Ils avaient déjà passé quelques temps dans les Rocheuses et nous confirmèrent que c’était un spectacle magnifique. Ils nous racontèrent des anecdotes avec les animaux, dont les ours. Lorsque nous sommes arrivées à destination, ils nous ont fait cadeau de leur spray à ours. Oui oui c’est bien ça, un pshit-pshit anti-ours. C’est très rassurant, car il est extrêmement conseillé d’en avoir sur soi. Au moins maintenant on est équipé grâce à notre gentil couple allemand.

Petite pause déjeuné dans un de leur fast-food et nous voilà reparties vers notre arrêt de bus à 20 minutes à pied. Le lieu de l’arrêt de bus est complètement improbable, il est situé sur le parking d’un autre fast-food et manque de bol, le local où nous devions retirer notre billet est fermé. Il était indiqué sur leur site qu’il était ouvert le dimanche, mais la petite pancarte sur la porte nous informe du contraire. Nous allons donc croiser les doigts pour que le conducteur nous accepte tout de même dans son bus car sinon ça sera de nouveau une session “pouce levé”. Comme nous avons deux bonnes heures d’attente avant l’arrivée du bus nous repartons en direction d’un Tim Horton aperçu sur le chemin, un fast-food spécialisé dans le café. En y entrant, on a remarqué avec Julie qu’il y avait énormément de personnes “d’un certain âge” qui fréquentaient ce genre de lieu, les fast-food en général. Contrairement à ce qu’on voit en France où ce sont essentiellement des jeunes ou des familles. Connaissant la durée de l’attente, nous avons choisi de nous installer confortablement dans des fauteuils. Puis à 30 minutes du  départ du nous sommes retournées à l’arrêt. Mais nous aurions pu y rester plus longtemps dans ces fauteuils car le bus est arrivé avec 30 minutes de retard. Voici donc le moment fatidique pour savoir si notre attente en a value la peine ou si on aurait mieux fait de lever le pouce depuis 3 heures. Donc concrètement notre réservation faite la veille au soir n’avait pas eu le temps d’arriver dans leur “fichier” et nous avons dû payer de nouveau nos billets. L’arrangement était que le chauffeur attendait un retour de son collègue le temps du trajet jusqu’à Buckley Bay et qu’il nous remboursait si tout était ok. Et comme c’était bien le cas, il nous redonna nos sous à l’arrivée.

Entre temps nous avions prévenu Hanna, notre nouvelle logeuse pour 15 jours, de notre arrivée sur Buckley Bay car elle devait venir nous chercher à l’arrêt de bus. Nous n’avons eu un retour de sa part que 40 minutes plus tard, comme quoi elle venait nous chercher. Elle arriva très rapidement après son message. Elle était une femme d’une cinquantaine d’année. Elle nous amena donc à sa maison qui se trouvait à 800 m de l’arrêt de bus/station service. Nous arrivions enfin à destination après 10 heures de “voyage” pour un trajet qui n’en demanderait en temps normal que 3 heures tout au plus.

Au fur et à mesure qu’on avançait dans son allée, on apercevait la maison qui se dévoilait. C’était une grande maison sur trois niveaux, il y avait également plusieurs bâtiments qui entouraient la maison, une écurie qui servait de dépôt pour son association pour les chats, un grand garage, un local où se trouvaient les vélos, et deux petits bâtiments qui abritaient les poules, l’un pour celles qui serviraient plus tard de repas et un pour celles qui pondaient les oeufs. Le tout entouré d’un immense jardin, avec un petit potager bien garnis et un enclos pour les 6 alpagas (lamas). D’ailleurs, la première fois que je les ai vu je me suis retenue d’exploser de rire tellement leur allure était à mourir de rire. En entrant dans la maison, on fit la connaissance des autres petites bêtes : 3 chats et 3 chiens dont l’un était à Ruth, la soeur de Hanna. Tous les animaux avaient soit une maladie soit un problème physique, un oeil aveugle, une queue tordue, une patte en moins, des soucis d’articulation aux pattes arrières, mais leur point commun c’est que toutes ces petites bêtes sont adorables et ne demandent que des câlins.

Le temps de poser nos affaires et de nous montrer la maison, Hanna nous emmena dehors pour une petite balade histoire de faire le tour du propriétaire et de nous montrer les quelques gestes qui deviendront rapidement notre quotidien. Hanna nous expliqua tout ce qu’il fallait savoir pour la nourriture des animaux, elle nous expliqua également que tous les matins nous aurions une liste de choses à faire dans la journée et que lorsque c’était fini, nous faisions ce que nous voulions. Elle nous laissait une voiture à disposition et avait préparé tout un tas de dépliants sur les activités du coin.

 

Ce second Wwoof s’annonçait bien différent du premier et tout aussi intéressant, c’était une organisation différente, un mode de vie différent également. Et le lendemain nous en aurions un premier aperçu.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpM2ktR1ltY2szUlk 

Ucluelet et Tofino : chez les authentiques, les bobos et les surfeurs

Il n’y aurait pas grand chose à raconter pour la journée du jeudi, nous n’avons pratiquement rien fait. Les deux jours qui ont suivis étaient un peu plus actifs.

 

Nous avons donc passé notre première journée de week-end prolongé à ne rien faire, juste à rester tranquillement dans notre belle chambre, il pleuvait des cordes c’était donc propice au repos complet. Nous nous sommes seulement décidé à sortir en fin de journée car on entendait un lion de mer qui n’avait pas l’air très loin. Et nous avons bien fait car il était effectivement à quelques pas de notre chambre. Il était à la surface de l’eau dans une position assez particulière, comme s’il prenait le soleil qui était pour le coup inexistant. Ce fut notre seule activité de la journée avec un petit aller-retour sur la côte.

 

Le lendemain, comme le temps devait être plus agréable nous avions décidé de rejoindre Tofino à 38 km de Ucluelet. Même système de locomotion que le mercredi, on a levé le pouce en attendant de voir quelqu’un s’arrêter. Arrivées au bout de la ville à pied et après quelques minutes d’attente, une dame s’est arrêtée et nous a avancé de quelques kilomètres. Elle nous expliquait que Tofino était surtout peuplé de bobos à la canadienne, les citadins qui viennent passer leur week-end en bord de mer, elle les a appelé les “yuppies”. Nous avons ensuite fait la fin du trajet avec un couple allemand qui se rendait également à Tofino, en même temps c’était la seule route.

Tofino est une ville plutôt agréable, on voit tout de suite qu’elle est plus touristique que Ucluelet. Il y a plus de magasins, de restaurants, la ville est plus attrayante, les bâtiments ont l’air plus récents ou en tout cas plus entretenus. Une vraie petite ville de vacanciers. Nous avions prévu de nous programmer une session Kayak mais la température nous fit changer d’avis. On a du coup plutôt opté pour l’attraction touristique phare des villes côtières, l’observation des baleines. Nous avons fait une réservation avec Jamie’s, entreprise spécialisée depuis plusieurs années et qui garantit de voir au moins des baleines grises. En attendant notre départ, on est retourné dans le centre de la ville pour grignoter un morceau et acheter notre cachet pour éviter les nausés… ça serait dommage de ne pas profiter du spectacle sur leur super zodiac. De retour à Jamie’s pour l’embarquement nous enfilons nos magnifiques combinaisons et c’est parti pour 2h15 de bateau. La balade était sympa, les paysages vraiment différents que ce qu’on peut voir par chez nous. Après pour ce qui concerne les baleines, oui nous en avons vu, surtout leur dos et leur geysers, mais pas plus. Il y avait une petite déception car forcément quand on voit leur brochure on se dit qu’on va voir les mêmes choses mais ce n’est pas tout les jours que ça arrive. Après se dire qu’on a pu en approcher ou du moins se trouver à proximité de baleines restait une expérience plaisante et peu commune. Nous avions fait notre attraction touristique de la journée. Nous avons ensuite fait un tour dans la ville avant de prendre la direction des plages. La carte que nous avions prise à l’office de tourismes indiquait qu’elles n’étaient pas loin. Après 20 minutes de marche on s’est aperçu qu’elle n’était pas vraiment à l’échelle et nous avions encore une bonne distance à parcourir. Autant dire que lorsqu’on a pu marcher sur le sable c’était la libération. La plage était vraiment belle, là encore un paysage que nous n’avons pas l’habitude de voir. Il y avait tout du long un camping et d’autres sites d’hébergement plutôt atypiques qui avait l’air assez confortable. Nous n’avons pas pu y passer beaucoup de temps car il était déjà bientôt 19h et nous devions trouver une âme charitable pour nous ramener en stop. La première âme était un surfeur et la seconde une habitante de Ucluelet qui habitait en fin de compte juste à côté de notre chambre.

 

Le samedi nous avions prévu de faire la randonnée de Ucluelet, le “Wild Pacific Trail”, environ 8km, avec une partie loupe pour rejoindre le phare de la ville, qui n’est pour le coup pas aussi beau que les phares français, puis la randonné continuait tout le long de la côte jusqu’à l’autre bout de la ville, même un peu plus loin. C’était une randonnée magnifique, le beau temps était de la partie, sauf sur la fin lorsqu’on était sur le retour. Un chemin balisé, bien entretenu, qui mettait nos jambes à l’épreuve mais très largement faisable. Nous avons terminé la rando en rentrant par la route ne voulant pas revenir sur nos pas. Et nous avons bien fait car nous sommes tombées sur une petite boutique très sympa. La randonnée nous avait là encore offert de beaux spectacles. De retour à la chambre, nous faisions nos dernières lessives à la main, et préparions notre package pour le retour vers la côte Est et notre second Wwoofing.

 

Cette côte Ouest vaut le détour, lieu de prédilection des surfeurs, ces deux villes font parties des incontournables de l’île de Vancouver et maintenant nous savons pourquoi. Avec une météo plus clémente, nous aurions pu en voir plus mais nous en avions vu déjà assez pour comprendre la hausse de fréquentation à la belle saison.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpNnNiLTVSUnFoZzQ 

En route pour un week-end prolongé sur la cote Ouest de l’ile de Vancouver

Nous sommes le mercredi 14 juin et aujourd’hui nous devons dire au revoir à notre première famille d’accueil. Hier soir, Julie et Isa nous ont préparé un dîner à la française histoire de les remercier. Je les aurais bien aidé mais j’en avais pas trop envie, j’ai préféré les regarder faire.

 

Ce dernier repas était un moment vraiment très agréable, c’était le seul dîner que nous faisions tous ensemble. On avait fermé le market pile à l’heure avec même un peu d’avance et à 20h30 on était tous à table. Au menu c’était tarte salé à la française, mais ils sont tout de suite partis sur l’idée que c’était des quiches, puis un dessert multiple en petites portions : mousse au chocolat, panna cotta avec un coulis de fraise du jardin et petite feuille de menthe pour la déco (mon idée haha et ma maigre contribution à la préparation de l’événement), et tarte aux pommes à la française également. Ils se sont régalés! Ou ont menti pour nous le faire croire…  On avait en musique de fond une playliste “française” donc concrètement de l’accordéon histoire d’être à fond dans le cliché et Grant nous avait laissé prendre un verre de vin de sa confection. C’était une soirée très chouette, pleine de fou rire et de bonne humeur.

Le lendemain matin, nous sommes parties à pied au market avec Jeannine pour récupérer la voiture et acheter quelques petites douceurs pour les jours à venir. Melissa nous a fait cadeau de deux loafs, autant dire qu’on était ravie et nos kilos en trop aussi. Le moment des au revoir était venu, et au Canada on ne se fait pas la bise mais un “hug”, donc session câlins pour tout le monde. Un dernier coucou à Isa à travers la vitre et nous voilà en route pour Nanaimo où notre bus pour Parksville nous attend.

Arrivées à Parksville les choses sérieuses allaient commencer. L’idée pour nous était de rejoindre la côte Ouest de l’île, à Ucluelet, où notre chambre d’hôtes nous attendait pour 4 nuits. On s’était prévu un week-end repos et balade en bord de mer dans les deux villes les plus connues, notre point de chute et Tofino. Sauf que pour y aller on avait encore 147 km à faire soit deux heures de trajet en voiture sur la seule et unique route qui desservait ces villes. Et comme nous n’avions pas envie de payer 75$ de bus pour nous y rendre on avait opté pour l’auto-stop. C’est normalement en lisant ces lignes que les parents s’inquiètent et d’autres personnes dont les noms me suivent immédiatement à l’esprit.

Et bien tout s’est bien passé! Trop bien même. A Parksville, sur la route que nous avait indiqué la conductrice du bus, nous n’avions même pas fait trois mètres et pas encore levé le pouce qu’une femme s’arrêta. Elle nous déposa 50 km plus loin à Port Alberni. Ca nous avait déjà bien avancé. On marcha pendant 30 minutes pour rejoindre un lieu plus propice au “hichhiking”. On leva notre pouce et trois voitures plus tard un homme d’une cinquantaine d’année s’arrêta à son tour. Il nous expliqua que l’endroit n’était pas assez bien situé pour le stop et nous déposa 10 km plus loin. Le temps de descendre de la voiture et de relever le pouce et une troisième et dernière personne s’arrêta. C’était une jeune allemande, également en road trip pour quelques jours. Elle allait justement à Ucluelet, ce qui était parfait pour nous. De manière générale les gens étaient plutôt curieux et toujours très enthousiastes quand on leur disait qu’on venait de France. Enfin quand Julie le disait car je m’installais toujours à l’arrière et Julie devant pour faire la conversation au besoin. Il faut dire aussi qu’avec nos gros sacs à dos, on attirait un peu l’attention. Les gens étaient plutôt compatissants ou alors avaient un peu pitié de nous, au choix. En tout cas ils étaient souvent impressionnés de voir deux filles se lancer dans un trip de 3 mois au Canada. C’est quand on leur parlait de notre envie de faire la côte Est à vélo qu’ils commençaient à nous prendre pour des folles. Du coup le fait qu’ils nous disent ça nous donnait encore plus envie de le faire, peut être aussi par pur esprit de contradiction. Mais dans l’ensemble ils étaient tout de même admiratifs.

Après quelques heures de trajet et une petite sieste à l’arrière de la voiture, on arriva à Ucluelet. Notre chambre d’hôtes était plutôt bien située et bien aménagée. Une belle chambre dans les tons bleu, avec une salle de bain avec baignoire et une petite pièce pour ranger nos affaire. La porte était une petite baie vitrée avec une vue qui donnait sur la mer. Elle est devenue encore plus agréable lorsqu’un couple de bambi est venu nous faire coucou et que le soir venu on a pu entendre les lions de mer qui s’étaient installés un peu plus bas.

 

Le temps de faire quelques courses et de se faire couler un bon bain et nous pouvions enfin profiter de ces quelques jours de repos qui nous attendaient.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpQ1I2U29ZeVNyWEE 

Cassidy Farm : nos deux jours « off »

Chaque semaine nous avions droit à deux jours off, de repos. On avait donc décidé avec Julie d’en profiter pour aller visiter les deux “vraies” villes Ladysmith et Nanaimo proche de nous, de réserver notre prochains hébergements et de se reposer.

 

Le mercredi matin, Jeannine nous déposa à Ladysmith la ville la plus proche au sud. Elle nous avait expliqué que la ville était plus petite que Nanaimo mais aussi plus sympa. En plus il y a avait une randonnée à faire et le temps devait se gâter le lendemain alors autant y aller ce jour là. La randonné faisait une boucle et à mi-parcours un sentier menait à un lac, le “heart lake”. On commença donc la randonnée tranquillement, il n’y avait pas vraiment de relief pour le moment, le sentier était bien défini et le paysage plutôt agréable, celui du Canada, c’est à dire de la végétation bien présente avec des arbres gigantesque et toujours un cours d’eau qui s’écoule tranquillement entre les rochers formant de petites cascades. Nous arrivons à un panneau nous indiquant le sentier pour rejoindre le fameux lac. Le sentier en question était beaucoup moins bien défini et surtout le relief n’avait rien de comparable avec le chemin sur lequel nous marchions depuis quelques temps. C’était une montée avec un dénivelé important. En fait à chaque pas nous prenions de la hauteur. Nous avons bien marché pendant une heure de cette façon, on n’en voyait pas le bout, c’était interminable. Mais la récompense fut de taille. Après avoir passé quelques gros rochers, on aperçu le lac qui s’étendait au loin. C’était magnifique, nous étions seules à contempler ce spectacle, personne à l’horizon, c’était parfaitement calme et tranquille. On profita de l’endroit pour se poser et pique-niquer les sandwichs que Melissa nous avait préparé. On croisa tout de même une femme et son chien qui étaient venus se défouler un peu. Nous sommes reparties un peu plus tard sur nos pas pour retrouver le sentier initial, la descente parut encore plus longue que la montée. La fin de la randonné manquait un peu de charme comparé au début. Elle se terminait à l’autre bout de la ville et la plage que nous voulions rejoindre pour profiter un peu du soleil était à l’extrémité. Plutôt que de longer la highway, on décida de descendre en bord de mer et de longer la côte. On arriva sur une plage de galet et aperçu au loin la plage qui était en fin de compte plutôt un parc en bord de mer. On marcha donc plusieurs minutes sur ces galets avant de pouvoir atteindre notre but qui ne se rapprochait pas assez vite. Mais nous y sommes arrivées et on s’est enfin allongées dans l’herbe. Après une petite sieste, on s’est fait réveillées par une pluie fine qui nous a obligé à rejoindre le centre ville. Après avoir parcouru la rue principale, nous avons prévenu Jeannine pour qu’elle vienne nous récupérer comme c’était convenu et quelques minutes plus tard nous étions de retour à la ferme.

Le jour suivant le temps ne nous a pas permis de beaucoup sortir, il a plu une bonne partie de la journée. Comme prévu on a donc organisé la suite du voyage sur la côte Ouest de l’île et à Victoria. En fin de journée, Melissa était revenue à la ferme et nous avait proposé de nous déposer quelque part car elle avait des courses à faire. Je n’avais pas bien compris la destination, je pensais qu’elle pouvait nous déposer à la ferme des chèvres pas très loin de la nôtre alors qu’en fait pas du tout c’était pour aller à Nanaimo… Nous voilà donc dans la ville pour 3 heures et n’avions absolument rien préparé, pas d’itinéraire, pas de lieu d’intérêt. On se promena donc tout simplement le long des quais et dans les rues principales. Il n’y avait pas grand chose à voir, à part se faire pchiter du produit à vitre par une femme un peu dérangée tout en nous proposant gentiment  d’aller nous faire foutre et trouver des bouquins dans une petite boutique du centre ville, nous n’avons pas fait grand chose. Nous avons rejoint Melissa au point de rendez-vous prévu et sommes rentrées tranquillement à Cassidy pour ne plus rien faire de notre journée.

 

Les deux jours suivants c’était au tour de nos collègues de prendre leur jours off et nous serions donc que toutes les deux à travailler.

 

Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpYmJnZ3hQZUhrazQ 

Cassidy Farm, après 16h c’est quartier-libre!

A partir de 16h, après nos 6h de travail journalières, nous avions du temps libre jusqu’à l’heure du dîner c’est à dire 19h15. On en profitait donc pour aller se balader en dehors de la ferme.

 

La ferme se situe dans un coin plutôt perdu. Cassidy c’est à mis chemin entre le quartier et une petite ville. C’est situé en proche de la “highway”, un genre d’autoroute à la canadienne, avec pratiquement aucun supermarché, pas de commerce, juste un pub et une supérette où tout est trop chère. Même s’il n’y avait pas grand chose aux alentours nous en profitions le plus souvent possible pour partir un peu de la ferme.

Notre première sortie avec Julie consistait à aller voir la rivière dont nous avait parlé Melissa, elle nous avait indiqué le chemin en nous expliquant rapidement comment nous y rendre. Mais pour arriver à cette rivière nous n’avons pas tout de suite pris le bon chemin, nous l’avons trouvé à la troisième tentative. L’endroit n’avait rien de particulier mais restait agréable, assez pour se poser et commencer à réfléchir à nos futurs projets sur l’île de Vancouver.

Notre second excursion était également à la rivière mais avec Isabelle cette fois-ci, notre nouvelle camarade frenchie arrivée quelques jours après nous. Grant et Melissa nous avaient indiqué un autre endroit pour se rendre à la rivière. Mais pour cela il fallait marcher le long de la highway… Cette idée ne rassurait pas trop Isabelle, “mère prudence” comme elle s’était  appelée à cette occasion, mais nous n’avions pas trop le choix, et puis Melissa nous a dit que c’était “safe”… Nous voilà donc parties le long de cette route à grande vitesse. Elles sont bien différentes de chez nous car première distinction, elles ont des feux tricolores à certains endroits. Après avoir marché une bonne distance, avoir rencontré une chaise sur notre route et donc avoir faire une séance photo avec, nous arrivons à un bois et un sentier qui nous mène tout droit à la rivière. Le lieu est plus sympa que la première fois mais sans rien d’exceptionnel non plus. Nous marchons un peu le long de la rivière, Isa nous fait une démonstration de ricochet, avec Julie nous essayons de l’imiter, sans grand succès. On se pose quelques minutes, parlons de tout et rien, rigolons de certaines situations et repartons sur nos pars pour retourner au market, c’est bientôt l’heure du dîner.

Notre troisième excursion était plutôt sportive. Julie souhaitait voir de gros animaux et Jeannine nous avait expliqué qu’il y avait une ferme de bisons pas très loin. Comme elle se situait à 7 km et qu’il n’y avait pas vraiment beaucoup de choix dans les trajets pour nous y rendre, on avait décidé d’y aller en vélo. On a donc emprunté ceux de la ferme en vérifiant au préalable leur état de fonctionnement. Mise à part qu’on ne pouvait pas changer les plateaux, ils roulaient à peu près. Nous voilà donc parties à trois pour cette fameuse ferme. Nous roulions parfois sur la route, parfois sur un chemin de cailloux et tout le trajet était fait de montées interminables et descentes libératrices. Après 45 minutes de pédalage dont quelques minutes sur le mauvais chemin par ma faute, nous arrivons enfin à la ferme, qui est fermé jusqu’au 19 juin. Dommage. Nous arrivons tout de même à apercevoir un bison, seul perdu dans son pré, presque caché derrière des arbres. On apprendra plus tard dans la journée par la propriétaire des lieux qu’ils en ont 110, donc concrètement on en a juste loupé 109. Nous prenons la route pour repartir mais cette fois via un autre itinéraire, que de la route bien lisse. Sauf que c’est à ce moment là que le seul frein qui fonctionnait encore sur le vélo d’Isa lâche. C’est pas comme-ci la route qu’on avait choisi de prendre n’était qu’une longue descente. La seule solution qui nous permettait de rentrer plus rapidement était, comme l’avait suggéré Isa, d’aller chercher le truck de Grant et de revenir la recherche elle et son vélo. Je commençais donc à pédaler le plus vite possible pour ne pas perdre trop de temps, j’avais 7 km à faire avec un petit passage sur la  highway. Heureusement c’était pratiquement qu’en descente je suis donc vite arrivée au market. Le temps d’essayer d’expliquer à Grant la situation (petit rappel, mon anglais ne vaut pas grand chose) et de lui demander ses clés et j’étais repartie. Les filles avaient déjà parcouru une bonne distance lorsque j’arrivais à leur hauteur. Toutes les trois dans le pick-up, les vélos à l’arrière, on retournait au market. En arrivant on apercevait déjà Grant et Melissa avec un grand sourire. Isa leur raconta l’épisode sportif comme elle sait si bien le faire et ça les a bien fait rire, nous aussi d’ailleurs. C’était notre première petite galère, mais c’est aussi ce qui donne du piquant aux aventures et de bons souvenirs.

Notre dernière petite excursion consistait à aller boire un verre au pub de Cassidy. C’était un dimanche, il y avait un peu de monde et on décida de s’installer toutes les trois dehors pour profiter du soleil. On profita de ce moment pour discuter de nos programmes, sur l’île, dans les Rocheuses. On parla aussi de nos envies de voyages, des raisons qui nous avaient poussées à partir, de ce qu’on était venue chercher, de pleins de choses plus ou moins sérieuse.

 

C’était un moment agréable entre frenchies, quelques jours avant notre départ.

 

Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpaGpueDVvMEZzaFk

Séjour en Wwoof à Cassidy Farm

Pour notre premier jour de travail le réveil fut compliqué, les suivants également car mine de rien, même si ce n’était que 6 heures de travail par jour ça fatigue pas mal de travailler dans une ferme, mais ça je le savais déjà.  

 

Nous devions commencer par apprendre à ouvrir et fermer le magasin afin d’être rapidement autonomes pour pouvoir les aider efficacement dans cette tâche. On ouvrait donc le magasin tous ensemble les deux premiers jours. Pour cette mission, il s’agissait de rentrer ou de sortir de la chambre froide tous les produits frais, les gâteaux, cookies et autres délices cuisinés par Melissa ainsi que les fruits et les légumes, les mettre en place ou les enlever des présentoirs qu’il fallait eux-mêmes mettre en place, vérifier les dates de fin de consommation, trier les fruits et légumes, alimenter le frigo des boissons, allumer ou éteindre les lumières,… bref tout pleins de petites tâches que nous nous partagions. Par la suite nous n’étions plus que 2 ou 3 à ouvrir et le soir c’était au tour des autres de fermer. Si on ouvrait, bien souvent nous aidions Melissa dans la préparation des gâteaux, soit en coupant la rhubarbe, en pelant les pommes, en collant les étiquettes sur les produits fraîchement sortis du congélateur et qui iraient trouver leur place sur les présentoirs, ou encore en préparant les plats pour la préparation des “pies”. Lorsque  nous étions de fermeture, il suffisait de tout ranger et de fermer les portes en vissant les cales pour bien sécuriser les lieux, autant dire qu’à la fin de ce séjour j’étais devenue une pro de la visseuse. Le petit plus du soir c’était la glace que nous proposait parfois Grant.

J’adorais ce petit magasin en bord de route, il ne payait pas de mine au premier coup d’oeil mais il offrait aux gens des produits fraîchement récoltés du jardin et des mets succulents, l’ambiance était également très agréable, c’était un lieu chaleureux.

Pour la partie travail à la ferme les tâches étaient très variées, quoique pas vraiment les premiers jours, les fraises nous ont occupées de longues heures. Il fallait transférer les pieds de fraises dans des pots plus grands, et donc faire des mélanges de terre et engrais qui pue mais pas trop quand même, puis aller positionner les nouveaux pots sur des tables bâchées pour la récupération de l’eau de pluie. Sauf qu’il y avait 1000 pieds à rempoter et au total 2000 qui recouvraient ces tables. Il y avait tellement de pieds que nous avons dû mettre en place de nouvelles tables, fabriquer les encadrements, découper les bâches. Au total cela a dû nous prendre 3½ de nous occuper de tout ça, à 5 wwoofeuses.

Nous avons également déconstruit puis reconstruit un enclos pour les deux nouvelles petites chèvres, tâches qui nous a pris une petite journée à 3. Sinon le désherbage, tondre la pelouse, remplir des brouettes de terre, le rempotage de plusieurs plantes (basilic, herbes culinaires en tout genre et arbres), l’entretien des fleurs de Melissa, l’arrosage de tout ce petit monde, toutes ces activités rythmaient nos journées.

J’ai failli oublier l’une des activités les plus importantes, faire l’abeille. Et bien oui, on y pense pas tout de suite, mais pour les pieds de tomates qui se trouvaient sous les serres (“greenhouse”) il fallait faire nous même le travail des abeilles (et autres insectes pollinisateurs du genre) qui ne peuvent pas entrer dans les serres et donc polliniser pour permettre aux petites fleurs de devenir de belles tomates. Pour cela nous étions armées de brosse à dents électriques, que nous posions sur le dessus des branches où étaient les fleurs, ce qui faisait vibrer la branche et donc tomber le pollen. Ingénieux. Nous étions donc les bees de la ferme, et Grant s’amusait à nous donner des surnoms, le mien “Camibee”. Pour ma part c’était marrant de faire le travail que mes travailleuses faisaient habituellement. Amusant, ça l’était surtout au début quand on voit le pollen tomber et puis ça devient vite étouffant comme ambiance car sous la serre il fait vite chaud, c’est un peu le principe. Comme disait Grant “free sauna”.
Dans l’ensemble nos journées de travail étaient bien remplies, nous avions toujours quelques choses à faire, des bacs à désherber, transplanter, donc pas le temps de s’ennuyer. Grant nous donnait nos directives, nous expliquait au besoin la marche à suivre, il nous faisait confiance, il m’a d’ailleurs laissé conduire son “truck”, ou pick-up, presque un rêve qui se réalise, conduire un vrai pick-up américain. Mais ne nous emballons pas ce n’est pas le plus gros qu’on ait vu.

 

Pour une première expérience wwoofing c’était vraiment bien. J’ai bien accrochée avec ce concept, car même si c’est du travail, on a plus l’impression de rendre service que de vraiment travailler. La contrepartie n’est pas un salaire mais le gîte et le couvert. Ca donne l’opportunité de rencontrer des locaux, des étrangers également (les autres wwoofeurs) et de voir comment la vie se passe dans ce petit bout du monde. Ca promet pour la suite.
Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUEFRb1FlNzNzZTA