Ça y est la frontière est passée, je fais mes premiers pas sur ce nouveau territoire. Concrètement rien n’a vraiment changé, et je ne m’attendais pas à des changements très flagrants au niveau de la frontière. Bien évidemment le grand changement c’est la langue et dès le premier jour le mot “bonjour” sonne à mon oreille comme la plus belle façon de saluer. Ici on dit “Sabaidi” et on met l’accent sur la dernière syllabe, on la prolonge bien. Ce qui est bien avec ce petit mot, c’est que même si tu n’es pas de très bonne humeur, le ton reste toujours le même, plutôt enjoué, donc tous les jours ne peuvent être que bons.
Avec mes 3 compagnons temporaires, nous rejoignons un petit van, et demandons s’il on peut nous emmener jusqu’au bateau pour les 4000 îles, car normalement tout le trajet est inclus avec notre ticket. Nous prenons place dans l’auto et partons direction le “port”. On demande quel bateau prendre et au final il suffit de monter à bord de celui qui se décidera à partir. Là encore on prend place dans un genre de pagode grand format. Deux autres couples nous accompagnent, des français et des belges, déjà entourée de francophones. Le trajet se fait rapidement, comme son nom l’indique, les 4000 îles est un regroupement de plusieurs petites îles dans le Mékong, c’est devenu un passage presque systématique pour les voyageurs. L’endroit a plusieurs avantages, c’est un cadre magnifique, il y a plusieurs activités possible, et c’est l’endroit parfait pour se reposer lorsqu’on est en transit entre les différents pays limitrophes. J’ai choisi l’île de Don Det car elle est généralement conseillée, et puis elle était reliée à une seconde île ce qui me permettait d’avoir plus de surface à explorer. En arrivant je découvre un petit havre de paix, une ambiance qui me plait, ce genre d’endroit où il fait bon de ne rien faire, de se laisser porter par ce qui se passe, faire un arrêt dans le temps. L’île était plutôt en longueur, il n’y avait qu’une seule route, chemin, sentier, sa définition changeait selon l’endroit où on se trouvait, qui faisait tout le tour. Nous nous sommes tous séparés allant à la recherche de notre hébergement respectif. Il y avait de chaque coté de la route, tantôt des magasins, tantôt des guesthouses ou des restaurants/bars. Les bâtiments étaient tous différents mais dégageaient la même chose, cette possibilité de détente. Pour la plupart des restaurants, le mobilier était en petit format, style asiatique pur, j’adorais cette idée et savais très bien où j’allais passer ma soirée.
L’île n’était pas très grande, mais la faire à pied avec mon backpack sur le dos rendait le trajet long. En arrivant à l’endroit où j’avais réservé je n’ai trouvé personne, juste un monsieur qui habitait en face et qui m’a fait comprendre qu’il n’y avait personne pour le moment. Le poids de mon sac à dos ne m’a pas permis de tester ma patience, je suis directement allée voir plus loin. A quelques mètres il y avait une auberge de jeunesse qui prenait 2,5€ la nuit c’était parfait et suffisant. J’ai posé mon sac, loué un vélo et suis partie à la découverte de cette petite île. j’ai seulement fait tout le tour histoire de repérer quelques coins et pour finir cette journée qui était déjà bien entamée, je me suis installée dans un de ces restaurants au bord du Mékong, avec de préférence une vue imprenable sur le couché du soleil. J’étais parfaitement bien ici, le cadre était parfait, la solitude ne me pesait absolument pas, je vivais selon mon propre rythme et mes envies, et surtout j’allais bientôt pouvoir gouter les plats laotiens. Je savais déjà que ce n’était pas le pays le plus réputé pour la gastronomie, mais j’avais tout de même hâte de découvrir comment on mangeait ici. Sans hésitation, en plus d’un plat j’ai pris une portion de sticky rice, ce riz gluant si connu. J’ai adoré! Déjà à partir du moment où tu peux manger avec les doigts ça ne peut être que bon, mais ce sticky rice, ça a été la découverte culinaire de ces premiers jours.
Pour mon second et dernier jour sur l’île j’ai de nouveau loué un vélo et suis directement partie sur la seconde île, Don Khon, celle reliée par un pont, elle était plus grande et on pouvait y voir des chutes d’eau. J’ai tout de suite pris la direction pour les voir, et j’ai bien fait car j’étais la seule dans cet espèce aménagé pour les touristes. Cette solitude n’a durée que quelques minutes car déjà les premiers arrivages de touristes chinois avaient débutés. Je pris la direction opposée, histoire de prolonger mon moment de tranquilité et d’avoir un autre point de vue sur les chutes. Elles étaient vraiment belles, l’eau du Mékong s’était frayé plusieurs chemins entre les formations rocheuses et sur la fin, l’eau traversait comme une sorte de canyon. C’était plutôt impressionnant à voir, même si celles découvertes au Canada restent pour moi les plus folles. Je suis ensuite partie pédaler un peu partout sur l’île dans trop savoir ce que j’allais trouver. Pour le coup pas grand chose, mais l’endroit se suffisait tellement à lui-même.
Je n’ai rien fait de particulier ce jour là, juste un peu de vélo. En me promenant dans la ville, j’ai pu voir tout le monde se préparer pour le réveillon. Et oui ce soir là c’était le réveillon de noël, même si le soleil brille et que je suis dans un décor de rêve. J’ai troqué guirlandes, repas de fête et cadeaux au pied du sapin, pour un tout autre cadeau.
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