Nous nous réveillons tranquillement avec la lumière du jour, et lorsque que je tourne la tête vers la fenêtre, c’est une vue imprenable sur les montagnes qui s’offre à moi.
Dès la première journée on s’est mis dans le bain de notre travail quotidien. Cette petite ferme comptait quelques animaux, des chèvres, des poulets (oeufs et viande), un cheval (Johnny) et un chien, Baloo. Il fallait donner à manger à tout ce petit monde et j’avais rapidement pris le parti de nourrir les chèvres et Johnny matin et soir. Il y avait également la traite à faire matin et soir, ça c’était plutôt la partie de Julie, mais je le faisais de temps en temps. Gaby appelait le lieu de la traite son bureau, c’était très bien aménagé et organisé. En début d’après-midi, il fallait également emmener les chèvres dans un pré un peu plus loin pour qu’elles puissent manger de l’herbe et du coup faire plus de lait.
En générale le reste de la journée s’organisait au rythme des demandes de Gaby, Dave donnait son avis et s’exécutait. Gaby faisait essentiellement les traites car sa maladie la fatiguait beaucoup. Bien souvent ils ne savaient pas comment organiser la journée et ne s’accordaient pas sur les tâches à faire, du coup c’était assez marrant de les voir débattre sur le sujet, mais au final c’était souvent Gaby qui avait le dernier mot. Au bout de trois jours, ils ont compris que nous aimions bien savoir comment s’organisaient nos journées, car si ça n’était pas le cas on pouvait facilement travailler un bon nombre d’heures, mais jamais non plus au point d’en faire trop.
Concernant les différentes tâches que l’on a pu faire, nous désherbions régulièrement le potager, nous ramassions aussi les fraises et les framboises régulièrement, nous avons également coupé beaucoup de bois, de quoi leur permettre de tenir tout l’hiver, et chez eux ça dure très longtemps, on a du remplir au moins 6 ou 7 fois l’arrière de pick-up, ce qui était plutôt pas mal, mais pas encore suffisant d’après Dave. Heureusement nous avions une machine à pression hydraulique à disposition, prêtée par un voisin, qui fendait les rondins que Dave tronçonnait. Nous devions tout de même remplir le truck et le vider à tous les trajets. Nous sommes également allées cueillir des baies dans la montagne ce qui a donné lieu à une aventure comme disait Dave. Une des grosses missions du séjour était aussi de tuer tous les meat bird, la volaille à viande, en tout ça faisait 27 poulets. Ce n’était pas une surprise, ils nous l’ont annoncé dès le premier jour, car à plusieurs c’était plus rapide. C’était une expérience pas forcément amusante mais tout de même intéressante, car au delà de seulement tuer le poulet, il fallait aussi le déplumer et le vider pour pouvoir le conserver par la suite.
Les premiers jours nous travaillons quelques heures par jours réparties un peu n’importe comment dû à la présence des suisses. Mais pendant leur absences nous en faisions un maximum le matin pour avoir des après-midi moins chargés. Le rythme était plutôt plaisant, on était absolument pas surveillées sur les heures et notre travail était toujours apprécié. Les seuls horaires fixes étaient ceux des repas des animaux, on se levait tous les jours à 8h, petit café, traite pour Julie, nourriture pour moi ensuite, et le soir vers 17h45 on recommençait la routine du matin.
La présence ou l’absence de nos amis suisses modifiait le restant de la journée. Quand ils étaient là, les repas se prenaient tard le temps de tout préparer pour tout le monde. Chacun y mettait du sien, certains faisaient la cuisine, d’autres mettaient la table, ceux qui n’avaient pas forcément préparer faisaient la vaisselle ou débarrassaient, c’était naturellement bien organisé. Les repas étaient toujours très copieux. C’était une formule “à plat multiple”, il y avait toujours plusieurs choses à manger, et comme chacun aimait cuisiner, c’était toujours délicieux. La plupart des aliments venaient du jardin, nous avions toujours du bon lait de chèvre, du yaourt et du fromage de chèvre, c’était des moments très agréables d’échanges et de partages. Quand les suisses n’étaient pas là, c’était un peu différent, moins de choix dans les menus mais toujours aussi bon. Parfois le soir nous allions boire un verre au bar toujours très fréquenté à quelques kilomètre de la ferme, nous mangions un peu plus tôt et nous passions plus de temps à apprendre à nous connaître aussi. Sans oublier nos boissons d’après labeur que nous préparait Dave, c’était un genre de smoothie avec des fruits du jardin, du yaourt, des glaçons et le tout bien mixé, c’était un vrai délice.
L’ambiance générale qui régnait ici était parfaite, le rythme de vie aussi et les échanges plus importants qu’avec nos précédents logeurs. Nous nous plaisions beaucoup à cette ferme. On y a tout de suite été très bien accueillies, et avons rapidement pris nos marques et quelques habitudes.
Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpeWtjVTZleC1mb3c
