Lorsque Melissa et Grant nous ont prévenu qu’une française allait arriver deux jours après nous, notre première réaction avec Julie a été “pas une française…” C’est vrai quoi, on part pas à l’autre bout du monde pour retrouver des français. Et puis c’est aussi une partie des français qu’on ne supporte plus que nous quittions en venant au Canada. Pour ma part, le fait qu’une française arrivait, ça allait nous inciter à moins parler anglais et je pouvais dire adieu à mes potentiels progrès en anglais.
Résultat de tout ça, mon anglais ne s’est effectivement pas beaucoup amélioré mais je ne le regrette qu’à moitié, car sans Isa ces deux semaines n’auraient pas eu la même saveur.
De 6 ans notre aînée, Isa a tout lâché pour faire son PVT de deux ans au Canada. Les raisons de son départ lui appartiennent et je les garderai pour moi, mais je me suis beaucoup reconnue en elle. Ses envies d’autres choses, les questions qu’elles se posaient, celles qu’elles se posent encore, tout ça m’a rassurée d’une certaine façon. Je n’étais pas la seule dans ce cas-là, même si je le savais déjà, rencontrer des personnes dans le même état d’esprit que toi, et pouvoir en discuter avec eux c’est libérateur d’une certaine façon. On est pas si bizarre en fait.
Isa c’est aussi une fille géniale dans son tempérament, son attitude, dans sa façon de lier le mime à ses anecdotes, de les raconter tout simplement, de s’intéresser aux gens, à ce qu’ils font, de s’impliquer dans ce qu’elle fait, rien que de penser à elle en écrivant ces lignes ça me fait sourire. On a d’ailleurs tellement rit toutes les trois. Pour moi, Isa fait partie de ces rencontres qu’on oublie pas, que je n’ai pas envie d’oublier. J’espère pouvoir la recroiser, que ce soit peut être au Canada encore une fois ou même en France si elle revient un jour.
Merci pour ces fous rire, ces regards en coin pendant nos déjeuners trop silencieux, tes tentatives loupées pour les rendre moins pesant, ces discussions du soir, ces parties de cartes que t’avais pas l’air d’aimer plus que ça, nos partages de souvenirs, tes réflexions sur notre prise de poids inévitable, pour tes (gentilles) moqueries sur mon anglais, cette intolérance partagée, merci d’avoir fait partie de mon aventure.
