Séjour en Wwoof à Cassidy Farm

Pour notre premier jour de travail le réveil fut compliqué, les suivants également car mine de rien, même si ce n’était que 6 heures de travail par jour ça fatigue pas mal de travailler dans une ferme, mais ça je le savais déjà.  

 

Nous devions commencer par apprendre à ouvrir et fermer le magasin afin d’être rapidement autonomes pour pouvoir les aider efficacement dans cette tâche. On ouvrait donc le magasin tous ensemble les deux premiers jours. Pour cette mission, il s’agissait de rentrer ou de sortir de la chambre froide tous les produits frais, les gâteaux, cookies et autres délices cuisinés par Melissa ainsi que les fruits et les légumes, les mettre en place ou les enlever des présentoirs qu’il fallait eux-mêmes mettre en place, vérifier les dates de fin de consommation, trier les fruits et légumes, alimenter le frigo des boissons, allumer ou éteindre les lumières,… bref tout pleins de petites tâches que nous nous partagions. Par la suite nous n’étions plus que 2 ou 3 à ouvrir et le soir c’était au tour des autres de fermer. Si on ouvrait, bien souvent nous aidions Melissa dans la préparation des gâteaux, soit en coupant la rhubarbe, en pelant les pommes, en collant les étiquettes sur les produits fraîchement sortis du congélateur et qui iraient trouver leur place sur les présentoirs, ou encore en préparant les plats pour la préparation des “pies”. Lorsque  nous étions de fermeture, il suffisait de tout ranger et de fermer les portes en vissant les cales pour bien sécuriser les lieux, autant dire qu’à la fin de ce séjour j’étais devenue une pro de la visseuse. Le petit plus du soir c’était la glace que nous proposait parfois Grant.

J’adorais ce petit magasin en bord de route, il ne payait pas de mine au premier coup d’oeil mais il offrait aux gens des produits fraîchement récoltés du jardin et des mets succulents, l’ambiance était également très agréable, c’était un lieu chaleureux.

Pour la partie travail à la ferme les tâches étaient très variées, quoique pas vraiment les premiers jours, les fraises nous ont occupées de longues heures. Il fallait transférer les pieds de fraises dans des pots plus grands, et donc faire des mélanges de terre et engrais qui pue mais pas trop quand même, puis aller positionner les nouveaux pots sur des tables bâchées pour la récupération de l’eau de pluie. Sauf qu’il y avait 1000 pieds à rempoter et au total 2000 qui recouvraient ces tables. Il y avait tellement de pieds que nous avons dû mettre en place de nouvelles tables, fabriquer les encadrements, découper les bâches. Au total cela a dû nous prendre 3½ de nous occuper de tout ça, à 5 wwoofeuses.

Nous avons également déconstruit puis reconstruit un enclos pour les deux nouvelles petites chèvres, tâches qui nous a pris une petite journée à 3. Sinon le désherbage, tondre la pelouse, remplir des brouettes de terre, le rempotage de plusieurs plantes (basilic, herbes culinaires en tout genre et arbres), l’entretien des fleurs de Melissa, l’arrosage de tout ce petit monde, toutes ces activités rythmaient nos journées.

J’ai failli oublier l’une des activités les plus importantes, faire l’abeille. Et bien oui, on y pense pas tout de suite, mais pour les pieds de tomates qui se trouvaient sous les serres (“greenhouse”) il fallait faire nous même le travail des abeilles (et autres insectes pollinisateurs du genre) qui ne peuvent pas entrer dans les serres et donc polliniser pour permettre aux petites fleurs de devenir de belles tomates. Pour cela nous étions armées de brosse à dents électriques, que nous posions sur le dessus des branches où étaient les fleurs, ce qui faisait vibrer la branche et donc tomber le pollen. Ingénieux. Nous étions donc les bees de la ferme, et Grant s’amusait à nous donner des surnoms, le mien “Camibee”. Pour ma part c’était marrant de faire le travail que mes travailleuses faisaient habituellement. Amusant, ça l’était surtout au début quand on voit le pollen tomber et puis ça devient vite étouffant comme ambiance car sous la serre il fait vite chaud, c’est un peu le principe. Comme disait Grant “free sauna”.
Dans l’ensemble nos journées de travail étaient bien remplies, nous avions toujours quelques choses à faire, des bacs à désherber, transplanter, donc pas le temps de s’ennuyer. Grant nous donnait nos directives, nous expliquait au besoin la marche à suivre, il nous faisait confiance, il m’a d’ailleurs laissé conduire son “truck”, ou pick-up, presque un rêve qui se réalise, conduire un vrai pick-up américain. Mais ne nous emballons pas ce n’est pas le plus gros qu’on ait vu.

 

Pour une première expérience wwoofing c’était vraiment bien. J’ai bien accrochée avec ce concept, car même si c’est du travail, on a plus l’impression de rendre service que de vraiment travailler. La contrepartie n’est pas un salaire mais le gîte et le couvert. Ca donne l’opportunité de rencontrer des locaux, des étrangers également (les autres wwoofeurs) et de voir comment la vie se passe dans ce petit bout du monde. Ca promet pour la suite.
Par ici pour les photos : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpUEFRb1FlNzNzZTA

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