Jour 1 – Aérotrip
La nuit a été compliquée, comme toutes celles qui précèdent mes départs, avec la crainte de ne pas me réveiller à temps et de louper le moment tant attendu. Mais le départ a bien eu lieu, tout s’est déroulé comme prévu. Nous avons pris la navette de l’aéroport à la bonne heure, sommes arrivées au terminal 2G de Roissy avec une bonne avance, et avons pu nous préparer au mieux pour cette première journée de voyage dans les aéroports de France et de Pologne. Car oui, ce n’est pas une mais deux escales que nous avions pour rejoindre Tromso, et elles étaient dans le même pays. Avec Tiphaine nous avions un peu peur d’être juste pour nos correspondances, car l’enchainement récupération des sacs-enregistrement-contrôle devait se faire à chaque escale. Mais nos vols se faisaient entre de petits aéroports donc tout s’est bien passé également pour ces étapes.
En un an de temps, les décollages m’avaient manqué. La vue du ciel m’avait manqué. L’ailleurs m’avait manqué.
Notre journée avait été rythmée par nos trois vols inter-Europe. Depuis 9h40 au départ de Roissy jusqu’à 20h45 à l’arrivée à Tromso tout s’était déroulé sans soucis, mais maintenant il fallait rejoindre notre premier logement. Nous avons pris la direction de l’arrêt de bus sans trop savoir où il était, comme nous l’avait conseillé notre logeuse, et l’avons assez facilement trouvé. Nous savions que nous devions prendre le bus de la ligne 40 pour le centre-ville, et par chance c’est le premier qui s’est montré. Seul premier soucis, nous n’avions pas pu prendre de billet, la machine était en panne. Mais ça n’a finalement pas posé problème, rien ne fonctionnait non plus dans ce bus. Arrivées au centre-ville, il fallait en prendre un second pour rejoindre le quartier de l’autre côté du pont. Manque de chance, là encore la machine des billets du bus ne fonctionnait pas, le chauffeur nous a tout de même acceptées et ne nous a pas faire payer le trajet.
Nous arrivons enfin à notre AirBnB, on ne pouvait pas faire plus improbable. Les propriétaires n’étant pas là, nous découvrons seules notre chambre, ou plutôt notre placard, situé dans une église, ou en tout cas un lieu de culte qui ressemblait plus à une salle paroissiale. Stupéfaction, étonnement, fou rire, amusement, nous sommes passées par plusieurs états en très peu de temps. La chambre était très petite, juste la place du lit et nos sacs en bout, mais elle était toute aussi douillette et confortable. Sans oublier la bible sur notre table de chevet. Même « jesus » faisait partie du code wifi, notre fou-rire était revenu…
https://drive.google.com/open?id=1Hey9yKGxjD2P_nwircJTLHSwEIaVrD5O
Jour 2 – Découverte de Tromso
Malgré l’endroit insolite, nous avions très bien dormi et nous étions remises de notre aérotrip de la veille. Assez tôt dans la matinée nous avons pris la direction du centre-ville de Tromso. Nous étions situées de l’autre côté du pont, dans un quartier résidentiel.
Dès les premiers pas, cette ville nous mettait à l’épreuve. Les routes étaient gelées, les trottoirs inexistants par endroit, et à chaque tentative de mettre un pied devant l’autre la chute nous guettait. Mais nous avions l’outil indispensable pour séjourner dans ce pays du grand nord, des crampons ! Cet investissement avait donc son utilité.
Après avoir traversé à pied le pont de Tromso, nous arrivons dans la ville, qui n’est pas très vivante pour le moment. Nous sommes dimanche, la plupart des commerces sont fermés et peu de locaux sont dans les rues. Nous commençons la visite de la ville par le port et le longeons jusqu’à arriver à l’office de tourisme afin de récupérer quelques informations pour la suite du voyage. La ville n’offrant que très peu d’activité touristique nous décidons de faire les deux principales de la ville, la visite de l’aquarium et le musée polaire.
L’aquarium n’est pas très grand et peu d’espèces sont présentes mais il a l’avantage de sensibiliser fortement sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Une pièce est dédiée aux ours polaires et une salle de projection présente un film sur la faune et la flore de l’île Svalbard située à plus de 500km au nord de la Norvège.
Après la visite de l’aquarium nous allons dans la rue principale de la ville pour trouver un endroit où déjeuner. Et nous constatons rapidement que la vie chère en Norvège n’est pas qu’une légende. On peut facilement multiplier par deux le prix de certains produits, et même plus s’il s’agit d’alcool. Comme l’avait conseillé le routard, il vaut mieux parfois préférer les fast-foods que les restaurants, au risque de voir le budget exploser rapidement, et c’est ce que nous avons fait.
Nous prenons ensuite la direction du musée polaire, qui retrace l’histoire des différentes expéditions des chasseurs de ce pays du nord depuis plusieurs décennies. Le musée est très bien organisé, nous avons un dossier traduit en français expliquant ce qui est présenté dans chaque pièce. Le musée est en fait une grande maison typique de la région, située au bout du port. Les décors nous font rapidement voyager quelques années en arrières découvrant au fur et à mesure les différentes périodes qu’a connu la région, évoluant au fil des expéditions et des chasses aux ours polaires, phoques et morses.
A la fin de la journée, qui arrive très rapidement en Norvège, de par le temps d’ensoleillement plus réduit qu’en France, et par le rythme de vie ici, nous prenons la direction d’un bar proche du port. L’endroit est plutôt chaleureux et rustique, une bonne découverte. Nous commandons une bière chacune au comptoir, et réglons la note, un peu plus de 20 euros. La fin de journée dans un bar ne deviendra pas notre rituel…
Nous attendons un maximum de temps avant de rentrer car nos hôtes ont une messe jusqu’à 20h, et l’idée de croiser les fidèles de cette communauté ne nous emballe pas vraiment. Mais l’attente est longue, et la ville ne proposant pas plus d’intérêt de nuit, nous décidons de rentrer malgré tout. Après avoir braver la tempête et le vent sur le pont de Tromso, nous arrivons à la fin de la messe et rencontrons donc la communauté chrétienne, ainsi que la propriétaire des lieux avec qui nous discutons un peu. Je prends vite la direction de la « chambre » afin d’éviter la discussion avec la trentaine de personne présente, la journée a été longue et je n’ai qu’une envie, me reposer.
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Jour 3 – En route pour Narvik
Aujourd’hui nous devons récupérer notre voiture en centre-ville et prendre la direction de Narvik, notre première escale avant l’objectif de l’expédition dans le sud de la région, les îles Lofoten. Nous partons assez tôt de notre « église » et prenons rapidement la route. J’appréhendais de conduire dans cette région neigeuse n’étant pas une habituée des routes blanches, mais la voiture est très bien équipée et les pneus cloutés me rassurent rapidement. Les routes sont très bien déneigées et la conduite est très agréable au volant de notre polo 5 hybride.
Pour rejoindre Narvik nous devons compter presque 3h30 de route. Grâce aux informations recueillies la veille, nous savons qu’il existe un parc animalier sur la route, le Polar Park. Il n’est pas très grand, mais accueille l’essentiel des animaux de la région, des loups, les lynx polaires, des ours bruns, des rennes, des bœufs musqués et surtout des élans ! N’en ayant pas vu au Canada, c’était enfin l’occasion d’en voir, même si l’idéale aurait été d’en croiser en milieu naturel, c’était déjà une bonne consolation. Les enclos des animaux étaient immenses, et heureusement nous sommes arrivées à l’heure du déjeuner, qui était également l’heure pour eux d’être nourris. Nous avons donc pu voir de près les élans et aussi les ours. Les loups étaient déjà en train de dormir pour leur digestion ainsi que les lynx, les bœufs musqués nous ont littéralement fuis en nous apercevant et les rennes étaient encore à quelques mettre de leur déjeuner et surtout ils étaient en liberté. Nous avons passé deux heures dans le parc, la ballade était plutôt agréable.
Après avoir mangé, nous avons repris la route pour Narvik, et sommes arrivées assez tôt, même si là encore tout était déjà sur le point de fermer. Nous nous sommes directement rendues à notre guesthouse. Comme pour notre première nuit, nous n’avions personne pour nous accueillir, mais avions reçu un mail avec toutes les informations nécessaire pour pouvoir rejoindre notre chambre. Nous devions trouver une boite aux lettres, dans laquelle il y avait une lettre avec notre nom dessus. A l’intérieur de cette lettre, la clé de notre chambre ainsi que le code pour ouvrir la maison. On avait l’impression de faire un escapegame inversé. La chambre, moins insolite que la première était tout aussi confortable. Pas de mauvaise surprise, tout était bien organisé, nous avions une cuisine et une salle de bain commune, tout était propre.
Nous sommes sorties pour faire des courses, nous préférions mettre nos sous dans les activités plutôt que dans les repas, et malgré cette tactique nous avons tout de même déboursé 104 euros, les bières ayant couté le plus cher. Là encore, la ville ne proposait pas de grand intérêt dans l’absolu, nous avons donc regagné notre chambre pour la soirée.
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Jour 4 – En route pour les Lofoten
Là encore, le réveil a sonné tôt, nous avions encore plus de route que la veille, plus de 5h, pour rejoindre notre logement tout au sud des îles Lofoten. Sur certaines portions de la route, la neige la recouvrait un peu plus m’obligeant à rester vigilante. Plus nous avancions dans ce pays nordique plus nous découvrions des paysages magnifiques. A chaque endroit où nous posions les yeux, le relief était présent et imposant. Il y avait très peu de villes en bord de route, on pouvait parfois rouler 30 minutes sans voir une maison ou sans croiser une voiture. On avait l’impression d’être seules au monde sur ces routes. Nous avons croisé plusieurs fois des déneigeuses, qui étaient bien différentes des nôtres, bien plus adaptées aux « contraintes » de la région. Lorsque l’on traversait les villes, nous ne remarquions jamais d’entreprises comme on peut en voir en France, et on se demandait où travaillent tous ces habitants et combien de km et de temps de trajet avaient-ils pour se rendre à leur travail. La Norvège est pratiquement en situation de plein-emploi donc ils devaient bien travailler quelque part.
Après avoir traversé un tunnel qui paraissait interminable, plus de 6km, nous arrivions sur les Lofoten. Une des choses surprenantes dans ce pays, c’est qu’en traversant un tunnel, on pouvait avoir l’impression de changer de pays. La météo était tellement changeante qu’on pouvait quitter un paysage enneigé sous les nuages et sortir du tunnel avec une pluie battante ou un soleil aveuglant. Là en l’occurrence, c’était la pluie. Nous avons traversé énormément de tunnel lors de ce roadtrip dans les Lofoten, ils étaient plus ou moins long, plus ou moins étroit, certains avaient les parois lisses d’autres pas du tout et le fait d’être sous une montagne ne faisait aucun doute. A chaque virage nous étions émerveillées par la beauté des lieux. Les montagnes recouvertes de neige, les lacs gelés, les fjords, les ports remplis des bateaux de pécheurs, sans oublier toutes ces maisons rouges typiques, chacune avec la lumière aux fenêtres. Nous avons appris plus tard que ces lumières servaient autrefois aux pécheurs, afin qu’ils repèrent les villages, mais elles étaient également allumées pour les périodes où le soleil n’était pas ou très peu présent pour que les villages restent chaleureux.
Pendant le trajet dans les Lofoten, nous nous arrêtions sans arrêt pour prendre des photos, ce qui nous a fait arriver assez tard (« heure locale ») à notre logement. Le soleil avait déjà fortement décliné et laissait place à la nuit lorsque nous sommes arrivées, ce qui donnait à nos photos une couleur et une atmosphère particulière. Sans trop le savoir, nous avions choisi un endroit de choix pour nos deux prochaines nuits. Nous étions dans l’un des lieux les plus photographiés des Lofoten, la ville de Reine. Elle regroupait 4 îles, toutes reliées par des petits ponts, et le sommet de la montagne portant le même nom offrait un point de vue spectaculaire sur la ville. Un chemin de randonnée permettait de s’y rendre, mais compte tenu de la saison et des conditions météo il était fortement déconseillé de la faire. Par endroit il s’agissait plus de faire de l’escalade que de randonner. De manière générale, les îles des Lofoten proposent des randonnées sans pareil, c’est d’ailleurs en été qu’elles sont le plus visitées.
En arrivant à notre guesthouse, nous découvrons sans doute l’un des meilleurs logements de notre séjour. Notre logeuse ne pouvait pas être présente pour nous accueillir car elle était à une conférence sur le tourisme plus au nord des Lofoten, mais elle serait présente le lendemain. Là encore nous avions reçu par mail toutes les informations nécessaires pour accéder à notre chambre. Il y avait encore une serrure à code, décidément les norvégiens les utilisaient beaucoup. Lorsque nous sommes entrées, nous avons découvert un petit coin de paradis. Nous étions au bord d’un lac, il y avait une cuisine toute équipée, une grande pièce à vivre avec une grande table, un salon avec rétroprojecteur, ce qu’il fallait de canapé et de fauteuils, et surtout deux énormes poufs, qui allaient rapidement devenir nos meilleurs amis. La chambre était tout aussi correcte, et les salles de bains parfaites. La cerise sur le gâteau c’est que nous étions toutes seules pour profiter de ce lieu unique. Après avoir installé nos affaires, nous nous sommes à notre tour installées dans les poufs et ne les avons pas quittés de la soirée.
https://drive.google.com/open?id=1cthLDtZEktGy9WRLX6u4yvXj6yuHMb9t
Jour 5 – Découverte des Lofoten
Nous avions décidé de nous lever tôt encore pour cette nouvelle journée d’aventure. Les îles Lofoten offraient tellement de belles choses à découvrir que nous devions optimiser notre temps. La météo n’était pas forcément de notre côté, le ciel était couvert et la pluie faisait quelques apparitions de temps en temps. Normalement le temps devait s’améliorer dans l’après-midi, mais rien n’était sûr avec cette météo changeante, particulièrement sur les Lofoten. L’idée c’était donc de conduire le plus au nord possible, sans dépasser les deux heures de route, puis de refaire la route en sens inverse en s’arrêtant à tous les endroits que nous avions listés sur la carte pour prendre des photos, profitant normalement d’un meilleur temps.
Même si le soleil était aux abonnés absents, la luminosité rendant les lieux mystérieux, hostiles et envoutants. On avait aussi l’impression que l’aube et le crépuscule étaient inversés, le matin on se croyait en fin de journée et le soir au lever du jour, cela donnait une sensation étrange. La pluie des derniers jours avait fait fondre une bonne partie de la neige. L’eau provenant des sommets enneigés ruisselait en court d’eau le long des parois rocheuses, formant par endroit de magnifiques cascades. Moi qui m’attendais plus à voir des paysages enneigés, j’avais plus l’impression d’être dans un pays humide comme l’Irlande.
La route était toujours aussi agréable, particulièrement dans les Lofoten, car nous avions un décor magnifique, tout y était grand, même si nous n’avions toujours pas aperçu les sommets des montagnes que les nuages gardaient jalousement, nous empêchant d’en profiter également. Il était également très compliqué de ne pas s’arrêter pour prendre des photos tant nous voulions immortaliser ces paysages. Mais la météo n’étant pas de notre côté, les photos n’auraient pas dignement retranscris ce que voyaient nos yeux. C’est à Svolvaer que nous avons fait demi-tour. Malheureusement la météo ne s’était pas améliorée.
Sur la route de retour, nous nous sommes donc arrêtées dans trois villages de pêcheurs Hopen, Henningsvaer, qui était très prisé des touristes car il s’agissait de plusieurs petites îles reliées entre elles comme à Reine, et Ballstad, ainsi que trois plages Unstad, Haukland et Uttakleiv. Les villages étaient très calmes et la plupart des bateaux n’étaient pas sortis en raison des mauvaises conditions climatiques. Pour ce qui était des plages, il était impressionnant de voir le vent et les vagues d’une telle intensité.
Le soleil déclinant, nous avons repris la route pour notre petit nid, les autres endroits que nous voulions voir ne valait pas vraiment le coup d’œil de nuit. En arrivant nous faisons la rencontre d’un couple de français, Pauline et Guillaume, nous serons donc un peu plus nombreux ce soir. Eux aussi avaient été agréablement surpris par les lieux. Nous avons rapidement repris nos places dans les poufs et Pauline et Guillaume nous ont accompagnées pour l’apéro, bière, vin et quelques petits accompagnements, un vrai festin.
Quelques minutes plus tard, notre propriétaire est arrivée. Elle revenait de sa conférence à Svolvaer sur le tourisme dans le Lofoten. L’idée de cette conférence avec les différents acteurs médiatiques étaient de réfléchir à un tourisme responsable sur les îles afin de ne pas dénaturer ce petit coin de paradis et le préserver d’un tourisme de masse. Elle était très impliquée dans ces questions et celle du réchauffement climatique qui impactait les lieux. Il était effectivement rare qu’il pleuve à cette période de l’année. Elle nous a également donné quelques conseils mais surtout à Guillaume et Pauline qui restait une journée après nous, car nous devions reprendre la route pour le nord le lendemain. Nous voulions tout de même lui demander si c’était la période pour voir des baleines ou des orques. Les baleines n’étaient pas très présentes dans les Lofoten, mais il était très probable de voir des orques à partir du mois d’avril. Elle nous raconta d’ailleurs une anecdote où elle était partie pour la première fois faire du kayak dans le fjord et était tombé nez à nez avec des orques qui nageaient tout près de sa petite embarcation. J’étais à présente sûre de revenir sur ces îles à la belle saison. Elle est ensuite partie pour accueillir un autre voyageur espagnol.
Nous avons continué notre soirée avec nos deux nouveaux compagnons, nous discutions de nos vies, de nos projets, de nos voyages. C’était une soirée très agréable et joyeuse, nous passions un super moment. La journée du lendemain devait être la plus belle depuis plusieurs jours, nous avions donc décidé de faire une randonnée tous ensemble très tôt le matin, il fallait donc aller se coucher.
C’est alors que Pauline sort en courant de sa chambre pour nous dire que la propriétaire lui avait envoyé un message il y avait de cela une heure, pour nous dire qu’il y avait des aurores boréales dans la ville voisine à 5 minutes en voiture. Sans tarder, elle lui demande s’il y en a toujours. Sa réponse positive nous faire nous presser pour nous rhabiller chaudement. Nous sautons tous les quatre dans leur voiture et partons à la chasse aux aurores boréales. Nous nous garons tout au bout de la route pour être les plus éloignés possible des lumières de la ville. Il fait nuit noir, nous ne voyons rien, mais marchons tout de même d’un pas rapide vers ce qui ressemble à une paroi rocheuse sur laquelle nous pouvons grimper. Nous tombons sur trois chinois, équipés certainement des meilleurs appareils photo, installés sur trépied. Nous avions allumé la lampe torche du portable pour y voir plus clair, mais l’un d’eux nous demande de l’éteindre tout de suite et d’aller plus loin si nous voulons voir les aurores boréales. Il était clair que nous dérangions. On s’exécute et partons plus haut, jusqu’à un endroit relativement plat. Nous levons nos yeux au ciel et distinguons par endroit un ciel plus clair. C’était certainement les aurores boréales. Pour le vérifier, je sors mon appareil photo, réglé sur le mode automatique et prend une photo vers ces petites zones de clarté. La mise au point se fait, et là je découvre qu’il s’agit effectivement des aurores boréales. La couleur verte est amplifiée par l’appareil. C’était inespéré. Depuis que nous étions arrivées en Norvège, nous n’avions pas vu une seule fois le bleu du ciel et rien au court de la journée ne laissait présager que nous pourrions voir des aurores boréales lors de cette soirée. Pour éviter la déception, je m’étais fait une raison quelques jours avant le départ pour le voyage car les prévisions météo n’étaient pas bonnes. J’étais donc surexcitée en voyant s’afficher l’image sur mon appareil photo. Je voyais des aurores boréales pour la première fois et dans l’un des lieux les plus beaux du Nord. Avec Tiphaine, Pauline et Guillaume nous vivions un moment inoubliable. A l’œil nu, les aurores boréales n’étaient pas très intenses mais nous les voyons bouger et changer de forme plus ou moins rapidement, se déplacer, s’amplifier, c’était un spectacle extraordinaire. Une trentaine de minutes plus tard, les nuages refaisaient leur apparition et atténuaient ce magnifique phénomène. J’avais déjà fait plus d’une quarantaine de photos, nous avions de quoi nous remémorer ce moment. Nous sommes donc retournés à la voiture pour rentrer, mais l’excitation était telle que j’eu du mal à m’endormir ce soir-là.
https://drive.google.com/open?id=1AoehTLflcHedBtjStVpQilzSr1SbBHhH
