Ville transformée pour le tourisme, Sihanoukville
Nous nous sommes levées tôt et avons pris notre dernier petit déjeuné à notre agréable guesthouse. Le taxi nous attendait, pile à l’heure et nous voilà parties pour Sihanoukville, ville réputée pour ses plages et son ambiance festive. Nous sommes arrivées en fin de matinée, notre bateau pour l’île de Koh Rong Sanloem n’étant qu’à 15h, nous avons donc pris la direction d’un “salon de massage” un peu spécial. Il s’agissait d’un salon où les masseurs avaient un handicap, souvent ils sont mal voyants, et ce centre de massage les a formés au métier pour leur permettre de sortir de la misère. L’expérience était plutôt étonnante. Le lieu avait plus des allures d’hôpital que de salon de massage. Toutes les tables de massage étaient alignées les unes à côté des autres dans une grande pièce. On s’est changées, et on nous a amené chacune à une table en nous demandant si nous voulions un massage “strong” ou non. Comme je ne connaissais absolument pas en quoi cela pouvait consister, j’ai juste répondu que ma masseuse fasse comme elle le souhaitait. Et j’ai donc eu un massage “strong”, vraiment fort. Pendant une heure, ma masseuse à masser l’ensemble de mon corps, chaque partie, de la tête, au dos en passant par les cuisses et jusqu’aux orteils. Ce n’était pas réellement un massage “relaxant”, c’était presque douloureux par moment. Et pourtant je l’ai vécu comme quelque chose d‘agréable. Mon corps endoloris d’avoir porté mon sac à dos pendant presque deux semaines se voyait recevoir un traitement curatif. Au final c’était tout de même agréable, même si le fait d’entendre mes doigts et mes orteils craquer me donnait plus l’impression qu’elle venait de me les arracher. Lorsque nous nous sommes retrouvées après notre massage, Marine qui était elle-même esthéticienne/masseuse nous a expliqué que c’était certainement un massage cambodgien avec des manoeuvres de drainage qui servent à éliminer les toxines et relancer la circulation lymphatique.
Après cette expérience étonnante, nous nous sommes rapprochées du bord de mer pour manger. La ville que l’on venait de traverser était plutôt contrastée. Plus nous nous rapprochions de la mer, plus le paysage changeait, on était passées d’une ville plutôt similaire à ce que nous avions déjà vu, à un lieu rempli de casinos, de bars et restaurants à destination des touristes. La ville n‘avait pas vraiment de charme, c’était même plutôt l’inverse.
Quand nous sommes arrivées proche de l’embarcadère, nous avons découvert une magnifique plage, et surtout une belle eau bleue. Comme nous avions encore un peu de temps à attendre pour prendre notre bateau, je suis directement allée mettre mes pieds dans l’eau. C’était la première fois de ma vie que j’entrais dans une eau aussi chaude. C’était tellement agréable, l’eau m’enveloppait agréablement. Mais ce petit moment de bonheur pris rapidement fin car nous devions partir pour rejoindre l’île de Koh Rong Sanloem. L’embarquement pris un peu de temps. Le ponton n’était vraiment pas large et nous étions très nombreux à prendre des bateaux. L’information n’était pas simple à avoir pour connaitre le bon bateau qui nous amènerait à destination. Mais après quelques longues minutes nous avions pu prendre place.
La trajet en bateau a duré une bonne heure, et au départ un homme nous avait prévenu qu’il était possible que le bateau fasse demi-tour car la météo n’était pas très propice à la navigation. Mais heureusement nous sommes bien arrivées sur l’île.
https://drive.google.com/folderview?id=1z03sLB50KHsXcNcTS9ZzHTYI1nMVW-0G
Koh Rong Sanloem, un petit paradis
A présent il était temps de trouver notre hébergement. Après nous être renseignées, nous avons longé la plage pendant un temps qui m’a paru infiniment long. Elle était jonchée de déchets que les vagues avaient ramené à cause du vent particulièrement fort ce jour là. Avant de venir sur l’île on nous avait dit qu’il y avait une zone où il y avait beaucoup de déchets, mais normalement nous ne devions pas être concernées. Arrivées à notre guesthouse, nous découvrons un petit coin de paradis. Il y a un ensemble de fauteuils et canapés en bois avec d’énormes coussins, le tout face à la mer, des balançoires accrochées à un arbre en face d’elle également. Notre bungalow fut également une superbe découverte. Il était grand, très bien équipé, les lits étaient très confortables, et nous avions également une petite terrasse privée avec vue sur la mer. La détente pouvait commencer.
En tout nous sommes restées la fin de cette journée, le jour suivant et une petite matinée, et pendant tout ce temps je n’ai absolument rien fait. C’était mon moment de repos complet. Cela faisait plus d’une semaine que l’on parcourait le pays, et j’avais envie de profiter d’être sur une petite île éloignée de tout pour me reposer. J’ai pu profiter de la mer pour me baigner, mais très peu de temps à chaque fois car les déchets n’étaient jamais très loin, et la baignade est toujours moins agréable quand on se demande toutes les 5 minutes qu’est ce qui peut bien nous effleurer sous l’eau. Le soleil était bien présent, même si la première matinée fut fraiche. Nous nous étions levée très tôt pour admirer le levé de soleil. Le reste de la journée, je n’avais pas fait assez attention et j’ai eu droit à une petite insolation.
Nous ne sommes pas restées très longtemps sur l’île et pourtant c’est ici que nous avons vécu l’anecdote la plus drôle du voyage. Le second soir nous avons pris la direction de la jungle pour aller dîner, Sarah et Angélique avaient repéré l’endroit lors de leur randonné plus tôt dans la journée. Sur le chemin dépourvu d’éclairage, il y avait un petit pont en bois qui permettait de passer un dessus d’un petit point d’eau. En l’approchant nous avons aperçu un animal en sortir brusquement. Au début nous avons pensé à un chien, mais c’était trop gros, on s’est donc dit que ça devait être un cochon ou une vache. Nous avons marché dans sa direction, et nous sommes stoppées net en comprenant qu’il s’agissait d’un énorme buffle, avec de grandes cornes. Nous avions dérangé l’animal en pleine baignade nocturne, et son comportement peu accueillant nous a fait rebrousser chemin. C’était la première fois que l’on voyait un tel animal, si imposant, et nous ne savions pas comment il pouvait réagir en notre présence. C’est à ce moment que nous avons croisé deux françaises, on les a prévenues pour le buffle et elles nous ont répondu que ce n’était pas un animal très dangereux, qu’il n’y avait pas de problème. On les a donc suivies, reprenant notre route pour ce fameux restaurant dans la jungle. Le buffle était tapis dans l’eau, il n’avait pas bougé cette fois-ci. En passant sur le pont nous avons croisé d’autres touristes, et lorsqu’ils ont aperçu le buffle, ils ont pointé leur lampe sur lui, ce qui ne lui a pas vraiment plu car il s’est levé brusquement. Nous étions encore sur le pont à ce moment là et n’étions pas du tout rassurées. Le buffle s’est mis à courir, dans la même direction que nous, mais a tourné rapidement pour s’enfoncer dans la jungle. Cet épisode fini, nous avons repris notre marche repensant à notre panique inutile et nous rigolions de cette aventure. Pour ma part je n’avais pas particulièrement eu peur. C’est sûr que je ne faisais pas la fière face à ce buffle, mais dans cette rencontre il y avait eu un mélange de stupeur, d’excitation et d’émotions. C’était le premier buffle que je voyais, il était à la fois magnifique et imposant, et c’était assez inattendu d’en rencontrer un sur cette île minuscule.
Cette soirée fut aussi l’occasion de manger un délicieux poulet au barbecue et aussi de rencontrer un nouveau groupe de voyageurs. Il y avait un alsacien qui parlait du coup français, anglais, allemand et se débrouillait en espagnol, une française et un allemand. Nous avons partagé un peu de temps ensemble à jouer au Uno, ce jeu de cartes qui peut parfois faire naître de gentils petits conflits, nous avait plutôt rapproché pour une soirée. Pendant les parties, j’avais recherché dans ma mémoire quelques expressions allemandes, plutôt simples, et à chaque fois l’alsacien et l’allemand s’étonnaient de mes connaissances linguistiques et de la qualité de ma prononciation. C’était bien la première fois qu’on me félicitait pour mon allemand. Nous les avons quitté un peu plus tard, j’étais contente de ces échanges, de ces nouvelles rencontres ephémères, d’ailleurs je ne connais toujours pas leurs prénoms, mais dans ce contexte c’est n’est pas le plus important.
Le lendemain nous repartions pour le continent, de retour dans notre petit ferry, et rapidement arrivée à Sihanoukville. Nous avons réservé notre bus en direction de Phnom Penh, en précisant bien que nous devions descendre avant car nous avions réservé notre prochaine nuit chez l’habitant.
https://drive.google.com/folderview?id=1WHquBLdwAiVbJfDTVe2Fzu_qJ0oEOint
