Jour 8 : Mondolkiri, à la découverte du Elephant Valley Project

Nous avons réservé auprès de Lee, un séjour de deux jours à la découverte du Mondolkiri. La première journée se passait au Lodge dans la jungle et avec les éléphants, et le second jour, nous faisions un trek de 18km dans la jungle.

 

Le “Elephant Valley Project”

 

Lee est venu nous chercher proche de notre guesthouse, un new yorkais attendait également au point de rendez-vous. Deux allemands étaient déjà assis à l’arrière de son pick-up, nous nous sommes assises avec eux, et l’aventure a commencé. Oui dès la montée dans le pick-up, car Lee ne ménageait pas sa conduite et nous étions bien secouées à l’arrière, ce qui était plutôt marrant. Je trouvais que ces deux jours commençaient parfaitement bien, à l’arrière d’un pick-up. Nous avons récupérer d’autres personnes, à d’autres guesthouses. Puis nous sommes arrivées à notre première étape. C’était un lodge qui proposait des chambres et c’était également les bureaux de l’association. Lee nous a fait descendre et nous a dit “allez poser vos gros sacs et prenez juste le nécessaire pour deux jours”, en fait c’était Koh Lanta! Ça mettait dans l’ambiance, surtout qu’on avait pas beaucoup de temps, il fallait être rapide. J’ai donc pris ce qu’il fallait pour deux jours, bon peut être trois en fait. Nous sommes ensuite remontées dans le pick-up et dans une autre voiture, car nous étions bien plus nombreux, treize au total. Il y avait donc 3 américains, 3 allemands, 2 hollandais, 1 hongkongais et nous quatre.

Après quelques minutes sur une route non goudronnées, les voitures nous ont “largué” en haut d’une colline, de laquelle on pouvait voir la jungle du Mondolkiri s’étendre à perte de vue. Les directives c’était de marcher le long du sentier pour rejoindre le lodge, notre prochain camp de base.

A l’arrivée nous avons découvert deux bâtiments, sorte de grandes cabanes en bois. Dans l’une il y avait deux rangés de hamacs, notre chambre, et le coin salle à manger et l’autre était une version plus réduite. C’est dans cette dernière que nous nous sommes installés. Pendant plus d’une demie-heure, Lee nous a expliqué l’historique de l’association, pourquoi elle avait été créée, son but, ses convictions. Mais il nous a également parlé du contexte dans lequel vivait le pays et plus particulièrement les populations du Mondolkiri. Il nous a ensuite parlé des éléphants, il y en avait 6, un mâle et 5 femelles. Nous n’aurions pas l’occasion de voir le mâle, mais voir déjà 5 éléphants c’était parfait.

Lorsque Lee a eu fini de nous faire sa présentation, nous avons tous pris avec nous une grappe de bananes et nous sommes descendus dans la jungle. Après quelques minutes de marche, nous avons aperçu la première éléphante. Elle était toute proche, et elle est directement venu nous voir, l’habitude de voir venir des gens peut être, et certainement par gourmandise, elles raffolaient toutes des bananes. C’était tellement impressionnant de voir un tel animal aussi près de moi que j’en ai tremblé pendant quelques minutes. Et chacun notre tour nous avons donné quelques unes de nos bananes. Il fallait en garder pour les suivantes, car sinon elles avaient vite fait de partir, pas folles les p’tites bêtes. Nous avons ensuite vue une seconde arrivée, elle était plus grande et plus imposante. En plus de lui donner des bananes, j’ai pu la toucher et l’épaisseur de leur peau surprend, c’était très rèche, mais ce fut un contact inoubliable.

Lee prenait le temps à chaque fois de nous raconter le passé de ces éléphantes. La plupart avaient eu des expériences difficiles avec les hommes. Les éléphants étaient très souvent utilisés dans la contruction, et plus récemment pouvaient être maltraités pour satisfaire aux envies des touristes. Lorsque Lee rachetait les éléphants, bien souvent ils craignaient toujours les hommes, et ils fallaient les laisser se réhabituer tranquillement. Mais aujourd’hui les 5 éléphantes que nous avons pu voir n’ont montré aucun signe d’agressivité, bien au contraire, on voyait presque une complicité entre les éléphants et nos différents guides.

Nous avons ensuite fait la connaissance d’une autre éléphante plus solitaire que les autres. Puis encore deux autres, celles-ci sont venues nous voir en courant, Lee nous avait prévenu qu’elles étaient plus “actives”.

Après les avoir nourris, Lee nous a tenu un dernier discours où il nous racontait que son rêve était de voir naître dans cette réserve des éléphants. Car le but était tout de même de repeupler le pays de ces éléphants d’Asie. Nous sommes ensuite remontés pour nous nourrir à notre tour. La “table” était prête. Tout était installé sur des nattes de paille, on pouvait pas faire plus authentique. Le repas était un vrai délice. Un repas à base de riz, de bouillon avec des légumes et de la viande. Et pour finir, de belles assiettes de fruits. Après le repas, c’était un temps libre, de repos.
L’heure de la dernière étape de la journée arrivait, la baignade avec les éléphants. C’est un nouveau guide qui nous a emmené à la rivière. Les éléphantes n’étaient pas encore là, mais elles n’allaient pas tarder à arriver. Juste le temps de nous changer et de nous mettre à l’eau. La première est arrivée, et loin d’être idiote, elle a d’abord commencé à manger les bananes qui avaient été laissées sur une petite table où toutes les affaires avaient été posées. Après en avoir dégusté quelques unes, et parce que nous avions récupérer les bananes rescapées, elle est venue nous rejoindre dans la rivière. Le guide nous avait donné un balais qui servait à frotter les éléphants, ils adoraient ça. Une seconde éléphante est arrivée quelques minutes plus tard. C’était vraiment un moment unique que nous étions en train de vivre. Le Mondolkiri et ses éléphants faisaient partis de la liste des choses à voir au Cambodge, mais avec le temps qui nous était imparti je n’avais pas réellement pensé pouvoir le faire.

Après ce magnifique moment, nous sommes retournés tranquillement au lodge, et avons attendu le repas du soir en discutant avec les autres voyageurs et en buvant une bière, ils avaient pensé à tout. Le repas du soir était tout aussi bon, la soupe avait été préparé dans un tronc de bambou, c’était assez originale et typique de l’endroit. Nous avons dîné avec Dara, notre nouveau guide pour la journée du lendemain. Nous avons ensuite fait quelques jeux et sommes allés nous coucher dans nos hamacs. Là encore une nouvelle expérience, c’était vraiment agréable de dormir de cette façon. Nous étions au beau milieu de la jungle, dans une cabane en bois à dormir dans des hamacs, on pouvait entendre le vent souffler très fort cette nuit là. Mais ça nous a été bénéfique, car au petit matin, il n’y avait plus aucun nuage, alors que la pluie aurait dû faire partie du trek.

 

18 km de Trek dans la Jungle

 

En tout 3 voyageurs nous ont quitté avant le trek. Nous sommes  partis de bonne heure le matin. Il faisait beau, pas trop chaud, car une petite brise soufflait tout au long de la journée. On pourrait décrire le relief du Mondolkiri comme une succession de collines. Au début nous en avons monté quelques unes, le dénivelé était assez important, mais l’effort à fournir n’était pas vraiment trop important, car une fois monté, ça devenait plat, et par la suite nous avons marché sans dénivellé pendant un long moment. A l’heure de déjeuner, nous nous sommes arrêtés à une chute d’eau, l’endroit était vraiment agréable. Le temps de se mettre un peu à l’eau, puis Dara a sorti le déjeuné. Nous avions chacun porté notre portion de riz, et Dara avait la viande et les légumes qui allaient avec. C’était encore une bonne expérience, un pic-nique dans la jungle au bord de chutes d’eau. Après le repas, nous sommes partis à la rencontre d’une seconde chute d’eau, celle-ci était beaucoup plus impressionnante. D’abord il fallait descendre par un petit ”chemin” qui n’était autre que des pierres couvertes de boue qui glissaient avec l’humidité causée par la cascade. Nous sommes repartis après avoir pris quelques photos. Quelques montées-descentes plus loin, une troisième. Là encore assez impressionnante, car nous devions passer derrière elle. L’humidité avait donné une couleur verte aux roches avoisinantes, c’était presque fluo. Nous avons ensuite continué le trek dans la jungle, nous passions sous des forêts de bambous et on entendait le vent souffler, le son était particulier. Pendant le trek, Dara s’arrêtait parfois pour nous montrer des animaux, des insectes, ou encore des arbres. Il y en avait un en particulier, lorsqu’on tapait dessus, il faisait comme un rugissement. Les arbres nous parlaient. Nous avons terminé le trek par une plantation de bananes où nous nous sommes arrêtés quelques minutes, avant de franchir les deux dernières collines. La fin du trek était le village de Dara, un authentique village cambodgien, avec ses animaux partout, vaches, chiens, poules, chats, cochons. Mais également les enfants et leurs sourires. Après quelques minutes, un pick-up est venu nous chercher et nous a ramené au premier lodge, où nous avions posé nos gros sacs.

Pour finir on nous a déposé au même endroit où on était venu nous chercher la veille. Nous sommes allées dans une guesthouse pour prendre une douche et avons ensuite attendu notre bus avec couchette dans un bar restaurant très sympathique. Pendant ce trajet qui nous ramenait à la capitale, je n’ai pas réussi à faire une nuit continue, mais je garderai néanmoins un bon souvenir de ces nuits en sleeping bus.

 

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