Jour 2 : Ville de Siem Reap et ses Temples d’Angkor

Siem Reap, ville bâtie sous l’impulsion touristique

 

Mes premiers pas dans la ville ont été pour moi une prise de conscience. N’ayant jamais voyagé dans les pays d’Asie ou des pays moins développé que le mien, l’adaptation à l’environnement a pris quelques heures. En marchant dans la ville, je me suis rendue compte que tant que l’on n’a jamais vu ce type de ville de ses propres yeux, on ne peut pas se les imaginer. Pour commencer l’air était étouffant, je respirais de la poussière, se mêlait à cela des odeurs fortes de nourriture, d’eau croupi, de déchets. D’ailleurs je n’en ai jamais vu autant, des déchets partout sur le sol, sur les trottoirs, sur la route. De manière générale, on pouvait qualifier la ville de sale.

Il n’y avait pas beaucoup d’espace sur les trottoirs pour marcher, nous devions souvent, même toujours nous déporter sur la route. Au début nous craignions de nous faire percuter par un véhicule, mais nous avons vite compris qu’ils savaient très bien éviter les piétons. Notre ami Sun, cambodgien que nous avions rencontré lors de nos études à l’IUT, nous avait donné un conseil à ce sujet, “quand on s’engage sur la route pour traverser, la règle c’est de ne jamais reculer, car ils feront toujours en sorte de contourner”. Et c’était effectivement le cas, je n’ai jamais eu peur de me faire renverser en traversant en plein milieu d’une rue, aucun véhicule ne s’arrêtent, mais tous nous esquivent parfaitement.

Revoir notre ami Sun était très agréable, cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu. Depuis l’IUT j’avais dû le revoir une fois rapidement sur Paris. Sun m’apparait comme une personne plutôt discrète, passionné par son pays et d’une grande gentillesse. Grâce à lui nous avons pu en savoir un peu plus concernant la ville et quelques aspects du mode de vie des cambodgiens. Ici la famille tient une place importante, ils vivent en communauté, dans un même foyer, où toutes les générations sont représentées. La religion tient également une place importante, le bouddhisme est majoritairement pratiqué dans le pays et est également reconnu comme religion d’Etat.

Pour ce qui concernait la ville de Siem Reap, Sun nous explique que la ville a connu un essor important grâce aux Temples d’Angkor et au tourisme qui en découle. La ville s’est donc construite en fonction des attentes des touristes. On y trouve de nombreux complexes hôtelier, des gesthouses et autres types d’hébergements possible. La ville est particulièrement animée également. Tout un quartier est dédié à la distraction des touristes, “Pub Street”. Plusieurs bars, restaurants, petits stands de nourriture, énormément de petites boutiques de fripes et de souvenirs. Le soir venu, une ambiance festive s’emparait du quartier. La musique était forte dans les rues, des jeux de lumières décoraient les façades et des bars ambulants avaient pris place dans les rues bondées.

Aux alentours on trouve également des marchés, mais ils n’ont rien de nos marchés français. Les étales sont remplies, à tel point qu’il ne reste aucune surface vide. Les aliments sont posés en vrac, les fruits et les légumes sont plutôt appétissants, mais pour ce qui est de la viande ou du poisson c’est un peu différent. Rien n’est tenu au frais, et les mouches en profitent bien. Les vendeuses les éloignent en agitant un baton auquel pend un bout de chiffon. Les femmes qui tiennent ces petits stands y passent toute la journée, on en voit beaucoup allongées au milieu de leurs produits, soit dans des hamacs, soit à même l’étale. Au début la ballade au milieu de ces marchés peu surprendre, mais il suffit de se remettre dans le contexte pour au final apprécier l’endroit et l’ambiance qui s’en dégage. Après tout, ce qui est différent de chez nous n’est pas forcément moins bien.

Après quelques heures dans cette ville, elle ne me paraissait plus si sale, les odeurs faisaient parties du décor et les bruits environnant des scooters, tuktuk et voitures n’étaient plus bruyants. Le comportement décontracté des cambodgiens contrastait beaucoup avec tous ces véhicules qui grouillaient dans les rues de la ville. On apercevait beaucoup de personnes dormant dans des hamacs attachés entre deux arbres en pleine rue, ou à l’intérieur des tuktuk, et parfois même attachés sous un camion. Il n’était pas rare de voir des gens dormir à des endroits plus surprenant les uns que les autres, pendant que tout autour de nous, tout allait à 100 à l’heure.

 

Les temples d’Angkor, une cité grandiose en héritage

 

Au deuxième jour dans ce magnifique pays, nous avons entrepris la visite des temples. C’est notre chauffeur de taxi, Borom, qui nous a escorté  tout au long de nos visites. Le site d’Angkor est gigantesque, le faire à pied n’était pas du tout envisageable, et les tuktuk n’étaient pas toujours très fiables d’après lui. Mais nous avons vite compris que ce n’était qu’une astuce de sa part pour récupérer quelques dollars. Mais le confort que nous apportait le taxi nous convenait tout de même, car il y avait quelques trajets qui pouvaient prendre un peu de temps et nous pouvions nous reposer tranquillement.

Pour commencer notre visite, nous avons fait le petit circuit, qui n’avait déjà rien de petit. Nous avons commencé tôt le matin, dès l’ouverture du site, ce qui nous a permis de profiter des premières heures sans trop de touristes. Angkor Thom avec le Bayon et la Terrasse des Éléphants fut notre premier lieu de visite. Les premiers temples étaient déjà spectaculaires. On voyait la tête de Bouddha sur la plupart des façades extérieurs, et d’autres divinités étaient représentées sur les murs à l’intérieur. Toutes ces constructions étaient hors normes, comment pouvait on à l’époque construire de telles choses? C’était impressionnant. Il fallait également imaginer tout le travail qui avait été réalisé par les archéologues depuis plusieurs décennies pour redonner à ce site son visage d’antan. On pouvait voir régulièrement des tas de pierres qui n’avaient pas encore retrouvé leur place. Et vu la quantité, le site devait être tellement plus grand et imposant que ce que l’on peut en voir aujourd’hui. L’une des façade qui m’a le plus impressionnée, c’est celle à l’arrière du Bayon, car on pouvait y apercevoir un Bouddha allongé tout le long de cette façade qui donnait vers l’extérieur. Heureusement qu’il y avait des panneaux pour l’indiquer car sinon cela serait passé inaperçu. Nous avons continué notre visite par une multitude d’autres temples, Thommanom, Ta Keo, Ta Prohm et pour finir notre journée, l’incontournable et plus grand temple religieux, Angkor Wat. Je l’avais vu plusieurs fois sur des photos, mais le voir de mes propres yeux, traverser le pont, dépasser les premières portes, et marcher le long de la voie sacrée pour découvrir ce temple grandiose, c’était comme le découvrir pour la première fois. L’enceinte du temple était immense, et il fallait encore s’imaginer la cité qui s’étendait tout autour sur des kilomètres carré. Sun nous avait expliquer que les temples d’Angkor c’était comme nos Églises, ils se tenaient au milieu des villes et leur grandeur était fonction de la taille de la ville. Nous avons pris le temps de le visiter, de monter en haut de l’édifice central qui nous offra une vue magnifique sur cette cité d’un autre temps.

Décrire dans le détail ne servirait à rien, il y avait tant à voir, mais ce qui peut être décrit ce sont la hauteur de ces temples, la hauteur des marches pour accéder aux étages supérieurs et surtout leur étroitesse. C’est à peine si on ne devait pas s’assoir pour descendre au risque de glisser. Pour certains temples, des marches de bois avaient été rajouté car celles d’origines ne permettaient pas de monter en sécurité. Là encore Sun nous avait expliqué que l’étroitesse des marches était fait exprès, car lorsque l’on devait descendre du temple il n’était pas possible de tourner le dos aux divinités, et ces courtes marches obligeaient donc à descendre en positionnant le corps de côté.

Cette première journée de visite fut étonnante, stupéfiante et fatigante, nous en avions pris pleins les yeux et le lendemain c’est la grande boucle qui nous attendait.

Nous avons donc fait un peu plus de route, et avons vu Preah Khan, Naek Pean, Ta som, puis avons roulé pendant presque une heure pour rejoindre le temple des femmes, Banteay Srei. Le temple était bondé de monde, principalement des touristes chinois qui posaient devant l’entrée principale, ce qui ne nous permettait pas d’immortaliser cet endroit également. Le temple était petit comparé aux autres, sur un seul niveau et fait d’une pierre différente également. Nous n’y sommes pas restées très longtemps et avons ensuite pris la direction de la jungle avoisinante. A quelques minutes de routes et après avoir marché 1500m dans cette jungle, nous sommes arrivées à un cours d’eau au fond duquel il y avait des pierres gravés. Il ne nous restait ensuite que quelques temples à découvrir sur le site d’Angkor pour finir cette journée.

En deux jours nous avions eu le temps de voir une bonne partie du site, et un troisième jour aurait peut être été de trop. Nous en sommes donc restées là et avons gardé de merveilleux souvenirs de cette première aventure et découverte au Cambodge.

 

La ferme de Lotus

 

Notre dernière demie-journée à Siem Reap nous l’avons consacrée à la visite d’une ferme de Lotus. Notre petit chauffeur de tuktuk a eu du mal à la trouver mais il y est tout de même parvenu. L’endroit était tout petit mais les champs de lotus s’étendaient sur une vaste surface. L’atelier était une grande pièce dans une habitation sur pilotis. Il y avait une dizaine de femmes qui s’occupaient d’extraire la fibre de la plante, une autre à un bureau qui avait l’air de gérer les stocks et une dernière assise à un métier à tisser. L’endroit était en libre accès, notre présence avait l’air de gêner personne et nous pouvions tranquillement observer leur ouvrage. La technique pour extraire la fibre avait l’air simple au premier coup d’oeil mais ces femmes faisaient preuve d’une grande dextérité. Ce qu’elles faisaient en quelques minutes, nous l’aurions peut être fait en une heure. Cette ferme avait été créée par un français, dans le but de fabriquer du textile de manière éco-responsable grâce à la fibre de la fleur de Lotus. A quelques kilomètres de l’atelier, en revenant vers la ville, se trouvait le showroom, où était exposé les différentes pièces réalisées pour la vente, on pouvait également y faire confectionner des vêtements sur mesure.

 

Après cette matinée très instructive, nous avons quitté notre hôtel en direction de la station de bus, où notre futur moyen de transport allait nous emmener jusqu’à Battambang.

 

https://drive.google.com/folderview?id=1NljAyNENtKt-p7LiFg3aRcJpS838opM6

 

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