Le réveil fut compliqué dans notre 6m², une douche libre difficile à trouvée au milieu de tous ces dortoirs et le petit déjeuner rapidement avalé. Ce matin nous quittons rapidement notre auberge de jeunesse pour aller à la rencontre de Natasha à son domicile à 30 minutes de marche, afin de nous libérer de nos 18 kg.
Nous avons parcouru une bonne distance avant d’arriver à l’appartement de Natasha, situé au bord de la mer/baie de Victoria, dans la banlieue proche du centre. Elle habitait avec son mari Max et leur chien, un appartement juste assez grand pour eux. Elle nous accueilla chaleureusement, nous montra notre lieu de vie pour les quatre jours à venir et nous laissa tranquillement nous installer. Juste le temps de mettre un peu d’ordre dans nos petits sacs à dos, nous étions reparties pour le centre-ville pour commencer la visite de la ville. Natasha nous avait indiqué de passer par le pont situé juste en bas de chez elle pour rejoindre le centre, que le trajet était plus agréable que la route par laquelle nous étions arrivées le matin.
Nous voilà donc en chemin pour découvrir la capitale de la Colombie-Britannique, nous avons donc 4 jours devant nous.
Musée Royale de la Colombie-Britannique et le Parlement :
Pour le premier jour de visite, nous avions prévu de faire notre premier musée. Plusieurs personnes nous avaient conseillé de faire ce musée, apparemment il était très bien fait, très ludique et très intéressant. Avant d’y entrer, nous sommes allées voir le Parlement qui se trouve juste à côté. C’est un bâtiment magnifique qui vaut le détour, de jour comme de nuit.
Le musée était organisé en plusieurs étages. Le premier était dédié aux principaux évènements intervenus en Colombie-Britannique, principalement les avancés en termes de droits pour les habitants de cette région. Parallèlement à ces avancées, il y avait une illustration sur mannequin des différents styles vestimentaires. Une des choses que j’ai préféré sur ce thème, c’était une sorte d’arbre fait de papier auquel les visiteurs du musée pouvaient accrocher des feuilles de papier en forme de feuille sur lequel ils pouvaient écrire une phrase. Sur l’un des papiers on pouvait lire “You were born with two ears and one mouth. Listen twice as much as you speak”, j’ai beaucoup aimé cette phrase tellement vraie et que peut de personne savent suivre aujourd’hui. Il y avait au même étage une exposition temporaire sur Terry Fox, une personne inconnue pour moi mais qui méritait tout le temps que j’ai passé à apprendre qui il était. C’était un athlète canadienne, à qui on a diagnostiqué un cancer à la jambe et qui n’avait comme seule possibilité de se faire amputé. Il se lança en 1980 dans un marathon trans-canadien malgré sa jambe artificielle pour militer contre le cancer et pour récolter des fonds pour la recherche. Il n’arrivera pas au bout de son marathon de l‘espoir, son cancer ne lui permis pas de continuer. Il aura tout de même parcouru 5 373 km en 143 jours et aura permis de sensibiliser le pays entier pour sa cause. Aujourd’hui il est un des plus grands héros du Canada. Autant dire que les mouchoirs mis à disposition on servi pour beaucoup de personnes. A ce même étage on pouvait aussi trouver la partie sciences naturelles avec les indications sur la faune et la flore de la région ainsi qu’une sensibilisation sur les risques du changement climatique.
Le second étage retraçait les grandes étapes historiques de la région. Il y avait une magnifique exposition sur les premières nations, les indiens. Il y avait un nombre impressionnant d’artefacts, des vêtements, des outils, une habitation reconstituée, les armes également qui leur servaient à chasser et une salle immense réserver aux magnifiques mâts totémiques. Puis l’arrivée de James Cook et toutes les nouvelles activités que cela a entrainé, le commerce maritime, la recherche de l’or et bien d’autres. La visite était très intéressante car les différentes expositions étaient mises en scène, on était littéralement plongées à l’époque visitée, le décor était très réaliste.
Nous étions contente d’avoir fait ce musée car effectivement il était très bien fait, il était interactif et plutôt ludique.
Déambulations dans la ville :
Après avoir mangé dans un fast food qui n’était pas du tout fast, nous sommes parties nous perdre dans les rues de la ville.
Je souhaitais parcourir les rues afin de pouvoir tomber sur du streetart, et nous en avons trouvé aux détours de certaines rues, plus éloignées du centre-ville et de l’activité citadine. Nous avons également croisé quelques belles églises et des petites boutiques de quartier. Au bout d’une rue, alors que nous étions encore très proche du centre-ville, on apercevait déjà les quartiers résidentiels, de belles maisons avec un petit bout de jardin, juste là quelques centaines de mètres de l’activités de cette grande ville. Nous sommes ensuite retournées dans le centre, j’avais repéré le matin un petit bar juste à côté du port.
Cette journée méritait bien de s’assoir en terrasse pour boire une bonne bière.
Le Thetis Lake :
Le soir, de retour chez Natasha et Max, nous discutions de notre première journée et leur demandions conseils pour la suite de l’exploration de cette ville. Nous avions repéré quelques lacs mais ne sachions pas vraiment lesquels valaient vraiment qu’on s’y attarde. Ils nous conseillèrent le Thetis Lake à l’Ouest de la ville.
Le lendemain on préparait donc de quoi grignoter sur place et partions rejoindre l’arrêt de bus qui nous emmènerait jusqu’à ce fameux lac. Après quelques minutes de trajet nous descendions du bus pour rejoindre notre point de chute qui se trouvait encore à plusieurs mètres de là.
En arrivant on découvrit un lac magnifique, ça devenait une habitude de tomber sur ce genre de lieux. On se posa quelques minutes sur le sable de la petite plage, le temps de manger un morceau. On repartit rapidement après avoir regardé les différents parcours de randonnée, bien évidemment on choisit le plus long, qui faisait le tour complet du lac. A certains endroits du parcours nous avions droit à des vue splendides sur ce lac.
La randonnée dura un certain temps, plus d’une heure, peut être deux je ne sais plus trop, au total nous avions parcouru environ 8 km. De retour sur la petite plage, on s’aperçut qu’elle était déjà beaucoup plus peuplée qu’en arrivant. Comme nous avions pensé à prendre nos maillots de bain et serviettes, on décida de se reposer quelques instants, qui sont vite devenus quelques heures au final.
En milieu d’après midi, on repris la direction de l’arrêt de bus pour rejoindre le centre-ville. On descendit au niveau d’un centre commercial afin de trouver rapidement un lieu où manger un morceau. On s’est ensuite baladées dans les rues, pour enfin rentrer pas trop tard car on avait prévu d’aller boire un verre avec Natasha et Max ce soir-là.
Randonnée jusqu’au Mont Douglas :
Le jour suivant, là encore sur les conseils de nos logeurs, on pris la direction du Mont Douglas, situé bien au Nord-Est de la ville, proche de la mer. Le programme de la journée c’était de se rendre à pied jusqu’au Mont Douglas, le gravir et redescendre côté mer pour aller récupérer de notre ascension sur la plage.
On a très vite regretté notre première étape. La veille, nous avions regardé le trajet pour s’y rendre et les 8km nous paraissait pas énorme à faire à pied, il fallait juste compter 1H40 de marche et ça semblait faisable. Le soucis c’est qu’on s’est vite retrouvées dans les quartiers résidentiels, où il y a peu de choses à voir, puis des zones commerçantes perdues à la sortie de la ville et enfin un bout de campagne au pied de notre fameuse petite montagne.
En arrivant au début de la randonnée pour faire l’ascension, nous étions déjà fatiguée de nos kilomètres parcourus. Là encore plusieurs itinéraires étaient possibles pour l’ascension, on choisit le plus simple pour le début, en sachant que plus nous montions, plus les seuls chemins possibles étaient difficiles. Et effectivement, les derniers mètres n’étaient pas simples, concrètement il fallait escalader les rochers, slalomer au milieu des quelques arbres. On est arrivées à bout de souffle tout en haut, mais fières d’être allées jusqu’au bout. La vue n’avait rien de sensationnelle, juste une vue sur l’étendue de la ville et sur la mer, ça restait tout de même impressionnant de se trouver là, au sommet, à partager cette vue avec les rapaces qui nous offraient un beau spectacle.
On descendit par la route pour rejoindre la plage. Nous étions impatientes d’y arriver, pour nous allonger une bonne fois pour toute et se reposer. Mais en arrivant ce fut plutôt une petite déception. Toujours pas de sable sur la plage, des galets ou petits cailloux, et l’odeur des algues échouées depuis plusieurs heures avec en prime les mouches comme compagnie. Mais tant pis, aucune envie de marcher encore pour trouver mieux plus loin. On s’est éloignées un maximum des algues et donc rapprochées un peu plus de la mer. Julie a fait sa sieste habituelle et moi je me suis mise à faire mes découpes de tissus et commencer à coudre ma seconde pochette. Après une bonne heure, j’étais toujours dans ma couture, imperturbable, pas même par la mer qui s’était fortement rapprochée de nous. C’est Julie qui m’interpella à ce sujet, me faisant relever la tête de mon ouvrage pour découvrir que la mer était à une cinquantaine de cm de nous. Juste le temps de tout ranger et de se rhabiller, et nous voilà repartie. Heureusement, car si nous étions restées plus longtemps, la mer nous aurait encerclées.
Il était hors de question qu’on fasse de nouveau le trajet à pied. On repéra donc l’arrêt de bus le plus proche. Sur le chemin pour le rejoindre, on fit quelques courses, car nous avions prévu de faire un diner à la française pour Natasha et Max.
Les marchés de Victoria :
On devions normalement repartir pour Vancouver le vendredi, mais comme nous avions appris que René, notre ami/hébergeur, ne pouvait plus nous accueillir nous devions trouver une autre solution. Un peu tard pour les demandes Couchsurfing donc pas le choix, on a dû réserver une chambre. Mais grâce à Natasha et Max qui y avaient passés quelques jours, nous avions eu l’idée de faire comme eux, réserver une chambre à l’Université de Vancouver. On leur a donc demandé s’il était tout de même possible de rester une nuit de plus, histoire de limiter les frais sur Vancouver car les prix, même si dans ce cas c’était très abordable, restaient tout de même élevés.
Pour cette dernière journée, on décida donc de prendre le temps, de ne rien programmer de particulier, si ce n’était retourner en centre-ville à la recherche des marchés publics. Il en existait plusieurs, le Public Market, qui regroupait plusieurs petits stands qui proposaient des fruits et légumes locaux de saison, ou encore des ustensiles pour la cuisine, des livres, des patisseries. Il y avait également de petits restaurants. C’était un lieu original dans un bâtiment aux allures d’ancien site industriel. Mais ça manquait un peu d’authenticité à mon goût, il n’y avait pas vraiment de maraîchers, c’était des boutiques qui étaient là de manière permanente.
Il y en avait un autre, plus proche de la côte et plus ancré dans le centre-ville. Celui-ci avait des airs de petit village dans la ville. C’était une grande bâtisse sur plusieurs étages, construite toute autour d’une grande cour. Nous n’y sommes pas allées le bon jour, car les maraîchers n’étaient pas présents, mais il y avait également pleins de petites boutiques qui vendaient nourriture, articles vintages, loisirs créatifs.
On décida d’aller chercher à manger dans une boulangerie pâtisserie italienne, dont les odeurs qui s’en dégageaient nous donnèrent envie de goûter à leur sandwich garnis de fromage, du vrai fromage.
Après cet épisode gastronomique, on décida de reprendre la direction de notre foyer temporaire, il y avait un petit parc à proximité et nous voulions nous poser le reste de la journée, avant de retourner à l’appartement pour préparer notre sac pour le départ du lendemain. Lorsque nous sommes arrivées dans le parc, on découvrit le petit jardin communautaire du quartier. Des carrés de potagers se tenaient là, certains étaient en libre-service, on pouvait cueillir les fruits et légumes qui s’y trouaivent, d’autres étaient privatisés, mais nous avions accès à tous. Il était géré par une association, des bénévoles, et tout reposait sur le principe de confiance. On a beaucoup aimé l’idée avec Julie. On s’est ensuite allongé dans l’herbe pas très loin, pour plusieurs heures, là encore, Julie était occupée à la sieste et moi à ma couture.
On rentra en fin de journée pour notre dernière soirée avec Natasha et Max.
Virée nocturne dans les rues de Victoria :
Après le dîner, j’avais envie de retourner dans les rues de Victoria pour deux raisons. La première était que je voulais voir le Parlement avec ses illuminations, c’était un incontournable de la ville. La seconde c’est que je voulais découvrir la vie nocturne de cette ville canadienne. Julie préférait aller se coucher, du coup je pris ma musique, enfila mes chaussures et pris la direction du centre-ville avec comme seule compagnie la lune, elle éclaira un peu le chemin, car sur le pont à côté de l’appartement, il n’y avait bien sûr pas de lumière.
Bizarrement je n’avais pas peur de me promener seule à une heure si tardive. Même si j’empruntais ce chemin peu fréquenté, je ne craignais pas de mauvaise rencontre, pas ici. Le seul groupe de jeunes un peu alcoolisé que j’ai croisé m’a simplement salué.
En arrivant dans la ville, je m’aperçu qu’il y avait très peu d’activité. Mise à part à l’entrée d’une boîte de nuit et dans les bars, personne dans les rues. Le calme qui régnait ce vendredi soir dans cette capitale régionale me paraissait étrange. Tout compte fait il n’y avait pas grand chose à voir, l’activité nocturne était plate. Je pris donc la direction du Parlement qui était effectivement éclairé par des milliers de lumières, pris mes quelques photos et repartie en direction de l’appartement.
La nuit allait être courte, il était déjà 1h du matin quand j’arrivais et nous partions de bonne heure le matin pour prendre notre ferry.
Comme Vancouver, Victoria était une grande ville agréable à vivre. Contrairement à chez nous, ce n’est pas surpeuplé, on ne se marche pas dessus, on ne se bouscule pas dans les transports, on ne fait pas la queue des heures au fast-food ou dans les commerces. Après, l’activité et le dynamisme ne sont pas les mêmes qu’à Vancouver, celle-ci lui pique un peu la vedette sur le plan économique et elle reste plus attractive pour y vivre. Mais Victoria reste la capitale historique et législative de la Colombie-Britannique, et offre tout de même un cadre de vie serein.
Pour les photos c’est par ici : https://drive.google.com/folderview?id=0BxWBT81uysxpSHpnc1RoUmVRZ1E
